BATTERIES
Tonnes bro}éc8.
Nombre
de pilons.
Journées
do travail.
Tonnes par pilon
et par jour.
Rendement
d'or
en onces (oz.)
cldwls.
Valeur Valeur totale (le par l'exiraction tonne.
MATABEULAND
SELUKWE
Dunraven
Selukwe
— (lailings). .
Surprise
8EBAKWE
Globe and Phœnix .
— (tailings).
SINANOMBI
Austro-Rhodesian. .
Totaux
MASHONALANO HARTLEY
Béatrice
HANICA
Rezende
— (tailings) . .
Totaux
1 983 oz. 17 3 241 oz. 8 1 126 oz. 12 1 740 oz. 12
3 338 0Z. 521 oz. 10
866 oz.
francs.
francs
rj5
13 199 oz. 16
1 584 oz. 1
834 oz.
258 oz. 18
15 954 oz. 15
Nota. — La valeur de l'once (31,10 gr.), divisée en 20 dwts, varie suivant la finesse du bullion (or brut).
onces kilog.
Production antérieure au !•' septembre 1898 6 470 = 200
Production du 1" septembre au 31 décembre 1898 .... 18 085 = 560
Production de 1899 ^ 65 303 = 2 024
ProducUon de 1900 91 940 = 2 850
Production de 1901 172 061 = 5 334
La production se décompose ainsi, par mois, depuis 1898 :
oacet
onces
onces
onces
Janvier .... a
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Total pour Tannée
Ces chiffres mettent en évidence les progrès de l'industrie minière en Rhodésia dans ces dernières années ; ils montrent, en même temps, combien cette industrie est encore restreinte après une douzaine d'années d'efforts, puisque le nombre total de pilons, fonctionnant actuellement, n*est encore que de i 45, et la production mensuelle de 15000 onces pour tout ce grand pays, alors que, dès janvier 1890, trois ans après sa découverte, le Witwatersrand produisait déjà 35000 onces en un mois.
Abordons maintenant la géologie des gîtes aurifères de la Rhodésia, qui, résumés en deux mots, paraissent rentrer dans le type, habituel en Afrique, des imprégnations quartzeuses et pyriteuses au milieu des schistes métamorphiques, souvent au contact ou au voisinage de granités et granulites; on est porté à y voir le résultat de cri.stallisations en profondeur : ce qui rapprocherait ces gisements des imprégnations pyriteuses ordinaires en divers pays homologues, notamment en Scandinavie, au Canada ou au Brésil, et les distinguerait, au contraire, du type filonien proprement dit. Ce genre de gîtes a le défaut pratique d'être, en général, très disséminé et inconstant ; mais on peut toujours conserver l'espoir de tomber un jour sur quelque grand amas de pyrite aurifère, qui constituerait, pour Tor, ce qu'est le Rio Tinto pour le cuivre ^
Toute la région comprise entre le Limpopo et le Zambèse est (si on néglige le manteau de terrains du Karoo, surtout développé au Nord et à TEst), constituée par un vaste massif cristallin de granité, gneiss, micaschistes, talcschistes et schistes primaires métamorphiques, avec
* Voir, sur les mines de la Rhodésia : 1894. Sawybr. The goldfields of Maskona' land, 1 vol. avec 21 pi. cartes et coupes des principaux districts (Londres, H pywood). — J. H. Hammond. Rapport à la Chartered Cy. — 1898. H. Bordeaux. Les mines de VAfnque du Sud, 212 p. et 8 pi. ciiez Dunod.
GISEMENTS D'OR AFRICAINS — RIIODÉSIA i03
intercalations de bassins houillers sur le Zambëze, c'est-à-dire assimilable aux tronçons hercyniens d'Europe, le Plateau Central, la Bohême, etc., avec cette différence toutefois que ce massif, anciennement plissé au début du carbonifère, puis, longuement érodé au cours des âges géologiques, ne paraît pas (si ce n'est au Nord de Salisbury, sur le Mazoé et vers le Zambèzc *) avoir subi le contre-coup des dislocations tertiaires et des manifestations volcaniques, qui les ont accompagnées. Son histoire, déjà résumée ailleurs et pour les détails de laquelle je renvoie aux indications précédentes*, est très simple. Les derniers plissements datent du carbonifère et c'est au plus tard à cette période qu'il faut faire remonter les gîtes métallifères d'imprégnation et de cristallisation profonde, dont il va être question plus loin. Ultérieurement, il s'est bien produit, pendant le Karoo, des montées de roches éruptives du type des porphyrites, diabases, mélaphyres, etc.; mais, en dehors des diamants, qui ont cristallisé^dans des roches ultrabasiques de ce groupe, ces roches ne semblent pas avoir amené d'éléments utilisables, tels que les métaux et recoupent, au contraire, partout où on peut le constater, des gîtes métallifères antérieurement formés.
Les deux éléments essentiels de cette constitution géologique : granité et terrains schisteux, présentent un aspect pittoresque très différent et jouent, pour la répartition des mines, un rôle bien dissemblable.
Le granité forme d'énormes croupes, avec blocs en saillie d'apparence cyclopéenne et végétation pauvre. Les minerais y font à peu près complètement défaut, si ce n'est dans la zone de contact avec les terrains schisteux : fait bien connu des prospecteurs, qui ne serait pas exact dans une région à filons proprement dits, où les granités ont été fracturés longtemps après leur consolidation, par un mouvement indépendant d'eux et venu de loin (voir, par exemple, le district de Linarès en Espagne), mais qui s'explique très bien dans l'hypothèse de fumerolles dégagées par ces noyaux granitiques vers les terrains schisteux, qui leur formaient un manteau.
Sur le sol schisteux, au contraire, où se trouvent la plupart des gîtes aurifères, la végétation est très abondante. Les calcaires sont rares ; on en a cependant trouvé près Umtali, au voisinage de Salisbury et dans le district de lo Magondis, c'est-à-dire sur un alignement N.-O.-S.-E.
D'anciens travaux importants (d'âge inconnu), qui ont attiré l'attention des prospecteurs, sont visibles : dans le Manicaland, à Umtali ; dans le Matabelcland, à Zimbabyc, Selukwe, Gwanda; au Mashonaland, à Umfuly, lo Magondis, Mazoé, Mapondera etMtopota, ces deux derniers
* M. nordcaux. loc. cit., p. 181, parle de basalte sur le Mazoô.
• Pages 14 à 19 et 4.3.
lui LES RICHESSES MINÉRALES DE L'AFRIQUE
à i 00 et 120 kilomètres au Nord et au Nord-Est de Salisbury *. On y trouve des tranchées, qui atteignent parfois 60 mètres de profondeur, avec des accumulations de déblais faiblement aurifères et, souvent, des quantités de pierres taillées ou polies.
Nous étudierons successivement les gîtes compris dans les trois grandes divisions de laRhodésia : Matabeleland, Mashonaland etManicaland (avec colonie portugaise voisine).
1** Le Matabeleland (capitale Buluwayo) comprend les districts miniers de Gwanda, Insiza, Belingwe, Shangani, Bembezi et Sabakwe. C'est lui qui produit actuellement plus des trois quarts de l'or de la Rhodésia, avec les mines de Globe and Phœnix, Selukwe, Duuravcn et Surprise. Les mines de Geelong, Bonsor et Tebeekwe ont également installé des batteries.
Il y a là des veines de quartz à or libre, intercalées dans les schistes métamorphiques ou stéaschistes, avec des puissances variables (3m. 50 aux Athens reefs de Sabakwe, plusieurs mètres à Geelong, 1 mètre à Bonsor et à la mine Queen's de Bembezi). On peut remarquer, dans le reef de Bonsor, la présence de pyrite, mispickel et galène.
Vers le Sud, à Tati, en Bechuanaland, on avait fait, dès 1868, une tentative d'exploitation malheureuse.
2'' Dans le Mashonaland (capitale Salisbury), on a distingué les districts de Salisbury et Entreprise, Abcrcorn, Mont Darwin, Mazoé, Jo Magondis, Umfuli, Hartley Hills et, à une très grande distance des précédents, vers le Sud, Victoria.
a. District de Salisbu7*y. — A la mine Salisbury, et sur son prolongement, à la mine Danube, il existe des veines très pyriteuses dans les schistes à épidote et hornblende, ou, dans le granité, au contact de ceux-ci. D'après M. Bordeaux, on observe, au milieu du granité et de la syénite, des dykes de granulite pegmatoïde (kaoHnisée aux affleurements), renfermant des veines de quartz plus ou moins enchevêtrées, aux pyrite et galène. Certaines de ces veines sont formées d'un quartz blanc opaque et grenu, ou d'une sorte de pétrosilex, d'autres d'un quartz vitreux rose ou d'un quartz saccharoïde à pyrites. Les reefs Gladstone, Aberdeen sont des veines de quartz dans les schistes micacés au voisinage du granité. Le reef Gountess est également dans les schistes, près de masses dioritiques.
b. District de Mazoé. — Les reefs de Mazoé sont sur le versant Est de la montagne d'Umwurkwe, qui les sépare du district de Lo Magondis : montagne surtout constituée de schistes avec amphibolites, serpentines
• Voir plus loin, page i06.
et péridotites. Les noirs lavent quelques alluvions sur le torrent Wantzie, qui sort des granités pour couler dans les schistes. Au delà du mont Mapondera, d'anciens travaux importants, au voisinage desquels on trouve des quantités de pierres polies et creusées, paraissent avoir porté sur des entrelacements de pegmatites aurifères dans un micaschiste très quartzeux. Le reef Alice, sur lequel a été faite une tentative d'exploitation avec 10 pilons (en profitant de Tabondance des eaux du Mazoé en ce point) comprend plusieurs veines de quartz dans les micaschistes, occupant au total environ 0",80 d'épaisseur et comprenant, quand on sort delà zone altérée superficielle, du quartz glacé ou grenu, avec pyrites de fer et de cuivre, galène et un peu de blende.
c. District de lo Magondis. — La principale mine de ce district est l'Ayreshire, où l'on a exploité un curieux dyke de roche amphibolique* aurifère à veines de pegmatite : dyke d'environ 20 mètres de puissance, encaissé dans les granités, gneiss et schistes amphiboliques, et qui, dit-on, serait légèrement aurifère et argentifère dans toute sa masse, l'argent dominant même sur l'or aux essais. Ce serait donc là un type quelque peu différent de ceux que nous rencontrons dans le reste de la région et se rapprochant plutôt de certains aspects de Madagascar, de l'Australie occidentale ou de la Guyane. Il faudrait cependant une étude plus complète qu'on ne l'a faite jusqu'ici pour s'assurer qu'il n'y a pas là, soit une forme de schiste amphibolique, soit un simple granité, enrichi en amphibole par l'absorption de schistes semblables. D'après M. Bordeaux, cette diorite (?), qu'il rattache aux formations basiques du mont Umwurkwe, se prolonge jusqu'àl60 kilomètres au Nord, vers le mont Gotha. Les anciens travaux sont très abondants et développés dans toute cette région, où l'on n'a fait que peu de tentatives d'exploitations modernes.
d. Distinct de Hartley Hills. — Ce district, situé sur la rivière Umfuli et ses affluents, comprend trois parties : l'Umfuli supérieur, avec la mine Béatrice à 87 kilomètres Sud de Salisbury, Hartley Hills avec la mine Inez et Umfuli inférieur avec les reefs de Gootooma.
La mine Béatrice, seule exploitée avec quelque activité, est, d'après Bordeaux, au contact du granité, dans les schistes métamorphiques (d'après Sawyer, au milieu des roches ignées basiques).
Dans la région de Duchess et Concession Hills, les veines de quartz aurifère sont dans les schistes, parfois avec pyrites de cuivre, donnant l'association ordinaire sidérose et cuivre gris aux affleurements (Harvester). On trouve là des schistes à enduits aurifères semblables à un vernis,
* D'après une déterminaUon de M. Bordeaux, qui demanderait confirmation, ceUe roche, qualifiée de diorite. passerait à l'andésite. Un échantillon, qui en a été donné à l'école des mines parM. Weill (1670-1) est un quartzite amphibolique, riche en sphène.
comme il en existe au Brésil (Carrapatos). A la mine Inez, on observe Tassociation de Tor avec la stibine, que j'ai déjà signalée dans le Transvaal (Murchison Range) et dont on connaît quelques exemples étrangers.
e. District de Victoria, — Le district de Victoria, situé à proximité des ruines célèbres deZimbabye*, a été le premier découvert et mis en valeur au Mashonaland (mines Cotopaxi^ Dickens, Standard, etc.). Mais il y est arrivé, ce qui paraît être trop généralement le cas pour ce genre de gisements, c'est que, dès que Ton sort de la zone d'enrichissement par altération supeHicielle, sur laquelle portent les premiers essais, la teneur se réduit très vite et qu'en outre ces veines irrégulières et inconstantes se ramifient ou se coincent, de telle sorte que tous les travaux en sont actuellement abandonnés*.
D'après Sawyer, on a là une zone de schistes à peu près Est-Ouest, avec grès et quartzites, comprise entre les massifs de granité et gneiss, qui affleurent, d'une part, à Zimbabye, de l'autre, à Victoria. Au milieu de ces schistes, viennent s'intercaler quelques dykes de serpentine, amphibolite et gabbro.
Les veines aurifères sont, comme toujours, à peu près interstratifiées dans les schistes.
Cependant Sawyer signale, dans l'Ouest du district, plusieurs filons dans les gneiss ou granités ; le Cleveland reef fait, suivant lui, partie d'un grand dyke de quartz en saillie, dirigé N.-S et se trouve au contact du gneiss avec des roches serpentineuses ; le Cambrian reef, encaissé dans les gneiss et talcschistes, contient pyrites de cuivre, galène et manganèse, ainsi que le Texas reef^ encaissé dans un granité décomposé.
Dans la partie centrale du district, le reef Dickens est dans des schistes amphiboliques et, un peu plus au Sud, le Cotopaxi est peu distant d'un dyke de gabbro ; puis, vers l'Est, les Slandard reef s, au nombre de cinq, sont intercalés entre les schistes ardoisiers et les grès.
* J*ai dit ailleurs [Mines cVor du Transvaal, p. 29 à 35 ; Nature, 1896) ce que l'on sait sur ces curieux et énigmatlques monuments, certainement construits par d'autres que les indigènes, mais sur l'âge desquels on ne peut s'entendre ft trois mille ans près : les uns les attribuant simplement aux portugais, qui, dès le xv» siècle, ont eu des établissements de ce côté et. sans doute, sur ce point même: les autres voulant les faire remonter jusqu'aux incursions des phéniciens, à l'époque du roi Salomon. Kn dehors de Zimbabye. il existe diverses ruines dans la Rhodésia et beaucoup de vieux travaux, que j'ai déjà mentionnés chemin faisant: travaux qui, eux, sont, au moins pour une bonne part, attribuables aux nègres.
Voir également un ouvrage récent : R.-W. Hall et W.-G. Neal. The ancrent ruina ofRfiodesia (LondOn).
■Voir leur description détaillée dans l'ouvrage de Sawyer, p. 69 à 76, avec carte, pi. II, et coupe.
3* Enfin, le Manicaland comprend le district d'Umtali et de Rezende en territoire anglais, prolongé, sur le territoire portugais, par celui de Massikessé et les alluvions du Revue.
C'est un des premiers qui aient été explorés dans l'Afrique Australe, et, lorsque les Européens commencèrent à pouvoir y accéder, on lui fit aussitôt une réputation de richesse, que l'expérience n'a, jusqu'ici, nullement confirmée ; mais, quand arrivèrent des ingénieurs plus expérimentés, ces illusions s'envolèrent.
Dès 1881, M. Kûss a visité cette région, en même temps que les terrains houillers de Tête et que divers gîtes aurifères situés plus au Nord, dont il sera question bientôt, et a conclu à l'inexploitabilité de tous les gîtes qu'il étudia*. En fait, il est assez caractéristique que, malgré des facilités spéciales tenant à la position d'Umtali sur la ligne déjà ouverte de Beira à Salisbury, une seule mine de ce district, la Rezende, fasse actuellement un broyage, d'ailleurs insignifiant (77.000 francs d'or en janvier 1902).
Suivant Sawyer, la région, qui s'étend d'Umtali aux sources du RevUe (Massikessé) en comprenant Penhalanga, est surtout formée de schistes métamorphiques, adossés à un plateau granitique, qui se développe vers le Nord. Ces schistes métamorphiques cttalcschistes, accompagnés de quelques roches gneissiques, comprennent des amas de syénite et diorite quartzifère et sont recoupés par des porphyrites. Ce sont, notamment, des roches éruptives basiques, qui occupent, entre Massikessé (cote 800 mètres) et Umtali (cote 1200 mètres), (c'est-à-dire entre les deux rivières du Revue et de l'Umtali, coulant dans le prolongement l'une de l'autre en sens contraire), le point dit Crow's nest, ou Nid de Corbeau, sur la ligne de partage des eaux (1 600 mètres).
Dans le Nord du district, le reef Rezende, encaissé dans les schistes talqueux, forme une série de veines interstratifiées avec ramifications latérales ; il est formé de quartz, tantôt bleu ou très blanc et vitreux avec or libre, tantôt nettement saccharoïde et surtout riche dans ce dernier cas.
Plus au Sud, le Penhalanga Range est une ligne de collines de 8 à 10 kilomètres de long, formées de schistes, grès et quartzitcs, sillonnés de veines quartzeuses minéralisées et recoupés par des diabases ou dioritcs parfois aurifères. Le filon principal, encaissé dans les schistes talqueux, se compose de lentilles quartzeuses généralement minces, contenant des minerais d'un traitement difficile, mais intéressants pour le minéralogiste, parce qu'ils nous montrent l'or associé, non seu-r
* Voir encore, sur ce district : 1894. Sawyer. loc. cit., p. 76 à 79 et carte géol, pi. VI. — 1895. Peffau, notes inédiles sur le district de Massikessé. — 4898. Bordeaux. loc. cit., p. 175 à 179.
lemenl avec la pyrite, la galène et la blende comme d'habitude, mais aussi avec la crocoïce (chromate de plomb) : ce qui le rapproche du gisement de Berezowsk (Oural), auquel on peut attribuer un même âge et un mode de formation analogue.
En résumé, si nous concluons, dès à présent, pour ce qui concerne la Rhodésia, dont les formations donnent bien le type général africain, nous voyons une série de veines sulfurées et quartzeuses, encaissées pour la plupart dans des terrains schisteux de constitution diverse (schistes ardoisiers, talcschistes, schistes amphiboliques. etc.), parfois aussi dans des roches plus massives, comme les gneiss et paraissant en rapport d'origine, soit avec des granités, au contact plus ou moins direct desquels elles sont souvent, soit, d'après certains géologues, avec des diorites (?), parfois elles-mêmes légèrement auriCires.
Dans tout cet ensemble, il n*y a pas à proprement parler (sauf peutêtre quelques rares exceptions), de grandes cassures profondes, de filons proprement dits, favorables pour une exploitation importante et prolongée. Le réseau des veinules aurifères, qui peut être localement riche, se comporte tout à fait comme un ensemble d'imprégnation profonde, ayant pénétré dans le système des fissures, que lui offrait le bâillement ou la dislocation des schistes et qui était particulièrement accentué dans les joints de stratification : d'où Tapparence habituelle, mais non constante, de filons-couches.
Gomme minéralisation, ces filons comprennent, outre la pyrite et la silice qui sont les éléments essentiels (et en laissant de côté, bien entendu, les produits ordinaires d'altération superficielle), de la pyrite de cuivre, de la galène, rarement de la blende, parfois du mispickel ou de la stibine, exceptionnellement de la crocoïse.
On peut trouver ailleurs des points de comparaison, mais toujours dans des régions que nous considérons comme géologiquement homologues de l'Afrique centrale.
Ainsi les analogies sont grandes avec les gîtes brésiliens ^ Là, également, on a, le plus généralement dans les schistes, parfois dans des grès ou quartzites, des veines quartzeuses à peu près interstratifiées, aboutissant à des enduits minces, comme des vernis aurifères, sur certaines couches (Carrapatos, Caété); parfois ces "filons-couches sont entre des schistes micacés et des grès, comme à Passagem ; ailleurs, dans des schistes amphiboliques (Pary) ; ailleurs encore, on a ce type des quartzites imprégnées de sulfures, qui, aux affleurements, donnent des masses d'oxyde de fer (itabirite), comme on en trouve en Rhodésia et un peu partout en Afrique australe.
* Voir, pour leur description plus détaillée, mes Giles minéraux et métallifères, t. II, p. 939 et bibliographie citée.
La minéralisation, là aussi, comprend, lorsqu'on a pénétré sous la zone oxydée de surface, des sulfures complexes, associés à la pyrite de fer aurifère, du mispickcl, de la galène, de la pyrrhotine, du manganèse cobaltifère et, en même temps, des minéraux que nous sommes habitués à trouver dans les granulites on dans le groupe des filons d'étain dérivant de la granulite, comme la tourmaline, le bismuth, le molybdène, qui accentuent le rapprochement proposé ; on est porté à admettre, dans ce cas comme en Rhodésia, que l'or a pu dériver d'un magma granulitique.
Ailleurs, à Berezowsk, dans l'Oural, de nombreuses veines aurilferes, ramifiées dans les schistes et talcschistes et contenant des pyrites de fer et de cuivre, avec galène et crocoïse, dérivent également d'une roche granulitique, très chargée de pyrite de fer, qu'on appelle la bérézite.
En Scandinavie, il existe, en plusieurs points, des granulites ou pegmatites fissurées, renfermant des veines de quartz avec pyrite ou chalcopyrite aurifère et parfois avec bismuth ; ailleurs, des amas pyriteux, intercalés dans les schistes (Fahlun), renferment des traces d'or avec sulfo-séléniurc de bismuth.
Nous trouverions également des points de comparaison dans l'Australie Occidentale *.
En laissant de côté ces cas, — plus voisins du nôtre, parce qu'il s'agit de gisements probablement à peu près du même 4gc, — on peut remarquer que cette relation supposée de gisements d*oravec des massifs granitiques n'est pas sans exemple ailleurs. Il suffira de rappeler le cas de la Californie, où les grands filons de quartz aurifère suivent la zone de contact d'un granité récent et de terrains métamorphiques et semblent en relation avec le granité, dont ils sont, d'après Whitney, contemporains. Ces filons, qui comptent parmi les types les plus caractéristiques de filons proprement dits, renferment, comme les veines du Sud de l'Afrique, un mélange, avec la pyrite, d'autres sulfures métalliques, tels que la galène, la blende, la chalcopyrite. M. Lacroix a, d'ailleurs, observé directement, dans l'Ariège, le développement de galène et de pyrite au contact de dykes granitiques avec des terrains métamorphisés par eux.
On a signalé, en Rhodésia, un autre type de gisements, assez différent au premier abord et qui, cependant, parait avoir une origine bien analogue et dériver, lui aussi, de magmas rocheux cristallisés en profondeur. Ce sont les prétendues diorites aurifères, type Ayreshire (que nous retrouverons à Madagascar), qui sont, dans bien des cas, de
* A ce type se rattachent encore les gneiss aurifères de Madagascar étudiés par M. Lacroix (voir plus loin, chapitre XI) et certains minerais d'Egypte. (Voir plus loin, p. 121.)
110 LES ftIGHESSES MINÉRALES DE L'AFRIQUE
simples schistes ou quartziies amphiboliques, ou peut-être des veines émanées de roches plus basiques, comme des gabbros. On sait, à ce propos, combien les géologues suédois sont portés à rattacher leurs sulfures métallifères àces roches basiques de profondeur (gabbros, etc.), qui les ont dégagés, sur leur périphérie, en fumerojles. Il est, en outre, possible que certaines diorites, et surtout diorites quartzifères, soient de simples granités, modifiés par l'absorption de schistes amphiboliques au lieu de schistes micacés.
Au Nord-Ouest de la Rhodésia, en remontant du Manica et de la vallée du Zambèze vers la chaîne de partage qui sépare le Zambèze du Congo et le Manica du Ratanga, on trouve, dans le Garanganja, à Kansanshi, un district aurifère, tout nouvellement découvert en 1901, immédiatement exploré par nne Société anglaise et sur lequel l'attention vient d'être vivement appelée. Les gisements originels y paraissent constitués de pyrites et chalcopyrites, se rattachant peut-être aux gîtes de cuivre du Katanga *.