SOURCES THERMALES D'ALGÉRIE
haute température, dont l'Algérie, comme la Cordillère bétique, ou le versant ouest des Apennins, présente quelques beaux exemples.
Là, une bordure trachytique commence, sur la côte, un peu à l'ouest de Bône, au sud de la Sardaigne, à laquelle cette zone trachytique, semble se raccorder, comme la traînée de roches archéennes, qui Taccompagne de la Sardaigne jusqu'au Maroc. Cette zone comprend, de l'Est à rOuest, les trachytes de l'île de la Galite, du cap de Fer et de Philippeville, les basaltes de Djidjelli à Bougie, ceux qui entourent la dépression de la Mitidja, au sud d'Alger ; puis les pointements trachytiques et basaltiques, qui vont d'Oran à la frontière du Maroc (basaltes de la Tafna,d'Aïn Temouchent, superposés à du quaternaire; trachytes et phonolithes des îles ZafTarines, à l'ouest de Nemours ; roches à olivine de l'îlot d'Alboran, etc.).
Il est à remarquer que là, pas plus qu'en Sardaigne ni en Espagne, il n'existe de volcans en activité : le cercle d'éruptions, à peu près homogène par son âge, qui relie ces trois régions S est presque totalement antérieur à l'époque pléistocène et il semble que la ligne de fracture éruptive, d*abord dessinée ainsi suivant la Sardaigne et la côte algérienne, se soit, dans les derniers temps géologiques, reportée, plus à l'Est, suivant la zone de TOmbrie, de Rome, du Vésuve, de l'Etna et de Pantellaria, en même temps que les dislocations algériennes, sur lesquelles se trouvent les sources thermales, avaient une tendance à se rejeter vers le Sud.
L'existence, dans le nord de l'Algérie, de ces fractures récentes et de ces pointements de roches tertiaires produit une zone importante d'eaux thermales, souvent bicarbonatées, que nous allons étudier bientôt.
On doit cependant noter que les eaux chargées d'acide carbonique se trouvent, pour la plupart, à une certaine distance de cette traînée éruptive, à laquelle on peut les rattacher ; sauf celles de la région de Blida, qui suivent d'assez près la curieuse ceinture éruptive basique de la Mitidja, ou encore celles de la région d'Aïn Temouchent, à l'ouest d'Oran (H. bou-Hadjar et H. Sidi-Aït), en relation avec des basaltes quaternaires, la plupart des sources, que nous mentionnerons, sont notablement au Sud des éruptions tertiaires, le long des chaînes de plissement.
En dehors de cet important élément minéralisateur, le sol de l'Al-
* Le cercle d'éruptions tertiaires» beaucoup plus restreint que la fosse actuelle de la Méditerranée occidentale, dans laquelle il est englobé, parait passer, au Nord, directement, du nord de la Sardaigne à l'extrémité des Pyrénées et, ft l'Ouest, de la frontière du Maroc au cap de Gâte. Il me parait essentiel, quand on cherche à raccorder ainsi les lignes de roches éruptives, de se borner k celles qui sont strictement contemporaines ; car tout tend à prouver que ces lignes se déplacent assez vite avec le temps.
gérie renferme, comme nous Tavons vuS de très considérables dépôts de gypse et de sel, qui, aujourd'hui, sous nos yeux, se déplacent en quelque sorte, pour aller se reconstituer, vers le Sud, dans la région désertique des Chotts et des lacs salés', et qui, à des époques plus anciennes, surtout pendant le trias, ont amoncelé, plus au Nord, jusqu'au voisinage de la côte, des réserves salines, par lesquelles de très nombreuses sources chlorurées sôdiques, sulfatées calciques ou sulfurées calciques et des saUnes naturelles, ou sebkas, sont alimentées.
Cette abondance du sel et du gypse, qui forme un des traits géologiques marquants de l'Algérie et sur laquelle j'ai déjà insisté précédemment, présente, au point de vue des sources thermales, une importance capitale ; car la très grande majorité de ces sources, chaudes ou froides, sont salines. «
D'une façon générale, il y a lieu d'attirer l'attention sur la richesse en sources tliermales que présente l'Algérie, bien que ces eaux, fort peu connues, ne soient, pour la plupart, fréquentées que par les Arabes. Outre les raisons géologiques que l'on peut donner de cette richesse hydrothermale, il ne faut pas oublier que, la température moyenne du sol étant souvent de près de 10* supérieure à celle de nos climats, des eaux, descendues à une même profondeur dans le sol, doivent offrir une température de 10* plus élevée qu'en France.
A. — Si nous commençons par passer en revue quelques-unes des sources salées froides, qui dérivent directement des gisements de sel, nous avons à mentionner, d'après une statistique officielle», dont nous conservons les attributions géologiques (qui seraient, probablement, à reviser, sur plus d'un point, suivant les idées nouvelles) :
!• Déparlement de C07i8tantine : autour de Bordj-bou-Arréridj , Kasbah dans le suessonien, Djebel Aderni dans le gault, M'Sissa et Beni'Ourlillan dans le sénonien ; près Bougie, El-Mellaha et Dra el- Arbaa dans le sénonien ; près Batna, Djebel Touggourt dans le jurassique et Kraïm-Said dans le néocomien; près A!n-Beida, Djebel Zoiuibif dans le néocomien.
2* Département d^ Alger : El-Melah^ à 10 kil. Ouest de Ténès, sur le sénonien ; Anseur-el-Louza, à 21 kil. N.-E. de Teniet el-Haad, sur le néocomien; Oued Melah, à 25 kil. S.-E. de la même ville, dans l'hel-
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• Voir Blayac. Les ChoUa de VEst Constantinois (B. S. G. F., 3« s., XXV. p. 907). L'auteur montre comment la salure des Chotts est empruntée au lavage de terrains triasiques ou oligocènes. — 1893. Fucus et De Launay. GUes min. et met. (I, p. 496 à 498 et 521).
' 1889. Notice min. sur V Algérie et notice sur les sources thermales <r Algérie par le service des Mines,