VIII. — DK LA SÉRIE DES ÉPOQUES
— Est-ce l’histoire du Peuple juif qui y est écrite?
— Ces rois d’Egypte et d’Assyrie, ces monarques du septentrion et du midi , tous ces Peuples, aux innombrables armées suscitées à la voix du Seigneur et dispersées par un souffle, sont-ils bien réels?
— L’Histoire les confirme-t-elle?
— Ne serait-ce que de poétiques fictions?
— Ou, après avoir projeté les petits événements de leur époque sur le rideau d’un lointain Avenir, les Prophètes n’auraientils fait que draper à l'antique les figures qu’ils y voyaient?
— Voilà, je crois, la Vérité.
Il ne nous reste plus pour la certifier qu’à en chercher nous -mêmes la contre-partie.
Les Prophètes, en voyant leur temps dessiné en grand dans f écartement de l’angle de l’Avenir, ont rempli le vague des caractères et des traits par les coutumes et les figures de leur époque.
Regardons à présent notre temps eu petit
dans le rétrécissement de l'angle du Passé, et pour que les personnages nous paraissent plus faciles à distinguer, habillons-les, à notre tour, des nippes de ce Siècle.
Nous verrons alors qu’à cela près des changements d’habits et de décors, c’est toujours le même Drame en quatre actes qui se joue dans l’Humanité et les mêmes acteurs qui recommencent.
Il est bien évident, par exemple, que si l’histoire de la captivité du peuple d’Israël et de sa libération, qui ont exercé si souvent l’esprit des Prophètes, a été vraie pour les Juifs, elle ne l’est pas moins comme emblème de l’oppression de tous les peuples en général, ainsi que de leur libération future.
Babylone, dans les livres des Prophètes, n’ëst que le symbole des oppresseurs,
Comme la maison de Jacob est le symbole des opprimés.
Et Jérusalem, le séjour préparé pour la réparation.
Ce n’est certes pas en parlant de la libéra-