LE CUIVRE EN AFRIQUE. — NAMAQUALAND
les filons, la présence d'un peu de mobybdénite, ce qui a conduit à les rapprocher d'un groupe curieux, situé à IS kilomètres de Kongsberg, en Norvège, dans le Telemark, où la chalcopyrite légèrement aurifère, également associée avec la molybdénite et parfois avec un peu de bismuth sulfuré, se trouve en veines de sécrétion ou de retrait dans une granulite, qui recoupe des quartzites et schistes amphiboliques.
Les gîtes du Namaqualand présentent, à la surface, un épais chapeau de fer oxydé ; il sont parfois recoupés par une pegmatite plus récente (Weal-Julia), ainsi qu'on Tobscrvepour tous les amas de minerai de fer de terrain primitif et pour nombre de gisements sulfurés en Scandinavie. Ce sont, au premier chef, des gîtes anciens. On avait remarqué, dès le début, que les minéraux d'altération du cuivre accompagnaient des parties kaolinisées des roches encaissantes.
Lors des tentatives d'exploitation de 1853, toutes ces mines durent bientôt être abandonnées, en raison des difficultés de transport. Quelques-unes ont été reprises avec activité, depuis qu'un chemin de fer de 140 kilomètres, passant par Steinkopf, relie la région à la côte, à Port- Nolloth.Le centre industriel principal est actuellement la ville d'Ookiep (gîte de Concordia), qui a été assiégée par les Boërs en avril 1902.
La statistique de l'industrie minérale française donne, comme production de minerai de cuivre dans les possessions anglaises en Afrique, c'est-à-dire, en réalité, presque exclusivement dans ce district :
39 ttOO t. = 9 707 000 fr. 37 400 t. = 7 834 000 fr. 35 400 t. à 432 fr. = 15 290 000 fr.
La statistique américaine de Rothwell, évaluée en cuivre métal, et empruntée elle-même à la circulaire annuelle de Henry R. Meiton et G*, donne, pour les deux Compagnies en exploitation dans la colonie du Cap, les chiffres suivants (en tonnes métriques)
Cape Company
Namaqua Copper C* . .
J'emprunte au même recueil quelques renseignements sur les exploitations actuelles de cette région.
En 1899-1900, la Cape Copper C* a tiré, de sa mine d^Ookiep, i\ 032 t. de minerai à 18 p. 100 et de sa mine Spectakel, plus à l'Ouest, 619 t. à 30,13 p. 100. La Namaqua Copper C* a produit 9000 t. de minerai avec un bénéfice net de 3 millions.
A Ookiep, l'amas métallifère atteint sa plus grande largeur au niveau de 23 mètres où il a environ 120 mètres sur 93 mètres en section. Il est formé essentiellement de chalcopyrite^ avec un peu de bomite et
quelques produits d'oxydation ou d'altération superficiels ; cependant, les oxydes noirs et rouges se prolongent assez profondément, tandis que carbonates et silicates cessent vite quand on s*enfonce. On grille et fond sur place pour obtenir une matte à 50 p. 400 de cuivre, qu'on expédie à Swansea.
La mine de Tweefontein contient un mélange de magnétite et de chalcopyrite, analogue à celui qui existe dans certains gisements classiques, comme celui de Traverselle. On sépare les deux substances par des séparateurs magnétiques. La production annuelle est d'environ 4500 tonnes de minerais triés, tenant 28 à 30 p. 100 de cuivre et 4500 t. de minerais plus fins, à 27 p. 100 de cuivre.
?• RHODÉSIA
Dans la région Nord de la Rhodésia, qui confine aux possessions belges, portugaises et allemandes, la Bechuanaland Exploration C® a découvert, au Nord des Victoria Falls du Zambèze, près de la rivière Kafue, ou Cafoué, dans le territoire appartenant à la Northern B. S. A. C®, des gisements de cuivre, ayant donné lieu à d'anciens travaux (voir fig. 27, p. 99). L'intérêt de ces gisements, qui présentent peut-être un lien géologique lointain avec ceux du district du Katanga, est que la ligne de chemin de fer du Cap au Caire doit être prochainement construite de Buluwayo à Victoria Falls. Un certain nombre de Compagnies de cuivre ont été créées en Rhodésia : la Rhodésia Copper, la Kafue Copper, la Baroise Copper, etc.