XX. — SENTIMENT
— Si grande que soit une durée dans le Temps,
Leur valeur est nulle en présence de C absolu.
Or, comme nous ne jugeons des choses que par les quantités, les formes et les durées, nous n’avons devant les yeux que des abstractions.
Le Fini n’est rien devant l’Infini.
— Vanité des vanités, tout n est que vani'é ! dit l’Ecclésiasle.
— Qu’y a-t-il donc au monde qui se puisse connaître?
— ltien, si ce n’est l’Homme, et rien si l’Homme ne se sent pas infini.
— Cependant, me direz-vous, je vois ceci, je l’entends, je le goûte, je le palpe, — ceci m’est bien connu.
— * Erreur! quatre fois erreur !
Vous voyez, vous entendez, vous goûtez, vous palpez; voilà ce que vous connaissez:' le verbe actif.
C’est le sentiment de la chose qui est le
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ET MAGNÉTISME
connu , et non la chose dont le principe reste toujours pour vous l’inconnu.
En procédant de la chose à l’idée, messieurs les Savants, vous procédez ainsi de l’inconnu au connu, et vous prenez tout a l’envers, comme je le disais en commençant.
Si, au contraire, vous eussiez voulu partir de vous-môme, vous vous fussiez abrégé la route.
— Que dis-je, vous seriez arrivés !
Car la Vérité étant une et la même partout, du moment que l’on en connaît un seul point, la recherche des autres est inutile, et ce point-là, c'est le Sentiment.
— Mais, suis-je moi-même, me direzvous?
— Oui, puisque vous le sentez.
La Vie est un sentiment.
— La vie n’est qu’un songe dans l’Infini, disais-je tout à l’heure?
— Oui; mais l’Infini n’est qu’un rêve dans la vie; — le contraste éternel de deux
extrêmes insaisissables; voici la loi.