‹ Les Ribaud [microforme]Chapitre 40 sur 43 · RE: HAE) D CG EU V · texte numérisé non relu

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de salive pour mieux faire glisser les pages, elle fouille ; elle jette un regard tantôt indifférent, tantôt attristé sur la feuille qu'elle retourne avec effort; elle murmure des dates : ah!... et elle relut.…

Mais bientôt épuisée, tremblante, elle laissa échapper, de ses mains frémissantes, le vieux journal de sa vie,

—Tu as raison, François... Quelle différence il y a dans ce cahier vu d’aujourd’hui et vu d’hicr... Il n’y a plus rien qui me fasse du bien maintenant, ajouta-telle tout bas.

—Cependant, Madeleine... si vous saviez.. peut-être...

—Oh! non, François... Regarde-moi donc comme je suis faible... comme je suis amaigrie.. Elle s'arrêta pour respirer :

Y a-t-il longtemps que je suis malade ?

François, agité, comme refoulant en lui

un aveu prêt à éclater, baissa simplement la tête, sans répondre.

De nouvelles questions parurent flotter sur les lèvres de Madeleine, mais n’osant pas les faire, elle forma lentement, doucement, ses paupières comme dans un renoncement de tout son être.

Au même instant, le docteur Ribaud poussait la porte sans bruit et entrait.

Depuis la veille qu'il avait appris l'existence de Percival, une lutte terrible, sans relâche, se livrait constamment dans son âme. C'était des allées et venues inconscientes, des dialogues muets qu’il tenait seul, des interrogations, des réflexions qu'il se faisait.

Un moment assis, puis bientôt debout il se promenait sans but, Et à tout instant, par la porte légèrement entrebaiïllée, discrètement, il entrait dans la chambre de

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Madeleine, se jetait sans bruit sur un fauteuil et restait longtemps à songer.

D'autres fois il lui parlait et c'était

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