‹ Les révolutions russesChapitre 65 sur 79 · X. Restrictions au droit de s'instruire · texte numérisé non relu

X. Restrictions au droit de s'instruire

40. Le gouvernement a entrepris en i88i d'interdire aux Juifs la fréquentation des écoles. Le 21 janvier 1881, le Conseil des ministres décida la fermeture de l'école industrielle juive de Jitomir, sous prétexte que dans la région les Juifs, formaient déjà la majorité des artisans, et qu'on ne devait pas leur laisser le moyen d'augmenter encore leur supériorité. A partir de 1885, les Juifs qui dans le territoire réservé forment au moins Li moitié de la population urbaine, n'eurent plus le droit de fournir que 3 ou au plus 10 p. 100 des étudiants. Cette mesure s'applique même aux écoles fondées par les Juifs ; et dans ces écoles qui leur appartiennent, les Juifs, pour avoir le droit de placer tous leurs enfants, n'ont pas d'autre moyen que d'augmenter artificiellement la proportion des enfants chrétiens qu'ils paient à cet effet.

41. A la campagne, les Juifs n'ont à leur disposition que deux espèces d'écoles : écoles religieuses et écoles de village. Ils ne peuvent pas envoyer leurs enfants à l'école religieuse ; on leur défend de les envoyer à l'école de village. Ils doivent jdonc fonder des écoles à leurs frais. Mais la plupart du temps on leur en refuse l'autorisation ; d'autres fois on leur. défend d'ins*ruire en commun les garçons et les filles, sous prétexte que le Talmud le défend (ce qui est faux), mais en réalité pour leur im-^ poser des frais doubles. Bien mieux, quand les Juifs demandent la p^er-" mission de fonder une école confessionnelle, on n'y consent que s'ils s'engagent à ne pas y enseigner le russe.

42. Dans les universités, on refuse des Juifs alors même qu'il reste des places vacantes. En 1899, à Kief, il restait 750 places que demandaient

492 chrétiens et 120 Juifs. Pour ne pas admettre tous les Juifs on ne reçut que 540 étudiants en tout, dont 48 Juifs. La même année, à Kharkof, il restait 550 places, que demandaiefit 240 chrétiens et 60 Juils ; on n'admit que 282 étudiants, dont 12 Juifs, et 268 places restèrent vacantes.

43. En un mot le gouvernement russe aime mieux priver d'instruction les chrétiens que d'admettre à cette instruction quelques Juifs; il ne veut pas que les Juifs s'instruisent; il ne veut même pas qu'ils apprennent le russe; il leur reproche ensuite de ne pas se russifier.

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