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SIXIÈME CONCERT

Fragments de Bornéo et Juliette, symphonie avec chœurs (Berlioz), nos 1,2 et 4. — Beviens, reviens, mélodie chantée par mademoiselle Regan (Berlioz).

— La Captive, mélodie chantée par mademoiselle Lavrofsky (Berlioz). — Chœur des Sylphes : Faust, ténor ; Méphistophélès, basse ; chœurs.

— Harold en Italie, symphonie avec alto principal (Berlioz). L'alto sera joué par M. Wieniawski.

» Je partirai de Paris le 12 novembre, je serai à Saint-Pétersbourg le 17; nous pourrons, en conséquence, donner le premier concert le 27/12.

» J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre dévoué serviteur.

» Hector Berlioz.

» Paris, le 10 octobre 1867. »

M. Kologrivof lit une objection aux programmes indiqués dans cette lettre, objection toute obligeante pour son correspondant. Berlioz s'était montré, disait-il, d'une excessive modestie; il n'avait pas fait sa place suffisante; et avait été trop ménager de ses propres compositions, que le public de Saint-Pétersbourg désirait vivement entendre. En parlant ainsi, M. Kologrivof était l'interprète de ses propres sentiments et de ceux de la jeune école russe, en tête de laquelle M. Balakiref se faisait remarquer par son culte fervent et son enthousiaste admiration pour les œuvres de Berlioz. A ces avances flatteuses, le maître français répondit par le billet suivant :

Paris, 22 octobre 1867.

« Monsieur,

» Je suis bien reconnaissant de l'attention que vous avez eue de m'écrire ces jours-ci, et plus encore de l'aimable reproche que vous m'adressez au sujet des programmes, Tout ce que je puis vous répondre c'est que je n'ai fait que suivant les intentions de madame la Grande-Duchesse et qu'il ne peut pas me convenir d'agir autrement. Ainsi ne changez rien à ces programmes. Je compte

qu'il sera possible de donner le premier concert sous ma direction le 16/28 novembre.

» Je vous ferai parvenir un télégramme de Berlin, où je serai le H.

» Votre tout dévoué,

» H. Berlioz. »

Autre billet du même au même, au moment de quitter Paris:

« Paris, 12 novembre.

» Monsieur,

» Je pars dans quelques heures, je serai à Berlin demain 18 novembre au soir. Je resterai à l'hôtel le 14, et le 15 suivant je partirai pour Saint-Pétersbourg, où j'arriverai, selon la volonté de madame la Grande-Duchesse, le 17. Il vous sera facile de savoir à quelle heure ce jour-là arrive le train de Prusse.

» Vous pouvez donc ordonner les deux répétitions de mon premier concert pour peu de jours après mon arrivée. Je suppose que vous avez trouvé un pianiste pour le concerto de Mozart, etc., etc.

» Votre tout dévoué,

» H. Berlioz.

» M. Dorfell et mademoiselle Regan partiront de Berlin avec moi. »

Ces deux derniers artistes avaient été aussi engagés par la grande-duchesse Hélène.

Arrivé dans la capital de l'empire russe, Berlioz y retrouva l'enthousiasme qui l'avait accueilli vingt ans auparavant. Les instances de MM. Kologrivof, Balakiref et de leurs amis recommencèrent pour lui faire modifier les programmes qu'il avait primitivement indiqués. Finalement, ces programmes subirent de notables changements. Les voici tels qu'ils furent exécutés : on verra que les compositions de Berlioz y tiennent une large place.

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