‹ Les révolutionnaires de l'A-B-CChapitre 13 sur 25 · EXEMPLES · texte numérisé non relu

EXEMPLES

Oo trouvera dans le dictionnaire ouva signifiant amour.

De la on formera :

A cuva b

, M .'avais aimé.

Je amour avais

Je anour ai

I Jai

I J'aime.

1 été (

I J'aii Etc., etc.

A ouva d Je amour suis

. , , \ J'aurai aimé.

Je amour aurai

A ouva r

, i J'aimerai.

Je amour serai

Le système de V Encyclopédie semble n'être qu'un pur travestissement de la langue française* Quant à la méthode de Delormel, elle est assuré^ ment plus sérieuse. Elle part d'une donnée philo-^ sophique, l'idée de la série ; il y a même çà et là des aperçus très ingénieux dans l'exposé du projet ; mais en somme, ce projet est assez embrouillé; cette langue demanderait une étude qui ne serait pas beaucoup moins longue que celle de telle langue européenne que vous voudrez ; et il faut toujours terminer par la même question : Était-ce là l'étonnante simplicité que vous nous aviez promise ?

Oiimi plus modeMieft.

Un auteur anonyme a publié en 1837 uilé Es^^ quisse d'une langue universelle.

Cet auteur anonyme nous a paru un esprit très élevé, un noble cœur. Il afBrme que, du fond de

sa solitude, il avait imaginé le télégraphe électrique bien avant qu'il n'en fût question en Angleterre, et qu'il n'a pu obtenir une audience des ministres de Louis-Philippe pour leur exposer son idée. On devine en lui l'esprit méconnu, l'âme froissée. Ecoutez le langage qu'il tient :

« Du point infime où je suis placé, moi, obscur et timide, j'accomplis, dans la sphère étroite où je suis resserré, la mission que j'avais à remplir. J'élève ma voix, toute faible qu'elle est, et je cherche des échos qui la renforcent et la fassent retentih

« Les froissements que j'ai ressentis au contact des hommes, et qui me font haïr leurs corporations grandes et petites, échauffent mon zèle pour la constitution d'un autre ordre social qui convient mieux à mon être.

« Toutes les passions méchantes que le monde respire, et qui me blessent au cœur, me persuadent depuis longtemps que je ne suis pas né pour cette société, qui ne peut ni me façonner ni me faire fléchir sous la loi de ses mœurs, ni se transformer elle-même à l'instant, selon mes besoins et mes vœux..., »

L'homme qui a écrit cela est une belle nature-. Chose singulière ! Il faut bien que les institutions sociales soient quelque peu vicieuses, poui* que ce

soit, aux yeux de tout le monde, un signe de supériorité d'être misanthrope, quand on est dans l'impossibilité d'être novateur.

Je serais bien disposé, on le voit, à trouver bon le projet de langue universelle émis par cet honorable anonyme. Cependant je dois dire que ce projet est très compliqua et que son exposition est très obscure. On y insiste surtout sur la donnée des dérivations combinées au moyen de lettres affixes. De plus, et ceci paraît spécial à cet auteur, les séries de mots n'enfanteraient pas seulement leur famille ; il y aurait engrenage de séries d'après certaines règles invariables. Les mots primitifs seraient joints aux mots dérivés par une croix, par le signe -f employé dans la langue arithmétique.

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