‹ Les revolutions du temps synthese prophetique du 19. siecleChapitre 6 sur 132 · I. — DE LA FOI · texte numérisé non relu

I. — DE LA FOI

Croire, voici l'absolu ; croire il une chose ' plutôt ({u’à une autre, c’est déjà ne plus croire qu 'une partie du Tout; c’est se priver du bénéfice de la Foi.

— Pourquoi donc liniiterious-nous notre croyance à celle de nos ancêtres, si le progrès élargit l’horizon de nos sentiments?

— Pourquoi nous laisserions-nous imposer ce qui, d’après la loi de l’Évangile, ne s’impose pas ?

Si la Foi peut tout, on ne peut pas la limiter à quelque chose , et puisque c’est le dogme absolu, en vertu de celui-là on a donc le droit de repousser tous les autres.

Si large que soit le cadre qu’on voudrait lui faire, il serait toujours trop étroit devant l’Infini. On ne peut donc pas être de l’avis de ceux qui veulent le rétrécir encore. Si ce cadre existe , il se modèle sur le Temps et grandit avec lui.

Ainsi, comme je dis à ceux qui se vantent de Raison :

— Vous vous trompez, vous avez la Foi, sans cela vous n’avanceriez pas.

ET DE LA RAISON

Je dis, au contraire, à ceux qui se vantent de Foi :

— Vous vous trompez, vous n’avez pas la Foi, car vous vous défendez d’avancer.

Or, avancer et reculer, c’est agir et réagir; c’est rayonner et absorber ; c’est vibrer, c’est vivre. Il ne peut donc y avoir de vraie Foi sans Raison, ni de vraie Raison sans Foi.

Je défie tous les Philosophes et tous les Théologiens de se porter en faux contre cet axiome, qui est le dilemme éternel de la nécessité du Contraste dans la création.

La Foi, c’est la puissance ; la Raison n’est que \&résistance; l’Intelligence (inter eligere) c’est de les tenir en équililn'e.

De même que l’Homme est constitué matériellement entre deux pressions, l’élasticité des gaz intérieurs et la pesanteur atmosphérique, et que si la pression extérieure lui manquait il éclaterait par sa force intérieure, comme, si sa force intérieure lui faisait défaut, il serait écrasé par la pression du dehors.

12 I. DE LA EOl ET DK LA UAISUN.

— De môme il est constitué intellectuelle-

ment ; la puissance de projection du sentiment intérieur ou de la Foi a besoin de la résistance opposée que la Raison puise dans la nature • extérieure. — Trop de Raison aplatirait l’homme, trop de Foi loferait crever comme un ballon dans le vide.

Il y a partout équilibre, et partout rupture d’équilibre. La Science est de rester dans son milieu tant qu’on y peut vivre, et d’en changer quand on n’y vit plus.

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