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LE CUIVRE EN AFRIQUE. —ALGÉRIE

Arrhas et Batna. Au contraire, le fer et le cuivre, qui vont de pair, sont, en principe, plutôt concentrés à proximité de la côte, dans le voisinage plus direct des roches éruptives,dont ils paraissent dériver et qui, ellesmêmes, forment une traînée si manifestement littorale. Cela ne va pas, naturellement, sans exceptions, dont une fort curieuse est représentée par le district d'Ain Sefra, dans le Sud-Oranais, où il est possible que l'on ait affaire à des dépôts de grès cuprifères permo-triasiques *, analogues à ceux que l'on retrouve, le long de la chaîne hercynienne, depuis la Prusse rhénane jusqu'à TOural. De même, dans le Sud-Est de l'Algérie (Batna, etc.), on rencontre passablement de cuivre, mais associé au zinc et au plomb.

Parmi les gisements, que nous supposons composés en profondeur de pyrites de fer et de cuivre associées, les uns, où le fer domine, ont produit : soit des amas de pyrite de fer, comme ceux dont on commence à s'occuper à Auzouar, près de Bougie ; soit, par substitution aux calcaires et par oxydation, des masses d'hématite, qui ont pu donner lieu à des industries prospères. Dans ces hématites, considérées comme des produits d'oxydation (ou directement, ou par l'intermédiaire du carbonate de fer *), il est fréquent de trouver du cuivre, tout au moins àTétat de traces, parfois en veinules relativement assez notables pour avoir été concédées, comme au Djebel Ouenza, près de la frontière tunisienne. Ailleurs, au contraire, le minerai de cuivre devient le corps réellement important pour l'industriel : on peut avoir alors des chalcopyrites (assez rares, par suite de leur altération, à moins que l'on ne s'enfonce) ou, plutôt, des veines de cuivre gris et sidérose, souvent à gangue bary tique; aux affleurements, on observe les altérations habituelles en carbonates, oxydes, etc.

Parmi les centres cuprifères d'Algérie, je mentionnerai le district d'Aïn Sefra, la région du cap Tenez, celle de Mouzaïa, la petite Kabylie, au Sud-Est de Bougie, et Kef-oum-Theboul.

Autour (ÏAm-Sefra, nous verrons qu'il existe une zone de grès cuprifères, dont une partie, d'abord découverte au N-E., paraît de très faible teneur, dont une autre région, tout récemment signalée au S.-O, semble, d'après les échantillons que j'ai pu voir, beaucoup plus riche. Ces échantillons sont formés de grès imprégnés de chalcosine et verdis

* 11 existe, dans tout le Sud-Oranais, des quantités de grès, sur l'âge desquels on n'a, en réalité, aucune notion d'âge bien précise : parmi lesquels, les grès cuprifères d'Ain Sefra. On les rattachait autrefois au crétacé inférieur. Actuellement, le trias étant, par la nouveauté même de sa découverte, à la mode en Algérie, on se demande si une partie au moins d'entre eux ne serait pas permo-triasique.

* Je remets la discussion de ces questions relatives ft Torigine des gites d'hématite cuivreuse au chapitre iv, p. 170, oti il sera question des gîtes de fer, et au chapitre x, où je traiterai de l'ensemble des gîtes Algériens.

par du carbonate. Peulrêtre a-t-on là un o\ dépôts cuprifères, soil

de sédimentation contemporaine, soitd'impÇ . «ation postérieure, dans des grès ou des poudingues, qui se rencont\ ^ . ^^ ^^^ de régions ei qui, parfois trop pauvres pour être exploitable^^ ly^^ ^ipes-Maritimes, etc.), constituent ailleurs des gisements d'une gîv^^de richesse : au Lac Supérieur, dans le précambrien ; en Russie et au clni^^ dans le permien; au Boleo, dans le tertiaire. Cette zone d'Aïn Sefra pl^se pour se prolonger vers le Maroc. ^^^ v

Du cap Ténès vers Blida, les gisements de cuivre, que j'a^^Wp^ ^ signaler, sont nombreux, mais de peu de valeur ; plusieurs a Ventre eux ont une gangue de sidérose ou d'ankérite. La concession ùk ÏOu/td Allelah est la seule qui présente quelque intérêt et ait été aul\ rotois activement exploitée. \

Signalons seulement, en outre, les filons de cuivre gris, sidérosr- cet barytine de Gouraya et Aïn Sadouna et les veinules du même gm- nre des environs de Miliana,

Les filons analogues de Mouzata ont plus d'importance, et j'en (i nerai une description complète*. Enfin, on peut noter la concessioil cuivre inexploitée dQuedKebir (45 kil. S.-S.-E. de Blidah).

Puis vient la région de Bougie, riche en gisements cuivreux, doij quelques-uns ont donné lieu à diverses tentatives d'exploitation. Dan la longue liste que renferme la notice du Service des Mines Algérien cî,, dont une partie sera reproduite plus loin, je fetiens seulement ici leî4 noms des concessions de Djebel Teliouîne et de Tadergount, la première^^ sans valeur, la seconde actuellement l'objet de quelques travaux de reprise j certains de ces gisements paraissent en relation très directe avec des roches éruptives tertiaires. On trouve même des veines de sulfure/ divers, comprenant de la chalcopyrite, dans les massifs éruptifs de ColÛ et Cavallo. L'ancienne concession d'il in Barbar, à 22 kil. N.-O de Boni porte sur des filons de chalcopyrite avec blende et quartz, traversai les trachytes et l'éocène. Le gisement d'Owa/iï, ou Djebel Hadid, 1 Sud de Cavallo, qui va être bientôt concédé, se compose d'un filon 1 chalcopyrite avec ankérite, dans un décrochement du terrain sénonien^

Enfin, la seule concession de cuivre, qui ait donné lieu à une exploi tation suivie en Algérie, est celle de Kef-oumrTheboul, près laCalle, dont la description sera faite ultérieurement. On y exploite un grand filon de chalcopyrite, pyrite, blende et galène argentifères parfois même aurifères, dans les schistes ludiens.

Au Sud, la région de Balna présente une réapparition intéressante do veines cuivreuses, associées avec des calamines plombeuses, qui dominent.

* Chapitre x.

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