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PHOSPHATES DE GAFSA (TUNISIE

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les Européens, 4 à 5 francs par jour ; les indigènes, 2 à 3 francs. La production monte, en 1902, à environ 22 ou 25.000 tonnes par mois. Le phosphate extrait de la mine n'est soumis à aucun enrichisse-

menl ; maïs il doit, comme les phosphates d'Algérie, subir, avant d*ètre expédié, un séchage préalable, afin d'être plus facilement broyé et tamisé dans les usines. Les fabricants de superphosphates, qui absorbent presque entièrement la production de Gafsa, exigent, en effet, une teneur minima de 5 p. 100 d'eau.

Ce séchage, assez compliqué quand il s'agit de manipuler un millier

/ de tonnes par jour, se fait, pendant Tété, à l'air libre, en étalant le

/ phosphate sur des surfaces de 4 hectares, aménagées à cet effet comme

^' les floors diamantifères de Kimberley. Le phospiiate y est étalé au

y . soleil sur 0,30 m. d'épaisseur et retourné et labouré pendant plusieurs

jours : ce qui ramène la teneur d'eau au-dessous de 3 p. 100.

En hiver, on opère dans des fours tournants et des fours à grille fixe. Une fois sec, le phosphate est mis en dépôt et exporté par trains •le 250 tonnes à Sfax, où la Compagnie dispose maintenant de magasins pouvant contenir 30.000 tonnes. Les phosphates sont exportés, soit en France, soit en Italie, Angleterre, Hollande et Allemagne. Ils ont, pour l'industrie des superphosphates, l'avantage de renfermer peu de carbonate de chaux.

A l'Est du gisement de Gafsa, le gîte du DJebel-Zebbeus est actuellement exploré par la môme compagnie et paraît renfermer des parties riches à 60 p. 100, très intéressantes.

A 30 kil. environ au Sud de l'Oued Seldja, on retrouve, au Khanguet'Jellabia et au Djebel-SeMb , des gisements analogues à ceux de Gafsa, encore mal reconnus. Suivant M. Levât, la partie Sud du Djebel-Sehib présenterait environ 3 mètres d'épaisseur de phosphates sur 8 kilomètres de long.

Vers l'Ouest, les cartes géologiques indiquent le prolongement du suessonien, avec une grande extension, vers Biskra ; mais on n'a pas encore signalé de phosphates dans cette région.

Région de Nasser-Allah, au Sud-Ouest de Kairouan. — Au Sud-Ouest et à l'Ouest de Kairouan, il existe une dernière zone phosphatée Nord- Sud, qui va converger avec les précédentes dans la direction de Tunis. Cette zone comprend Nasser-Allah, Djebel-Doussala, etc.

Les phosphates de Kairouan ont été étudiés avec soin, en raison des facilités d'exploitation qu'offrait la ligne de Kairouan à Sousse. Ils ne dépassent pas, à l'état brut, une teneur de 45 p. 100, mais peuvent s'enrichir par lavage.

Gomme conditions géologiques, on retrouve, ainsi qu'à Kalaat-es- Scnam et dans la Tunisie centrale, un couronnement de calcaire nummulitique sur un niveau de calcaire blanc à gastropodes , recouvrant les phosphates, avec marnes jaunes et noires à la base. Les coprolithes sont parfois très abondants.

Région de Souk-Arrhas. Djebel-Dekma.— Cette région est la première en Algérie, où Ton ait fait une exploitation suivie de phosphates. Les travaux, portant sur des marnes à nodules (Exploitation Wetterlé), ont donné de mauvais résultats : les produits ne pouvaient atteindre 50 à 65 p. 100 qu'après un lavage coûteux; on a donc interrompu les recherches.

11 paraît y avoir, dans cette région, au-dessus des calcaires à inocérames, un premier banc phosphaté, assez riche localement, mais à caractère gréseux, surmonté parles marnes à nodules, que recouvrent elles-mêmes, ordinairement, les grès et argiles miocènes.

Région de Béja. — Le terrain éocène est très développé au Nord de Béja, dans la région qui s'étend de Béja à TOued-Ksob, aux Beni-Maleck et au Khanguet-el-Tout. On y trouve quelques phosphates, sous forme de grès rouges argileux ou de grès jaunes, phosphatés par places, situés au-dessous de calcaires éocènes à polypiers, eux-mêmes surmontés par des grès éocènes stériles ou par des grès pliocènes d'eau douce. Ces grès phosphatés remplacent le système des marnes feuilletées éocènes, où l'on trouve, en général, le phosphate.

Région de Tébessa, D]rr, Kouil, Ain-Kissa, etc. — Au Sud de la première zone Est-Ouest, que nous venons d'étudier, une seconde zone, dirigée N.-E.-S.-O., va de l'extrémité de l'Aurès et de Tébessa vers Teboursouk et Béja, en comprenant les gisements de Cheria, Kissa, du Dyr, du Kouif^ diHaydra, Thala, Kaluat-es-Senam, //. des Ouled Aotcn, Dj\ Haout, Gueim-Alfaya , Le Kef, Sidï-Ayet, Dj. GeiTah, Teboursouk, etc. C'est la zone, sur laquelle les exploitations ont été jusqu'ici les plus développées. (Voir la fig. 45, page 215.)

J'emprunterai à M. Blayac la description des phosphates du Dyr et du Kouif, au Nord-Est de Tébessa (fig. 47).

Le Djebel- Dyr est un immense plateau de 45 à 50 kilomètres de tour, à peu près rectangulaire et couronné par des bancs calcaires, que l'on aperçoit de très loin, car ils dominent de 7 à 800 mètres la plaine qui s'étend à l'Ouest. Son altitude varie de 1 200 à 1 500 mètres. Plus à l'Est (à 27 kil. N. E. de Tébessa), le Djehel-Kouif est constitué par deux plateaux presque attenants : celui à! Ain-el-Kébir et celui dLAïn-el" Dey. Son altitude est d'environ 1 200 mètres; il a de 15 à 18 kilomètres de tour. Au Sud du Dyr, le lambeau suessonien (ï Ain^Kissa est encadré par des failles.

Le crétacé, sur lequel repose le suessonien phosphaté, présente, de haut en bas, la coupe suivante :

Sénonien supérieur. Calcaires blancs à moules d'Inocérames, en bancs réguliers, tendres et cassants .... 3 à 400 mètres.

:»énonien inférieur. Marnes vertes et grises, alternant avec de petits bancs calcaires 80 à 100 —

/ Calcaires durs dolomitiques rougeàtres à \

« 5 échinides : 20 à 25 mètres f ka ^ ca «,x»,«„

Turonien i r. , . * j^ * > 50 à 60 mètres.

I Calcaires marneux avec gastropodes, tur- 1

^ ritelles, etc. ; 30 mètres /

Cénomanien, Marnes calcaires très fossilifères, alternant avec des bancs calcaires souvent formés par des magmas d'ostracées 80 à 100 —

Le suessonien repose en discordance, dans deux ondulations synclinales des calcaires à inocéramus sénoniens, dont les bancs supérieurs sont souvent corrodés (fîg. 48).

Conformément à la coupe générale donnée plus haut (p. 210), il comprend : à la base (A), des marnes noires, gypseuses, riches en fossiles, d'épaisseur très variable (120 mètres au Dyr, 50 mètres au KouiO; puis

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SX.

Fig. 48. — Coupe transversale N.-O.-S.-E. du Djebel-Dyr et du Dj. Kouif, d'après

M. Blayac.

Échelle au J/200.000 ; hauteurs triplées.

(B) les couches à phosphates (1,35 m.), alternant avec des calcaires blancs marneux à silex; et, au-dessus, (C) des calcaires durs à nummulites(7)j par exemple, dans l'exploitation Crokston, au Sud du Dyr :

7. Calcaires durs à nummulites, avec bancs compacts à rognons siliceux à la base 80 mètres.

6. Calcaire blanc tendre à s lex, passant aux calcaires durs du dessus 3à4 mètres.

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