‹ Les richesses minérales de l'AfriqueChapitre 13 sur 113 · CU · texte numérisé non relu

CU

Novembre . .

Décembre . .

Total . . .

En résumé, la production aurifère totale, depuis rorigine, c'est-àdire du !•' mai 1887 au 1" août 1902, a atteint, en chiflres ronds, i milliards :

Francs 1983 000 000

Onces 21 762 000

Kilogrammes 670 000

Le total des dividendes distribués par ces mômes mines a été, jusqu'à la guerre anglo-boër, le suivant :

Total 443 344 500

Pendant le dernier mois, où la marche des travaux a été normale, en août 1899, il a travaillé, dans le Rand, 5970 pilons, qui ont broyé 731 260 tonnes et produit 14 700 kilogrammes d*or (459 709 onces) valant 41300000 francs. On occupait alors 90.000 noirs. En 1896, le nombre des pilons actifs était seulement de 2615.

Ce même mois d'août 1899, la production totale du Transvaal, y

compris les autres districts accessoires, dont il va être question, est montée aux chiffres suivants :

kil. fmacs.

Witwatersrand 14700 41300 000

Lydenburg (Pilgrimsrest) 351 1260000

De Kaap (Sheba) 273 1053000

Klerksdorp (Buffelsdoorn) 82 442000

Toi al (inclus autres mines) 15550 57 363000

Districts de Krugersdorp, Klersksdorp et Heidelberg^ (conglomérats aurifères) (fig. 5, p. 45). — Parmi les districts accessoires du Transvaal, j'en décrirai d*abord quelques-uns, qui se rattachent intimement au Witwatersrand ; car ils semblent en faire la suite et Ton y exploite les mômes conglomérats aurifères. Cette continuité possible d'une formation semblable entre Heidelberg, Johannesburg et Klerksdorp, sur près de 250 kilomètres de long, est même, pour le dire en passant, à elle seule, un fait des plus extraordinaires.

Le district de Krugersdorp, est la continuation très directe du Witwatersrand, dont les couches, arrivées dans cette région Ouest, se recourbent et, au lieu d'une direction Est-Ouest, en prennent une N. E.-S. O. Industriellement, on n*a exploité là, jusqu'ici, que des mines assez mystérieuses, avec gisements problématiques, formant le groupe des Randfontein: mines, dont les dirigeants, le groupe Robinson, évitent avec le plus grand soin toute visite indiscrète et ne compensent pas, par la distribution de dividendes réguliers, ces obstacles opposés aux vérifications techniques. D'après divers géologues, ces mines des Randfontein ne porteraient que sur des couches accessoires et les véritables couches aurifères se trouveraient plus à l'Ouest, masquées par la série de la dolomie.

Plus au Sud-Ouest, dans le district de Klerksdorp, la seule mine exploitée par intermittence, la Buffelsdoorn s'est fait surtout connaître désavantageusement par les pertes qu'elle a occasionnées aux spéculateurs. Il existe là une couche de quartzite (et non plus de conglomérat) aurifère, présentant cette particularité géologique que la pyrite y est associée avec une matière charbonneuse. Le banc de quartzite, où se rencontre l'or, a une grande épaisseur, qui atteint 6 à 7 mètres et Tor y est très irrégulièrement disséminé, sans que des caractères extérieurs bien nets signalent sa présence ou son absence. La teneur moyenne est, par contre, très faible et suffirait à expliquer les déboires des actionnaires, même si l'exploitation avait été honnêtement dirigée.

' Voir, pour la description plus complète de ce district, outre mon ouvrage sur le Transvaal : Bordeaux, Mines de l* Afrique du Sud, p. 56 à 65.

Enfin, le dislHct de Heidelbçrg, sur lequel on s'était porté avec un enthousiasme injustifié en 1893, croyant retrouver là un autre Witwatersrand, n'est intéressant que par la présence, constatée en ce point, de conglomérats aurifères, analogues à ceux de Johannesburg, bien que généralement pauvres. Aucun résultat pratique n'a encore été obtenu dans ce district, si ce n'est, tout à fait à son extrémité Nord, la plus proche du Rand, dans les mines du Nigel, où l'on exploite fructueusement un banc mince de conglomérat à très petits galets, superposé à des schistes avec magnétite : réapparition possible du reef de Modderfontein, qui n'en est séparé que par un intervalle de 28 kilomètres, où les couches houillères du Karoo (Bocksburg, Brakpan, Springs, etc.), recouvrent le sol. Quelle que soit l'hypothèse adoptée sur la formation de ces gisements, il est, d'ailleurs, tout naturel que, lorsqu'on s'éloigne de la zone riche de Johannesburg, transversalement à ce qui a pu être le sens du rivage au moment du dépôt, on observe une modification dans l'allure et la teneur des minerais, avec, probablement, un appauvrissement. Ce qui peut surprendre, ce n'est pas la disparition progressive de l'or ; c'est, au contraire, sa persistance relative sur de telles étendues.

Nous verrons, tout à l'heure, que quelques conglomérats aurifères ont été reconnus incidemment dans le district de de Kaap (Sheba, Kantoor) et dans celui de Lydenburg, et nous avons déjà étudié précédemment, dans une toute autre partie de l'Afrique, les conglomérats aurifères de la Côte d'Or.

Pour terminer ce qui est relatif à ce sujet des conglomérats, j'ajouterai seulement quelques mots encore sur des districts, dont il a été un moment question à l'époque du boom de 1893 et qui n'ont plus fait parler d'eux dans la suite.

District du Zoulouland. — C'est vers le mois de juillet 1893 que l'on a commencé à s'émouvoir à Johannesburg de la découverte de conglomérats aurifères dans le Zoulouland* : conglomérats se rattachant, sans doute, à la formation du même genre, bien reconnue vers Lydenburg, On a installé une petite exploitation à Denny-Dalton, à 130 kilomètres de la station de chemin de fer de Dundee et 82 kilomètres de Vryheid. La couche aurifère, de 0"',50 à 0"*,60 de large, est formée de galets de quartz, gros comme des noisettes, et un broyage, qui a duré trois mois, a donné S 642 grammes d'or, extraits de 2 800 tonnes ; soit, en moyenne, 2 grammes par tonne.

Griqualand (Kimberley, Herbert Goldflelds). — Au début de septembre 1893, le bruit se répandit à Johannesburg, que l'on avait découvert des conglomérats aurifères dans le Griqualand, à l'Ouest de

* Slar de Johannesburg, 31 août 1895.

Kîmberley, dans les districts de Herbert, Campbell, Griquatown et Douglas, et il se produisit aussitôt un afflux important de mineurs sur ce point. En réalité, il ne s'agissait là que de veinules irrégulières de quartz aurifère, plus ou moins bréchiforme, au milieu de calcaires analogues à ceux qui recouvrent le Black-Reef dans le Rand.

Districts de Barberton (ou de Kaap), de Komati (Steynsdorp) et du • Swaziland. — Les gisements d'or transvaaliens, dont il nous reste à parler, sont situés dans TEst du pays, le long de la chaîne monta* gneuse,qui limite le haut plateau et le sépare des régions déprimées de la colonie portugaise du Mozambique. Ce sont, du Sud au Nord (fîg. 23) : les districts de Komati (Steynsdorp), à peu près à la môme latitude que Johannesburg ; puis Barberton, ou de Kaap, avec la mine fameuse de la Shéba ; Lydenburg et Pilgrim's Rest; enfin, tout à fait au Nord, autour de Leydsdorp, le Murchison Range (Zoutpansbcrg).

L'importance industrielle de ces districts est faible, comme le montrent les chiffres de production suivants en kilogrammes :

De Kaap . . . i936 2092 2869 1953 3782 3 534 2790

Lydenburg . . 744 909 1868 1960 1550 1560 3 379

Zoutpansberg . 520 290 340 294 173 6 »

Dans le champ aurifère de de Kaap, qui se rattache au district de Barberton, une seule mine est réellement importante, c'est la Sheba, qui a produit, en 1895, 1 806 kilogrammes ; dans le district de Lydenburg, la production a été fournie par les mines suivantes :

Transvaal gold exploration Cy 1 148

Lydenburg mining Estâtes (New Clewer Estate) 488

Lisbon-Berlyn 261

Barrett i70

Dans tous les districts, dont il va être question maintenant, de Kaap^ Lydenburg, Murchison Range, etc. (en résumé, sur toute la chaîne Nord- Sud des monts du Drakensberg) les conditions de gisement sont partout très analogues et, au contraire, bien différentes de celles que nous avons rencontrées au Witwatersrand. Nous trouvons partout, dans une région comme dans l'autre, la môme formation ancienne des schistes talqueux et quartzites métamorphiques, assimilée par M.Molengraaff à la série d'Hospital-Hill, et, aujnilieu de cette formation, des veines de quartz pyriteux et aurifère, irrégulièrement éparpillées, mais prenant très fréquemment l'allure de filons-couches, bien que d'une origine filonienne prouvée par la façon dont, ailleurs, elles recoupent les strates. Certaines de ces cassures, concordantes avec la direction générale des

Fig. 23. — Carte géologique des districts de Lydeiiburg et Barberton (d'après

M. MoIengraafT).

Échelle aa 1 : 1,500,000*. — Altitudes en mètres. — On a laissé en blanc les terrains du Karoo : IS : conglomérai de Dwycka ; 13 : Schistes d'Ecca ; 14 : grès schistes et houille du Hoogeyeld.

Strir de JUtrùerion et llofinial aUL

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3 B K«chts omt/gdaLnAcji Série, du Blackrccf

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CARTE DES CHAMPS D'OR DE DE KAAP ET DU KOJiAIl

Echelle. âôôTDoo

EeLObenlàL.ffr.

Fig. 24, — Carte des champs d*or de de Kaap (d'après M. Bordeaux).

ts le:s richesses minérales de L'ÂF.RIQUE

plissements delà région, présentent, par exception, une constance et une régularité remarquables, et forment alors des filons de réelle valeur industrielle.

Les zones aurifères portent indifféremment sur des terrains de na* ture diverse, schistes, grès, quartzites, etc. : ce qui en montre bien le caractère intrusif ; mais on n'a pas, ainsi que je Tai fait remarquer à diverses reprises pour toute l'Afrique, de cassures filoniennes nettes et largement ouvertes. C'est toujours un éparpillcment de veines, que j'attribue à une imprégnation effectuée à grande profondeur par dérivation de magmas éruptifs et qui, pratiquement, est peu favorable à l'exploitation fructueuse et continue des gîtes.

Le quartz aurifère est vitreux, de teinte sombre, noirâtre ou bleuté, nibané par des inclusions de pyrite très fines, souvent bréchiforme, parfois prenant la texture d'un véritable quartzite. On y rencontre, assez fréquemment, des particules bitumineuses, à rapprocher de celles qui se présentent en divers points des conglomérats du VVitwatersrand. En profondeur, il contient des sulfures métalliques de toutes sortes (fer, cuivre, zinc, plomb, etc.), avec de la stibine et du mispickel. Nous aurons à mentionner quelques curieuses associations de métaux, telles que des stibines ou des smaltines aurifères. A la surface, tous ces minéraux ont disparu par altération et l'on observe un quartz oxydé, brûlé, carié, plein de cavités et de fissures, dans lesquelles apparaissent souvent des grains et feuilles d'or natif, qui donnent, au début des exploitations, les plus belles espérances.

En premier lieu, le district aurifère de de Kaap (fig. 24), dont la ville deBarberton occupe le centre, se trouve, à la limite Est du Transvaal, au Sud-Est de Lydenburg, entre le fleuve Komati, qui se jette dans la baie de Delagoa, et un de ses affluents, le Crocodile*.

C'est une vallée d'environ 40 kilomètres de diamètre, arrosée par la rivière de de Kaap et ses affluents : Queen's River, North Kaap Riv., South Kaap Riv., et dominée, de tous côtés, par des montagnes escarpées. Ce pays, assez fiévreux et très aride, est aujourd'hui accessible par la ligne du chemin de fer de Pretoria à Lourenço Marquez.

La grande masse des terrains, au voisinage, est constituée soit par le granité ancien (2), soit, dans la zone aurifère, parla formation, dite de Barbertonou du Swaziland (1), qui se compose surtout de terrains schisteux métamorphiques, tacschistes, etc., avec grès, quartzites et même conglomérats, recoupés par des dykes de diabase et porphyrite.

Ces terrains du Swaziland, fortement plissés, constituent la chaîne des montagnes du Makongwa, entre Barberton et le Swaziland. Les

* Il ne faut pas confondre cet affluent avec le fleuve Limpopo ou Crocodile, situé beaucoup plus au Nord.

schistes et quarzites contiennent fréquemment des veines de quartz aurifère et pyriteux, présentant l'apparence de filons-couches ; c'est sur l'une d'elles qu'est située la fameuse mine de Shéba, où le rendement a été, un moment, de 190 grammes d'or à la tonne.

A l'ouest de la vallée de de Kaap, on observe, de plus, une série de grès, passant à des quartzites, avec des conglomérats aurifères que M. Molengraaff a rapprochés de ceux du Witwatersrand. On n'est pas absolument certain que ces couches appartiennent au môme étage que celles de Makongwa, que nous venons de mentionner : à Kantoors et sur tout l'Ouest de la vallée de de Kaap, il y a, en effet, paraît-il, discordance entre elles, tandis que la concordance existerait dans toute la partie Est. Aucun fossile n'a jamais été rencontré dans ces terrains.

Enfin, au-dessus, nous recoupons une série de grès quartzifères, d'âge manifestement plus récent, blancs ou jaunâtres, régulièrement stratifiés et contenant quelques couches de houille, qui forment tout le plateau (highveldt) et qu'on doit rattacher au Karoo.

De nombreuses éruptions de diabases traversenU'ensemble de ces couches, les métamorphisent au contact et s'y interstratifient localement.

Dans cette région, l'or a été signalé dès 1875 et, vers 1886, on y commença l'exploitation delà mine de Shéba, qui eut alors un moment de vogue extraordinaire et attira, pour la première fois, l'attention sur les champs aurifères du Transvaal. Cette mine de Shéba, qui a passé par les vicissitudes diverses, habituelles à ce genre de veines de quartz aurifère d'une irrégularité bien connue, est, encore aujourd'hui, la seule de ce district, qui ait, en pratique, une production suivie. Presque toutes les autres ont, je crois, sombré, bien qu'au milieu de 1895 il se soit produit un nouveau boom dans tout le district de Barberton*.

La zone de beaucoup la plus intéressante de cette région et la seule, par conséquent, sur laquelle j'insisterai est donc celle de la Shéba. La mine de la Shéba, depuis sa découverte en 1886 jusqu'au 1" janvier 1896, a produit environ 10.000 kilos d'or pour 200.000 tonnes passées au broyage : soit une moyenne de 50 grammes à la tonne. Actuellement, on y a dépassé 18.000 kilos. Elle se rapproche, par beaucoup de caractères, de certaines mines fameuses du Venezuela ou de la Guyane, qui paraissent avoir une origine analogue.

Le reef de la Shéba est, en principe, composé de ramifications de quartz noir dans un banc de quartzites. Au toit, se trouvent des schistes

* On trouvera une description très détaillée de ce district dans l'ouvrage déjà cité de Bordeaux (p. 66 à 84). 11 est inutile de reproduire ici des renseignements, sans intérêt théorique général, sur une foule de gisements inexploitables. Au district de de Kaap se rattache, dans l'Ouest, le petit district de la Carolina, qui est sans impor* lance.

talqueux, dits « blue bar », avec veines de quarts pyriteux à or libre ; au mur, on a, successivement : 6 mètres de quartzites très foncés, 12 à IS^ mètres de schistes ardoisiers, S à 16 mètres d'un conglomérat légèrement aurifère, à gros et petits galets, assimilé à celui du Witwatersrand et, de nouveau, des schistes ardoisiers.

Dans les quartzites, qui constituent le reef, on trouve, d'après M. Bordeaux, des ramifications plus ou moins épaisses et parfois réunies en un tronc massif de quartz noir, veiné de quartz blanc. Le quartz noir tient seul de Tor libre (qui subsiste à 250 ou 30O mètres au-dessous de Tafileurement) ; le quartz blanc, toujours stérile, semblerait une sécrétion postérieure, dont les veinules suivent souvent, de chaque côté, i'or libre. En outre de Tor libre, il y a de la pyrite aurifère, qui constitue les tailings.

Les imprégnations aurifères ont grossièrement la forme de colonnes, dont une principale, sur laquelle portent les exploitations de la Shéba, varie de 12 à 22 mètres de puissance. Le total des vides creusés dans les reefs de la Sheba dépasse une longueur de 6 kilomètres, dont 1.100 mètres en tranchées à ciel ouvert et 1 .500 mètres de puits.

La production d'or a été la suivante, en kilogrammes :

Au Nord-Ouest de de Kaap, on a retrouvé, en se rapprochant de la vallée du Crocodile que suit la ligne de Delagoa Bay à Pretoria, des conglomérats un peu aurifères au Kantoor et l'on a exploité, à Barrels Berlin, des alluvions, contenant parfois de très belles pépites, dont lune, de 1613 grammes (52 onces). Dans cette même région de Barrets Berlin, il existe, au milieu de la formation dolomitique (8j, quelques veines aurifères, analogues à celles que nous trouverons bientôt très développées vers Lydenburg et on a supposé que les pépites provenaient de bancs dolomitiques enlevés par l'érosion.

Au Sud de Barberton, au contraire, on trouve la zone des mines de Moodies : zone schisteuse large de 2 à 3 kilomètres et intercalée, comme celle de North Kaap, au milieu du granité. Ces montagnes de Moodie*s ont produit, au total, environ 3000 kilogrammes d*or, notamment dans les veines de Woodbine, à Ivy et dans celles de Pioneer.

A Woodbine et Ivy^ on est dans des schistes, surmontés, dans la première mine, par un lit de conglomérat; à Pioneer, il y a plusieurs veines de quartz très blanc, opaque et granulé, mais non saccharoïde, avec or visible, interstratifiées dans des chloritoschistes verts. La production du district de de Kaap, était, en août 1899, de 273 kilogrammes (8.500 onces) par mois.

Les formations du Swaziland el de Steynsdorp (Komati), situées au Sud des précédentes, leur sont tout à fait analogues. Là encore, l'or est dans des veines de quartz blanc, au milieu de schistes et stéaschistes. Les reefs de Gipsy Queen, Avontuup, Pigg s Peak, etc. ont donné beaucoup d'espérances, mais peu de résultats. En 1898, le Swaziland a produit cependant 150 kilogrammes d'or.

District de Hiddelburg. — Le district de Middelburg, à l'Est de Pretoria, entre cette ville et Lydenburg, ne présente pas d'exploitations aurifères actives; mais j'ai déjà indiqué, en décrivant la série éruptive du Boschveld, à laquelle ils se rattachent, quelques filons complexes, dérivés probablement des granités, où l'on peut trouver un peu d'or avec du cobalt, du cuivre et l'argent (Laatse-drift, Kruisrivier, etc.).

District de Lydenburg ^ — Le district de Lydenburg (fig. 25) a été le premier découvert au Transvaal. En décembre 1871, on avait reconnu, h 160 kil. N.-O. de Lydenburg, les alluvions et les reefs de Marabaslad et Ersteling, qui se sont trouvés sans valeur^A la fin de 1872, on commença à explorer les environs de Lydenburg, à Mac-Mac, puis à Spitz Kop et à Pilgrim's rest, où l'on trouva de belles pépites d'or de 500 à 700 grammes, une môme de 12 kilogrammes. En 1874, on alla plus au Nord, vers Waterval (Lisbon Berlyn), d'où provient une pépite de 3.110 grammes (100 onces).

Un premier élan de spéculation fut alors interrompu par les guerres des Boers, d'abord contre Gekukuni, puis contre les Anglais, qui amenèrent un premier krach en 1877.

On se rejeta ensuite sur les districts plus méridionaux de de Kaap, où l'on découvrit la Shéba et, de 1883 à 1886, on revint à Lydenburg, où un nouvel essai de boom provoqua un nouveau krach. L'énorme développement du Witwatersrand fit encore une fois abandonner Lydenburg pendant une dizaine d'années, jusqu'au moment où, en 1895, le champ spéculatif se trouvant trop encombré vers Johannesburg, les financiers revinrent, une fois de plus, à ces filons de Lydenburg, qui, par leur richesse locale, prêtent à toutes les illusions, comme, par leur irrégularité, ils occasionnent tous les déboires.

C'est une des régions du Transvaal, où les alluvions aurifères se sont trouvées le plus développées ; on estime que ces alluvions de Lydenburg ont produit de l'or environ pour 12 millions de francs. Une forte partie d'entre elles paraissent provenir de la destruction facile de bancs dolomitiques, qui renferment des veines de quartz aurifère.

Le plus grand nombre des gisements de Lydenburg se distinguent de ceux de de Kaap par leur allure et se rapprochent, au contraire, de

' Voir, pour les détails sur ce district : Bordeaux, loc. cit., p. 87 à 103.

ceux de Malmani, qui ont été mentionnés précédemment* ; au lieu de se trouver dans les schistes et grès primaires, ils sont, en effet, encaissés dans la formation dolomitique, à l'occasion de laquelle j'en ai déjà dit un mot.

Tout d'abord, on observe, vers la base de la dolomie, un complexe de schistes et d'ardoises, accompagné par un filon-couche à pyrite, manganèse et or. Cette zone aurifère, caractérisée par sa très forte teneur en manganèse, est celle qui alimente le gisement de Barrets Berlin dans le district de de Kaap et ceux de Spitz Kop, sur l'escarpement oriental du haut plateau de Lydenburg. On la trouve aussi à Pilgrim's Rest. Les mineurs connaissent cet horizon sous le nom de Diggers Leader.

Il existe, en outre, dans la môme région, de nombreux filons-couches aurifères près du sommet de la formation dolomitique; ceux-ci, au lieu d'être associés avec du manganèse, contiennent généralement du cuivre, qui constitue une gêne pour la cyanuration ; on les exploite également à Pilgrim's j^est. Pour M. Molengraaff comme pour M. Bordeaux, il y a rapport certain entre la teneur aurifère et les dykes de roches basiques (diabases, etc.)> très nombreux de ce côté. A la mine Ophir de Pilgrim's Rest, on a même trouvé de l'or en nuggets (pépites) dans une diorite (?), que l'on a essayé de traiter sans succès.

Ces formations dolomitiques, qui contiennent des reefs aurifères, reposent sur des assises de conglomérats, analogues à ceux du Rand et dont nous avons déjà vu le prolongement vers de Kaap et vers le Zoulouland : conglomérats à très faible teneur en or, de2 à3 grammes, inutilisable mais intéressante à signaler.

D'après M. Bordeaux, le quartz aurifère du district de Lydenburg se distingue par un son sourd tout à fait particulier sous le marteau et par un aspect cristallin et saccharoïde, tandis que le quartz stérile est brillant et soyeux, en grosses facettes cristallines et rend un son sec.

Sur Pilgnm*s rest, où se trouvent les exploitations les plus fructueuses, on a reconnu une zone quartzeuse de plus de 8 kilomètres de long et 1600 mètres de large, où se sont installées une série de mines, portant les divers noms des lettres grecques. Alpha, Bêta, etc. Cette zone appartient au niveau inférieur et repose sur une couche de minerai de manganèse, qui dépasse souvent m, 30 d'épaisseur.

Au mur, la dolomie renferme de nombreuses veinules calcédonieuses. Le quartz de la mine Thêta est remarquable, souvent, par la grande abondance d'un or extrêmement fin, rarement visible et donnant néanmoins de beaux rendements.

* Page 51.

CARTE des CHAMPS D'OK DE LYDENBURG "^ ( Trans-vaal ) .

EcheHe. au. i/^o.ooo

JULOhTiùuOr.

Fig. 25. — Champs d'or de Lydenburg (d'après M. Bordeaux).

n LES RICHESSES MINÉRALES DE L'AFRIQUE

Les reefs de Pilgrim's rest, traités ensemble aux usines deTransvaal Gold Mining Estâtes, produisent, à eux seuls, les trois quarts de l'or de Lydenburg.

A Spitzkop, on travaille un reef du niveau inférieur; le reef de Glyntij qui fait partie de ce niveau inférieur, renferme un peu de bismuth. Celui de Frankfort appartient, au contraire, au niveau cuprifère.

A Lisbon Berlyn (Waterval), une Société, qui s'est reconstituée successivement en 1883, 1885, 1888, 1889, 1892, a essayé d'exploiter un bassin d'alluvions.

En résumé, jusqu'au 1®'' janvier 1896, le district de Lydenburg a produit environ 12400 kilogrammes d'or, dont 7440 de 1890 à 1896. En 1896, la production dépassait 1890 kilogrammes d'or par an (60.000 onces). En août 1899, au moment où les travaux ont été interrompus par la guerre, on produisait 340 kilogrammes (11.000 onces) par mois, valant 9S0.000 francs : ce qui correspondait à près de 4.000 kilogrammes par an et le district de Lydenburg avait notablement dépassé celui de de Kaap.

District du Hurchison Range (Zoatpan8berg)(fig. 26).— LeMurchison Range, qui fait partie du bas pays (low country) est situé, au Nord-Est du Transvaal, dans le district du Zoutpansberg, nommé aussi Sait Pan Mountains, à cause de larges dépressions salées qu'on y rencontre. Le Zoutpansberg est divisé en deux parties par le prolongement du Drakensberg : à l'Ouest, la haute région des villes de Smitsdorp, Marabastad, Pietersburg, avec les mines de Watervaal, Ersteling, (citées plus haut), Mount Mare, Palmietfontein ; à l'Est, 600 mètres plus bas, la plaine du bas pays, très boisée, où se trouvent un certain nombre de collines Nord-Est Sud-Ouest, parmi lesquelles le Murchison Range, entre les rivières du grand Letaba et du Selati, au Nord de l'Olifants river.

Le principal centre de population du district est Leysdorp (à 630 mètres), fondée en 1890 sur le flanc Sud du Murchison Range. On cite, en outre : Pietersburg, Smitsdorp, Marabastad, etc., villages qui prennent ou perdent de l'importance suivant la fortune changeante des exploitations minières créées au voisinage.

Le climat est assez fortement fiévreux, surtout après l'été, qui est la saison des pluies. Le pays, habité par le gros gibier, est infesté par la mouche tsétsé.

Ce district aurifère a été l'objet d'un moment de vogue en 1886-90, au moment du grand rwsA et l'on prit alors des quantités de claims, qui furent ensuite abandonnés. En 1891, sur 6000 claims mis en adjudication par le gouvernement après cessation de payement des taxes, 36 seulement trouvèrent acquéreur pour 30 francs*

La région, où Ton trouve l'or, est constituée par des schistes talqueux.

chloriteux, ou amphiboliques, parfois très chargés d'oxyde de fer et contenant quelques intercalations calcaires, qui appartiennent à la formation de Barberton *. Le Spitzkopf (sommet de la région, à l'Est de Leydsdorp) est formé de quartzites rubanés, qu'on retrouve un peu plus à l'Est, à la mine de la France. Ces couches sont fortement redressées et présentent d'assez fréquentes intrusions de granulite. Elles sont encaissées, par lentilles Est-Ouest, dans un grand massif granitique avec gneiss^ présentant des zones cuprifères, que Ton a comparées à celles du Namaqualand, et le tout est recoupé par de nombreux dykes de diabases, porphyritcs, etc.

Au milieu de ces schistes, on trouve des veines, plus ou moins inlerstratifiées, de quartz aurifères, qui semblent, d'après les descriptions, avoir une allure très analogue à celle que nous avons rencontrée fréquemment en Afrique et que Ton observe un peu partout, pour les veines aurifères, dans des schistes du môme genre, — par exemple le long de la chaîne des Alpes (Pestarena, etc.) — c'est-à-dire que l'on a des lentilles, des veinules, prenant localement l'allure de filons-couches et, ailleurs, reliées par des ramifications nettement transversales aux bancs. Ces veines, dans les parties riches, sont formées d'un quartz noirâtre ou bleuté (rouillé et caverneux à la surface) : quartz très souvent bréchiforme, de telle sorte qu'on l'a comparé à tort à un conglomérat. Parfois aussi, la pyrite de fer, transformée à la surface en oxyde, y joue un rôle prédominant. En certains points, comme à Shotover, il existe de la sidérose et de la dolomie, de la pyrite de cuivre, de la stibine, du mispickel, de la galène, etc.

D'après MM. Schmeisser et Bordeaux, il y aurait deux faisceaux de filons principaux :

i*.Le plus au Nord, caractérisé parles stibines aurifères (Invicta, Freestate, Gravelotte), où l'or est tantôt en feuillets minces, tantôt en grains, tantôt invisible, associé à la stibine, et qui, de Gravelotte à Freestate, a, en moyenne, 1 çiètre de large sur près de 8 kilomètres sans interruption;

2<* L'autre, au Sud, où le quartz et la pyrite aurifère imprègnent, en fahlbandes, des talcschistes et quartzites métamorphiques (la France, Sutherland,etc.).

Parmi les filons où le quartz domine, M. Sawyer cite ceux de Président, Shotover, Selata, Harmony, Murchison ; parmi ceux à pyrite de fer abondante, la France, Anglia, Gravelotte, etc. Ces derniers, à la surface, prennent, en raison de l'oxydation de la pyrite, le nom de filons brûlés. En profondeur, dans tous ces filons, la teneur en or

* Sawyer. Geolog. and gênerai guide to the Murchison Range. London, 1892, Ueywood. -^ Bordeaux, loc. cit,, p. 104 à 114.

paraît se répartir plus régulièrement et s'amoindrit. C'est, d'ailleurs, un caractère commun à ces filons d'être parfois localement très riches et criblés de cristaux d'or natif à la surface, mais, en môme temps, extrêmement irréguliers : ce qui, joint à l'insalubrité du climat et aux difïicultés des communications, a empêché, jusqu'ici, le développement industriel de la région.

Il existe néanmoins quelques mines dans ce district, telles que Gravelotte, la France, Freestate et des concessions appartenant à TOceana*, la Transvalia, etc.

A l'ouest de Leydsdorp, à la mine Sutherland, la seule du district qui ait produit un peu d'or dans ces dernières années (environ 270 kilogrammes en 1895), M. Schmeisser signale, sur les joints des talcschistes, des enduits d'or analogues à ceux qu'on observe fréquemment au Brésil.

Petit Letaba*. — Le district du petit Letaba (fig. 26), situé à 50 kilomètres au Nord du Murchison Range, sur les bords de la rivière Letaba, présente des conditions de gisement analogues (mines Ellerton, Birlhday). A la mine Birthday, on trouve, d'après M. Schmeisser, un filon de quartz, généralement grisâtre, avec pyrites de fer et de cuivre, galène et cristaux ou feuilles d'or natif, fréquents dans les fissures et cavités du quartz ; sa teneur a passé assez promptement de 125 grammes d'or à la tonne, à la surface, à 60, puis à 17. 11 est rejeté par des filons de diabase.

A 450 mètres au Nord du filon de Birthday, la Compagnie Letaba en a exploité un analogue avec sulfures de fer, plomb et cuivre.

Holotofii. H^ Houtbosch. — Entre le Grand et le petit Letaba, sur le Molotosi, puis au Sud de Hœnerstsburg, dans le Drakensberg, il existe des filons de quartz aurifère semblables, le plus souvent dans le granité, et, — par un phénomène assez général dans tous les pays, pour les filons de quartz aurifère recoupant cette roche — , présentant un coincement rapide en profondeur (mine Iron Crown).

En résumé, la production d'or du Zoutpansberg a été de 1889 à 1898 en kilogrammes :

Au total, on a retiré environ 6 millions d'or, après en avoir dépensé une cinquantaine.

* L'Oceana. au capital de 12 500 000 francs a été constituée, d'abord, en avril 1895. pour acquérir les fermes de Sedan et de Tours, dans le district de Selali. Ces noms de Sedan, Gravelotte, etc., suffisent à faire présumer la nationalité des exploitants.

* Schmeisser, loc, cit., p. 33.

Richeues minérales de TAfrique. 7

6« RHODÉSIÂ*

Au Nord du Transvaal, nous entrons dans les vastes territoires de la Rhodésia (fig. 27). L'organisation minière de la Rhodésia, c'est-à-dire des domaines de la Chariered O' et son développement politique sont si intimement liés Tun à Tautre et si bien la conséquence l'un de l'autre, qu'il est impossible de décrire l'jndustrie de cette région sans rappeler d'abord, en quelques mots, le développement de cette grande entreprise, dont le fondateur, Cecil Rhodes, meurt précisément à l'heure où j'écris ces lignes.

Le point de départ de la Ghartered fut un traité conclu en 1888 par le Central Search Association avec le roi nègre Lobengula : traité, par lequel ce syndicat, dont Rhodes était le chef, acquérait le droit exclusif de rechercher et exploiter les minéraux et métaux dans le Matabeleland et le Mashonaland. Le 30 avril 1889, ces droits étaient transférés à la British South Africa C^, ou Chariered C, moyennant 50 p. iOO des bénéfices futurs de cette dernière, et, le 29 octobre 1889, le gouvernement anglais accordait à la Ghartered, sur son territoire, des droits régaliens.

La Ghartered, établie par acte du 3 février 1890 avec un capital primitif de 25 millions, porta ce capital à SO millions dès 1892 et, cette même année, s'empara d'une partie des territoires portugais du Mozambique. En 1893 et 1894, on déposséda Lobengula, moyennant une petite guerre peu périlleuse et, dès 1894, Buluwayo et Salisbury se transformèrent en villes européennes. L'effervescence, causée chez les noirs par le coup de main du docteur Jameson en décembre 1895, amena, en 1896 et 1897, une révolte plus sérieuse des nègres, qui coûta la vie à plusieurs centaines de blancs, et c'est seulement au début de 1898 qu'on put reprendre avec quelque activité la mise en valeur du pays. Le capital de la Société fut porté successivement à 62 500 000, 87 500000 et 125 millions de francs ; avec cet argent, les lignes de chemins de fer s'allongèrent vite, dans un pays où l'établissement des voies ferrées se fait sans grande peine. Le 4 novembre 1897, fut inaugurée la ligne de Kimberley à Mafeking et Buluwayo, qui doit aboutir prochainement à Fort-Salisbury ; en avril 1898, la ligne qui, de Beira, doit atteindre le même point de Fort-Salisbury, était déjà à Umtali. En même temps, on posait la ligne télégraphique du Gap au Gaire, qui sera bientôt achevée. La prise de possession du pays s'est ainsi accomplie, avec un caractère bien naturel d'improvisation, néanmoins avec des résultats

• Ce serait peut-être ici le lieu de parler des mines d'or de Madagascar; mais nous consacrons aux richesses minérales de la grande lie tout un paragraphe spécial du chapitre XI.

qui ne peuvent manquer de frapper Timagination, comme tout ce qui se passe en Afrique depuis vingt ans, quand on suit, sur une carte, la cod-

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vergence des voies de pénétration, traversant de tous côtés le continent africain pour aboutir aux Grands Lacs, et quand on réfléchit que ces immenses territoires, aujourd'hui conquis à la civilisation, étaient, il y a quelques années à peine, des terres vierges et inexplorées.

Tous ces résultats, obtenus par les grands et continuels sacrifices financiers des actionnaires de la Chartered, l'ont été, jusqu'ici, dans l'espoir, toujours reculé comme un mirage, de découvertes colossales dans la région des mines d'or. Ce n*est pas, en ce travail scientifique, le lieu d approfondir ce côté économique de la question*. 11 suffira, pour préciser dès le début l'importance réelle des exploitations minières, qui seront décrites plus loin, de résumer brièvement les rendements pratiques, insérés par la Chambre des mines de Rhodésia (Buluwayo, Salisbury) dans ses statistiques officielles et mensuelles.

Ces rendements, on le sait assez, n'ont pas été conformes aux premières illusions des promoteurs. Étant donnée l'irrégularité extrême du type de veines aurifères, qui prédomine en Rhodésia, un grand nombre de tentatives ont dû être abandonnées et bien des mines n'ont eu qu'une existence précaire ; néanmoins, dans la multitude des filons déjà découverts, une sélection s'opère peu à peu et, finalement, la production totale s'accroît d'année en année, dans des proportions, qui, sans rappeler en aucune façon l'essor foudroyant du Witwatersrand, n'en sont pas moins intéressantes à constater.

Sur les tableaux donnés plus loin, qui montrent Tétat des exploitations au début de 1902, on remarquera le rôle insignifiant du Manicaland (Umtali, Penhalonga, Massikessé, Rezende), dont on parlait déjà avec admiration il y a quelque trente ans, la disparition également complète du champ d'orde Victoria, près Zimbabyé (Cotopaxi, Dickens, etc.) où, en 1895, se trouvaient déjà 20 pilons, sur les 40 qui existaient alors dans le Mashonaland. L'activité s'est visiblement concentrée le long de la ligne du chemin de fer de Mafekîng à Salisbury (Tati, Dunraven, Selukwe, Globe and Phénix, Béatrice, Hartley Hills).

Certaines mines, qui curent leur moment de vogue, ne font plus parler d'elles : la Geelong, la mine Alice (qui avait commencé ses broyages en septembre 1900 et, jusqu'au 1" janvier 1901, produit, avec 3507 tonnes, 2635 onces d'or*), l'Ayreshire, etc.

En dehors de la question des transports, qui n'est que partiellement résolue, une des grosses difficultés, pour cette exploitation, comme pour celles du Transvaal, est celle de la main-d'œuvre. On s'efforce delà trancher par des systèmes de coercition, de surveillance, d'enrôlement et de parquage des nègres, qui constituent une traite des noirs hypo-

* Les actions de 25 francs de la Chartered ont valu 60 francs en Juin 1902, 90 en mars 1902. Il est à remarquer que la Société impose un droit de 50 p. 100 sur le capital actions de toute Société au moment de sa fondation. Bien que ce droit énorme soit souvent réduit en pratique, il en résulte une source de bénéfices qui n'est pas négligeable pour une Compagnie dont le capital est, en somme, relativement peu considérable.

* Cette mine dépend de la Bechuanaland Explor. C'. En mars 1902, on fait espérer la reprise des broyages.

crite ; on a également proposé, à diverses reprises, l'introduction de la main-d'œuvre asiatique. Le climat est, en général, sain ; mais, dans de vastes régions, l'existence de la mouche tsétsé empoche d'utiliser les animaux domestiques aux transports.

En résumé, les mines productives de la Rhodésia ont été, en janvier 1902, les suivantes, en supprimant seulement une ou deux mines sans importance actuelle ;

COUPAGNIKS

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