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XVI. Conséquences nationales et internationales

de rantisémi'isme russe.

93. Après avoir montré les excès de l'antisémitisme officiel en Russie, et les efforts des Juifs pour y résister, il faut en indiquer les conséquences nationales et internationales.

04. On comprendra sans pein« q«€ la persécution permanente conubue à éémoraliset les R'tts^s. Les fonctionnaires pliennent rhabîtnde de piller, de massacrer, de toucher des pots-de-vin, dereiidre desjtïgemen^ volontairement injustes^ Le peHiple russe prend Thabitude devx)îr souffriune autre partie dû peuple, de s^en réjouir; et ainsi une nation naturellement douce prend des mœurs barbares, des mœurs qui la rendent piL> ^semblable à TAsie qu'elle prétend civiUser,qu*à l'Europe dont elleprëteriJ représenter la civilisation.

d5« En outre, rantisémitisme, loin d'enrichir lès Russes, contribue les appauvrir. Les Russes de la campagne, des petjtes villes, des régiorreculées, n'ont pas encore les habitudes d'initiative, de méthode, qn permettent de faire le commerce. Ms ne savent pas trafiquer etfx-mènitde leurs produits. Ils ont besoin d'intermédiaires. Si on leur ôte h^ Juifs, ils ne savent plus ^uère comment écouler leurs produits ; ils pr'>duisent moins; ils s'appauvrissent. C'est pourquoi, de 1865 à 189O, .. ville de Nikolaïef réclame sans cesse des bourgeois juifs, et elle en don: . les raisons : les Juifs feront baisser les prix des denrées, par la concurrence ; et ils créeront des entreprises gui occuperont ta classe pairvre. Lejournaux russes publient souvent des requêtes de communes rurales, q::. réclament des Juifs pour assurer des débouchés aux prOd«its de fa tene.

Dans un livre sur les Consèqti'enires de Vantisémitisme en Russie. It

Russe N. Chmérkine explique que si la famine sévit en perœ^nence dan«

-ce pays qui produit trois fois plus de blé qu'il n'en consonsme, c'est p^r

manque d''agents commerciaux capables de répartir la récolte suivant le-

besoins.

96. Quant aux conséquences internationales, on en aperçoit au moin^ deux.

D'abord, par l'antisémitisme, la Russie se prive des concours financierN qu'elle obtiendrait si au lieu de combattre les Juifs elle favorisait leur expansion. La France doit une partie de son prestige dans le jsionde à u protection qu'elle accorde, -qu'elle impose même, aux cferétiews d'Orient. Pourquoi un peuple ne se ferait-il pas le protecteur des Juifs, depuis qno les Juifs essayent de reconstituer leur nationalité, sinon leur ancien territoire ? Les Anglais, plus habiles, tâchent de s'annexer le sionisme, ils voudraient que les sionistes fissent dans l'Ouganda leur essai de colonisation nationale. Mais aucun Etat n'a plus de titres que la Russie au protectorat des Juifs, puisque aucun Etat ne contient plu ; de Juifs, surtout de Juifs agglomérés. On a dit que pendant les négociations pour Ij paix à Porstmouth, M. Witte avait reçu les banquiers juifs de New- York, lesquels lui avaient offert leur concours, à condition qu'on mît un terme à l'antisémitisme en Russie. Cette attitude est tout à- fait vraisemblable. Et l'on imagine sans peine quel changement se produirait dans la condition internationale de la Russie, si au lieu de dépendre financièrement <i'une seule bourse, de la Bourse française, elle dépendait d'une puissance

apitaliste qui ne serait plus nationale, mais juive et donc par définition osniopolite. Pour les partisans de Talliance russe, ce changement paattrait sans doute déplorable ; il paraîtrait peut-être désirable aux petits prêteurs français qui se demandent maintenant, non sans cause, ce que eprésentent leurs titres russes.

97. En deuxième Jieu, Toppression des Juifs en Russie contribue à Jiitretenir un peut partout Tesprit nationaliste et la politique de conrainte. Si les Juifs établis dans les pays civilisés ne s'accroissent pas sans- :esse par des immigrants chassés de Russie, ils finiront par se confondre jvec la population indigène, par s'assimiler. Mais Taffluence constante ii croissante des Juifs venus de Russie, fanatisés par l'oppression qu'ils y ont subie, favorise partout le maintient du. particularisme juif, entretient par suite le seul prétexte qui nourrisse l'antisémitisme, et sert à détourner sur les Juifs le mécontentement de tous les peuples. Si les peuples n'avaient pas partout ^ leur portée des Juifs qu'ils peuvent molester et persécuter presque impunément, au lieu de se mettre en colère contre ces Juifs à tout propos et hors de propos ils se fâcheraient plus souvent contre leurs propres gouvernements. Et nous devons détester Tantisén itisme russe pour si peu qu'il contribue à détourner sur nos Juifs les coups que méritent nos gouvernants.

98. En ce moment (novembre 1905), le gouvernement russe tolère, et peut-être encourage, à Rostow, à Kiew, à Nikolaïew, à Odessa surtout, des massacres de Juifs plus épouvantables qu*à Kichineff. Les Juifs, que les réactionnaires de tous les pays détestent (^mme le ferment de toutes les révolutions, révolutions religieuses (Jésus-Christ) ou révolutions sociales (Marx), expient en Russie le crime d'avoir travaillé plus que les Russes eux mêmes à l'agitation qui a mis le Tsar dans la nécessité d'accorder une Constitution. En même temps apparaît, à Paris, une affiche igiK)ble contre la « race maudite», et le gouvernement français interdit un meeting du Bund, alors que le Bund se réunit partout en Russie. Ainsi les réactionnaires de France manifestent leur solidarité avec les réactionnaires de Russie. Les intellectuels de France se préparent donc à manifester leur solidarité avec les intellectuels et les Juifs, que les blindes noires confondent en Russie dans le même massacre, comme des^

complices.

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