IV. — DE LA SCIBNCB
il fallait la connaître, et vous l’avez fourbue en l’enfourchant avec les prèjugésd’une autre époque. — Ne vous plaignez donc pas de votre cabriole.
Aujourd’hui le cheval est lancé; un cavalier nouveau lui presse les flancs. Hourrah !
hourrah î la course est belle.
Sera-t-elle longue ?
— Pour le savoir il faudrait demander où elle tend ; — si c’est vers le progrès, elle sera' sans fin , car le progrès lui-même, c’est de toujours courir après.
Mais quels sont tous ces gens qui encombrent la plaiue, et font voler la poussière autour du cavalier?
Les uns à cheval, tout couverts d’or et de broderies, lui crient qu’il va se perdre.
— Sois ferme dans ta foi. Fouette ! fouette î cavalier !
Les autres à pied, en haillons et haletants, excitent sa monture de leurs clameurs inarticulées.
— Ferme en selle et fouette, fouette, cavalier !
ET DE LA POLITIQUE. 57
Quels sont ceux-là qui font un détour pour se porter en face de lui? pourquoi sontils tout habillés de noir et tous à genoux?
Arrière donc ! vous allez gêner la course ; le cavalier n’a pas le temps de vous répondre.
— Mais ils avancent toujours; ils rampent ventre à terre et veulent saisir le coursier par la bride.
— Un coup d’éperon, et saute par dessus.
Fouette, fouette, cavalier!
Quel est encore ce colosse entouré de nuages de fumée qui se met en travers du chemin? — le cheval a bronché.
— Pique des deux, et passe; ce n’est qu’un fantôme. — Fouette, fouette, cavalier!
Mais l’obstacle est-il donc franchi ? Fantôme, cheval et cavalier, tout est dans la fumée. Je ne vois plus rien....
C’est ici que la Prophétie commence.