‹ Les revolutions du temps synthese prophetique du 19. siecleChapitre 32 sur 132 · IV.— DK LA SCIENCE · texte numérisé non relu

IV.— DK LA SCIENCE

l’orgueilleuse prétention de l'infaillibilité de la Raison, ont 'tous reçu le soufflet de l’Événement.

Heureusement pour eux, l’Académie est là, curieux cabinet d’antiquités où ils vont prendre place l’un après l’autre, assez semblables, siégeant sur leur immortel fauteuil, à ces divinités de granit qui, après avoir rendu tant d'oracles de leur temps , souffrent aujourd’hui fort silencieusement la curiosité goguenarde du bourgeois de Paris.

— Alors je suis pour la Politique du jour ?

— Pourquoi pas ?

. — Elle a toujours sur l’autre l’avantage d’ôlre neuve et de savoir saisir l’Événement aux cheveux au lieu de se laisser battre par lui. — Je la trouve donc un progrès.

Elle peut bien ne pas me donner tout ce qu’il me faut, mais au moins elle essaye; et puisque tout s’use, il faut encore mieux s’user par le travail que de périr rongé par la rouille.

Il y a môme un avantage attaché à l’action; elle use moins que l’inertie, — c’est un

ET DE LA POLITIQUE- '

axiome de Mécanique qui peut bien avoir aussi sa place en Politique.

Les gens de science auraient découvert cela depuis longtemps s’ils avaient voulu s’en mêler; mais hélas! chacun fait sa sauce dans son plat, et comme la Vérité n’a qu’un fourneau pour tout cuire, il en résulte que jamais rien n’est fait à point.

— Triste cuisine que la Politique, et qui a bon besoin d’un chef!

Le mal en Politique, comme en toutes choses, n’est pas de faire ce que les Hommes appellent mal, selon leurs goûts, leurs intérêts ou leurs préjugés. Si Dieu jugeait du mal comme nous autres, il ne nous l’aurait pas imposé ; tout ce qui sort de lui étant parfait, il faut bien que le mal ait son utilité.

Le seul mal sans utilité, parce qu’il n’est rien, c’est la négation, c’est l’absence, c’est l’inertie.

Le mal, c’est de s’arrêter quand il faut marcher.

Pour peu donc que les Hommes se mettent

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