PHOSPHATES DE 6AFSÂ (TUNISIE
région Sud de la Tunisie, amenant cet éocène moyen à y reposer directement sur le crétacé.
Quoi qu il en soit, si nous revenons à la zone Sud qui constitue la parie la plus riche, elle présente, dans les exploitations actuelles, la coupe ci-jointe, c'est-à-dire qu'il y a là quatre couches principales, dont deux seulement, les couches 1 et 2, sont utilisées.
COUPE DE LA ZONE PHOSPHATEE A LA MINE DE VETLAOUI (gAFSA)
(âo à 30 mètres) (de haut en bas).
Calcaire à lumachelles 1 mètre.
Phosphate^ couche n» 0,85 —
Conglomérats, phosphate, galets, cailloux 1,25 —
Alternances de petits bancs calcaires et de marnes 2 —
Phosphate 0.40 —
Conglomérats ronges 0,90 —
Marnes 0,60 —
' Phosphate 2,40 —
Phosphale.couchen'^i.] Lit de petits galets très espacés
( Phosphate 0,80 —
Coquilles et boulets. . 0,02 —
Phosphate 0,70 -—
Gros galets
Phosphate 0,90 —
Marnes 0,15 —
Phosphate et galets 0,15 —
Marnes 0,25 —
, Phosphate 1,10 —
Pho»phate,couchen^-.. S l^Z^^^^^'. '. '. '. '. '. '. •' .' .' .' .' '. '. 0.70 -
\ Galets et phosphate 0.30 —
Marnes et alternances phosphatées 5 —
Phosphate couche n» 3 0,80 —
Marnes et petits bancs calcaires 4,50 —
{ Phosphate 0,60 —
Phosphate, couche n« 4. < Calcaires et marnes 0,60 —
( Phosphate 0,80 —
Calcaire à lumachelles
Ces couches phosphatées sont grisâtres et grenues, à structiu*e homogène. Dans une des petites couches secondaires, on trouve, avec des quantités de dents de squales, des coprolithes atteignant parfois la grosseur d'une noix. Les marnes, qui séparent ces couches, renferment également du phosphate, mais en proportions inutilisables. 11 en est de même de la lumachelle d'huîtres supérieure, qui est elle-même souvent phosphatée.
D'après une note de la Compagnie de Gafsa, la partie du gîte, sur laquelle doit porter l'exploitation, comprend quatre grands plateaux, ou tables, légèrement inclinés, séparés par des vallées, qui peu vent servir de voies d'accès. Ce sont, par ordre d'importance croissante : .les tables du
Jaaicha, du Lousif^ la table Ouest et enfin la table du Metlaoui, beaucoup plus étendue encore que toutes les autres et dont on applique souvent le nom à l'ensemble de la mine. On laisse ainsi de côté les dépôts trop inclinés du Seldja.
La table, dite du Lousif, dont l'accès était particulièrement aisé et dont la forme étroite et longue facilite un traçage rapide, a été tout d'abord mise en exploitation, dans les couches 1 et 2, par piliers abandonnés. Mais, à la fin de 1900, un éboulement considérable s'étant produit par le glissement des couches inclinées dans la partie Est de la table, on reporta le traçage sur la table de l'Ouest dans la seule couche n^ 1, en adoptant la méthode par remblais (fig. 51).
La teneur de ces couches est élevée. M. Levât, en 1894, a évalué le cubage du gîte à 5 millions de tonnes de minerai riche entre 55 et 60 p. 100, qu'un simple triage sommaire peut élever à 60 p. 100.
Pratiquement, la couche n® 1 donne une teneur en phospliate tricalcique de 59,5 à 60,5 p. 100 ; la couche n" ±, un peu plus riche, donne 62 à 63 p. 100. Le phosjphale, extrait de ces deux couches, est mélangé et fournit un produit, dont la richesse moyenne est sensiblement de «Op. 100.
L'analyse moyenne des phosphates de la couche 1 (séchés à 100®), est la suivante : phosphate de chaux, 60 ; carbonate de chaux, 13 ; sulfate de chaux, 7 ; oxyde de fer et alumine, 1,5 ; eau combinée, 2 ; matières organiques, 4 ; résidu insoluble dans les acides, 8 ; matières diverses (sels de potasse, de soude, de magnésie, etc.), 4,5.
La difficulté industrielle pour mettre ces gisements en valeur a été longtemps la nécessité de construire un chemin de fer d'environ 250 kilomètres pour les relier au port de Sfax, qu'il fallait aménager.
En 1895, le gouvernement tunisien ayant traité la question du port de Sfax avec la Compagnie des ports de Tunis et de Sousse, ouvrit une adjudication, à la suite de laquelle la Compagnie de Gafsa fut déclarée concessionnaire par décret beylical du 20 août 1896, dans les conditions suivantes :
La Compagnie a obtenu le droit exclusif d'exploiter les phosphates, pendant soixante ans, sur une zone d'environ 50 kilomètres de long et 10 de large, entre Gafsa et la frontière algérienne, plus un domaine de 30.000 hectares aboutissant au kilomètre 50 de la ligne. En revanche, elle s'engageait à construire le chemin de fer de Gafsa à Sfax à raison de 25 kilomètres par mois, et à payer une redevance fixée à 1 franc par tonne jusqu'à 150.000 tonnes, avec tarif décroissant pour le surplus.
Le chemin de fer, rapidement construit, a pu être inauguré le 26 avril 1899 et, en même temps, on a commencé l'exploitation du Metlaoui sur les couches 1 et 2. Cette exploitation occupe actuellement aux mines environ 1.200 hommes (dont un tiers d'Européens), payés :