LE CUIVRE EN AFRIQUE. — TRANSVAAL
peu d'or, tantôt avec un peu d*argent, se rencontre, en divers points, en relation probable également avec des roches éruptives (norite ou diabase) . Ainsi, à la base de la série du Bosch veld, on connaît des norites métallifères. Sur la propriété Laatste-drift (82), district de Middelburg, les filons, encaissés dans la norite (se rattachant par conséquent à un type connu en Scandinavie), renferment de la pyrite, de la chalcopyrite et de la smaltine, avec forte teneur en or. A Rhenosterhoek (110), dans le même district de Middelburg, un filon analogue est entièrement rempli de pyrite massive très pure et la norite encaissante est complètement imprégnée de sulfures.
De même, le granité porphyritique rouge à anorthose renferme, à 85 kil. E.-N.-E. de Pretoria, dans la région de Y Albert-Siher mine, un certain nombre de filons de cuivre argentifère, associés avec des diabases; à l'Albert Silver mine, le filon Est-Ouest contient : quartz, fer oligiste, bornine (avec 1 250 gr d'argent par tonne), chalcopyrite, cuprite, chalcosine, azurite et malachite. Sur la propriété Roodepoort (359), un filon analogue présente une gangue de sidérose riche en magnésie et en manganèse, comme celle de Willows mine.
Dans le Murchison Range, M. Bordeaux a décrit un gisement cuivreux, situé à Palabora, qui paraît assez important.
On voit là, sur une plaine granitique, une colline de calcaire blanc cristallin, dont la base dessine une ellipse, ayant son grand axe Nord- Sud sur 3 kilomètres de long. Suivant Taxe de cette ellipse, on a une sorte de dyke de magnétite d'environ 1 mètre de puissance, taché par des sels de cuivre, et de ce dyke divergent, en tous sens, des veines et des veinules de sulfure de cuivre, bornite, cuivre gris, panabase, etc., à teneur en cuivre souvent élevée. Il est possible qu'on soit là sur l'affleurement d'un filon de pyrite considérable. Aucun travail récent n'a été tenté ; mais les indigènes ont autrefois criblé cette colline de petites fouilles superficielles.
Nous trouvons donc, en résumé, dans toute l'Afrique Australe, une série éruptive d'âge probablement hercynien, caractérisée par des intrusions plutoniennes de cristallisation profonde, avec ségrégations métalliques, soit de magnétite et chromite, soit de sulfures divers (Fer, Cuivre, Or, Argent, Cobalt), c'est-à-dire un type essentiellement de profondeur, analogue à ceux qui ont été surtout étudiés dans la zone boréale de Scandinavie et dû Canada. On peut remarquer, en passant, et à l'appui de notre thèse générale, que les divers gîtes plus ou moins anciens, calédoniens ou hercyniens, de l'Afrique Australe présentent des faciès très analogues entre eux : les deux chaînes calédonienne et hercynienne s'étanttrouvées soumises, dans le cours des périodes géologiques subséquentes, à un abrasement à peu près équivalent. Il semblerait, cependant, y avoir, dans la série hercynienne, particulièrement connue au
Transvaal, des types d'un caractère fîlonien un peu mieux déterminé et se rapprochant davantage de ce que l'on connaît dans l'Europe Centrale, Saxe, etc. La côte Ouest d'Afrique prêterait peutrêtre aussi à des observations du môme genre.
En passant maintenant dans l'Afrique du Nord, Maroc, Algérie. Tunisie, Egypte, Sina!, nous allons changer complètement de faciès et rencontrer, au contraire, des cas bien typiques de dislocations tout à fait superficielles, en même temps que récentes. Mais, auparavant, je dois signaler une formation cuprifère assez spéciale, qui a été rencontrée à Madagascar.
Madagascar présente des gisements cuivreux d'une certaine importance entre la vallée de la Vato et de la Mania et près A' Ambatofangehana. Les premiers sont, en principe, des imprégnations pyriteuses dans un calcaire silurien, avec décomposition en oxydes et carbonates dominant à la superficie. J'en reparlerai, au chapitre XI, dans la description spéciale de cette île.
Il existe aussi, d'après M. Bernard, un type curieux de basaltes cuprifères, à rapprocher des inclusions cuivreuses dans les augites ou les péridots de diverses roches basiques, qui ont été étudiées en Allemagne par divers chimistes.
lO* ALGÉRIE. TUNISIE
Algérie. — Les minerais de cuivre algériens seront l'objet d'une description méthodique et détaillée au chapitre x, où je m'occuperai de toutes les richesses métallifères de l'Algérie et, spécialement, des gîtes filoniens complexes, dont le cuivre est un élément au même titre que le fer, le plomb, le zinc ; néanmoins, l'importance pratique du sujet rend nécessaire d'indiquer ici, brièvement, l'existence de zones cuprifères dans notre colonie et d'en définir les caractères principaux, remettant à plus tard leur étude proprement dite.
Les gisements sulfurés complexes d'âge tertiaire, si abondamment représentés en Algérie, et probablement tous dépendants de venues assez analogues, se divisent, pour leur utilisation pratique, en des catégories très diverses suivant la nature du métal prépondérant. C'est ainsi que le groupement zinc et plomb, le plus fructueux actuellement, paraît dominer surtout dans l'intérieur du pays, lorsqu'on s'éloigne de la côte et, en particulier, dans l'Est (département de Constantine ou Tunisie) ; les associations, où l'antimoine et le mercure jouent un rôle notable, sont assez concentrées dans la région de Guelma à Souk-