Traitement local
Le traitement local ne doit pas être systématique, ct souvent un traitement trop énergique, aggrave le coryza sans aucun bénéfice : « Le médecin doit avant tout se laisser guider par la façon dont réagit la muqueuse nasale, savoir varier ses prescriptions dès que leur effet commence à s’atténuer, et parfois avoir l'esprit de cesser tout traitement local, car les périodes de repos amènent souvent des améliorations inespérées ; elles remontent en tout cas le moral du patient (1) »..
Les diverses formes cliniques demandent a priori un traitement différent pour chacune d’elles : les formes hyperémiques appellent la désobstruction, tandis que les formes sécrétantes demandent le dessechement.
(1) LERMOYEz. — Article cité.
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Cependant, avec l’appui de lexpérience qui enseigne que le nez tend à devenir plus libre; à mesure qu’il est plus propre, on peut imaginer un traitement local type. Ce sera : déboucher et nettoyer le nez.
Il faudra diminuer la congestion locale en même temps que rétablir le fonctionnement normal des glandes. La douceur est de règle dans tous ces actes, et l’on ne peut que déplorer l'emploi de méthodes destructrices violentes par certains spécialistes.
On fera cesser l’enchifrènement en débarrassant les fosses nasales de leurs mucosités. Pour cela, il faut bien expliquer au malade de ne pas se moucheï avec une trop grande énergie, les efforts exagérés augmentent l’hyperémie ñhasale et éternisent le COryza.
« On doit leur apprendre à se moucher rationnellement : alternativement, fermer une narine en laplatissant avec un doigt et souffler fortement par l’autre côté largement béant ; c’est se moucher à la paysanne. Aïnsi faisaient les seigneurs de la cour de France jusqu’à Henri III (1) ».
BALNÉATION.
C’est de tous les traitements, celui qui soulage le mieux le nez, Il répond aux deux exigences précédentes : nettoyer et déboucher. Diluant et balayant les mucosités, il provoque la rétraction des cornets. Cette balnéation sera faite selon des méthodes bien précises.
(1) LERMOYEZ. — Article cité.
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1°) Balnéations sans pression.
Dans ce but, le seul instrument pratique est la pipette nasale dont la manœuvre est des plus simple. Certains lui préfèrent les pulvérisations, mais le débit n’en est pas suffisant pour assurer un nettoyage correct des fosses nasales.
2°) Balnéations isotoniques.
Le but du bain nasal n’est que le nettoyage ; il faut donc s'abstenir des solutions antiseptiques qui altèrent l’épithélium, ou des solutions astringentes à base de zinc ou d’alumine qui émoussent l’odorat. Le liquide utilisé pour ne pas être irritant et dissoudre le mucus nasal sera isotonique et alcalin.
Les meilleures solutions sont : le borate de soude à 25 0/00 ; le bicarbonate de soude à 15 0/00 ; le chlorure de sodium à 7 0/00 quoique un peu irritant et très mal accueilli par l'oreille si elle y pénètre. Les poudres composées sont à rejeter, du fait de leur com-
position complexe ; l’on en ignore, en effet, le coeffi-
cient isotonique. L’eau boriquée doit de même disparaître de la pratique ainsi que les néfastes lavages du nez pratiqués dans les stations thermales et dont l’'hypotonicité provoque un véritable coryza thermal. Cependant les lavages sulfureux, en sont exceptés comme donnant d'excellents résultats chez les scrofuleux à sécrétion muco-purulente abondante. Le monosulfure de sodium sera l’agent de choix ; on versera dans un litre d’eau bouillie une demi-cuillerée à café du mélange :
PURES Monosulfure de sodium......: 10 gr.
ÉAmsStilIée tr Lee PROCESS 50 gr.
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solution à laquelle on ajoutera 7 grammes de chlorure de sodium pour la rendre isotonique.
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3°) Balnéations très chaudes.
Le bain nasal doit être pris à la plus haute température possible. On débute à 35° et, peu à peu, on s’entraîne jusqu’à supporter une température de 45° et 48°. Plus le baïn est chaud, mieux il agit ; la chaleur décongestionne la muqueuse et stimule l’activité phagocytaire. Ce procédé convient donc même aux formes hyperémiques non sécrétantes.
Trois balnéations par jour suffisent, une le matin, une à midi et une autre le soir avant de se coucher. Après ces bains, le malade doit éviter absolument de respirer un air froid pendant au moins une demiheure.
Pendant ce traitement, la surveillance de la muqueuse ne doit pas cesser de façon à pouvoir interrompre le traitement dès que l’on constate un certain œdème du cornet inférieur, ou quand l’olfactomètre révèle un affaiblissement de l’odorat.
Certains auteurs préconisent la douche naso-pharyngienne ou les irrigations avec une solution de sels de Vichy à 15 0/00, excellent dissolvant des mucosités. Mais ces pratiques tendent à disparaître et ne peuvent en tout cas être poursuivies que pendant une courte période, en raison du danger que provoque la trop grande abondance de liquide.
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