SOURCES THERMALES D ALGÉRIE
vétien ; Ouled-Hediniy à 30 kil. S.-E. de Medea, dans le cénomanien ; Rebaïa, à 44 kil. Sud de Medea, dans le suessonien ; Oued Sebkha, à 39 kil. S.-E. de Bouira, dans le gauli.
3** Déparlement d'Oran : Tellout, à 34 kil. N.-E. de Tlemccn, dans les marnes bariolées gypseuses de Thelvétien ; le grand lac salé des environs d'Oran; la saline d*Arzeu; celle d'Aîn Owa/'te*, à41 kil. S.-E. d'Aïn-Sefra, dans le néocomien, etc.
Les sources thermales, plus intéressantes pour nous comme indice géologique de fractures profondes, comprennent des types très divers et sont extrêmement nombreuses, bien qu'on ne les utilise pas encore, comme elles le mériteraient ; il nous suffira de citer les principales, en allant, dans chaque groupe, de TEst à TOuest :
B. — Comme eaux bicarbonatées, on a : HammamrSidi'Djaballah, près la Galle (35°); Ain-Sennour; H.-Meskoutine (93®;; Salah-bey, près Gonstantine (33**); H .-Gueurgour ; Ain-el-Haraza (saline et gazeuse) ; Benllaroun-Mouzaïay El-Affroun^ Hammam-Birha^, ou Aquœ Galidse des Romains (ces trois dernières près de la dépression de la Mitidja, et la dernière sulfatée calcique) ; H.-boi^Hanéfia (66') ; Arcole, près d'Oran; les eaux très chaudes et incrustantes de H.-boU'Hadjar (les unes chlorurées et pfazeuses, les autres sulfureuses; ; IL-Sidi-AU, etc.';
C. — Gomme eaux salines chaudes, uu premier groupe, en Tunisie, commence aux environs immédiats de Tunis * par les sources bouillantes d'Hammam-Kourbès (Courbons ou Korbous) (60°), dans Téocène supérieur, sur la côte du cap Portas., en face le cap Garthage et parcelles dHammam-Lif (30°; dans la banlieue de Tunis (sénonien). A Hamman-Lif, une tentative d'exploitation en grand, faite d'abord sans succès de 1883 à 1889, a été reprise depuis 1894; à H. Kourbès, les eaux, très appréciées par les indigènes, ne sont encore utilisées que dans un établissement rudimentaire.
Les eaux de Hammam-Kourbès et de Hammam-Lif contiennent : la première NaGl = 6,33 gr. ; GaSO^ = 1,81; GaGP = 0,73;
* Aïn, ou In (Aïn-Sefra, In-Salah) signifie Source.
* 1894. Repelin. Sur la consl. géol. du massif des Soumata et d'Hammam-Rirha (B. S. G. F., t. XXII, p. 9). On écrit aussi Haramam-Rira (Aïn-Hamza).
■ La notice de M. Tissot (1878) cite, en outre, dans le département de Constantine, les eaux gazeuses de Takitount, Ain-Semour et Beni-Ismails.
* 1864. D' GcYON. Eaux thermales delà Tunisie, {avec renseignements sur les ouvrages antérieurs). — 1895. Albert. Explication de la carte géol. provisoire de la Tunisie (Andriveau-Goujon, 92 p. in-8o). Ce mémoire (p. 13), rattache au gault les gypses du nord de la Tunisie, qui alimentent des sources salines. U signale (p. 35) l'importance dos nappes d'eau artésiennes situées dans le crétacé supérieur.
Dans le sud de la Tunisie, il existe, sur la plupart des oasis, des eaux, qu'on devrait qualifier de thermales, puisqu'elles atteignent 27 à 40°, mais qui ne sont, en réalité, que de simples eaux artésiennes à faible profondeur, parfois chargées de principes salins, lorsque ceux-ci sont abondants dans le pays.
Richesses miaérales de l'Afrique. 19
MgCP = 0,60 ; la seconde, NaCl = 9,75 gr. ; CaSO^ = 1,53 ; CaCP == 1,09 ; MgCl* = 0,56, etc.
D'après M. le D' Guyon, les eaux thermales de Boti-^haler (ancienne Utique) à 40^ seraient très remarquablement riches en arséniates de potasse et de soude (0,17 gr. sur 0,97 gr. de résidu fixe), les autres éléments étant des éléments salins (NaCl = 0,49 ; CaSO* = 0,03).
Plus à l'Ouest, en Kroumirie, les eaux chaudes d'Uamtnani'Lefzoua ^t (THammam-Schiba sont dans Téocène supérieur.
Puis viennent : Hammam- N^Bails, à 23 kil. S.-E. de Guelma, sources salines à 45®, près d'un gisement classique de calamine, associée à de la nadorite et à de la mimctèse * ; Hammam-el-Beida, à 9 kil. N.-E. de Guelma ^j ffammam-Meskouline, avec ses eaux chlorurées sodiques arsenicales et bicarbonatées calciques à 95®, produisant 100000 litres à l'heure et ses fameuses cascades pétrifiées, sur la ligne de Guelma à Bône' ; H.-bou-Thaleb (60 kil. de Sétif) (53®) ; //.bou-Sellam à 200 kil. S.-O. de Sétif (54®) ; H.-Melouane (ou les bains colorés) dans une gorge de l'Atlas, au sud d'Alger (42®), près des gypses de Rovigo ; H. Sidi-bovr-Hanéfta, à 20 kil. de Mascara (65®) ; A în-el-Hammam, près Mascara et les Bains de la Reine, à 3 kil. d'Oran (52®).
D. — Comme eaux sulfureuses à haute température, on a : H^-Sidi- Trad, près de la frontière de Tunisie, à 40 kil. de la Galle (65®); H.'Cheniour, au sud de Guelma (60®) ; H.-es-Salahiny près des gorges d'el-Kantara, à 6 kil. de Biskra (150 000 litres à l'heure, 46®) ; H.-Siane. à 40 kil. N.-E. d'Aumale, en Kabylie (70®) ; Aïn-Okhirs, à 44 kil. d'Aumale (69®) ; Berrouaghia, à 22 kil, S.-E. de Medea (45®) ; Aîn-Nouissi/j ou Noisyles-Bains, près Mostaganem (28®) ; Aïn-el-Hammam, à 16 kil. N.-E. de Saida (25 000 litres à l'heure, 56°) ; et H.-Bou-Ghara, sur la rive gauche de la Tafna (48®), au S.-E. de Nemours, presque à la frontière du Maroc et au voisinage du district métallifère de Lalla-Maghnia.
Enfin, au Maroc, nous citerons encore les sources de Figuig, et des eaux sulfureuses à Mouley-Y-â-Koub, près de Fez'^.
La plus remarquable peut-être de toutes ces sources est celle d'^am-
* Ann. d. Min., 6« sér., t. XX, p. 24.
' D'après Focrnbl (t. I, p. 187), les sources à 32» de Guelma sont en relation avec des filons de plomb.
* Voir : — 1840. 0. Henry. Notice et recherches chimiques sur les produits venant des eaux minérales de Meskoutin (Ann. d. M., 3« sér., l. XVII. p. 594). — 1832. Ë. Grellois. Sur les eaux thermales d'Hammam-Meskoutin {province de Constantine) (B. S. G. F., 2- sér.. t. IX, p. 624. — 1873-74. La Rocviêrb. Note sur les sources d'Hammam Meskouline (Bulletin de la Société linnéenne de Normandie. 2* série, t. VlU,p. 138. Gaen). — 1888. Dupahc. Sur les pisolithes dUammam-Meskoutine (Arch. Soc. phys. de Genève, t. XX, p. 537). — 1892. D' Piot. Les eaux d Hammam-Meskoutine. — 1898. Lacroix. Sur la ktypéite (C. R., 21 février 1898, t. CXXVI).
* Voir plus loin page 310.
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mam-Afeskoutine, dont les dépôts d'incrustation sont comparables à ceux du Yellowstone Parke ou de Nouvelle-Zélande par leur forme do cascades pétrifiées. Ces eaux contiennent 0,26 gr. de carbonate neutre de chaux par litre (quantité qui n*cst pas très considérable ; car à Saint-Alyre, près Clermont, on arrive à 1,17 gr.), avec une forte proportion d*acidc carbonique libre ; elles sont surtout minéralisées par le chlorure de sodium et le sulfate de chaux, avec un peu de silice, de Tarsenic et de la strontiane et Ton a noté la pyrite parmi leurs dépôts.
Les eaux sulfatées calciques eihicarhonaiiées d'Hammam-Rir ha ^, près Milianah, Ouest d'Alger, sortent d'un filon de chalcopyrite, qui recoupe le tertiaire moyen.
Les eaux d'Àïn-Nouissy^, près Mostaganem, sortent d'une faille E.-O., qui met en contact le miocène (cartennien) avec le pliocène inférieur. Leur minéralisation sulfurée calcique paraît en rapport avec un gisement de gypse, qui accompagne un pointement d*ophite.
A Hammam-hoU'Hadjar^, vers l'extrémité ouest du lac salé d'Oran, des eaux très abondantes, les unes chlorurées et gazeuses, les autres sulfatées calciques, sortent, d'après M. Ville, de quatre longues fentes, dirigées N.-S., qui recoupent le tertiaire.
Sources thermales du massif africain. — En dehors de 1 Algérie, pour laquelle nous possédons des renseignements détaillés, les sources thermales d'Afrique sont généralement noal connues. Ce qu'on en sait suffit néanmoins pour mettre en évidence le caractère général d'une loi que j'ai autrefois essayé de démontrer : loi, d'après laquelle les sources thermales se relient aux fractures récentes du globe et n'existent, par suite, pas dans les régions à plissements anciens, qui n'ont pas rejoué à l'époque tertiaire.
J'ai déjà eu l'occasion de dire plus d'une fois combien la grande masse du continent africain semblait être restée, depuis les temps primaires, immobile et étrangère aux plissements géologiques du sol.
Ce plateau inébranlable, borné, comme nous l'avons vu, de tous côtés par des fractures d'effondrements, n'a pourtant pas échappé à des fissurations intérieures récentes, analogues à celles qui constituent ses frontières naturelles et c'est sur ces effondrements ou ces fissures seulement qu'on a chance de trouver des sources fliermales.
Un caractère remarquable de ces longues fractures africaines, c'est leur orientation méridienne : à l'Est, c'est l'axe érythréen, avec l'effon-
* 1891. Ville. Soticesur les provinces d'Oran et d* Alger, p. 193.
• Daubrre. Eaux souterraines, I, 485. fig. 92 et 93. — 1896. Sur le gisement gypso* ophiliquede Soisy-les- Bains (C. R., 4 mai 1896, el C. R. S. G. F., 18 mai 1896). Discussion avec M. Flamant (B. S. G. F., 3« s., t. XXIV, p. 1073).
» Ville. Prov. d'Alger et WOran^ 18ol, p. 258.
drement parallèle du lac Albert et du Tanganyîka; à TOuest, c'est Taxe atlantique ; au centre, c'est peut-être un axe hypothétique, qui prolongerait la ligne des volcans italiens par celui de Tekat en Tripolitaine, les coulées de basalte du Djebel Soda, le volcan central du Tarso, le bord du lac Tschad, Mendif, le Cameroun, Fernando-Po et Saint-Thomé, et auquel il ne serait pas invraisemblable de rattacher, plus au Sud, la ligne côtière de l'Afrique entre Loanda et Cape-Town.
Entre ces lignes d'effondrement N.-S., la plus nette et la mieux dessinée par les cratères des volcans récents est, assurément, cet axe syrien etérythréen, qui, partant des volcans d'Arménie pour longer la mer Morte, puis les volcans d'Arabie, suit le plateau éruptif de l'Abyssinie, passe au Kénia et au Kilimandjaro et aboutit au lac Manyara*.
Arrivé là, on en perd la trace, au milieu d'un pays de granité et de gneiss presque inconnu et la tentation naturelle a été de la rattacher à l'effondrement du lac Njassa, qui doit faire plutôt partie d'un autre système plus occidental. 11 ne serait pas impossible, qu'il y eût, au contraire, une inflexion vers l'Est dans le sens des Comores, de Madagascar, de la Réunion, de Maurice et de l'île Saint-Paul.
Quoi qu'il en soit, un second effondrement parallèle, tout aussi bien marqué, relie, plus à l'Ouest, les lacs Albert, Albert-Edouard, Tanganyika et enfin une dernière fracture, qui se rattache peut-être à la précédente, suit le lac Nyassa vers l'embouchure du Chiré et du Zambèse ; après quoi, elle peut aller former l'escarpement, qui limite, à l'Est, le Transvaal, du côté du Mozambique.
Sans insister davantage, nous allons parcourir ce système d'effondrements linéaires du Nord au Sud, à partir de l'Arménie.
Entre les horsts anciennement plissés du Liban et de l'Anti-Liban, que longent eux-mêmes, à l'Est, les volcans du Dj.-Haouran et du Safa^ les sources thermales ne sont pas rares et leur série se poursuit en Palestine et en Arabie Pétrée.
En franchissant la mer Rouge, nous trouvons la région éruptive récente de ^Ab7Ssime^ où les sources thermales sont aussi abondantes que les restes d'activité volcanique.
Là encore, je me borne à choisir quelques exemples entre bien d'autres.
Dans le Nord, le massif volcanique d'Hamasen présente" diverses sources thermales, notamment celles d'Aîlel (59°), entre Asmara et la mer Rouge.
Sur la côte, au sud de la baie d'Adulis, le système volcanique de la
* 11 a déjà été question de ces sillons de fractures dans rintroduction, page 10.
• Les éruptions d'Abyssinie ont pu commencer dès le début de l'éGCène, comme les épanchements du Dekkan dans Tlnde (Suess, I, 469). Le jurassique moyen et supérieur existe dans tout le sud de l'Abyssinie.