‹ Les révolutions russesChapitre 20 sur 79 · CETTE BROCHURE NE DOIT PAS ÊTRE MISE EN VENTE · texte numérisé non relu

CETTE BROCHURE NE DOIT PAS ÊTRE MISE EN VENTE

Au Siège de la Société :

24, Rue Dauphine. — PARIS (6')

^OTJr 1905

L*Empire russe jusqu'à Nicolas 11^'^

,. - origine de .'Empire rus.e. C'^

1. Les grandes plaines de l'Europe orientale, depuis TOder jusqu'à rOural, étaient habitées dès le commencement du moyen âge par des peuples slaves. Les Slaves sont une race blanche de même souche que les peuples de l'Europe, leur langue est d'origine aryenne comme le latin, le grec et l'allemand. Cette race slave, la plus nombreuse de toutes nos races occidentales, se divisait en plusieurs nations ; à l'Ouest les Polonais et les Tchèques de Bohême; au Sud les Croates, les Serbes, les Bulgares établis dans l'Empire byzantin.

2. Les Slaves de l'Est étaient, jusqu'au ixe siècle, restés divisés en tribus. Ils cultivaient la terre et vivaient réunis par villages dans des! maisons de bois; leurs villes n'étaient que des enceintes entourées d'uni mur de terre et d'an fossé, et où l'on se réfugiaîTen temps de guerre. — Ce furent des guerriers northmans venus de Suède qui réunirent ces tribus en une nation; on l'appela la nation russe du nom du pays d'où sortaient ses chefs. Les princes russes organisèrent une armée, se convertirent à la religion chrétienne grecque et firent baptiser leurs sujets. La Russie devint ainsi au xie siècle un pays chrétien orthodoxe rallié à l'Église de Constantinople. Cette vieille Russie comprenait le pays des lacs et la régi'on du Dnieper, c'est-à-dire la partie Ouest de la Russie moderne, la petite Russie, Elle avait deux capitales : Novgorod la grande, la ville des marchands, au bord du lac Ilmen; Kiev la sainte, la ville aux quatre cents églises, au bord du Dnieper, où s'élevait la cathédrale de Sainte-Sophie, ornée de fresques grecques à fond d'or et à inscriptions grecques.

3. Cette Russie ne parvint pas à constituer un État durable; à la mort de chaque prince le pays se partageait entre ses fils : il y eut au xiii» siècle jusqu'à 72 principautés. -- Une armée de 3oo,ooo cavaliers tartars venus d'Asie détruit alors tous ces petits États, et du xiiie au xve siècle la Russie tout entière est soumise à un prince mogol, le grand Khan de la Horde d'or, qui demeure dans une ville de bois aux bords du Volga. Les princes russes indigènes ne sont plus que les serviteurs du Khan; ils doivent à leur avènement se rendre à sa cour, se prosterner

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(I) Les paragraphes i à 46 sont empruntes à l'Histoire de la Ciinlisation contemporaine de M. Ch. Scignobos, chez Masson et C" (4c édition, igob, pages 8-24, 78, 74.) — Les paragraphes 52 à 164 sont empruntés à VHistoire politique de l'Europe contemporaine de M. Ch. Seignobos, publiée chez Armand Colin (3» édition. igo3, pages 55o-584.) — Les paragraphes 47 à 5i ont été ajoutés et ne sont pas rédigés par M. Seignobos.

devant lui et se„ faire donner des titres d'investiture. Quand le Khan leur envoie un messager, ils doivent étendre des tapis précieux, leur ofifrir une coupe pleine de pièces d'or et écouter à genoux la lecture de la lettre.

4. Pendant ce temps, les Russes de l'Ouest ont colonisé peu à peu les immenses forêts désertes de l'Est et ont créé un nouveau peuple russe. Les princes de Moscou, en se chargeant de recueillir les tributs pour le compte des Khans tartars, sont devenus les souverains les plus puissants du pays. Pendant deux siècles ils travaillent, avec l'aide des armées tartares, à conquérir les principautés ; on les a surnommés les « rassembleurs de la terre russe ». Au xvie siècle, les grands princes de Moscovie s'affranchissent des Tartars, et Ivan IV prend le titre de ti^^ar, c'est-à-dire roi {1547). La vraie Russie désormais est à l'Est, c'est le pays du Volga, la grande Russie. Le village de Moscou bâti au pied de la citadelle du Kremlin, est devenu la capitale du nouvel empire.

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