LE CUIVRE EN AFRIQUE. — NAMAQUALAND
ont dissipé bien des illusions à cet égards D*après les dernières publications, voici à quoi se résument les gisements réellement reconnus.
Dans le Nord du Protectorat allemand, le docteur Hartmann, représentant de la South-West Africa C**, a reconnu, dès 1893, des gites de cuivre à Otavi et à Tsoumeb (Tsottmeh, Tsoomeb, ou Sumeh) «. D'autres existent généralement à Auwah,
A petit Otavi et Auwab, il n y a, paraît-il, que des minerais de cuivre; à grand Otavi et Tsoumeb, on a, à la fois, du cuivre et du plomb, comme dans le Niari ou le Katanga. Des prospecteurs ont estimé que le gîte de Tsoumeb contiendrait, sur 30 mètres de profondeur et 150 mètres de longueur, 250 000 tonnes de minerai, à 10 p. 100 de cuivre et 50 p. 100 de plomb (?) Il paraîtrait que les gisements d'Otavi se présenteraient partiellement, sans doute par métamorphisme, dans le calcaire de Kalahari.
Le chemin de fer en construction de Swakopmund (Walfisch bay) à Windhœk permettra peut-être de reprendre les mines de Tintérieur, particulièrement les mines Maichless, près Windhœk (à peu près à la même latitude que Walfisch bay), qui ont été exploitées sans succès, vers 1850, par la Walfisch bay Gopper Mining. Ces mines, comprises dans ce qu'on appelait autrefois le Damaraland, rentrent tout à fait dans le type des mines du Namaqualand, qui vont être décrites. Ce sont des filons-couches ou amas, dans les schistes cristallins, allant se perdre en veinules dans le granité. La minéralisation est formée de quartz, pyrite, chalcopyrite et parfois barytine.
VEboni mine, la Hope mine, la Pot mine, sont aussi des gisements exploités dans cette même région du Damaraland. Au contraire, le gisement de Kuyas est un peu au Nord-Est d'Angra-Pequena.
6» KAMAQUALAND ANGLAIS (OOKIEP, ETC.)»
Nous abordons ici une région beaucoup plus importante.
Les gîtes de cuivre du Namaqualand ont conamencé à attirer sérieu-
* 1868. Ghapman. TraveU in the interior of South Africa (2 vol. London). — Pohie. {Petermanns Mittheilungen, 1886, heft. VIII). — 1886. W. Belck. Die koloniale Entwicklung SUdwestafrikas (Deuts. Kol. Zeit., 1886, p. 54).
• ZeiUchnft fUr prak. GeoL, 1894, p. 478; 1896, p. 38; 1899, p. 146 et 409. — SOd- West Afrikanische Minerai Vorkommnisse (Verh. d. 59, Verh. Deutsch. Naturf. in Berlin, sept. 1896). — Stromer von Reicubnbach. Die Géologie der deutschen Schutzgebiete in Afrika (1 vol. 1896).
' 1855. Delesse. Sur les tnines de cuivre du cap de Bonne-Espérance, (Ann. des Mines. 5« sér. t. Vill p. 186 ù 212 et PI. H. — 1860. Garl. Zbrrexxer. — Reise des Ingénieurs A. Thies nach den Kupfer Bergwerken Namaqualands in Sad Africa. (Berg und Hûttenm. Zeitung., 1860, p. 41 à 44 et 53 à 54). — 1861. Knop. Uber die KupfererZ'Lagerstâtten von Klein-Namaqualand und Damaraland; ein Beitrag zur EntwickelungS'Geschichte der Kupfererze (Neues Jahrb.f. Miner., 1861, p. 513 à 550). — VON Grodoeck, p. 275.
i34 LES RICHESSES MINÉRALES DE L'AFRIQUE
sèment ratlention vers 1833, époque où Delesse en donna, d'après divers documents anglais, une première description dans les Annales des Mines. Déjà, en 1761, un rapport au gouvernement hollandais les avait signalés, et, en 1837, il s'était formé, pour les exploiter, une première Compagnie, dite des mines du Sud de l'Afrique; mais, vers 1850, l'ardeur fiévreuse, que provoquèrent, chez les mineurs, les découvertes australiennes et californiennes, amena, un peu dans toutes les parties du monde, des recherches et il s'en fit, notamment, dans ces régions, alors très désertes, situées à l'Est de Robbe bay (Port Nolloth), au Sud du fleuve Orange, vers 18* de long, et 29* 25' de lat. En 1855, il existait, à Londres, 35 Compagnies cuprifères relatives à ce district, sur les actions desquelles on spéculait, comme on Ta fait récemment sur celles des mines d'or.
Quelques années plus tard, en 1860 et 1861, Zerrener, (d'après les rapports de A. Thies) et Knop décrivirent, à leur tour, les mêmes gîtes dans des publications allemandes.
De tous ces documents, il résulte que les gîtes cuivreux connus alors se trouvaient, soit au Sud de FOrange, dans le pays qu'on appelait le petit Namaqua et qui est devenu colonie anglaise, soit, au Nord, chez les grands Namaquas et les Boshimans, dans le Damaraland, devenu le Sud-Ouest Africain allemand, où nous venons de les signaler à Matchless.
L'ensemble du pays est constitué de granité et de schistes cristallins métamorphiques, recouverts par des grès du Karoo. Les gîtes cuprifères, ici comme au Niari, recoupent les deux premiers terrains sans pénétrer dans le Karoo ; ils se présentent, soit en fentes assez restreintes et pauvres dans le granité, soit surtout en veines interstratifiées, stockwerks et amas sulfurés dans les schistes. C'est cette dernière catégorie de gisements, qui, dans la suite, a donné lieu aux exploitations fructueuses de la région d'Ookiep dont il va être question. Les filons, pour la plupart abandonnés maintenant, étaient, soit N.-N.-O. dans les schistes cristallins à Knolosip, Spectakel, etc . , soit N.-N.-E. à Concordia, Kookfontein, etc., dans le granité. Parmi les amas, Thies signalait celui de Springhokfontein, près Ookiep, au Sud de Concordia, de 1 000 mètres de diamètre superficiel et 24 à 30 mètres de profondeur reconnue.
D'une façon générale, ces gîtes comprennent du quartz avec chalcopyrite légèrement aurifère, pyrite et minéraux d'altération de la chaicopyrite (phillipsite, cuivre gris, cuivre oxydulé, cuivre natif j, sans trace de fluorine *. Quelques-uns (Tweefontein) renferment une association caractéristique de magnétite et chalcopyrite. On a observé parfois, dans
• Les gltcs de Matchless, dans le Damaraland, contiennent, en outre, un peu de barytine.