‹ Les Rhinites ChroniquesChapitre 14 sur 51 · PRONOSTIC ET DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET DIAGNOSTIC

Malgré la bénignité du coryza chronique, le pronostic en est relativement sérieux. La vie n’est certes pas écourtée, mais elle devient par moment insupportable : « Avoir incessamment le nez bouché, la tête lourde, la gorge douloureuse ; être astreint à se moucher à tout propos ; s’enrhumer d’un coryza aigu au moindre refroidissement, ce n’est point là un sort enviable » (1). |

De plus, tôt ou tard, le processus inflammatoire atteint l’oreille, déterminant à la longue une otite sèche adhésive, qui amène avec elle la surdité et les bourdonnements. Il peut gagner le larynx, brisant la carrière de ceux qui font profession de leur voix. La bronchite chronique en est souvént la conséquence et l’asystolie peut ainsi devenir la dernière étape de. ce mal si bénin en apparence et si méprisé.

Le coryza chronique doit donc être traité et si ce n’est pour lui, que ce soit pour ses conséquences pcssibles. Livré à lui-même, il ne rétrocède jamais, tandis que bien traité il s'améliore notablement ; la guérison anatomique en est rare, mais le soulagement

(1) LERMOYEZ. — Article cité.

Pie À pi

apporté suffit amplement à justifier les exigences de ‘la thérapeutique.

Le diagnostic paraît facile ; cependant plusieurs écueils sont à éviter et l’on ne doit en trouver ni trop ni trop peu. Les grosses erreurs résident dans la non reconnaissance d’une adénoïdite chez l'enfant ou d’une sinusite latente chez l’adulte. De même la confusion n’est pas permise entre un coryza chronique simple et un coryza vaso-moteur ou spasmodique.

L’unilatéralité doit faire penser à une lésion locale telle qu’une déviation de cloison ou un corps étranger qui entretiennent l’infection tant que cette cause n’est pas éliminée. La syphilis tertiaire peut aussi, à son début, en imposer pour un coryza chronique ; maïs la douleur et un certain gonflement extérieur doivent permettre son ‘élimination. Une autre cause d’obstruction nasale unilatérale est presque toujours méconnue : c’est la mucocèle du sinus maxillaire, l’exsudat ne pouvant sortir du sinus qui reste clair à la diaphanoscopie ; un lavage explorateur du sinus sera donc une sage précaution dans ces cas de rhinite chronique unilatérale qui ne font point leur preuve par ailleurs.

En définitive, lFexamen doit être méticuleux et ne rien négliger. Ce n’est qu’à ce prix qu’une erreur de ce genre sera évitée.

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