LE CUIVRE EN AFRIQUE. — KATANGA
saillie d'un minerai noirâtre à 35 p. 100 de bioxyde de manganèse et 16 p. 100 d'oxyde de cuivre, ayant 1 à2 mètres de puissance. «Au-dessus, d'après Barrât, sur une hauteur de 50 mètres, une roche calcédonieuse contient des géodes nombreuses, avec cristaux et mouches de dioptase et de malachite. La crête de la colline est formée d'argile rouge ; en la franchissant, on trouve un ruisseau, où M. ThoUon a recueilli des dioptases avec cristaux d'argent natif et une roche grise légère, composée presque exclusivement de silicate de magnésie ; en remontant ce ruisseau, on observe, dans la roche quartzeuse, plusieurs filons verticaux, larges Ruisseau^
de 4 à 5 centimètres, conte- di^%xses
nant du sulfure de cuivre /
argentifère. A rgU^ | /
D'autres parties du même f '/'^^^NJv^
massif calcaire renferment de 5i>rj X CaUdmnt>œDec,maia4ihxJbt.
la jçalène, avec cérusite, wul- \/ „. .*/ '^^^^
fénite, malachite. On trouve A
également, à Mindouli, un sili- '^ / '.SoV^
cate de cuivre amorphe, dont / [
la couleur varie du bleu au „• ... ,, .^, . , .. ^
lo s^yjxxi^Kx «t V. X* *y V.1A « p^g jj^ (^jj,jpg théorique du gîte de cuivre
vert et qui a la même compo- du Niari (d'après Barrât).
sition que la dioptase. Enfin,
M. A. Le Chatelier a signalé une roche, constituée par un mélange de
quartz, de vvillémite, de carbonates de chaux et de plomb.
Le massif de Mboko-Songo, situé plus à l'Ouest dans la région du poste de Bouenza, renferme de nombreux gisements de cuivre et de plomb dans des conditions analogues, maïs avec moins de siHce dans les terrains, en sorte que les altérations ont pris uniquement la forme carbonatée. Le cuivre serait plus abondant à l'Ouest, où M. Dupont a vu des poches d'argile rouge, creusées dans des calcaires bleus, au contact de schistes noire et contenant des blocs de malachite, galène, cérusite, limonite, phosphate de fer.
Près de Loudima^ à Tchidounga, il existe un gîte de cuivre remanié.
On a cru remarquer dans certains gîtes, un appauvrissement en cuivre et un enrichissement relatif en plomb, quand on s'enfonce. Le fait, s'il est exact, doit résulter de la concentration qui se produit toujours, pour les gîtes de cuivre, à une certaine distance de la surface et qui semble les enrichir là localement.
3* KATANGA (Congo belge)
Dans le Sud-Est du Congo belge, la région du Kalanga (fig. 32) est, depuis longtemps, célèbre pour ses gisements cuivreux, dont l'étude
technique a été faite, en diverses publications, par M. Jules Cornet, adjoint à Texpédition Bia (1891-1893) *.
On trouve déjà des indications sur ce sujet dans les récits de Livingstone (1857 à 1874), de Cameron (1876), de Thompson (1887), des docteurs Boehm et Reichard (1885), des explorateurs portugais Capello et Ivens (1886), de Wissmann (1890). En mai 1891, la Compagnie du Katanga chargea deux expéditions d'explorer les territoires, dont l'exploitation lui avait été concédée par l'Etat indépendant du Congo ; la première, commandée par le capitaine Stairs, devait gagner le Katanga par la côte orientale et le Tanganyika ; la seconde, dirigée par le capitaine Bia, remonter le Congo, le Kassaî et le Sankourou jusqu'à Lusambo, puis, de Lusambo, gagner Bounkeia, au centre du district du Katanga. C'est avec cette dernière que M. Cornet a reconnu des gisements de cuivre et de fer, dont je donnerai bientôt la description. Ces gisements, malgré leur importance, n'ont pu être, jusqu'ici, mis en valeur * et ne le seront guère, sans doute, avant que l'Afrique Centrale soit assez développée pour avoir une consommation de cuivre locale. Les frais de transport seraient, en effet, énormes pour gagner le fleuve par caravane, descendre à Stanley-Pool par eau, puis, de là, en chemin de fer à Matadi: peut-ôtre dix francs par kilogramme. Tout récemment, une Compagnie anglaise, formée pour l'exploitation de la région de
* Voir un historique dans le mémoire de J. Cornet sur les gisements métallifères ■ du Katanga (Mém. de la Société des Sciences du Uainaut, 1894) et la bibliog. suivante :
Publications de J. Cornet sur le Congo : 1894. Die geologischen Ergebnisse der Katanga-Expedition (Pçtermanns Mittheilungen). — 1894. Les farmaiions post-primaires du bassin du Congo (Ânn. Soc. géol. Belg., t. XXI, 87 p. et carie géolog. en couleurs). — 1894. La géologie de la partie S.-E. du bassin du Congo et les gisements métallifères du Katanga (Rev. univ. des mines, t. XXVIII, Z* série, p. 217, 74 p. et 2 pi.). — 189i. Les gisements métallifères du Katanga (Mém. de la Soc. des Se. du Hainaut). — 1896. Les dépôts superficiels et Vérosion continentale dans le bassin du Congo (Bul. Soc. belge géologie, t. X, p. 44 à 116). — 1896. Observations sur la géologie du Congo occidental (Bul. Soc. belge géol., t. X 10 p.). — 1897. Lâge de la pierre dans le Congo occidental (Bui. Soc. anthrop. de Bruxelles, t. XY). — 1897. Observ. sur les terrains anciens du Katanga (Annales Soc. géol. de Belg, t. XXIY). — 1899. Études sur la géologie du Congo occidental entre la côte et le confluent du Ruki (Bul. Soc. belge géologie, t. XI, 1897, p. 311 ft 377). — 1901. Notes sur les roches du mont Bandupoi et du Haut Vellé (But. Soc. belge géol., t. XII, p. 26). — La géologie du bassin du Congo (Bul. Soc. belge géol., t. Xll).— Cf. : Zeitschrift fUr prakticfie Géologie, 1894, p. 404; 1895, p. 91; 1896, p. 122. — Reclus. Géographie universelle, t. XIII, p. 211, 279, 375. — Waoters. L'état indépendant du Congo. Bruxelles, Falk fils, 1899, 527 p., in-8«, avec bibl. et chapitre sur les minerais par J. Cornet. — La mission Gendron-Jobit (Géographie, 15 mars 1901). — Dbmars. Le plateau central du Congo français (Gréographie, 15 août 1901). — Lemaire. Grottes et troglodytes du Katanga (Géographie, 15 nov. 1901, 321).
' Les noirs exploitent un peu de cuivre et tirent du fer des limonites contenues dans les latérites. Nulle part, ils ne s'attaquent aux oligistes et magnétites. Le Katanga est ft plus de 2 000 kilomètres, soit de l'embouchure du Congo, soit de Zanzibar. Son débouché le plus naturel serait par la Rhodésia, déjà rattachée au réseau ferré de l'Afrique Australe et par le Zambèze.