PRÉFACE XV
côtes d'Angleterre que Fincendic envahissait V Amazone \
Deux chaloupes où l'on se précipita lele-mêle furent submergées, une troisième ne contint plus que yingt passagers, mais Gabriel Ferry n'y était pas ! ! !
Il avait prévu et constaté le sort des deux premières embarcations; il ne s'était point hâté de profiter de la dernière chance de salut, et quand cette barque fut pleine, il répondit à ceux (Juile pressaient d'y prendre place : — « Mourir pour mourir^ faime autant rester ici / » — Il prit ce parti avec une tranquillité extraordinaire, peut-être ayec le sentiment secret d'un dévouement héroïque : on le lui a attribué : sa fermeté d'âme durant les angoisses du drame de l'incendie a autorisé ses compagnons à le penser
* Voir sur cet horrible désastre toutes les feuilles du commencement de janvier 1852.
XVI Pi^EFAGE
et à le dire, car cette terrible et noble mort est déjà passée à l'état de légende.
La chaloupe qui portait les derniers débris de l'équipage, et qui errait nu hasard dans les ténèbres sur une mer houle se entendit vers cinq heures du matin une explosion terrible : c'éVditV Amazone qui sautait avec le reste de ses passagers.
Ferry plus égoïste ou moins stoïque eût pu être sauvé, car la barque fut rencontrée, et les passagers recueillis au bout de quelques heures par une galiote hollandaise.
Les études contenues dans ce volume posthume, ont été conservées manuscrites jusqu'à ce jour, parce que la famille de Ferry n'avait pas trouvé encore à leur publication une opportunité suffisante.