VI. — DE LA FABLE, DE L'HISTOIRE
Le produit que je vais tirer de l'éternelle mécanique sera donc le commencement du tissage, sur une toile sans fin, du grand tableau de l’Avenir.
Je ferai tous mes efforts en vousdétaillant mon travail pour n’oublier :
— Ni l’action du grand moteur, qui est Dieu;
— Ni celle du balancier, qui est la Justice;
— Ni celle des bobines , qui sont les hommes, où s’enroulent et se déroulent les fils ;
— Ni celle enfin de la carte étemelle, qui est l'Espace où sont piqués les événements.
— Regardez donc !
Et Dieu m’assiste ! car je vois bien l’Avenir représenté dans les dessins du Passé ; mais je ne sais pas encore comment je vais les reproduire ; c’est mon premier essai.
— Je cherche.
Qui cherche trouve, est-il écrit dans l’Évangile ; mais comme il n’y est fait nulle mention du temps, il y a toujours orgueil à dire :
J’ai trouvé !
Et celui qui croit avoir trouvé, ne cher-
ET DE LA PROPHÉTIE
chant plus, il en résulte qu’il annihile ainsi sa propre force.
La Science et la Religion qui se vantent d’avoir trouvé n’ont donc plus de force.
La Politique qui se vantail d’immobilité et celle qui se croyait arrivée, ont été brisées.
Il n’y a de bon sens qu’à chercher.
Voilàpourquoi j’aiderai ceux qui cherchent.
— Ahasverhus, c’est l’Humanité à qui le Seigneur a dit :
— Marche !
— S’arrête qui pourra !
— Moi, je marche.
— Je marche par la Foi.
— J’ai la foi que/e marche!