VI. — DE LA FABLE, DE L’HISTOIRE
des Histoires, et qui ne sont que de belles et bonnes Fables.
— Voilà l’Histoire!
Quand on la sort du Présent, on s’aperçoit qu’elle n’est plus qu’un calcul du Passé.
— Examinons maintenant — comment se fait la Prophétie.
— Uu Homme doué par son organisation fébrile et sensitive du sentiment exquis de l’harmonie universelle, avec les notes du Présent qu’il entend résonner etf lui-même, se fait un thème dans l’avenir et module une symphonie dont chaque note est l’accord ou le contre-point de ce qu’il sent.
Mais comme il module à une Octave dont la perception est en dehors de la sensibilité des autres, du moins dans le milieu où ils se placent (car tout dépend des milieux); ceuxci prennent pour des rêves ce qu’il chante.
Jusqu’à ce que le Présent étant devenu l’Avenir, les Hommes finissent enfin par comprendre (parce qu’ils ont changé de milieu) que le Prophète chantait juste.
ET DE LA PROPHÉTIE
Le Public est encore ici trompé par l’étiquette; seulement c’est lui qui ne sait pas la lire, et il est fort étonné un jour en subissant son histoire de s’apercevoir que ce qu’il avait pris pour des rêces est précisément ce qui l’a faite.
— Voilà la Prophétie !
Quand on la sort de l’Avenir on s’aperçoit qu’elle n’est, en effet, qu’un calcul du Présent.
Examinons, en dernier lieu, — comment s’écrit la Fable.
— Un Homme de génie choisit un thème quel qu’il soit dans les traditions des Nations, et au lieu de le dépouiller de toute son idéalité, de le rétrécir, de le racler, de le polir enfin, comme l’Historien, pour le faire entrer dans l'embouchure plus ou moins étroite de sa Raison , il l’habille, au contraire, de toutes les fantaisies de l’idée, le drape de ses amours, de ses aspirations, de ses désirs, de sa Foi enfin.
En caressant le Pissé, c’est l’Avenir qu’il
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