‹ Les révolutionnaires de l'A-B-CChapitre 8 sur 25 · SPHÈRE D'ACTION · texte numérisé non relu

SPHÈRE D'ACTION

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Indes erieniates, Afrique, Amérique, Australie. Irlande.

Labrador, Amérique du Nord, Groenland, Amérique da Sud.

Iles Moluques, Java et Célébes.

Malle, Grèce, Indes orientales, Gejlan, Egypte, Abyssinie, Afrique occidentale^ Amérique du Nord, Australie.

Grécd.Turquie, Syrie, Perse, Kurdistan, Chine, Inde orientale, Afrique, Amérique, Iles Sandwich.

Grèce, Chine, Indes orientales, Afrique occident., Amérique du Nord.

Grèce, Malte, Turquie d'Europe, Asie Mineure, Jérusalem, Syrie, Indes p., Egypte, Afrique occident, el méridionale, les Amériques.

Indes, Chine; Afrique occidentale, Amérique du Nord, Texas.

Afrique occidentale, Amérique du Nord et du Sud.

Grèce, Candie, Turquie, Kurdistan, Afrique occidentale, Amérique du Nord el du Centre.

Afriqpe du Sud, Indes orientales, Amérique du Nord.

Afrique du Sud.

Bornéo, Afrique du Sud.

Indes orientales et Nouvelle-Zélande.

Indes orientales, Nouvelle-Hollande, Juifs, C9^nies allemandes de

l'Amérique du Nord.

Lausanne, une Station chez les Sioux.

Indes orient., NouTel le- Hollande, Nouvelle-Zélande, Amer, du Nord.

Afrique, du Sud. '

Indes orientales, Juifs.

Iles danoises des Indes occidentales, C6te-d'0r dans l'Afrique occid.

Amérique du Nord.

(4) C'est un instînment de conquête, et non pour le naturel un moyen de civilisation.

Pour mieux différencier encore la nature des missions protestantes et des missions romaino^, nous allons citer quelques traits.

Ce qui caractérise Tœuvre du missionnaire romain, c'est le zèle qu'il apporte à provoquer, par des cérémonies, par des rits, l'action de la grâce. Quand il a fait réciter le Pater et VAve à une peuplade, quand il est parvenu à faire communier les indigènes, quand il a planté une croix, il est dans l'enchantement , et il écrit bien vite à Lyon le récit de sa pieuse Odyssée.

« Une petite fille, âgée seulement de quatre ans, dit « un missionnaire, sait déjà le Pater et VAve (*) » — « Je baiserai, nous dit un converti, mon petit cadavre « de bois et l'image de Marie ; je compterai les saintes « graines.... et je planterai une croix dans ma terre de « chasse. (**) »

Ailleurs, c'est la médaille qui persuade :

(( Je demandai à ces femmes, dit encofe un mission- « naire , si elles ne seraient pas bien aise d'être baptisées ? (( — Oh ! non, me répondirent-elles ; cela nous ferait « mourir. » (Je vous demande un peu quel effet peut produire le baptême sur des gens qui en ont une pareille

(*) Annales, n» 136, p. 215. (**) Annales, n» 136, p. 210.

(( idée!) Voyant tous mes efforts inutiles sur ces âmes « prévenues, je m'enfonce dans l'épaisseur de la forêt, je « supplie Marie immaculée de s'intéresser pour ces infor- (c tunées créatures qui venaient de refuser sa médaille ; u je promets de dire une messe en son honneur (Don- (( nant, donnant!). Le lendemain, les deux femmes ma- (( lades dont il s'agit, ayant encore eu peur de mourir « pendant la nuit, changent d'idées, reçoivent le bap- (( tême, baisent la petite croix et la médaille,., (*) »

Il est si important de verser de l'eau sur la tête des enfants, qu'on emploiemille ruses pieuses pour y arriver :

« Nos braves gens, lisons-nous dans la publication (( relative aux petits Chinois mangés par les cochons, dans a les Annales de la Sainte-Enfance , nos braves gens , si « simples du reste, deviennent d'une adresse incroyable (( lorsqu'il s'agit de sauver une âme. Ceux surtout qui « sont un peu charlatans arrivent toujours à captiver les <i petits malades, tout en disant aux parents que, s'ils ne « veulent pas y consentir, c'est leur affaire, et que chacun (( doit respecter les intentions de la famille. (Il y a apparemment de saints mensonges, comme il y a une sainte colère, une sainte cruauté.)

« On cite, en particulier, un brave homme qui exerce (( un peu la médecine, et qui a déjà baptisé plusieurs « centaines d'enfants païens sans que les parents le sa- « chent. Tantôt il baptise furtivement, avec un peu d'eau « dont il a soin d'imbiber son mouchoir, tantôt il fait

(*) Annales, n" 136, p. 123 à 125.

<c if>porter un peu d'eau, et, sous prétexte de It«#r la « figure de l'enfant, pour mieux voir sa maladie, il purifie « son âme de la tache originelle ; souvent aussi il se sert « pour donner ses médecines d'un petit wtrmment (Quel « est cet instrument?...) dans le manche duquel il a eu « soin de mettre un peu d'eau; il le tournent le retourne (( pour le mettre mieux à la portée de l'enfant, et au (( moment où personne ne voit sa main, il lance l'eau, « qui, si elle parait ensuite sur la tête de l'enfant, est « prise pour un peu de médecine qu'il n'a pu ava- « 1er (*). »

En voilà assez, en voilà trop. Ces choses-là ne se commentent pas.

Mettez maintenant en regard la manière de procéder des ministres protestants.

On lit dans le rapport de la Société des Missions évangéliques publié à Paris en 1853 :

(( Cinq néophytes, dont les impressions religieuses datent d'assez longtemps, reçoivent les instructions préparatoires au baptême. »

Ailleurs, même rapport : a Vexanien de trente-un néophytes, longuement et sérieusement préparés, a duré trois jours, pendant lesquels ils ont édifié l'Église par une confession franche de leur foi et le récit de leur conversion. »

Comparez et jugez.

(*) Annales de la Sainte-Enfance , décembre 1852, t. IV, n* 29, p. 462.

Pour aider le lecteur à se former un jugement, je lui communiquerai une citation assez intéressante. Elle est tirée d'un livre intulé : 0-Taïti.

<( On peut facilement voir, dit fauteur de ce livre ( (pages 195 et 196), que les efforts de nos missionnaires tendent non pas à l'amélioration des peuples sauvages, mais à la renommée qui en résultera pour leurs tràvaux ; ils préféreront aussi une occasion de faire parler d'eux en allant renverser, s'ils le peuvent, l'édifice élevé par un voisin (la Mission protestante), plutôt que de s'adonner à des travaux obscurs de civilisation dans un coin caché du globe, où, quoique leurs efforts soient couronnés de succès , ils n'attirent pas l'attention publique. Bien plus, l'esprit de controverse et de dispute a remplacé, en grande partie, celui de paix et de tolérance qui devrait exister. »

Ce n'est ni un huguenot ni un encyclopédiste qui dit cela; c'est un narrateur sans partialité, un écrivainvoyageur, un homme placé dans une position presque officielle : c'est M. Desgraz, secrétaire du commandant Dumont-d'Lfrville.

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