‹ Les revolutions du temps synthese prophetique du 19. siecleChapitre 46 sur 132 · VI. — DE LA FADLE, DE L’HISTOIRE · texte numérisé non relu

VI. — DE LA FADLE, DE L’HISTOIRE

rêve et qu’il écrit. — Il le prépare, il l’appelle; car, la force intellectuelle étant le principe de toute création, les événements doivent un jour se modeler sur les fantômes des idées.

Ainsi, Homère chantant la chute d’Uion et les glorieux combats des Grecs et des Troyens, racontait moins ce qui avait été qu’il ne préparait ce qui devait arriver.

Ce que le Public, trompé encore par l’étiquette, a pris si longtemps pour des Fables, doit donc lui paraître un jour plus vrai et plus succulent que l’Histoire.

— Voilà la Fable!

— Quand on lasort du Passé, on y retrouve un calcul de l’Avenir.

Récapitulons :

— L’Histoire, qui n’a de vérité que dans le Présent, est un calcul du Passé.

— La Prophétie, qui n’a de vérité que dans l’Avenir, est un calcul du Présent.

— Et la Fable, enfin, dont la Vérité est dans le Passé, est un calcul de l’Avenir.

Ces trois valeurs spéculatives , récjproque-

ET DK LA PROPHÉTIE, 79

ment contrastées, constituent ensemble la seule Réalité des Événements et du Temps.

— Chaque Homme a donc bien le droit d’étre Historien, Prophète ou Poëte, selon son inspiration; mais Dieu n’accorde la conscience de la Vérité qu’à celui qui peut être les trois ensemble.

Que de gens ont été honorés et récompensés pour des découvertes qui ne valaient pas celle-ci !

Seulement , comme celle-ci infirme les leurs, il en résulte que je ne puis avoir aucune prétention à l’honneur ou à la récompense.

Si les Savants m’avouaient, ils se désavoueraient, donc ils ne m’avoueront pas.

Il faut alors que je m'avoué moi-même et que je réclame ce qui m’est dû, non pas pour qu’on me le donne, mais pour constater qu’on me le doit.

— Passons.

La Justice est assez indépendante de ceux qui la rendent pour se faire toute seule.

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