‹ Les revolutions du temps synthese prophetique du 19. siecleChapitre 109 sur 132 · XVIII. — LA GUERRE · texte numérisé non relu

XVIII. — LA GUERRE

sonne; mais il faut la regarder d’un point de vue plus éloigné.

— Ne la subissons - nous pas, d’abord, comme la sanction de fautes passées?

— Mais ce ne sont pas les coupables qui subissent le châtiment, me répondra-t-oii.

— Il me semble que nous laissons assez de fautes à solder a nos neveux pour ne pas nous montrer récalcitrants à endosser celles de nos aïeux. C’est en payant leurs anciennes dettes, sans nous plaindre, que nous deviendrons seulement dignes de la réhabilitation.

Pour des êtres qui se disent immortels, vous me semblèz, messieurs les Philosophes, attacher bien de l’importance à la mort, et fort peu à ce qui la suit. Il est vrai que j’oublie qu'étant myopes d’esprit vous n’y voyez pas plus loin que le bout de votre existence.

Apprenez donc de ceux qui y voient !

Si Dieu nous laisse librement faire le mal, c’est qu’il en tire fatalement le bien.

Le sang de deux ennemis égorgés l’un par

ÉTABLIT LA PAIX

l’autre, et qui coule clans le même ruisseau, est le présage de l’extinction de la haiue et le ferment de l’alliance.

Les soldats de la Révolution et de l’Empire, en imbibant le sol étranger du sang français, ont plus fait pour la Liberté et lui ont conquis plus d’amis que tous les fatras li bérauK dont les avocats bavards ont fait trembler les vitres des assemblées, et les écrivains noirci tant de papier.

Le sang de nos soldats se mêlant aujourd’hui à celui des Anglais, des Turcs et des Russes eux-mêmes sur la terre de Crimée, fera plus pour Y alliance des peuples que les philanthropiques déclamations de tous les Congrès de la paix.

Les extrêmes s'attirent et les semblables se repoussent, voici la loi du mouvement éternel et universel.

Comme la lumière puise son principe dans les ténèbres, la Science du bien dans celle du mal ; — la paix aussi puise son principe dans la guerre.

Les Anciens avaient symbolisé cette vé-

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