‹ Les richesses minérales de l'AfriqueChapitre 2 sur 113 · IIAISOK A LIÈGE, SI, RUE DE LA HÉGENCK · texte numérisé non relu

IIAISOK A LIÈGE, SI, RUE DE LA HÉGENCK

Tous droilf réservAtf.

July 8, 1920

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Oegrand ffoad

DE

Intérêt pratique et scientifique d'une étude sur les gîtes métallifères afiri-

cains. — Difficultés du sujet. — Méthode adoptée. Notions générales sur la géologie de l'Afrique : 1» le Massif Ancien ; 2* la

Chaîne Tertiaire Méditerranéenne.

Cet ouvrage a un double but.

Pratiquement, je voudrais résumer, grouper, et, autant que possible, mettre au point ce que l'on sait aujourd'hui sur les ressources minérales de ce vaste continent, hier si ignoré, demain ouvert de tous côtés à la civilisation. Une partie notable de l'Afrique est française ; faire connaître, autrement que dans des publications très disséminées ou des rapports manuscrits, les richesses minières de l'Algérie, de la Tunisie, du Soudan, de la Guinée, de Madagascar, ne peut manquer d'être utile à un grand nombre d'explorateurs et de colons. D'autres régions africaines, comme le Transvaal, la Colonie du Cap, la Côte d'Or et la Côte d'Ivoire (ce que les financiers appellent l'Ouest-africain) , ou même l'Abyssinie et l'Egypte, attirent vivement l'attention par leurs richesses, les unes réelles, les autres surfaites ; un jugement impartial aura du moins l'avantage d'attirer l'attention de quelques-uns sur ce que présentent encore de spéculatif et d'hypothétique certains brillants mirages aurifères. Enfin, d'autres zones, comme le Maroc ou l'Afrique Centrale, dans lesquelles les Européens ont à peine pénétré, renferment peutêtre des minerais intéressants ; une énumération, si vague qu'elle puisse être, des observations qu'on y a faites, est un jalon jeté pour Tavenir.

Théoriquement, j'ai considéré que l'étude détaillée d'une vaste région, bien définie et bien déterminée comme l'Afrique, pouvait me permettre de préciser pour moi-même et d'exposer avec plus de sécurité ccr-

Richcsscs minérales de l'Afriquo. 1

laines idées générales, en partie nouvelles et dès lors discutables, sur les gites métallifères *.

En premier lieu, je m'attacherai à montrer comment s'appliquent à ce cas particulier les théories, qui concernent la distribution géographique des minerais sur la surface de la terre, ou la constitution de ce que j'ai appelé les types régionaux de gîtes métallifères ; comment ce type régional, en rapport direct avec les autres grands phénomènes géologiques, tels que l'âge et la direction des chaînes de plissement, l'àge et l'allure des manifestations éruptives, résulte, en définitive, pour une grande part, de la profondeur atteinte par les érosions dans le démantelage incessamment poursuivi de la superficie. Je me trouverai ainsi apporter une contribution à cette question si capitale de la variation primitive des gisements filoniens en profondeur et deux mots d'explication vont le faire comprendre.

C'est un fait d'observation courante, et dont il serait superflu d'expliquer la portée scientifique ou pratique, que les différences considérables observées dans la minéralisation d'un filon lorsqu'on s'y enfonce. Ces variations sont de deux ordres tout à fait divers, se rattachent à deux phénomènes complètement indépendants et c'est, je crois, faute de distinguer suffisamment ceux-ci de ceux-là que les praticiens sont toujours arrivés à des résultats confus et contradictoires lorsqu'ils ont attaqué cette question. J'ai essayé,^ au contraire, à plusieurs reprises, de montrer, en y insistant, comment il avait dû : 1**, se produire, au moment môme de la cristallisation des matières filoniennes, des différences dans l'allure mécanique et dans la nature minéralogique des remplissages, suivant la profondeur plus ou moins grande à laquelle on se trouvait et, 2°, s'effectuer, très postérieurement, des remises en mouvement, des réactions métamorphiques, des oxydations, etc., au voisinage de la superficie actuelle, — superficie absolument différente, ne l'oublions pas, dans la presque totalité des cas, de celle qui existait au moment où les filons ont été d'abord incrustés — . En ce qui concerne ces remises en mouvement, dont nous aurons aussi à nous occuper dans ce volume, je me contente de renvoyer, pour les lois générales, à un mémoire antérieur, où j'ai longuement traité le sujet * ; mais, une fois les observations débarrassées de toute la confusion qu'y introduisait ce métamorphisme, le problème primitif

* Quelques-unes de ces idées ontétij indiquées dans des publications antérieures : Sur les variations des filons métallifères en profondeur {Rcv. gén. des Sciences, 5 mai 1900). — Sur les types régionaux des gites métallifères (C R. de l'Ac. des Sciences. 11 mars 1900), — Sur la notion de profondeur appliquée aux gites mélallifères africains (C. R. 2J juin 1902. — La Répartition et les caractères de la Richesse Minérale en Afrique (Rev. gén. des Sciences, 1902).

■ Contribution à l'étude des gîtes métallifères (Ann. des Mines, aortt 1897). Ce qu'il est essentiel d'en retenir pour notre cas particulier sera indiqué au Gli. x).

n'est toujours pas résolu scientifiquement (quoique, pratiquement, on ait fait un très grand pas) et il reste encore à se demander comment la minéralisation primordiale des fractures lîloniennes s'est trouvée influencée, dès le début, par les modifications dans la température, la pression, la proximité des magmas éruptifs, etc., que ne pouvait manquer d'y introduire la profondeur plus ou moins grande, où ces cristallisations de minéraux avaient lieu.

Or, si l'on se contente d'observer directement un certain nombre de filons d'une région restreinte, sur les quelques dizaines ou centaines de mètres que mettent à nu des exploitations de mines, il est bien difficile de résumer en une loi générale des faits relativement peu nombreuxf parfois délicats à débrouiller et où interviennent une multitude d'influences accidentelles ; on en est même encore à se demander si 3 ou 400 mètres de hauteur, dans un grand filon homogène et régulier, sont suffisants pour que de semblables variations originelles puissent se manifester sous une forme appréciable en pratique. C'est, au contraire, sur des hauteurs beaucoup plus considérables, atteignant, dépassant parfois 1 500, 2000, 3000 mètres*, que l'on se trouve opérer indirectement en adoptant la méthode que j'ai proposée et qui consiste à comparer l'une à l'autre deux régions métallifères, dans lesquelles on est en droit de supposer que l'érosion a enlevé des épaisseurs de terrain tout à fait inégales, très faibles dans un cas, probablement énormes dans l'autre. « Toutes choses égales d'ailleurs », comme disent les mathématiciens, — c'est-à-dire en n'oubliant pas que cette influence de la profondeur est évidemment loin d'être la seule et qu'il a dû se produire, notamment, dans les minéralisations de gîtes, une action analogue à celle qui groupe les divers magmas éruptifs de chaque région en une même famille chimique bien caractéristique — , avec cette restriction donc, le type d'une région profondément abra^ée, très anciennement constituée, et, depuis lors, longuement soumise aux érosions, a des chances pour pouvoir être considéré comme un type de profondeur par rapport au type d'une région récemment plissée, où toutes les saillies de la chaîne montagneuse subsistent avec leurs imprégnations métallifères, sans avoir encore eu le temps d'être nivelées par les érosions.

Une autre influence corrélative doit venir s'ajouter à la première pour différencier aussitôt les gisements primaires des gisements tertiaires.

* II serait très utile, pour bien des études géologiques, de posséder quelques notions générales un peu précises sur limportance de cette érosion (au moins sur son minimum probable) dans diverses régions. J'essaierai un jour de grouper des renseignements à ce sujet. Notons seulement, à titre d'exemple, qu'à Aspen, au Colorado, dans une chaîne tertiaire, M. Spurr a pu constater une érosion de 5000 mètres.

Les premiers sont, en effet, nécessairement intercalés, par suite de leur âge même, dans ces terrains cristallins ou métamorphiques, qui constituent essentiellement les massifs anciens, dans des roches dures inattaquables, ou dans des schistes et, rarement, dans des calcaires, — qui, l'expérience le prouve, sont bien moins abondamment représentés dans les massifs primordiaux que dans les terrains récents, peut-être en partie parce qu'ils y ont été transformés ou détruits. — Les seconds gisements, au contraire, ont des chances pour se trouver au milieu de ces terrains calcaires., marneux, argileux, gréseux, qui dominent dans nos étages secondaires ; il est évident que leur allure, tant lors des phénomènes de dépôt primitif que lors des modifications superficielles, a dû en être influencée. Un gîte intercalé dans un schiste siliceux primaire ne peut être semblable à un gîte compris dans un banc de calcaire crayeux, ou entre un calcaire et une argile crétacés.

Pour apprécier ces deux influences, qui tiennent également àTâge plus ou moins ancien de la chaîne métallifère envisagée, l'exemple de l'Afrique m'a paru très particulièrement propice et c'est pourquoi j'ai commencé par lui ce genre d'études régionales; l'Afrique, en effet, se divise, on ne peut plus nettement, en deux parties principales : d'un côté, un immense continent très ancien, un vaste plateau, dont les derniers plissements remontent à l'époque carbonifère, dont la majeure partie des accidents tectoniques sont même, sans doute, plus anciens ; de l'autre, une chaîne côtière méditerranéenne d'âge tertiaire, encore très irrégulièrement ravinée et peu nivelée ^ En comparant les gîtes métallifères du Congo, de l'Afrique Centrale, de la Rhodésia, duTransvaal, etc., avec ceux de l'Algérie et de la Tunisie, nous ne pouvons manquer d'apprendre quelque chose sur la question qui nous intéresse.

En même temps, je m'efforcerai de rassembler des faits et de jeter des jalons pour une autre étude générale, qui demande, elle aussi, de nombreuses et minutieuses observations : je veux parler des associations qui existent, entre les métaux, dans leurs gisements. Ces associations ne sont certainement pas l'effet du hasard ; elles obéissent, au contraire, à des lois chimiques et physiques, dont on n'aura la clef que lorsque les faits eux-mêmes seront bien établis et connus ; ellesmêmes, alors, nous éclaireront, sans doute, à leur tour, sur la genèse des gîtes métallifères, peutrêtre même sur les problèmes séduisants de la métallurgie interne : métallurgie, par laquelle ont dû se constituer, grouper ou séparer, en obéissant à des forces incomparablement supérieures à celles dont nous disposons, ces formes provisoires de la matière, que

* Je reviendrai tout à l'heure sur les fractures et dénivellations longitudinales, qui ont affecté certaines régions africaines à des époques récentes et que je laisse ici de côté : fractures tout spécialement étudiées dans divers chapitres de l'ouvrage de SuEss, sur la Face de la Terre.

nous appelons les éléments chimiques, les corps simples, les métalloïdes ou les métaux.

En commençant ce travail d*ensemble, je ne me dissimule pas que, de toutes façons, j'aborde un sujet périlleux. Parler de régions encore aussi mal explorées que T Afrique expose à commettre nombre d'erreurs grossières ; et la rapidité, avec laquelle se développent et se précisent nos connaissances sur cette grande terre, si commodément représentée par des taches blanches, ou des noms conventionnels, dans les cartes de nos pères, fait que, ces erreurs, on n'a même pas la chance d'en remettre la constatation à une génération future très éloignée ; c'est demain peut-être que cette lacune de nos informations sera comblée, que cette hypothèse hasardeuse ou insuffisante sera démentie par les faits.

Ajoutons que la géologie de l'Afrique, — assez simple dans son ensemble, mais difficile souvent à établir dans le détail, faute de fossiles, en des régions couvertes de décompositions superficielles, de forêts, de marécages, — n'a encore été abordée, sur le terrain (en (fehors, bien entendu, de l'Algérie, de Madagascar ou du Transvaal) que par de très rares spécialistes. Quand on a essayé soi-même de faire un peu de géologie dans un pays aussi connu en apparence que la France et qu'après quinze ou vingt ans d'efforts on doit constater la quantité des problèmes capitaux encore restés sans solution, on est réellement épouvanté d'échafauder un raisonnement sur une observation consignée en courant par un explorateur, souvent (comme il y en a eu des exemples mémorables) incapable de distinguer un calcaire d'un grès ou un granité d'une lave^ sur un échantillon recueilli au hasard par un incompétent, et dont la provenance réelle peut se trouver à quelques mille kilomètres de celle qu'un souvenir vague ou une étiquette confondue lui attribuent*. Lorsqu'il s'agit surtout de minerais, aux erreurs d'observations inévitables s'ajoutent les enthousiasmes irréfléchis, les « emballements» de Thomme, qui, ayant risqué sa vie très loin, dans un pays d'accès difficile, est tout prêt à y rencontrer des merveilles, les illusions d'inventeurs, dont tous ceux qui s'occupent de mines ont connu de trop nombreux exemples ; et, làdessus, viennent, il faut bien le dire, se greffer les spéculations financières, les constitutions de Sociétés, dont on veut corser l'apport,

* Le cas s'est produit pour Stanley à Stanley Pool. Rappelons encore : le Rounsoro, près du lac Albert-Edouard, ou le même Stanley a signalé un volcan imaginaire ; les soi-disant charbons de rAhaggar, etc., etc.

■ Voir, par exemple, les phonolithes et calcaires tertiaires, donnés par M. X, comme venant du Haut-Gongo et qui, d'après M. ChofTat, proviennent, très vraisemblablement, de la côte du Cameroun, où les coquilles d'Uitenhague, indiquées par Stow comme recueillies au Zambëze et, en réalité, achetées, on ne sait oti,à des marchands (in Suess, I, 508, notel), etc.

les exapférations de prospectus destinés à enflammer rimagination des actionnaires, etc., etc.

Comment alors, dans ces renseignements de seconde main, reconnaître ce qu'il peut y avoir de sérieux et se garer de trop de scepticisme aussi bien que de trop de crédulité ? Le plus sûr, en pareil cas, serait évidemment de se taire. Néanmoins, les raisons exposées en commençant m*ont fait renoncer â cette prudente réserve et je me contente d'avertir le lecteur que, malgré tout mon désir de l'instruire exactement, il m'est impossible de prendre la responsabilité d'informations non contrôlables, trop rarement dues à des spécialistes. Los régions, que j'ai pu aborder moi-même en Afrique, se bornent à quelques coins d'Egypte, de Tunisie, d'Algérie, du Maroc ou du Transvaal ; mon séjour y a été nécessairement très court; pour l'Algérie, il remonte déjà à plus de dix ans (1891), c'est-à-dire à un moment où l'industrie minérale de ce pays n'avait pas encore pris son essor actuel : la part de mes observations personnelles, dans l'étude qui va suivre, est donc fort restreinte et mon rôle a été beaucoup plutôt de chercher à éclaircir les faits observés par d'autres, à la lumière de quelques idées générales, que d'accoître le nombre de ces faits eux-mêmes.

L'ordre et la méthode à adopter dans un sujet aussi vaste ne sont pas non plus sans offrir quelque embarras. Tout d'abord, il pouvait être séduisant de décrire la géologie générale de l'Afrique, à laquelle se rattache la géologie spéciale des gîtes métallifères * et de dresser, à cette occasion, la bibliographie des publications géologiques africaines, très disséminées, difficiles à retrouver et à consulter-; je me suis vite aperçu qu'un semblable projet m'entraînerait beaucoup trop loin et je me bornerai tout à l'heure à résumer très briève-

* Pour cette géologie générale, voir le grand ouvrage de E. Suess, la Face de la Terre, si admirablement mis au courant des derniers travaux et enrichi de notes bibliographiques par M. de Margerie dans la traduction française : Tome I, p. 287 à 295 : chaîne du nord de l'Afrique ; — p. 454 et 491 : le grand plateau désertique, Sahara, Egypte, Arabie. Abyssinie, Sinaï, Suez, etc.; — p. 492 à 509 : l'Afrique australe; — p. 528 à 531 : Madagascar; — p. 535 à 546, les fractures de l'Afrique orientale. — Tome II, p. 214 à 219 : l'Afrique occidentale; — p. 794 à 802, mouvements récents des côtes.

* En dehors des notes nombreuses de l'ouvrage de Suess, signalé plus haut, et des comptes rendus annuels de V Annuaire Géologique Universel, une semblable bibliographie a été préparée par M. A. Le Chatelicr, que je remercie d'avoir bien voulu m'en communiquer les fiches; elle paraîtra, je l'espère, prochainement dans les Annales des Mines. Pour les notes bibliographiques qui seront données ici, je me restreindrai, en général, aux publications récentes, tout en renvoyant le plus possible, pour les travaux plus anciens, aux ouvrages qui en donnent déjà la liste. Autant, en effet, les notes bibliographiques sont un complément indispensable d'un livre comme celui-ci, autant il convient de les restreindre aux publications vraiment utiles; et, surtout en des questions dont l'aspect se transforme si vite, les mémoires tant soit peu anciens ne présentent, pour la plupart, qu'un simple intérêt de curiosité historique.

ment ce qu'il nous est indispensable de connaître ici sur la géologie africaine.

Puis, quand on aborde la description des gîtes, deux méthodes principales s'offrent aussitôt ; l'une, que j'ai suivie autrefois en écrivant, avec les notes de E. Fuclis, le Traité des gîtes minéraux et métallifères, consiste à passer successivement en revue les divers éléments de la chimie; l'autre, qui présente des avantages réels pour les recherches pratiques comme pour la mise en lumière des lois théoriques, comporte la description des richesses minérales par régions géographiques. Au risque de tomber dans quelques répétitions, je me suis décidé à employer, l'une après l'autre, les deux méthodes : c'est-à-dire que, dans les neuf premiers chapitres, j'étudierai individuellement chaque métal, faisant ainsi, pour ce qui le concerne, un essai de groupement, qui, à ma connaissance, n'avait encore été tenté en Afrique que pour l'or * ; après quoi, dans les deux derniers chapitres, je reprendrai, au contraire, la description région par région. J'insisterai alors surtout, au chapitre X, sur la zone méditerranéenne (Algérie et Tunisie), dont les gîtes métallifères nous sont particulièrement bien connus; mais, en outre, je reprendrai rapidement, au chapitre XI, la description totale des autres parties de l'Afrique : ce qui me permettra de dégager certaines idées générales, nécessairement un peu noyées dans la longueur des descriptions précédentes. En même temps, je donnerai alors la description de Madagascar, qui forme un tout naturel à elle seule, en sorte qu'il m'a paru préférable de ne pas en disperser les éléments dans un grand nombre de chapitres. De cette manière, je pense satisfaire, à la fois, ceux qui voudraient savoir : soit où l'on trouve tel ou tel métal en Afrique; soit quels métaux et minéraux on rencontre dans un pays déterminé. Un index géographique est, d'ailleurs, destiné à faciliter les recherches.

Les gisements signalés ou décrits le seront ici, bien souvent, sans tenir compte de leur valeur pratique immédiate, suivant qu'ils présenteront plus ou moins d'intérêt par eux-mêmes et se trouveront plus ou moins scientifiquement connus. Si je voulais, en effet, proportionner la longueur de mes descriptions à l'importance actuelle des travaux miniers, je me trouverais entrainé à consacrer une très grande partie du volume aux exploitations d'or du Transvaal, aux diamants du Gap, aux gisements de fer, de phosphate, ou de zinc Algériens : c'est-à-dire que j'aurais presque à récrire, sans aucune utilité pour personne, des mémoires ou des livres, qui ont déjà été écrits par d'autres ou par moi-même. 11 m'a paru, au contraire, qu'il pourrait y avoir avantage à insister, avec un défaut de proportion dont on s'apercevra vite, sur les parties les moins

' LoGK. Gold, Us extraction and occurrence.

connues, les moins faciles à étudier, du sujet. En outre, la mise en exploitation d'un gisement dépend de circonstances extrêmement complexes', parmi lesquelles il faut citer, en premier lieu, les facilités de transport et les besoins variables des métallurgistes ou des acheteurs de métaux. Tout en indiquant les conditions économiques actuelles, dont rintérèt pratique est immédiat et direct, je ne les ferai pas entrer en première ligne ; car, indépendamment même de toute considération scientifique et théorique, l'évolution commerciale de l'Afrique va se faire très vite. Hier, elle en était encore à cette phase primitive, par laquelle ont passé tous les pays, où les besoins sont rares et aisément satisfaits, où les ressources sont peu mises en valeur ; c'était cet âge d'or, que chantent les mythologies : âge d'or, qui est aussi l'âge de l'or, c'est-à-dire le moment, où les particules du précieux et brillant métal sont à peu près la seule richesse minérale, dont on daigne, dont on puisse s'occuper, fautes de moyens de transports. Aujourd'hui, on y aborde, de divers côtés, Tâge de l'argent et du bronze; les gîtes de cuivre valent déjà, dans bien des cas, la peine qu'on les attaque. Demain, peut-être, on en sera à l'âge de fer. Nous sommes en présence d'une Afrique encore presque inaccessible dans sa masse ; qui peut dire la place qu'occuperont, dans l'indicateur Chaix de demain, ses chemins de fer et dans combien de temps on prendra son billet à Paris pour le Tanganyika ou le Nyanza, comme pour Pékin ou Yokohama ? Dans combien de générations allumera-t-on les hauts-fourneaux du Transvaal ou duKatanga ? Les combustibles minéraux paraissent, il est vrai, manquer à l'Afrique ; mais les chutes d'eau peuvent fournir l'énergie, qui fait le mouvement et la chaleur ; et, s'il est un pays où l'on doive penser à utiliser la chaleur solaire sous une forme plus ou moins directe, c'est bien celui-là. Nul ne peut donc préciser comment et où se produira l'inévitable essor de demain, ni quels minerais, aujourd'hui simple curiosité de savants, seront utilisés dans quelques années.

En ce qui concerne ce côté, pour ainsi dire matériel, du livre, il est une dernière remarque à faire : celle qui concerne la cartographie. Quiconque a eu à s'occuper de questions relatives aux gisements et aux mines d'un pays lointain a pu déplorer le temps énorme que l'on perd toujours à rechercher la position exacte des noms mentionnés dans les articles ou les mémoires. J'aurais voulu du moins faire profiter le lecteur du travail auquel j'ai dû me livrer à cet égard ; mais il n'était pas possible de reproduire ici des cartes à grande échelle, dont le format aurait été disproportionné avec celui de l'ouvrage j j'ai dû, par suite, me contenter de préciser les indications dans le texte, avec un soin qui fera sourire parfois les professionnels de l'Afrique et de multiplier le plus possible les petites cartes de détail, en renvoyant, pour l'ensemble, à des documents que ne peuvent manquer de possé-

der ceux qui s'occupent sérieusement de TAfrique, tels que les cartes d'ensemble de l'Afrique au 4 : 10000000* de la Société de Géographie ou de R. Lûddecke, la petite carte géologique d'Afrique de l'Atlas de Berghaus, les cartes géologiques au 1 : 800 000® de l'Algérie et de la Tunisie, la carte géologique du Transvaal par M. Molengraaff S l'atlas colonial français de M. Pellet, les cartes géologiques des protectorats allemands, insérées dans le livre de M. Stromer von Reichenbach *, etc.

. Géologie de l'Afrique. — Laissant maintenant de côté ces observations, qu'il était nécessaire de faire au début, je vais résumer rapidement ce qui est relatif à la géologie de l'Afrique, dans ses rapports avec la répartition de la richesse minérale. Ainsi que je l'ai déjà signalé tout à rheure, les traits généraux, que nous avons besoin de connaître, peuvent s'exposer sans longs commentaires ; nous aurons plus tard à revenir, dans les divers chapitres du livre, sur ce qui concerne plus spécialement telle ou telle région.

Dès le premier examen d'une carte géologique d'Afrique, si imparfaite qu'elle soit nécessairement encore, le fait capital, sur lequel nous aurons à nous appuyer maintes fois dans notre étude, saute immédiatement aux yeux, c'est la distinction de l'Afrique en deux régions principales : l'une, dont les derniers plissements remontent à l'époque carbonifère et que recouvre un manteau horizontal de permo-trias; l'autre, à plissements tertiaires encore saillants : régions qu'ont morcelées, l'une et l'autre, des lignes de fracture et d'effondrement très récentes, surtout le long des rivages, ou du côté des grands Lacs.

On voit aussitôt quelles seront les trois zones, les trois séries géologiques, que nous devrons distinguer, et, par suite, les trois types de gîtes métallifères, que nous pouvons nous attendre à rencontrer :

4*^ Dans la grande masse ancienne du continent, qui comprend à peu près toute l'Afrique, dans ce bloc solide et inébranlable, resté aussi complètement en dehors de notre histoire géologique européenne qu'il l'a été plus tard de notre histoire humaine, terrains cristallins et primaires métamorphiques, roches de cristallisation profonde amenées au jour par l'érosion, telles que granités, granulites, diorites, norites*, etc. : en un mot, faciès comparable à celui de la Scandinavie ou du

* Géolojie de la République Sud-Africaine du Transvaal, (Bul. Soc. géol., 1901, 4«sér. tome I, page 13).

* Die Géologie der deutschen Schuizgebiele in Afrika (1 vol. 1896, Munich). Je rappelle également, pour certains pays, comme l'Algérie, l'Egypte. Madagascar, le Transvaal, l'existence de guides du voyageur ou de l'émigrant, qui, pour n'être pas des ouvrages scientifiques, peuvent néanmoins rendre des services.

* Norites du Congo étudiées par M. Michel Lévy; du Transvaal, décrites par M. Molengraaff, etc.

Canada, et gîtes métallifères profonds, tels que peut les faire prévoir l'étude de ces deux pays ;

2** Dans la zone plissée méditerranéenne*, dont l'histoire a toujours été plutôt rattachée à celle de l'Europe qu'à celle de l'Afrique, terrains jurassiques, crétacés et tertiaires (jusqu'à Thclvétien) bouleversés, disloqués, failles, comme ils peuvent l'être sur les autres rameaux de la chaîne Alpestre, SierraNevada, Apennins, Alpes lUyriennes : donc,épanchements de roches éruptives et gîtes métallifères à faciès superficiel ;

3° Suivant les sillons de dislocation et d'effondrement, phénomènes volcaniques proprement dits, sources thermales abondantes et, peuU être, gisements métallifères analogues à ceux des zones éruptives tertiaires, le long des Montagnes Rocheuses ou au Mexique*.

En ce qui concerne ces derniers, je remarque cependant de suite que. soit parce que les explorations ont été insuffisantes, soit parce que ces gîtes métallifères, pour une cause quelconque, ne se sont pas constitués, ou plutôt n'ont pas été mis à nu, nous aurons fort peu de chose à mentionner, si ce n'est peut-être en Abyssinie, sur la côte égyptienne de la mer Rouge et au Sinaï. C'est, du reste, une erreur de croire que la relation, admise par la plupart des géologues entre l'origine des métaux filoniens et les roches éruptives, se traduise, en pratique, par un rapprochement entre les filons et le volcanisme. On connaît extrêmement peu de gîtes métallifères, dans le monde, qui puissent être rattachés à des appareils volcaniques proprement dits. Cela tient, je crois, à ce que les minéralisations métalliques ont cristallisé, pour la plupart, avant d'être arrivées à la superficie, jusqu'à laquelle parviennent à peine, par le volcanisme, un peu de fer, de cuivre, de mercure. Les éléments, qui mon tenta la surface sous forme de dissolutions thermales ou de fumerolles, sont, en effet, ceux-là seuls, dont la solubilité est extrême; tous les autres se déposent dans les fractures profondes, où nous ne les

• Il faut entendre ce mot dans un sens très large. La limite générale, vers le Sud, des formations secondaires à Tintérieur de l'Afrique va grossièrement du cap Guir au cap Guardafui en suivant la chaîne du Tasiliet du Tibesti, passant au Sud de la Nubie et englobant le Sud de l'Abyssinie. où l'on a trouvé les divers termes du jurassique. On sait même qu'un fossile crétacé a été présenté récemment par M. de Lapparent comme venant d'ime oasis près d'Agadem, au Nord du Tchad. Cette incursion de la mer crétacée vers le Sud serait-elle en rapport avec un sillon d'effondrement analogue à celui de l'Est africain, qu'indiquent peut être les manifestations éruptives du Tekut, du Fessan, du Tibesti, du Mendif et du Cameroun, prolongeant celles de l'Italie?

■ Je renvoie, pour la description de ces sillons de fractures, qui intéressent tout spécialement la géologie générale, à l'ouvrage de Suess. On trouvera, en particulier, au tome i, p. 535 à 546, une belle étude sur cette zone d'effondrement, si remarquablement rectiligne, qui va de la Syrie aux Grands Lacs. Je note seulement (t. I, p. 469) qu'une partie des éruptions d'Abyssinie parait remonter, comme celles du Dekkan indou. ft l'éocène : ce qui pourrait donner quelque espoir de trouver là des gisements métallifères du type ouest-américain.

découvrons et les voyons que lorsqu'une érosion déjà avancée a fait disparaître les signes extérieurs de i'éruptivité, pour laisser apercevoir les magmas ignés souterrains, cristallisés par intrusion sous une écorce déjà relativement épaisse.

Nous laisserons donc, en somme, de côté, cette troisième catégorie de gites, — mentionnée ici pour mémoire, parce qu'on peut la rencontrer un jour — et ne nous occuperons que des autres grandes divisions : 4** l'ancien continent, le continent noir, et 2** l'Afrique méditerranéenne, ou latine.

1** Massif ancien. — L'ancien continent tout d'abord. Ce n'est pas par un hasard que ce continent, géologiquement si vieux, si différent de notre Europe centrale et méridionale, sur laquelle se sont accumulées toutes les dernières perturbations de notre planète, est resté, en même temps, si absolument fermé à notre civilisation et ce n'est pas pour le plaisir de faire un rapprochement singulier ou imprévu que je comparais, tout à Theure, son histoire géologique à son histoire humaine. L'Afrique noire constitue un monde à part, un bloc massif, impénétrable et comme enclos de murs, où rien de ce qui nous semble essentiel dans les aventures de l'homme sur la terre n'a pénétré, où pas le moindre écho de ce qui passionna nos ancêtres n'a été entendu*. Chose étrange, quand on y pense, que ce sommeil où l'Afrique est plongée depuis qu'il y a des hommes ! Mais, cet isolement, elle le doit à sa constitution géologique, qui en fait, à quelques ondulations près, un immense plateau, découpé seulement et tranché à larges coups de hache sur les bords, sans baies profondes, sans dentelures de rivage, sans ces arabesques, ces ciselures, qui donnent à la carte d'Europe une sorte d'apparence artistique : un plateau, séparé presque partout de la mer, la grande voie naturelle de pénétration, par des escarpements, dus à des fractures géologiques et difficiles à franchir'^.

Tout ce monde africain apparaît au géologue extrêmement vieux. A part ces dépôts de lacs permo-triasiques, dits du Karoo, qui le recouvrent irrégulièrement et, par leur ravinement, leur démantèlement inégal, introduisent quelque diversité dans ses aspects — à part surtout les sillons d'effondrement tertiaires, que je laisse de côté en ce

' Les arabes ont pénétré profondément en Afrique ; mais ce qu'ils ont pu y apporter de notre histoire est déjà bien indirect.

* Dans toute TAfrique centrale et méridionale, les dépôts secondaires sont strictement localisés sur une étroite bande côtiëre ; c'est-à-dire que les mers secondaires ne paraissent pas avoir pénétré à rintérieur du continent, mais ont dû avoir des rivages très voisins des rivages actuels. Le long de ceux-ci, on remarque, presque partout, des escarpements, qui. par exemple à TEst de l'Afrique australe, coupent transversalement la direction des plis géologiques. Ce sont, de môme, ces escarpements côtiers, qui rendaient l'accès commercial du Congo si difflcile avant Téta blissement du chemin de fer, etc., etc.

moment — , c'est, malgré la saillie générale, qui tient aux effondrements côtiers, une portion de notre planète usée, émoussée, sans relief violent, comme une pièce de monnaie, qui a trop longtemps servi.

Il est vrai, des géographes, comme E. Reclus, ont été frappés par le caractère rudimentairc, irrégulicr, inachevé de certains cours d'eau ; mais cette observation ne contredit pas, en réalité, comme on pourrait le croire d'abord, la remarque précédente ; car, jamais, lorsque, dans un pays, les massifs anciens ont été mis à nu comme ici, sur ces plateaux aux roches dures, péniblement entamées, sciées par les eaux, sans larges vallées susceptibles de se colmater par les alluvions, les profils des fleuves n'atteignent la régularité absolue, dont ils sont susceptibles au milieu d'immenses bassins sédimentaires, facilement affouillablcs. Ce régime des vastes cours d'eau africains, avec leurs énormes lacs, leurs rapides et leurs chules, qui forment autant de seuils, de ressauts, de gradins, contribue à les rapprocher des deux grands plateaux anciens septentrionaux, auxquels nous comparerons souvent.r Afrique, la Scandinavie ou la Finlande et le Dominion Canadien. Dans l'Afrique, — en laissant toujours de côté la chaîne de l'Atlas et les régions volcaniques de l'Est — l'arasement est marqué par la disparition générale des hautes montagnes à profils alpestres, qui ont dû se dresser, un peu partout, à l'époque carbonifère ; on le reconnaît aussi à ces vastes plaines de cailloux et de sables, à ces grands espaces, où les ruissellements ne savent même plus par où gagner la mer, à ces étendues de marécages, de steppes et de déserts. C'est pourquoi, malgré les chutes de l'Orange et du Zambèze, malgré les rapides du Congo, malgré les cataractes du Nil, nous pouvons dire que l'architecture de ce continent est réduite à ses fondations, que l'étoffe en a été usée jusqu'à la trame.

Et la conséquence, pour nous, c'est l'apparition d'une foule d'éléments géologiques, qui, dans les régions plus récemment disloquées, ne se montrent que localement et par hasard à la surface ; c'est — point sur lequel je vais avoir à insister — la prédominance, pour les roches éruptives et pour les minerais, des types de profondeur.

Quel est exactement l'âge de ces terrains anciens, qui forment la plus grande part de l'Afrique et que nous venons de désigner comme précarbonifères; il n'est pas nécessaire, pour notre sujet, de le préciser etnous devons nous en estimer heureux; car, à de très rares exceptions près, l'âge des terrains anciens d'Afrique reste indéfinissable ; malgré les recherches de bons géologues, comme Cornet au Katanga, Barrât au Congo, Molengraaf et d'autres au Transvaal, les fossiles paraissent, jusqu'ici, y faire défaut à un degré extraordinaire* : soit qu'on n'ait pas

• Un ironiste ne manquerait pas de remarquer combien il est lieureux, pour la

eu le temps de fouiller assez dans des terrains anciens, remontant à des époques où les formes de vie étaient rares sur notre planète ; soit qu*on ait affaire le plus souvent à des dépôts constitués très loin des rivages, dans ces profondeurs marines, où les restes organiques sont toujours peu abondants. On possède, cependant, quelques déterminations, un peu plus exactes mais encore bien restreintes, dans le Sahara, le Congo, la Colonie du Cap, l'Abyssinie, le Sinaï, et voici à peu près à quoi elles se bornent.

Avant le dévonien, tout d'abord, je ne crois pas qu'aucun terrain ait été déterminé autrement que par l'ordre apparent de succession stratigraphique, qui a joué, dans ce cas, un rôle analogue à celui des évaluations « par différence » en analyse chimique *.

La série sédimentaire commence, suivant les cas, par des gneiss, micaschistes, phyllites, schistes feldspathiques, micacés ou chloritcux, leptinolytes, hàiléflinta, cornes, quartzites, etc., avec, localement, des bancs de cipolin. Nous aurons à revenir sur les importantes lentilles d'oligiste et de magnétite, qui existent dans cette série et qui constituent une analogie remarquable avec les autres grands plateaux anciens, comme la Scandinavie, le Canada, le Brésil, etc.

Le dévonien, qui paraît former un groupe assez homogène avec le carbonifère, a été déterminé par des fossiles en quelques points du Sahara, où il doit occuper de grandes étendues sous forme de grès noirâtres à Spirifer* ; des grès du même âge apparaissent au pied de l'Atlas marocain; Barth a recueilli des fossiles dévoniens au Nord de Mourzouk et Duveyrier à Serdelès.

On a trouvé encore le même étage, sous une forme marine, àBokkeveld, dans le Sud de la colonie du Cap ; enfin, on a annoncé, sans preuves, sa présence au Congo belge et c'est, je crois, à peu près tout ce que Ton en peut dire.

Pour le carbonifère, les observations sont un peu plus nombreuses. Les formes calcaires et marines de ce terrain ont été reconnues au

science géologique, que les rôles ne se soient pas trouvés intervertis entre les races de Cham et de Japhet. Car, s'il avait fallu constituer la géologie en Afrique, on n'y serait jamais parvenu. ■

* La carte d'Algérie, comme celles du Congo ou du Transvaal, mentionne le silurien avec un point d'interrogation.

• SuEss, t. I, p. 462 et travaux de G. Stache, Beyrich, Foureau, cités par lui. Il faut remarquer que la plupart des terrains qualifiés de dévoniens. môme là, tels que les grès noircis du Tasili, ne le sont que par hypothèse, ou par assimilation à de grandes distances. D'autre part, en de vastes régions, comme l'Egypte et l'Abyssinie, les terrains paléozolques semblent faire totalement défaut et l'on trouve, immédiatement sur le soubassement archéen, soit ce grès de Nubie, qui prolonge peut-être les formations du Karoo, soit le grès d'Adigrat préjurassique, que M. Suess a proposé, avec plus de vraisemblance encore, de rattacher à celles-ci

loc. cit., I, 470 et 473).

Maroc par Goquand ^ Je viens de rappeler que les observations de Foureau, Lenz, etc. montrent leur extension dans le Sahara^ entre l'Atlas et les dunes d'Iguidi, puis au nord de TAhaggar et jusqu'à Mourzouk. Après une interruption, on retrouve le carbonifère marin en Egypte (dans le désert de Galala, entre le Nil et la mer Rouge), dans la presqu'île du Sinaï, (où il a été étudié par Bauermann et Tate), au sud de la mer Morte, etc.^.

Au Congo français comme au Congo belge, toutes les assimilations proposées de terrains paléozoïques avec le silurien, le dévonien, le carbonifère, sont, jusqu'ici, purement hypothétiques : aucun fossile, ni môme aucun organisme microscopique déterminatif, n'ayant été rencontrés par MM. Barrât, Cornet, etc*.

Dans la colonie du Cap, au-dessus des schistes de Boschveld dévoniens, les grès et quartzites des Zwarteberge, Zuurberge, etc. renferment des plantes du carbonifère inférieur.

Sur le Zambèze, les gisements houillers de Tête, qui seront décrits plus loin en détail, appartiennent, croit-on, au même étage.

Enfin, vis-à-vis Tîie de Pemba, Thomson a signalé des fossiles carbonifères *.

C'est par dessus ces divers*terrains métamorphiques, plissés, que Ton trouve, en discordance, les dépôts du Karoo, dont il va être bientôt question. Le mouvement de plissement carbonifère est donc bien caractérisé ; mais il existe, en outre, à divers niveaux, entre les terrains primaires, au Congo, au Transvaal, etc., partout en un mot où des observations précises ont pu être faites, des discordances, qui suffisent à montrer Texistence de grands mouvements tectoniques, antérieurs au carbonifère et pareils à ceux qui sont marqués dans le Nord de l'Europe ou de TAmérique.

C'est ainsi qu'au Transvaal nous trouverons deux formations granitiques distinctes, pouvant, par assimilation avec l'Europe, être qualifiées : la première de calédonienne (début de la série primaire du Cap) ; la seconde de hercynienne (entre cette série et celle du Karoo). A ces deux séries inégalement anciennes se rattachent des gisements métallifères de types distincts : à la première, les cassitérites associées aux pegmatitcs du Swaziland et peut-être les conglomérats aurifères du

* Descript. géol. de la partie septentr. de Vempire du Maroc. (Bull. Soc. géol., 2* sèr., IV, 18i7, p. 1198-1203.) — Le carbonifère n'est pas connu en Algérie.

* Voir BoLLJiND. Carte géol. du Sahara (reproduite in Suess. I, 459).

' Bibliogr. in Soess (loc. cit., I, 473, note 1).

^ Je ne crois pas que M. Dupont ait jamais donné la description annoncée des fossiles qu'il aurait trouvés dans le Bas-Congo.

* In Suess (loc. cit,, I, 504).

Witwatersrand ; à la seconde, les filons-couches intercalés dans les dolomies, les diaclases incrustées du môme terrain, les veines complexes de plomb, zinc, cuivre, argent, etc., en relation assez directe avec les formations éruptives, dites du Boschveld.

Les terrains postérieurs au carbonifère sont, au contraire, remarquables, dans presque toute l'Afrique, (exception faite de la chaîne côtière méditerranéenne au Nord-Ouest) par l'horizontalité qu'ils affectent d'habitude S n'accusant nulle part de mouvements tangentiels ayant produit des refoulements ou des plissements, mais seulement des cassures verticales d'effondrement. Cette observation s'applique môme aux terrains secondaires et tertiaires de l'Egypte et M. Suess a insisté sur ce que présentait, à cet égard, de remarquabh?, la zone de la mer Rouge et (le l'isthme de Suez, ou celle du golfe d'Akaba, prolongeant le sillon de la mer Morte *; mais, en ce moment, c'est uniquement des dépôts plus anciens, permo-triasiques, dits duKaroo, que je veux parler.

Cette ancienne formation du Karoo, sur laquelle nous aurons à revenir à l'occasion des couches de combustible qu'elle renferme et des cheminées diamantifères qui la traversent, a été surtout étudiée dans l'Afrique Australe, où elle présente, sur une énorme épaisseur, des dépôts lacustres de grès, schistes et combustibles, sans aucun fossile marin, mais riches par endroits en étranges restes de reptiles terrestres. Elle débute là par un conglomérat, que l'on croit glaciaire (conglomérat encore plissé avant le dépôt des couches suivantes) et l'on doit admettre que, sur le plateau africain, émergé à la suite des plissements carbonifères, puis abrasé, une ou plusieurs cuvettes lacustres se sont progressivement remplies de détritus charriés par les fleuves, en même temps que leur fond s'enfonçait progressivement, dans des conditions qui rappellent tout à (ait ce qui a dû se passer pour les bassins carbonifères du plateau central français. L'assimilation peut môme être poussée plus loin; car des épanchements nombreux de roches éruptives, diabascs, porphyrites, mélaphyres, etc., intercalés dans cette sédimentation comme les orthophyres et porphyrites dans la France Centrale, prouvent que ces mouvements d'affaissement ne s'effectuaient pas sans des brisures, par lesquelles des magmas ignés montaient jusqu'à la surface. Aucun gîte métallifère n'a été signalé dans ces dépôts, où l'on aurait pu s'attendre à trouver un peu de cuivre, de plomb et de manganèse.

Au Nord du Transvaal, des formations gréseuses et parfois charbon-

* M. Suess remarque (I, 479], dans tout le grand plateau désertique, de l'Atlantique au golfe de Gabès et, plus au Sud, jusqu'au Tchad ou au Darfour, en Egypte, en Syrie, en Arabie, la prédominance des couches horizontales, avec ruptures verticales par affaissements, sans aucune trace de poussée latérale ou de plissement.

■ Loc. cit., I, 488, etc.

neuses, tout à fait analogues à celles de l'Afrique Australe, se prolongent, dans les mêmes conditions de discordance au-dessus des terrains archéens, sur tout le bassin du Congo, depuis le Katanga jusqu'aux monts de Cristal S et, de même, vers les lacs Nyassa etTanganyika. On peut même aller plus loin. Jusque dans la région abyssine, on trouve, au-dessous du jurassique, des grès, dits d'Adigrat, que M. Suess a proposé de rattacher à ceux du Karoo, et le même auteur n'est pas éloigné de rapporter à la même formation les importants dépôts de grès de Nubie, qui viennent s'intercaler entre le paléozoîque et le cénomanien, avec un aspect tout à fait analogue à celui des grès permiens européens, bien que, dans le Nord, Zittel ait montré l'âge plus récent de ces grès. On suit les grès de Nubie, à l'Est de la vallée du Jourdain, probablement jusque dans le Liban. Ils renferment du cuivre au Sinaî.

Enfin, en Algérie, où l'on sait combien les découvertes récentes attribuent d'importance au trias jusque-là méconnu, on peut être conduit à ranger dans le permien d'importants dépôts gréseux, qui existent au Sud de la province d'Oran et y contiennent du cuivre, ainsi que des conglomérats de la même région.

On trouve donc, sur presque toute Tétendue de l'Afrique, l'indice de dépôts détritiques très développés, qui se seraient produits à des époques diverses (de plus en plus récentes, ce semble, à mesure que l'on va vers le Nord) entre le dernier grand plissement du sol carbonifère et l'âge secondaire, et qui témoignent, peut-être, d'affaissements locaux dans cet immense plateau, resté sans doute à l'abri des incursions de la mer et stable dans sa grande masse, mais probablement soumis néanmoins à des mouvements de tassement internes, moins accentués que ceux dont résultent les plissements de montagnes, et dus, comme eux, à la contraction terrestre.

En résumé, Thistoire géologique du massif africain peut être conçue à peu près de la façon suivante :

Jusqu'au dévonien, nous ne savons rien de précis; mais nous voyons que de fortes épaisseurs de sédiments métamorphiques accusent, entre elles, une série de discordances, marquant divers grands mouve-

* Dans le Katanga, M. Cornet a distingué, de bas en haut, les couches inférieures C (de Kundelungu) et les supérieures B (de Lubilaché). Les couches G présentant, avec des grès rouges feldspathiques. des schistes et des calcschistes ; les couches B, où dominent également les grès, contiennent, au milieu d'eux, quelques schistes. Ces terrains s'élèvent, dans les monts Kundelungu, près du lac Moero. à 1630 mètres. Dans la région des plateaux, ils descendent à 800 m. Comme comparaison remarquons que, vers Johannesburg, les formations du Karoo se trouvent à la côte 1300.

Dans le Congo et dans le Kouilou, on a, à la base, des psammites et des grès feldspathiques compacts de couleur rouge ; puis un poudingue, un grès jaune et blanc, un quartzite brun et enfin un grès blanc friable.

Dans rOgooué, plus au Nord, la coupe se réduit au psammitc de Franceville peu développé et au grès blanc.

mcnls du sol, dont Téiude n'a pas encore été faite. Au milieu de ces terrains s'intercalent des roches éruptives de profondeur et des gîtes métallifères importants (oxydes et sulfures de fer, or, cuivre, nickel, etc.), que nous considérons également comme profonds. Tout porte à penser que les saillies extérieures de ces terrains très anciens ont été, dans la longue série des âges géologiques suivants^ soumises à une érosion intense, qui a pu en faire disparaître entièrement ou presque entièrement les termes supérieurs, en admettant même qu'ils aient existé.

Avec l'époque dévonienne, un nouvau régime a dû s'annoncer. La mer a couvert, certainement, le plateau désertique du Sahara,rEst de l'Egypte, la colonie du Cap ; il est très possible qu'elle se soit étendue largement dans l'intérieur de l'Afrique, et le môme régime n'a fait que s'accentuer pendant le carbonifère, qui a laissé, de divers côtés, 'des dépôts marins.

Mais, à la fin du carbonifère, un mouvement considérable, qui est le grand événement géologique de l'Afrique, s'est produit : des chaînes de montagnes ont surgi, avec glaciers, lacs marginaux, etc. Les premiers remplissages de lacs (conglomérats de Dwycka*) ont encore été plissés par les derniers mouvements de la chaîne; mais, ensuite, l'Afrique n'a plus été, jusqu'à notre temps, qu'un immense plateau, où se sont seulement produits des mouvements de tassement à faible amplitude, des gondolements de la surface, amenant des dépôts lacustres '^ et, ailleurs, des craquelures rectilignes, des afTaissements verticaux plus ou moins accentués.

C'est à partir de ce moment que l'érosion a dû s'exercer, sur ce grand massif ancien, dans des proportions qui présentent le plus vif intérêt pour notre étude*. Aidée sans doute par un régime de pluies tropicales, qui amenait une altération très rapide des roches, elle s'est peut être produite suffisamment vite pour donner, dès l'époque permienne, à l'Afrique, un aspect, que je me représente assez semblable à celui de la Finlande, de la Laponie, de l'extrême Nord américain (au climat

* On a beaucoup discuté sur le caractère glaciaire de ces formations de conglomérats, qu'on trouve également à la base des dépôts houillers du Plateau Central et môme sur la possibilité de glaciers à l'époque carbonifère. La question reste en suspens pour le Plateau Central français, mais parait bien tranchée pour l'Inde et pour le Transvaal.

* Ces formaUons étaient-elles bien exclusivement lacustres ? Quelques lentilles calcaires, signalées par exemple dans le Katanga, y piarquent peut-être le voisinage de la mer. Dans la zone littorale du Congo, M. Barrât a signalé des grès gypsifères et cuprifères.

* On peut suivre, aujourd'hui encore, les progrès de l'abrasion, d'une part et du comblement, de l'autre, dans les modifications continues, qui, depuis les temps historiques, agissent, d'une façon très nette, sur le régime de la vallée du Nil.

Richesses minérales de T Afrique. 2

près), avec presque autant de lacs que de terre et des végétations abondantes sur le bord de ces eaux. Peu à peu, la plupart de ces lacs se sont comblés, surtout lorsque les mouvements du sol ont c(»ssé d'approfondir les dépressions à la base en même temps qu'elles se remplissaient au sommet et, vers l'époque jurassique, l'Afrique a dû être déjà très analogue à ce qu'elle est aujourd'hui, partout où ne se sont pas produites les dénivellations et les éruptions tertiaires, qui lui ont redonné un relief notable. Dès lors, il a dû exister, sur de grandes étendues, ces produits de décomposition latéritiques, qu'on retrouve aussi bien dans l'Inde, à Madagascar ou en Guyane qu'en Afrique, et dont l'épaisseur ôesse, d'ailleurs, de s'accroître lorsque, le nivellement étant fini, le niveau hydrostatique s'établit à une faible distance de la superficie.

C'est à l'époque du lias qu'ont eu lieu, en Afrique, les premières grandes fractures, dont l'effet s'est surtout fait sentir sur la direction des côtes. Nous voyons la mer du lias envahir le Nord-Ouest de Madagascar, mer en communication probable avec la large Méditerranée jurassique, qui allait de l'Amérique Centrale à l'Indus. Puis la coupure s'enfonce; le bathonien apparaît dès le Sud de l'Abyssinie (Clioa) et, à 400 kilomètres plus au Nord, à Antalo ; le callovien supérieur et le kimméridgien supérieur à Mombas, près Zanzibar.

La période crétacée commence. Alors, sans parler de la région Nord- Ouest, que nous laissons pour le moment de côté, et même du Nord- Est, où la transgression cénomanienne présente une grande extension, les mouvements de cassure littoraux, commencés avec le lias, s'accentuent sur toute la périphérie de l'Afrique.

Au Sud-Est du Gap, sur la côte, les dépôts les plus anciens de cette nouvelle période sont les couches néocomiennes d'Uitenhague. Sur la côte Est, le cénomanien et le sénonien apparaissent vers Natal. L'aptien vient d'être signalé à Delagoa Bay ^ Plus au Nord, on retrouve du crétacé le long du rivage, en face Zanzibar et Pemba.

A l'Ouest, l'albien apparaît dans la province portugaise d'Angola, suivi par le cénomanien, qui, d'après M. Barrât, semble former au Gabon la base des dépôts fossilifères, tandis qu'en Angola, il repose sur les terrains précédents. Le cénomanien est recouvert, à son tour, par le turonien de Libreville, le sénonien d'Angola. C'est-à-dire qu'en résumé, du Gabon au Mozambique, la mer crétacée paraît avoir été limitée, à peu de chose près, aux rivages de la mer actuelle.

En dernier lieu, les mouvements tertiaires se localisent suivant les sillons d'effondrement bien connus et les lignes d'éruptions volcaniques, que met aussitôt en évidence une carte d'Afrique. Je me con-

• KiLiAN. (Comptes rendus de VAc. des Se, 7 juillet 1902.)

tente de signaler : Tétonnant sillon linéaire de la mer Roupie et de Suez, que vient recouper, suivant un angle oblique, à l'extrémité du Sinaï, celui de la mer Morte et du Jourdain ; puis la faille limite du massif abyssin à l'Est, que prolonge la zone effondrée des lacs Stéfanie, Rudolf et Manjara (à TOuest du Kilimandjaro) ; enfin la fosse des lacs Albert, Albert-Edouard et Tanganyika, qu'il est naturel de raccorder avec celle du lac Njassa, placée elle-même sur le prolongement de la fracture volcanique du Kilimandjaro. L'existence de ces deux sillons linéaires d'effondrement dans la région des grands lacs, avec le massif archéen du lac Victoria dans l'intervalle, est un des faits les plus remarquables dans la géologie du globe.

2"" Chaîne tertiaire méditerranéenne. — La chaîne tertiaire méditerranéenne, surtout marquée en Algérie et en Tunisie, sera l'objet d'une étude spéciale, quand nous nous occuperons de ces deux pays au chapitre X. Il suffira donc d'en marquer ici quelques traits principaux'.

Si l'on examine, sur une carte d'ensemble, la région Ouest de la Méditerranée, on voit aussitôt les diverses zones de terrains, qui en accusent les plissements, dessiner une courbe continue suivant les rivages de l'Afrique et de l'Espagne, en traversant la coupure du détroit de Gibraltar, comme si elle n'existait pas ^. Cela est marqué, notamment : 1°, par une ligne de roches éruptives récentes, qui, presque partout conforme aux rivages actuels, jalonne, suivant leur direction, une fracture ; 2**, un peu plus loin, par une zone archéenne et primaire, qui reparaît à l'état de tronçons discontinus à Bône, à Philippeville, en Kabylie, autour d'Alger, à Mouzaîa, Miliana, Oran, la Tafna, au Maroc et à l'Est de Grenade ; enfin, 3**, par la série des ondulations jurassiques, crétacées et tertiaires, au milieu desquelles le trias, et peut-être le pcrmien, ou rarement les schistes primaires, se montrent à l'état d'îlots. Au Sud, cotte zone plissée se termine par des escarpements au-dessus du Sahara.

Il semble, dès lors, y avoir là une chaîne montagneuse, formée par une poussée des terrains vers le Sud, avec une ligne d'effondrement volcanique en arrière, du côté du Nord ou de la mer : chaîne qui se rapproche, par tous ses caractères généraux, de ce qu'on peut observer dans les autres rameaux alpestres, notamment dans la Cordillère Bétique et les Apennins, et dont les gisements métallifères doivent, par suite, selon toute vraisemblance, être analogues à ceux de ces régions. Le surgissement de cette chaîne paraît avoir commencé vers l'éocèno, -en môme temps que les manifestations éruptives, pour se prolonger

* Voir également Suess, loc. cit., I, 287 : Chaîne du Nord de l'Afrique.

* Voir, à ce propos, la carie du Maroc, au chapitre x.

pendant les périodes suivantes. Son bord externe plissé est au Sud, comme il est à l'Est dans les Apennins, ou à l'Ouest dans la Cordillère Bétique, décrivant ainsi presque une ellipse entière (fig. 1) ; son bord interne effondré est partout marqué par des roches volcaniques. C'est comme une sorte d'énorme cratère, — plus complexe en réalité que je ne viens de le supposer, mais gardant cette allure générale, — dont Textension, la dilatation progressive semble avoir repoussé, accumulé vers la périphérie les terrains empruntés à son centre, tandis que se formait, dans cette dépression centrale, l'ensemble de mers, qu*on a appelé la mer Tyrrhénienne*.

catitral.

PLiiti'frmie.

KlLSSC'

AîlcLS Svc^

PlcUecuL Sahxxneit,

Fig. 1. — Lignes directrices du système de plissements alpins, (Les flèches indiquent le sens du refoulement).

Au Sud des chaînes algériennes commence, après une large zone de formations détritiques modernes, Tavant-pays saharien, aux massifs tabulaires horizontaux, dont les caractères généraux ont été précédemment signalés.

Cet avant-pays, encore si inexploré, contre lequel les chaînes de l'Atlas sont venues buter et s'écraser en le disloquant, comme l'ont fait la Cordillère Bétique contre la Meseta espagnole, les Alpes contre le Plateau Central ou la Bohême, les Carpathes contre la Plateforme russe, nous réserve peut-être des surprises heureuses pour les filons métallifères,

* Un immense cratère du môme genre marque l'ensemble du Pacifique. En général, cette disposition par cercles grossiers, par pustules volcaniques, semble correspondre bien mieux à la réalité que l'ancienne idée de directions rectiligncs (ou même sinueuses), d'abord admise pour les chaînes de montagnes et rattachée à des éléments géométriques d'un polyèdre terrestre. L'aspect d'une photograpliie lunaire est instructif à cet égard.

s'il s*est fracturé, lors de cet écrasement, dans les mêmes conditions que les grands massifs anciens européens, où se sont trouvés tant de beaux filons plombeux et argentifères.

Les gisements métallifères, que nous connaissons jusqu'ici en Algérie et Tunisie, sont, au contraire, ceux de la chaîne plissée elle-même et de la zone effondrée centrale, où les filons paraissent généralement présenter moins d'ampleur et de continuité. Les fractures minéralisées d'Algérie forment, d'abord, une première zone, en relation souvent très directe avec la chaîne volcanique, c'est-à-dire localisée au voisinage de la côte et comprenant surtout du cuivre et du fer ; en s'éloignant vers le Sud, on trouve ensuite des multitudes de filons, disséminés au milieu des calcaires et des marnes de divers âges : filons, où le cuivre et le fer existent encore, mais avec prédominance du zinc et du plomb et, souvent, avec présence du mercure ou de l'antimoine.

Toute cette chaîne récemment plissée présente encore un relief très accidenté ; l'érosion, si intense qu'elle ait pu être par endroits, n'a pas eu le temps d'y accomplir son œuvre * ; il en résulte que la superficie actuelle doit être relativement peu différente de celle qui existait au moment où se sont constitués ces filons, dont nous observons donc les parties originellement supérieures. En même temps, le niveau hydrostatique, souvent très profond par suite de ces irrégularités de relief, a permis aux réactions oxydantes superficielles de s'étendre sur de grandes hauteurs des gîtes et amené, par exemple pour le zinc, une prédominance des types calaminaires, ou, pour le fer, des hématites et des sidéroses.

Il existe, d'autre part, comme je viens de le dire, des tronçons anciens reparus sur le bord interne de la chaîne, dans lesquels se trouvent quelques gisements de fer oxydé, qu'il est permis de rattacher à une formation primitive ou primaire, analogue à celle que nous avons rencontrée tout à l'heure dans le massif ancien africain et l'on trouve également, dans ces massifs primaires, d'autres filons xie peu d'importance, qui résultent peut-être, au contraire, de cassures tertiaires, c'est-à-dire qu'ils peuvent être contemporains de l'ensemble des gîtes précédemment signalés.

* M. Jordan a fait, en Tunisie, cette remarque curieuse que souvent des points culminants actuels correspondent à d'anciens synclinaux des plissements : Ûyr du Kef (1 100 m.) ; Kalaat-es-Senam (l 250 m.) ; Dyr de Tebessa (1 520 m.).

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