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GISEMENTS DE L'ALGÉRIE CENTRALE

La concession de Mouzaïa se prolonge, vers le Sud-est et l'Est, par celles de YOued Merdja et de YOued Kébir. A Oued Merdja (11 kil., S.-S.-O. de Blida, tout près de la maison des mines de Mouzaïa) on a exploité, avant 1868, des filons de cuivre pyriteux avec dolomic ferrugineuse, dans le néocomien. Plus au Nord, à 3,5. kil. , E.-N.-E. deBlida, on a fait, vers 1875, une tentative d'exploitation, à TOued Beni-Aza, sur des filons complexes de galène, cuivre pyriteux et blende, éparpillés dans les marnes sénoniennes et les schistes de la Chiiïa. Enfin, toujours le long de la même zone des schistes de la Chiiïa, à quelques kilomètres N.-E. de ro. Beni-Aza et au sud de Boufarik (9 kil., E, 27^ N. de Blida), se trouve la concession de fer de Soumah, où une tentative malheureuse d'exploitation, arrêtée en 1883, a été faite sur un filon encaissé dans le Gault, offrant, à la surface, de l'hématite et, plus bas, de la sidérose, avec de la pyrite et de la chalcopyrite, qui forment évidemment le minerai primitif, dominant en profondeur.

On peut encore citer, à peu près dans la même région, mais plus au Sud et déjà en plein massif crétacé, le gîte cuivreux de YOuled Abed (13,5 kil., S- 48<^E. de Blida), oCi un gros filon d'hématite dans l'albien et le cénomanien oiïre : à son mur, quelques veinules de cuivre gris; à son toit, des indices de galène et de calamine.

On a cherché, pour ces divers gîtes, une relation avec des roches éruptives (des diorites (?) suivant Czyszkowski), qui n'apparaît pas nettement. Il existe seulement, dans la région, plus à l'Est, des pointements ophitiques avec gypse et cargneules et quelques tufs basaltiques, au sud de Mouzaïa.

Plus au Nord et en continuant à suivre la bordure sud de la Mitidja, vers l'Est, on trouve Oued Boaman (12,5 kil.,S.-33'*0. de Rovigo) et Oued Ouradzgea {\0 kil., S. de Rovigo) : veinules de cuivre pyriteux et cuivre gris avec hématite, dans le cénomanien. Enfin, à 8 kil., S. 39^E. de l'Arba, à Tarazeouîne eihAze7*0Uj toujours dans le cénomanien, on a signalé des filons de cuivre pyriteux, avec un peu de galène et blende.

Au Sud de cette zone métallisée, se trouvent quatre gites plus importants, qui constituent les principales exploitations de zinc dans le département d'Alger, Ouarsenis, Sakamody, Guerrouma, Nador Chaîr, et qui méritent une description un peu plus détaillée.

Ouarsenis * (42 kil. S. 39*. E. d'Orléansville) doit comprendre, en profondeur, un certain nombre de filons sulfureux complexes (blende, pyrite, galène), au milieu d'un îlot liasique, divisé en plusieurs dômes très plissés et très failles, entourés par des terrains crétacés et accom-

« L. Gentil. Sur les gttes calaminaires de V Ouarsenis (As. Fr. Av. Se. G. Bordeaux, !'• partie, p. 268 ; «•, p. 542-551).

3âO LES RICHESSES MINÉRALES DE L'AFRIQUE

pagnés par un peu de trias. A la surface, on exploite, en réalité, divers amas calaminaires, renfermant de fort belle calamine^ analogue à celle de Sardaigne, avec un peu de galène, blende, hématite et sidérose. C'est l'exploitation de zinc la plus importante du département d'Alger j elle produit, suivant les années, 5 à 10000 tonnes de calamine et cette production dure déjà depuis un temps assez long.

Vers l'Est, nous pouvons mentionner en passant la concession de cuivre d'Oued Kebir (inexploitée depuis 1866) (48 kil. S.-S.-E. Blida), où divers filons de cuivre pyriteux, sidérose et hématite, partiellement remplis par les débris du terrain encaissant, traversent le cénomanien.

Plus à l'Est encore, mais vers le Nord, la chaîne du petit Atlas, au

sud-est de Rovigo et l'Arba, présente, dans les calcaires marneux

et schistes du cénomanien, un système de fissuration, prolongé mais

irrégulier par suite de la constitution même du terrain, où Ton exploite,

î sans résultats bien fructueux, divers gisements de zinc. Ces filons

I n'ayant pas rencontré là de calcaires proprement dits, les calamines

font défaut et les minerais, demeurés à l'état sulfuré, se composent

de blende avec un peu de galène accessoire. A Sakamody, on pro-

î duisait, en 1891 , environiO 000 tonnes ; on est tombé à peu près àSOOO.

Un grand travers-bancs de 800 mètres, qui vient d'être terminé, y a

recoupé récemment le filon, à 200 mètres au-dessous des parties

explorées jusqu'ici. Une laverie importante fonctionne à la mine.

Ce gisement de Sakamody^ (14 kil. E., 31*» S. de l'Arba), qui est le plus à l'ouest de la zone métallifère en question, traverse l'un des contreforts septentrionaux détachés de la ligne de crêtes séparant rOued Hamidou de l'Oued Arbatach. Il réprésente plutôt une zone de métallisation, un système de fissures, alignées suivant une direction générale, qu'un véritable filon.

On a là, sur une assez grande longueur, une large zone blendeuse, qui se prolonge sur les concessions de Sakamody ^ Rarbou (au voisinage), Guen^ouma (15^5. 0.-33», S. de Palestro), Nador-Chaïr {\Q kil. O., 38® S. de Palestro) et comprend encore, plus près de Palestro, Oued- Arkouh et Coudiat-Rhiran. Les roches encaissantes sont des schistes crétacés. Suivant une remarque précédente, faute de calcaires, les calamines n'existent qu'aux affleurements : jusqu'à 25 ou 30 mètres de profondeur à Sakamody; jusqu'à 90 mètres à R'arbou. Le remj)lissage principal est formé de blende et galène. La gangue est souvent calcaire à R'arbou, chargée de sulfate de baryte et de fer spathique à Guerrouma; à Sakamody, on a affaire uniquement à une brèche de débris des schistes encaissants cimentés par de la blende, qui,

« Coll. Ecole des Mines, 1699.

par endroits seulement, devient massive avec très peu de galène disséminée.

Le filon ne présente pas de salbande, quoique, après le remplissage, il y ait eu un certain glissement sur le toit. L'irrégularité, dans ce terrain de schistes peu consistants, est assez grande en profondeur comme en direction.

Est de TAlgérie. — A la zone métallifère du sud de la Mitidja succède une région d'un caractère tout différent, la Kabylie, où un noyau de terrains archéens, primaires et jurassiques est directement entouré par du tertiaire, sans interposition de crétacé.

Sauf quelques petits gisements de fer oli^iste et de fer oxydulé dans Tarchéen (parfois au voisinage de liparites), que j'ai signalés précédemment, près de Ménerville S cette région est pauvre en gîtes métallifères et il faut se rapprocher de Bougie pour trouver des gisements un peu importants; mais, à partir de cette dernière ville, dans toute la province de Gonstantine et la Tunisie, les filons se multiplient à tel point de tous côtés qu'il devient difficile, au moins dans l'état actuel de nos connaissances, d'y suivre des zones bien caractérisées, comme nous l'avons tentéjusqu'ici. J'essayerai toutefois de le faire, simplement pour mettre un peu d'ordre dans la description, sans me dissimuler ce que ce classement peut avoir de factice et d'incomplet et j'étudierai successivement :

!• La zone côtière de la petite Kabylie, jalonnée par les pointements éruptifs tertiaires de Bougie, Cavallo, Collo, Cap-de-fer, Cap-Takouch et du nord de Bône, avec lesquels un certain nombre de filons, intéressants pour cela même, se trouvent en relation (Teliouïne et Tadergount, près Bougie; Cavallo; Oualil, près Djidjelli ; Collo, etc.) ;

2* La zone archéenne de Djidjelli à Philippe ville, au Filfila et à Bône, où se trouvent surtout de grands gisements de fer, tels que ceux de Mokta, dont la description a déjà été faite, mais, en même temps, des filons de plomb, zinc, cuivre, antimoine, mercure, en relation possible avec les mêmes roches éruptives, qui recoupent cet archéen ;

3^ La chaîne crétacée, située au nord de la première ligne de Chotts et comprenant le plomb de Béni Chebana, les calamines de TOued Zitouna, de Semmah, d'Anini (au N.-O. de Sétif); les minerais divers de la région de Guelma à Jemmapes, caractérisés par l'association de l'antimoine et du mercure avec le zinc (Ras-el-Ma, Djebel-Taya, Hammam-N'Bails, etc.), auxquels je rattacherai ceux du Dj.-Hamimat; enfin les minerais des environs de Souk-Arrhas;

4** La zone, située entre 100 et 150 kilomètres de la côte, qui com-

t Page i8l.

lUcbetses minérales do r Afrique. 21

mence, entre Sétif et ic Chott el-Hodna, par les gttes complexes de rOued Soubella et du Bou-Thaleb, se continue par les nombreux mine» rais des environs de Batna, présente enfin les amas calaminaires avec galène et les filons cuivreux accompagnés de grands chapeaux d'hématite, qui ont récemment occupé Tattention entre Souk-Arrhas etTébcssa (Dj. Ouenza, Dj. bou Kadra, Dj. bou-Jaber, etc.);

5<^ Tout à fait au Sud^ la zone de Khenchela et de Tébessa, où se trouvent également quelques gisements de blende et galène, avec transformation superficielle calaminaire.

l"" Zone côtière à gisements complexes (cuivre, plomb, zinc, fer), en relation fréquente avec des roches éruptives tertiaires. — Commençons donc par les environs de Bougie, où les minerais métalliques sont nombreux et ont motivé des recherches déjà anciennes* (fig. 66).

Un premier gisement de fer situé à El-Matine (ou Timezril), sur la ligne de Beni-Mansour à Bougie, va être bientôt concédé. Use compose, comme on l'a vu plus haut ', dliématite en amas de substitution dans le lias, et se rapproche par là des gîtes de Temoulga et de Rouîna, précédemment signalés sur le prolongement de la même ligne de dépression, qui va de Bougie à Oran, entre Orléans ville et Miliana. Un câble de 3 kilomètres de longueur est installé pour desservir ce gisement ; des travaux anciens, probablement Kabyles, y ont creusé autrefois des excavations, qui représentent peutrétre un cube de 3Q 000 tonnes.

Au sud et au sud-est de Bougie, dans la Petite Kabylie *, on a constaté quelques indices de plomb dans le sénonien ou le cénomanien, parfois en rapport avec une roche éruptive comme à Tebellout^l-Kaoul (17 kil. S. — 15** E. de Bougie) ; on a également trouvé un peu de calamine ou de blende dans le lias et le nummulitique ; mais les gisements, qui ont surtout attiré Tattention autrefois, sont des filons complexes, — pouvant renfermercuivregrisouchalcopyrite avec sidérose et hématite, parfois barytine, accessoirement blende, calamine, pyrite de fer et galène, — que Ton a considérés industriellement comme des gisements de cuivre gris argentifère et sur lesquels ont été faites, à diverses reprises (1866 à 1869, 1874 à 1878, 1898) des recherches sans grands résultats pratiques. Deux de ces gisements seulement ont été concédés : Djebel Teliouîne (26 kil. S. — 10» E. de Bougie) et Tadergount (34 kil. S. — 40** E., Bougie). Le Djebel Teliouîne, sur lequel on avait écrit des rapports enthousiastes, n'a donné aucun résultat. A

* CzYszKowsKi. Exploration sur les gîtes récemment découverts au sud de Bougie, 4879, 23 p. in-4*. avec 2 pi. de cartes et coupes.

• Pago 48i.

■ 1882. FocHs. Sur les gîtes de fer et de cuivi^e giHs de la Petite Kabylie (Ass. Fr Av. Se. ; Sess. 10, p. 567).

Tadergount, où le filon est nettement caractérisé dans des schistes probablement liasiques, on fait, en ce moment même, un nouvel essai et Ton a ouvert, en 1900 et 1901, au moyen d'un travers-bancs, un niveau plus profond, au-dessous de ceux qui avaient été précédemment

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Fig. 66. — Carte minière de la région de Bougie et Sétif. EeheUeattx 1: 1,000.000.

exploités, puis envahis par les eaux. Le filon, peu épais, parait assez riche en cuivre gris.

Si Ton cherche à se faire une idée un peu générale sur toute cette région, on voit qu'il y existe, en résumé, une chaîne liasique, dont le plissement paraît antérieur au sénonien : caractère retrouvé également par M. Ficheur au Bou-Thaleb, où existent des poudingues sénoniens, renfermant des débris de lias remanié. Néanmoins, les émer*

tu LES RICHESSES MINÉRALES DE L'AFRIQUE

gences de lias se font, en général, par failles, suivant la forme d'une série de dômes, qui contrastent avec les grands plis allongés du Djurjura. Autour de ces îlots liasiques, le crétacé est, presque entièrement, schisteux ; les filons imprègnent, soit des fissures à peu près interslratifiées de ces schistes, soit des fractures du calcaire liasique, pour la plupart sans continuité et vite coincées en profondeur.

Ces divers filons se rapprochent, par leurs caractères géologiques, de ceux que nous venons de rencontrer à Mouzaîa et Miliana. Ils semblent toutefois en rapport bien plus direct avec les roches éruptives tertiaires, notamment à Igzej* el-Bghall (18 kil. S.-6** O. de Bougie), Tagma{\& kil.S.-l®0. de Bougie), Tizi'Hamed{Beni-Ham'^ous){\1 kil. S.-40* E. de Bougie) et, tout à l'heure, nous aurons, sur le prolongement de la même zone, le gîte de Cavallo, qui est absolument encaissé dans ces roches. La minéralisation ordinaire, qui commence par du cuivre gris et de l'hématite aux affleurements, passe, suivant la loi générale, plus ou moins vite, aux chalcopyrites, accompagnées de pyrite. En raison de la présence de cette pyrite, il s*est développé, par endroits, dans les calcaires massifs du lias, qui se prêtaient à la substitution, des amas irréguliers d'oxyde de fer, ayant fait l'objet d'anciens travaux d'exploitation importants.

La zone métallifbre principale, à peu près Est-Ouest (de 40 kil. de long), comprend Aît-Abbès, Teliouîne, Tadergouni^ Tizi-Ouzal et Babor. A Tizi-Ouzal, le gîte est en contact direct avec la roche éruptive. ABeni'Felkai (36**S.-44° E. de Bougie), on étudie actuellement» pour fer, un puissant filon ferrugineux, avec rares pénétrations de cuivre gris dans le lias.

D'après MM. Curie et Flamand, la série pétrographique de cette région, avec laquelle nous 'supposons les filons en relation, est formée de roches granitiques tertiaires, recoupant certainement le sénonien et probablement l'éocène : elle présente des granités amphiboliques et des granulitcs, parfois mouchetées de pyrite de fer. U existe, en outre, des trachy-andésites et des liparites.

Nous retrouverons, tout à l'heure, à Collo (O. de Philippeville), des microgranulites à pinite, à peu près du même âge ludien et des rhyolites et dacites un peu plus récentes, avec gîtes métallifères directement en rapport. L'étude détaillée de toute cette région paraît être de nature à éclairer un jour certaiixs phénomènes relatifs à ces relations encore obscures des métaux et des roches.

Continuant toujours vers l'Est l'étude de cette même zone côtière, nous arrivons à une région métallifère d'un certain intérêt, où deux gisements, qui semblent avoir une origine commune, vont être bientôt concédés : l'un, pour cuivre, à Oualil, ou Djebel Hadid (28 kil.S.-lS^O de Djidjelli) ; l'autre, pour pyrite de fer, à ElrAuzouar (39 kil. E.-2S* S.

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de Bougie), en un point antérieurement exploré sous les deux noms, d'abord d'Ait-Achour, puis de Mansouria.

A Oualil, on est dans les schistes bitumineux du sénonien, au voisinage de leurcontact avec les calcaires liasiques ; il paraît s*étre formé un pli avec décrochement et il en est résulté une série de veinules ou filons métallifères, dont le principal est composé de chalcopyrite avec ankérite et hématite (sans cuivre gris), dont quelques-uns également sont incrustés de cuivre gris, ou contiennent de la blende.

Le filon d'Oualil, connu sur 200 mètres de long et 50 mètres de profondeur, donne des minerais à 3 ou 4 p. 100 de cuivre, qu'on espère pouvoir amener à 17 p. 100, par une séparation magnétique (système Whetherill).

Le gisement pyriteux d*El'Auzouar, dont j'ai déjà dit quelques mots dans les généralités relatives au fer S apparaît dans le fond d un ravin, qui recoupe, successivement, de Tamont à l'aval : d'abord, un calcaire, soit triasique, soit liasique; puis des schistes liasiques, et, de nouveau, des calcaires . Le thalweg, très incliné dans les calcaires , est, au contraire, ^ très adouci dans les schistes. La lentille de'pyçite affleure sur le flanc du ravin, dans le massif calcaire, quoique non loin du contact des schistes. Elle n'est en contact avec aucune roche éruptive, contrairement à ce qui avait été dit, dans ime ancienne description, par Tissot; il y a seulement, en amont, un beau pointement d'ophite, en relation avec la présence du trias, représenté, outre ces calcaires, par des schistes, quartzites, etc.

La présence d'une lentille de pyrite en plein calcaire est intéressante à noter ; celle-ci est seulement recouverte d'un chapeau de fer oxydé de 4 mètres environ d'épaisseur. Mais, en outre, à son toit, il existe environ 10 mètres d'oxyde de fer, au-dessus de 10 mètres de pyrite. Un travers-bancs, montre bien du calcaire des deux côtés de cette minéralisation. Au mur, ce calcaire, en contact direct avec la pyrite, renferme d'assez nombreuses mouches de pyrite de fer, avec un peu de cuivre, bien que le gisement ne semble pas contenir, en proportions sensibles, ce dernier métal et des traces de sidérose.

Ainsi que je l'ai dit précédemment, l'explication de ces faits assez anormaux me paraît être dans une érosion rapide, qui aura atteint directement une masse de pyrite filonienne, sans que cette pyrite ait auparavant subi la transformation, relativement profonde, en sidérose et, ensuite, dans une oxydation encore incomplète de cette pyrite ainsi mise au jour : oxydation, qui se traduit, néanmoins, au toit, par la formation d'une zone notable d'hématite.

Le cube reconnu de ce gisement a été évalué à 30 ou 40.000 tonnes.

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C*est Texemple le plus important, reconnu jusqu'ici dans cette région, d'un système d'amas pyriteux, assez nombreux autour de Bougie et souvent situés au contact des roches éruptives tertiaires avec divers terrains, notamment les schistes de Téocëne supérieur. A El-Auzouar, la pyrite, très pure, renferme de 50 à 52 p. 100 de soufre.

On se propose d'aller recouper l'amas à 50 mètres dé profondeur, par un travers-bancs partant d'un ravin voisin. On doit organiser, en outre, un câble porteur d'environ 8 kilomètres jusqu'à la mer et utiliser la pyrite, soit en Algérie même à la fabrication de l'acide sulfurique destiné aux superphosphates S soit à l'étranger, par exemple en Italie.

La concession inexploitée de Cavallo (18,5 kil. 0.-27^ S. Djidjelli), porte sur des lentilles de minerai complexe, galène, blende, pyrites de cuivre et de fer, dans des roches éruptives tertiaires. 11 y a eu là, sur un gisement qui se rapproche un peu de celui de Kef-oum-Theboul décrit plus loin, une exploitation active, ayant pu produire environ 20.000 tonnes de minerai préparé.

Puis, nous trouvons l'important massif éruptîf, qui s'étend de Colle au cap Bougaroun et comprend surtout trois catégories de roches : des serpentines, dérivant de Iherzolites; des microgranulites à pinite tei^ tiaires, passant à desliparites, avec porphyres pétrosiliceuxiluidaux ou perlitiques, probablement de l'âge du Indien; enfin, des liparites à quartz globulaire, des dacites, des diorites quartzifèrcs, des dolérites andésitiques, etc.

Les serpentines renferment, par une association tout à fait générale, les seuls petits g^tes de fer chromé reconnus en Algérie, ceux de Taffercha et d'Euch-el-Bez. Le gîte complexe (chalcopyrite, galène et blende) de Ouîchaoua-Riffla (4 kil. O. de Gollo) est également décrit comme associé à la serpentine.

En rapport avec les microgranulites, à leur contact avec le nummu* litique, se trouvent Cheraxa (5 • kil. 0.-21® N. de Gollo) et Oued-Bot^Assès (9 kil. O., 28'' S. de Gollo), où l'on observe des fissures incrustées de chalcopyrite, blende, galène et calcite. Dans le premier gîte, il y a, en outre, de grandes masses de pyrite de fer. Enfin, on connait, en divers points du massif éruptif lui-môme, des associations de pyrite de fer, magnétite et oligiste : à la concession d'Aîn-Sedma^ reprise en 1898

* Une fabriqae de superphosphates existe déjà à Bôneet a consommé, en 190 L, 3.505 tonnes de phosphates pour produire 5.960 tonnes de superphosphate. La pyrite, qui vient d'Uuelva, coûte 23 francs la tonne sous palan pour une teneur en soufre de 48 p. 100. D'autre part, on importe actuellement à Alger 2.000 tonnes de superphosphate ou phosphate pour les besoins de Tagriculture et 2.000 tonnes de sulfate de cuivre pour le traitement des vignes.

(H kil. 0.,-28* N. de Gollo), à Sidi-Drm (Oïded-AIrabet), Sidi-Ouaret et BoU'Jersoun (11 à 13 kil. N. de Collo).

C'est toujours en rapport avec la môme série éniptive tertiaire que se trouve un assez beau filon complexe récemment découvert et concédé à Aîn-Kechera (ou Chabet-Aîn-Far), près El-Milia, filon comprenant blende, galène, chalcopyrite et pyrite de fer. On a là une épaisseur d'environ 0,40 m. en minerais massifs et presque sans gangue.

Au cap Takouch, au N.-O. de Bône, on connaît un peu de plomb avec les mômes roches|; puis en se rapprochant de Bône, la concession abandonnée de Ain-Barhar (22 kil. 0.-24° N. de Bône), [où l'on a trouvé autrefois, avec de la chalcopyrite, de magnifiques cristaux de blende noire, connus des minéralogistes S celle de Mellaha (13,5 kil. O.-30* N. de Bône), ainsi que les recherches de la Voile-Noire (12,5 kil. N.-iO*' O. de Bône) portent sur des filons complexes de pyrite, chalcopyrite et blende à gangue quartzeuse, au contact de trachytes avec des schistes éocènes (Indien) ou des terrains cristallophylliens.

C'est évidemment encore dans le môme groupe de filons complexes, rattachés à des roches éruptives tertiaires, qu'il faut faire rentrer le gisement plus important de Kef-Oum-Theboul, près du port de la Calle*. Une description un peu plus détaillée de ce gisement pourra servir de type pour tous ceux du môme genre.

La montagne du Kef, composée de marnes schisteuses et grès tertiaires (fig. 68), est traversée par un filon ramifié, dirigé E.-O., incliné vers le Nord à 65°, et recoupant les schistes sous un angle assez faible On distingue, dans ce filon, trois principales veines : veine du toit connue seulement à l'Est, veine principale et veine du mur. A TEst, le filon vient buter et s'arrêter contre une autre veine N.O.-S.E., dite la veine du cuivre.

Le remplissage est formé de pyrites de fer et de cuivre, blende et galène argentifère avec quartz dominant, barytine accidentelle et argile blanche. Ces minerais sont toujours mélangés intimement (ce qui rend la préparation mécanique difficile) et semblent faire partie d'une même venue métallifère ; pourtant on trouvé isolément de la pyrite de fer ou de la galène; mais le minerai cuivreux est toujours complexe. On a cru remarquer que la pyrite de fer avait cristallisé avant la pyrite de cuivre et celle-ci avant la blende. La teneur en argent diminue rapidement en profondeur.

Les parties riches du filon présentent la forme de colonnes plongeant légèrement de TOuest vers l'Est, comme le montre une coupe théorique

• Lacroix. Minéralogie de la France, II, 537.

■ Coll. Ecole des Mines 1786 ; — Traité des gîtes minéraux et métallifèi^s, t. 11. p. 269 à 271 : avec plan détaillé et bibliographie.

Est-Oue^t (fig. 69) dans le plan du filon. Ces colonnes, au nombre de trois, se rejoignent près des affleurements, formant là une zone riche continue, depuis longtemps épuisée.

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Fig. 68. — Coupe géologique de la région de Kef-oum-Tlieboul.

La colonne de l'Ouest se prolonge, sans accident, jusqu'à 80 mètres au-dessous du 10* niveau ; la colonne du centre se bifurque assez vite; celle de l'Est, ou Grand-Large, est formée de la réunion de la veine principale avec la veine du mur et la veine de cuivre : cette dernière.

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Fig. 69. — Coupe verticale (théorique) du gisement de Kef-oum-Theboul.

résultant d'une cassure un peu oblique sur le filon Est-Ouest principal, paraît avoir été remplie en même temps.

Les minerais extraits se répartissaient, au moment où l'extraction était active, ^n 1888, de la façon suivante :

/ Galène : 1 p. 100 (47,6 p. 100 plomb ; 1 230 grammes d'argent par ' tonne).

Pyrite cuivreuse, n» 2 : 1 p. 100 (cuivre : 14 p. 100 ; argent : 900 grammes par tonne).

En général Pyrite cuivreuse, n» 2 his : 1,5 p. 100 (cuivre : 4 p. 100; argent : 1 000 kil. de 1 480 grammes par tonne).

minerai brut j Pyrite cuivreuse n» 3 : 40 p. iOO (cuivre : 2,45 p. 100; argent : donnent \ 400 grammes par tonne).

717kil.de j Blende 1 p. 100 (zinc : 35,75 p. 100; argent : 260 grammes

minerai de I par tonne).

fusion. f — galénifère. 1 p. 100 (9 p. 100 de plomb).

Complexes lavés ; 30 p. 100 (cuivre : 1,76 p. 100 : argent : 300 grammes par tonne).

Complexes en roche (ne se vendant pas), 7 p. 100. Stérile : 17,5 p. 100.

En 1888, l'extraction était de 14.400 tonnes de minerais, valant 337000 francs, que Ton exportait, soit à Anvers, soit à Swansea. Quel-

ques années après, Texploitation a été arrêtée. On Ta reprise, en 1901, sans grande activité, à la suite de la hausse importante réalisée sur les cours du cuivrç.

"t Zone archéenne de Djidjelli à Bône. — La zone archéenne, qui va de Djidjelli à Philippeville et Bône, est surtout remarquable par quelques grands amas d'oligiste et magnétite, analogues à ceux de la Scandinavie, dont les principaux sont ceux de Mokta-el-Hadid ; ces amas ont été décrits au chapitre du fer*. Il existe, en outre, quelques fdons de métaux divers, qui ont bien des chances pour appartenir encore à la zone éruptive précédemment décrite, dont ils sont très voisins et pour ne se trouver dès lors, au milieu des terrains cristallophylliens que par un phénomène tout accidentel, comme ils auraient pu être dans Téocèné un peu plus loin, mais dont la venue pourrait également, à la rigueur, être plus ancienne, en sorte qu'il parait préférable de les signaler ici séparément (fig. 67).

C'est ainsi, par exemple, qu'à Bir-BenùSalah (17 kil. S. deCoUo), on a exploité un moment une association de cinabre et galène argentifère, tout à fait analogue à celle que l'on rencontre dans d'autres gisements tertiaires d'Algérie et de Tunisie (Djebel Souhaba, au Sud de Souk- Arrhas, etc.).

On a exploré aussi, entre CoUo et Philippeville, au milieu des gneiss et des micaschistes, divers filons de galène, parfois avec blende, pyrite, cuivre gris et dépôts d'hématite superficiels, c'est-à-dire rentrant eux aussi dans le type ordinaire de nos fdons complexes algériens. Ce sont, par exemple : Sidi-Kamher (34 kil. S.-IO* E. de Collo), concession exploitée jusqu'en 1899; Chabet-Teirissen (26 kil. S.-8^ O. de Collo); OuledrEl'Hadj (35 kil. S. de Collo); OuedBibi (17 kil. O.-N. O. de Philippeville); Oued-Oudina (16 kil. O. de Philippeville). A Achaîchs (10 kil. E.-30^ S. d'El-Milia), un fdon de cuivre pyriteux, incomplètement exploré, paraît présenter quelque intérêt.

A 8 kil. N.-O. de Bône, il existe également, dans les micaschistes, à Oued-Begra, un fdon d'antimoine, qui a été exploré sans succès en 1894.

S"" Chaîne crétacée et tertiaire au nord de la première ligne de Chotts entre Beni-Mannsour, Constantine et Soak-Arrhas (0. Zitoana, Eef- Semmah, Anini, régions de Hilah, Guelma et Soak-Arrhas). — La

région considérée comprend les chaînes des Biban et des Babor, les monts des Oulcd-bou-Kebbab et ceux delà Medjerda, que prolonge, en Tunisie, le pays des Kroumirs, ou encore, suivant la dénomination de certaines cartes, la chaîne de Sétif, la chaîne numidique et la chaîne africaine (fig. 69).

« Pages 182 à 187.

Là, quoique l'origine profonde des gisements exploités à la superficie soit très probablement encore des filons sulfurés complexes, ce que Ton observe^ ce sont des amas calaminaires, avec peu ou point de galène. Le cuivre n'apparaît plus, comme dans la chaîne cotière, (plus voisine des centres d'émanation éruptifs), ou ne joue qu'un rôle insignifiant ; le zinc, au contraire, domine. Et ^ces gisements de zinc, transformés par réactions météoriques, affectent la forme d'amas calaminaires, développés dans les fractures de calcaires massifs (généralement cénomaniens, plus rarement liasiques), sur leur contact, ou au voisinage de leur contact avec des terrains imperméables schisteux ou marneux, généralement sénoniens, parfois aussi néocomiens. On saisit là sur le vif l'influence, si souvent observée dans d'autres pays (Laurium, Sardaigne, etc.), pour les calamines, du contact entre un calcaire perméable par ses fissures et attaquable à Tacide carbonique avec une masse schisteuse, qui s'oppose à la circulation des eaux. La présence des calcaires massifs cénomaniens, dans cette zone, comme dans celle étudiée plus loin vers le Sud, a permis la constitution de quelques gîtes zincifferes d'une certaine importance, dont nous retrouverons surtout de beaux types» en Tunisie, tandis que les terrains marneux ou gréseux du crétacé ou du tertiaire, si abondamment représentés dans les chaînes algériennes, se sont ailleurs peu prêtés à la métallisation. Ce rôle physique des calcaires, qui semble, dans les pays à minerais de zinc, constituer des sortes de niveaux métallifères, à apparence presque sédimentaire, suivant certains étages propres à la concentration des minerais, n'a, d'ailleurs, aucun rapport avec leur âge, ainsi qu'on serait tenté de le croire au premier abord et se reproduit, dans la même région, pour des calcaires d'âge très différent, à la condition que leurs caractères physiques soient analogues. C'est ainsi que, dans les chaînes plus septentrionales, nous avons trouvé beaucoup d'amas d'hématite développés par substitution dans le lias, comme ici dans le cénomanien.

Une zone déminerais de zinc assez intéressante commence à 40 kil. 0.-23* N. de Sétif, par YOuled-ZUouna, se continue par Kef-Semmah, dont le gisement, concédé en 1899, est important, par le Djebel Anini (âO kil. S.-O de Sétif) et par quelques médiocres indices de plomb dans le suessonien à 10 kil. N.-O de Sétif. Nous la verrons tout à l'heure, après une interruption, se poursuivre dans les environs de Milah^ au N.-O de Constantine.

Cette zone minéralisée de Kef-Semmah (32 kil. 0.-23'* N. de Sétif) présente quelques caractères généraux intéressants à signaler.

Il paraît y avoir là, outre les plissements généraux de direction moyenne E.-O., qu'on retrouve dans toute l'Algérie, une série d'accidents transversaux, qui viennent recouper les dômes et les isoler en un certain nombre de tronçons.

C'est ainsi que, de TOuestà l'Est, le Djebel Guergour, le Djebel Tafat et le Djebel Anini forment trois dômes de calcaires cénomanicns ou crétacés inférieurs, séparés par des zones effondrées remplies de marnes sénoniennes. Il en résulte, le long des contacts des calcaires et des marnes sénoniennes, un premier système de gisements métallifères de contact, amas calaminaires accompagnés de masses ferrugineuses (suivant le type de séparation du ter et du zinc, fréquent dans les gîtes calaminaires, Silésie etc.). Le Kef-Semmah proprement dît appartient à ce type.

On a évalué son cube à environ 100.000 tonnes ; le concessionnaire, auquel appartiennent également diverses mines en Tunisie, l'exploite peu activement.

• Le Djebel Aniniy où Ton a autrefois signalé surtout des diaclases ferrugineuses allant jusqu'à 10 mètres d'épaisseur, avec croûtes d'épanchement latéral, va probablement aussi être concédé pour zinc.

Mais, en outre, les zones générales anticlinales Est-Ouest, dont le plongement vers le Sud est assez doux, ont, au contraire, souvent, un plongement brusque vers le Nord, avec une fracture de ce côté, sur laquelle se trouvent un certain nombre de gîtes. C'est dans ces conditions que nous trouverons bientôt les concessions récentes de Rouached (près Milah) et HAlfoural (entre le Bou-Thaleb et Batna).

A YOuled Zitouna, les calamines remplissent des fractures, soit dans les calcaires cénomaniens, soit à leur contact avec des schistes sénoniens. Les conditions sont à peu près les mêmes dans les gîtes suivants de Kef-Semmah et Djebel Anini, où les principaux amas se trouvent suivant le contact par faille des calcaires cénomaniens, ou aptiens, avec les schistes sénoniens ; d'autres sont au contact du même terrain avec des marnes calcaires ou des grès du néocomien ; d'autres enfin se sonl développés au voisinage, dans les fissures mômes du calcaire.

Entre Sétif et Constantine, des gisements de zinc se rencontrent dans des conditions analogues, soit dans le Ferdjoua, soit dans l'Ouledbou-Kebbad.

A BoU'Cherf {il kilo, de Milah) eik Rouached (24 kil. O.-S* N. de Milah), on a exploré, en 1898 en 1899, des remplissages calaminaires au contact du calcaire cénomanien et des schistes sénoniens, avec interstratifications sur des contacts marneux et fractures calaminaires dans le calcaire lui-même. Le gîte de Rouached renferme, en outre, de la galène, de la blende et de l'oxyde de fer, prouvant l'existence d'un gîte complexe en profondeur. A Msid-Aîcha (30 kil. N. O. de Constantine), des explorations récentes ont porté sur des cassures calaminaires dans les calcaires du lias et du crétacé inférieur, près de leur contact avec les schistes ludiens (éocènes).

En passant à l'est de Constantine, on trouve, autour de Guelma, une

zone très métallisée. Ces gisements forment, avec ceux des environs de Jemmapes (Ras-el-Ma, etc.), au Nord-Ouest, ou de Djebel Hamimat au Sud, un ensemble assez particulier dans les formations algériennes ; car, c'est là que sont groupés la plupart des gisements d antimoine et de mercure du pays.

Les stibines algériennes ou tunisiennes, de formation tertiaire, sont, contrairement à ce qu'on observe dans nos chaînes hercyniennes carbonifères de TEurope centrale, assez fréquemment associées aux autres^ sulfures de plomb, zinc, etc., et, en môme temps, on les^trouve dans des filons proprement dits, toujours très éloignés des roches éruptives, tandis que, dans le Plateau central, où la stibine à gangue quartzeuse n'est guère accompagnée que de mispickel, sa relation avec certaines granulites ou microgranulites est très intime. Suivant la remarque faite déjà tant de fois, cela doit tenir au caractère plus superficiel des gîtes métallifères algériens, où Ton observe la partie supérieure des dépôts de I antimoine, qui, en outre de son incrustation profonde (suivant le type du Plateau Central), aura continué à cristalliser, dans la zone haute des fractures, avec des métaux comme le plomb et le zinc, maintenus plus facilement en dissolution et, par suite, susceptibles de s'éloigner davantage des roches mères *.

L'association stibine et cuivre gris (parfois avec cinabre), dont nous aurons quelques exemples à citer en Algérie, est, de même, une de celles qui caractérisent d'ajutres chaînes récentes et superficielles delà zone méditerranéenne, comme la chaîne illyrienne. Elfe est surtout représentée en Algérie, sous une forme un peu différente, par des cuivres gris antimonieux, comme ceux de Tenès, Mouzaïa, Bougie, etc.

De même, le cinabre est associé avec cette stibine, ou avec de la galène, ainsi que cela a lieu dans le gîte de Littaï, en Camiole, comme cela se retrouve aussi, mais à l'état presque d'échantillons minéralo^ giques, dans certains filons des Alpes, tandis que le cinabre plus pror fond d'Almaden ou d'idria n'a comme gangue que de la silice et rarement de la pyrite.

Quand le cinabre accompagne la stibine, il forme souvent une gaine autour des baguettes de ce minéral.

Ajoutons, d'ailleurs, que la stibine, par suite de son encaissement dans des terrains calcaires fissurés, accessibles à la circulation des eaux, très au-dessus du niveau hydrostatique, a subi, dans certains de ces gîtes algériens> des remises en mouvement, que nous étudierons plus tard à propos du Djebel Hamimat et qui ont eu pour résultat de constituer des dépôts secopdaires d'antimoine oxydé, auxquels on a parfois attribué une origine sédimentaire primitive.

^ Voir plus haut, pagelSi4, le chapitre de rantimoine.

33fc LES RICHESSES MINÉRALES DE L'AFRIQUE

Les environs de Jemmapes présentent deux gisements de mercure : Ras^l'Ma (10 kil. 8, 0.), qui a été l'objet d'une concession un peu exploitée jusqu'en 1871 et Oued'Noukhal (12 kil. N.-N.-E. de Jemmapes). Dans tous deux, on retrouve la môme association de cinabre et barytine. Les filons couches de Ras-el-Ma sont au contact de marnes et calcaires nummulitiques et fournissent un cinabre pulvérulent d'un beau rouge vermillon. A Qued-Noukhal, les veines pauvres traversent le calcaire de Téocène inférieur (ludien)*.

Plus au Sud, k Djebel'Taya (31 kil. O. de Guelma) près d'Hammam- Meskoutine et non loin des célèbres grottes du Taya, nous trouvons le plus beau gîte d'antimoine algérien et le seul en exploitation active. Ce gisement de stibine avec galène et cinabre accessoires, et épigénies d'antimoine oxydé, remplit des fissures minces verticales, ou des joints de stratification dans des calcaires, près de leur contact avec des marnes et, dans ce contact même, il existe des boules radiées de stibine. D'après un renseignement de M. Blayac reproduit par M. Lacroix, ces calcaires appartiendraient au niveau jurassique à Diceras. La notice du Service des Mines les rapporte au néocomien, les marnes étant crétacées. Au lieu d'avoir une gangue exclusivement quartzeuse comme les gîtes profonds du Plateau Central, cette stibine tertiaire est accompagnée, non seulement de quartz, mais aussi de calcite et de barytine : gangue que nous sommes habitués à voir souvent cesser quand on s'approfondit.

Le gisement inexploré de Djebel-Bebar (iO kil. N.-O. de Guelma) est également curieux par l'association de stibine, cinabre et calamine avec gangue de quartz et de barytine, dans des poches du calcaire néocomien. Il existe là des filons de phosphorite associés aux filons calaminaires, fiions qui se sont peut-être formés par le remaniement des phosphates suessoniens sédimentaires, au moment de la remise en mouvement métamorphique, par laquelle la calamine a été substituée à la blende.

Un peu plus auN.-E., à Oued-Ali, près Enchir-Saïd, (16 kil.N.-N.-O. de Guelma), le calcaire sénonien à Inocéramus présente aussi des fissures incrustées de stibine (en partie oxydée), avec cinabre.

A BoU'Zitoun (6 kil. N. de Guelma), on a exploré, en 1899, des poches de calamine, avec stibine et barytine, dans les calcaires urgo-aptiens.

Puis, à l'est de Guelma et au sud de Duvivier, vient le curieux ensemble du Djebel Nador et de Hammam-N'Bails.

Cette concession de Hammam'N*Bail8\(iSkiL E. — 40* S. deGuelma),

* Je rappelle, un peu plus au Nord, l'existence d'un filon de stibine dans les micaschistes à Oued-Begra près de Bône. De môme, à Bir-BenirSalah (17 kil. S. de Collo) des filons de cinabre et galène traversent les gneiss.

* 1851. Sénabmont. Annales de physique et de chimie, XXI, 504 et Dana {American journal of science, Xll, 209). — 1852. CoaoAND. Sur les mines d* antimoine oxydé des

activement exploitée pour zinc, est surtout connue par les minéralogistes en raison de la présence d'une espèce minérale très rare, un chloro-antimoniate de plomb, dit nadorite, qui est là associé avec d'autres produits d oxydation superficiels» tels que la calamine et la mimétèse. Le calamine pauvre, qui domine, s'y trouve en amas près de gypses triasiques , au voisinage immédiat de Téocène inférieur, recouvert par un peu d*oligocène lacustre. On peut se demander si le gypse n'est pas, en partie, le produit de la double décomposition calaminaire. L'amas de calamine présente environ 20 mètres de puissance, 110 mètres de long et 50 mètres en inclinaison; on a estimé son cube à 300 000 tonnes.

Enfin, pour grouper ce qui est relatif à ces formations complexes où

entre l'antimoine avec le mercure et du zinc ou du plomb, je décrirai

de suite ici les gîtes de Djehel-Hamimat et Sidi-Rgheiss (60 kil. S. O.

de Guelma, 23 kil. N.-SO** 0. d'Aîn Beida), dont la place géographique

^serait logiquement avec la chaîne suivante.

Ce gisement de Djebel Hamimat, remarquable par la prédominance de la sénarmontite, qui y a été découverte par Sénarmont et décrit autrefois par Coquand, se trouve dans des alternances de calcaires noirs et de marnes schisteuses, bitumineuses, appartenant au gault d'après M. Blayac. Il se compose d'une association d'antimoine oxydé (sénarmontite), avec un peu de stibine, de calamine et de cinabre, où Coquand avait voulu voir un dépôt sédimentaire d'antimoine oxydé, mais dont le caractère remanié est prouvé, tant par la présence d'un résidu de stibine avec commencement d'oxydation que par l'existence connexe de la calamine.

Le minerai forme des amas irréguliers, bien parallèles aux couches, dans les terrains, en ce point-là verticaux et de direction 150°, surtout au contact des calcaires et des marnes. Fréquemment, du calcaire est empâté dans le minerai : ce que M. Coquand attribuait à une précipitation simultanée, analogue à celle des minerais de fer jurassiques, et ce qui paraît beaucoup plus explicable par le remaniement et les substitutions.

Coquand considérait également comme difficilement explicable la formation ultérieure de cristaux octaédriques de sénarmontite, au centre de calcaires compacts ; mais, quelles que puissent être les difficultés d'interprétation dans le détail, il faut remarquer combien ces calcaires verticaux, dans lesquels s'est incrusté d'abord le mélange complexe de sulfure d'antimoine, mercure et zinc, ont dû favoriser les actions métamorphisantes.

environs de Sidi-Rgheiss, au sud-est de Constantine (B. S. G. F., 2*, t. IX, p. 342. — 1835. FouiiNET. Sur les gîtes d'oxyde d'antimoine du pays des Haractas en Algérie (B.S. G. F., 2% t. XII, p. 1039), — 1901. LxcKoix. Minéralogie de /«France (t. lil, p. 16).

Industriellement, ce gtte, repris et abandonné à diverses reprises jusqu'à un dernier arrêt en 1897, fournissait au commerce, en 1852, quatre variétés de minerai d*antimoine oxydé : 1* compact; 2® grenu; 3* cristallisé; 4* disséminé. Le minerai compact, d*un blanc laiteux et d'aspect pierreux, ressemble à la céruse du commerce. Le minerai grenu contient des géodes de cristaux octaédriques, ayant parfois plus de 3 centimètres de diamètre. Le minerai disséminé forme des cristaux libres au milieu des argiles.

En dehors de Toxyde, il existe du sulfure d'antimoine, peu répandu en petites houppes soyeuses, parfois converties partiellement en oxyde sulfureux, et alors d'un brun rouge. Dans certains échantillons décrits par M. Lacroix, de gros octaèdres de sénarmontite, pouvant être agglomérés en blocs de plusieurs kilos, sont colorés en noir par de très fines aiguilles capillaires de stibine. Ailleurs, la sénarmontite, en octaèdres transparents, tapisse les cavités de masses de stibine cotonneuse et est accompagnée d'aiguilles de Kermès (oxy-sulfure), qui la colore parfois en rouge.

A 4 kil. O. d'Hamimat, près d'Ain-Bebbouchei sur le versantOuest de la même montagne, à Sensa ou Sanza, un autre gtte d'antimoine oxydé est formé, presque exclusivement, non plus de sénarmontite, mais d'un autre oxyde d'antimoine plus rare, la valentinite. Cette valentinite s'est développée dans des conditions analogues, par épigénic de stibine. Parfois l'extrémité des fibres de valentinite est d'un beau jaune vif, s'étant elle-même transformée en cumengite (hydrate d'oxyde d'antimoine). Le Muséum possède également^ de Sensa, de grandes baguettes d'oxyde hydraté, provenant de la transformation de cristaux cannelés de stibine, eux-mêmes entourés par une gaine de cinabre *.

Enfin, si nous remontons au Nord pour terminer ce qui est relatif à notre zone métallifère, la région de Souk-AiThas est assez riche en gisements complexes de plomb ou de zinc.

Entre 14 et 20 kil. à l'Ouest de cette ville, on a exploré, sans succès, divers veinules de galène dans les calcaires sénoniens, ou, rarement, dans le pliocène, à Maden-el-Hamra, où se trouve en même temps, un peu de cuivre, à Kel-el-Eud, Kef-Kaîmen, Ras-^l-Àroiis, Chabet-el-Frah, El-Guellala.

Vers l'Est, on retrouve des veinules analogues à Medjerda (11 kil. E.N.-E.),Z);*«6eiiS'tdt-A^as«e7'(15kil.E. — lO^'S.), toujours danslesénonien.

On a signalé, près de la frontière tunisienne, au sud de la Medjerda, divers gisements, encore non explorés, qui doivent, en profondeur, se composer de chalcopyrite et pyrite de fer, parfois avec galène accessoire et se signalent souvent à la surface par des amas d'hématite,

* Lacroix. Minéralogie de la France, t. II, p. 457, t. lil, p. 22.

GItES métallifères de L'EST DE L'ALGÉRIE 337

dont nous trouverons un remarquable exemple plus au Sud, au Djebel Ouenza.

C'est, par exemple : Chabet-Baloute (34 kil. E. 29*>N. de Souk-Arrhas), où de puissants amas d'hématite cuivreuse s'intercalent dans les calcaires du crétacé inférieur ; Sidi-el-Amici (36 kil. E. 28^ N. de Souk- Arrhas), où des filets de chalcopyrite recoupent des grès quartziteux et calcaires ; Oued-GhouU (40 kil. E. 20*^ N. de Souk-Arrhas), avec des ailleurements de chalcopyrite et galène au contact des marnes et calcaires cénomaniens; Djebel-Frina {3S kil. E. 20*^ N. de Souk-Arrhas), avec des filons de galène et chalcopyrite dans les calcaires suessoniens ; Oufed'Dhia (28 kil. E. N.-E. de Souk-Arrhas), avec chalcopyrite et barytine ferrugineuse dans les marnes ludiennes ; Otted-Darrou (29 kil. E. 22® S. de Souk-Arrhas), avec chalcopyrite et galène au contact des marnes et calcaires cénomaniens.

Dans la môme région, se trouvent des gisements, plutôt zincifères, mais contenant parfois, avec la calamine, de la galène, plus rarement du cuivre (Oued-Sou f, Chabet-Dridd) ; en un seul point, àOued-Sotif, on y observe du cinabre, avec le cuivre, la blende et la galène. Aucun de ces gisements n'ayant donné de résultats importants, je me contente de les énumérer. Ce sont : au N.-E. de Souk-Arrhas, Fedj-El-Kebèche, Chabet'Debah, Oued-Souf, Chabet-Drida, Oued-Mougras, Oued- Ghanem et Khanga; au S.-E., à 28 kil. de Souk-Arrhas, Djebet-Ouasta. Au delà de la frontière tunisienne, cette zone se poursuit à Fedj Assène, Sidi-Youssef, El-Akhouat, Fedj'el'Adoum, Djebba, etc. : gisements, qui seront étudiés plus loin. II y a, d'autre part, continuité entre elle et celle qui sera bientôt décrite à l'est d'Aïn-Beida, vers le Kef, où se trouve le gisement important du Djebel-Ouenza.

40 Zone de Bordj-Bou-Arréridj, Batna etTebessa (Gisements d'Oued- Soubella, Bou-Thaleb, EI-Hahder, Tarerbit, Djebel-Ouenza, Djebel-bou- Jaber, etc.). — Les gisements de cette zone sont tout à fait analogues à ceux de la précédente, avec laquelle ils vont se confondre dans l'Est. On trouve, il est vrai, moins caractérisée, l'association de l'antimoine, du mercure, et du cuivre avec le plomb et le zinc, si fréquente autour de Guelma ; mais cette association même existe au Bou-Thaleb, ainsi que dans quelques gisements sans valeur au N.-E. de Batna, et, d'autre part, c'est bien toujours le môme système de filons sulfurés, comprenant galène, blende, et, accessoirement, pyrites de fer et de cuivre : filons plus ou moins bien caractérisés suivant la nature physique, calcaire, marneuse ou schisteuse, du terrain qui les encaisse et donnant, à la surface, surtout dans les calcaires, des calamines, sidéroses et hématites, carbonates et oxydes de cuivre.

La chaîne N.E.-S.O. du Bou Thaleb (55 kil. S., 26« O. de Sétif) com-

Richesses minérales de l'Afrique. 2:2

prend, du Sud au Nord, les trois massifs du Djebel-Soubella, du Bou- Thaleb et de Sidi-Afgham. Cette région, qui a été étudiée parM. Ficheur*. présente un dôme liasique au milieu de terrains tordus et fracturés par cette torsion : d'où un système de filons, qui, dans la partie Sud, la seule bien explorée jusqu'ici, sont d'abord N.-E au sud du massif, puis presque N.-S à Test. On a récemment institué une concession au Djebel-Soubella, où l'on a exploré, sur 4 à 500 mètres de long, trois filons, avec des élargissements calaminaires pouvant renfermer environ 50 à 60000 tonnes reconnues de calamine. Dans la partie non concédée, on paraît avoir surtout des gîtes de contact entre le calcaire liasique et les schistes crétacés refoulés sur le lias. Il y a là des affleurements de filons complexes, dans lesquels reparaissent, avec la galène et la blende, le cuivre gris et le cinabre, que nous avons été habitués à rencontrer ensemble autour de Guclma. Les calcaires encaissants, considérés comme bathoniens, alternent avec des niveaux marneux et le contact de ces deux terrains différents a, comme toujours, donné naissance à des niveaux métallifères, en quelque sorte interstratifîés.

Les environs de Batna, au nord de cette ville, sont riches en affleurements du môme genre, de plomb, zinc, cuivre et, accessoirement, mercure, au milieu des calcaires urgo-aptiens très fissurés, ou, parfois, du jurassique. Tantôt le cuivre gris domine, c'est-à-dire que nous retrouvons, à une grande distance de la côte, une zone cuprifère différente de celles qui ont été étudiées précédemment ; tantôt, c'est la calamine,* plus ou moins plombeuse. Citons seulement : de la galène antimonieuse dans les cassures du jurassique au Djebel-Kerasia (6 kil. N., 3* O. de Batna); de la galène zincifère à Oued-Bouilef (5 kil. N., 5^ Ë. de Batna); des imprégnations de cuivre gris dans les calcaires jurassiques à Djebel-Tougourt (13 kil. 0.-3** S. de Batna) ; des calamines blendeuses à Aîn-Negouch (16 kil. N.-30* E. de Batna) ; des imprégnations de galène, blende et cuivre carbonate dans des marnes noires kKef'Kebir (Bou-Arif) (13 kil. N.-60^E. de Batna); des calamines, avec traces de plomb et de cuivre, dans le jurassique à Tarei^bit (8 kil. N.- 29° E. de Batna) ; des amas plus importants de calamine dans l'aptien, à la concession abandonnée de Djendeli (32 kil. E.-N.-Ë de Batna); des calamines, avec galène et carbonate de cuivre, dans les cassures d'un calcaire urgo-aptien à Forer (20 kil. E.-19* N. de Batna), etc.

Cette zone se continue, au Nord-Est, ^dxAnk-el-DjemeH^Q kil. O. d'Aïn- Beida), où des cassures de l'urgo-aptien renferment le môme mélange de calamine plombifère et chalcopyrite; Ain-Arko (46 kil. N.-35* O. d'Aîn Beida), où une concession, abandonnée depuis 1877, a été instituée

« FicHKun. Sur les terrains crétacés durmssifde Bou-Thaleb (B. S. G. F., 3% t. XX, p. 393, 1892 et pi. XII au ^;;^.^

GlTES MÉTALLIFÈRES DE L'EST DE L'ALGÉRIE 33f

sur des amas de calamine dans le jurassique ; Djebel-Guelif (35 kil. O.- |

8* N. d'AIn-Beida), avec affleurements de cuivre gris au contact du céno- i

manien et du crétacé inférieur; Sidi-Rgheîss (23 kil. O.-N.-O. d'Aïn-Bei-

da), gisement filonien de cuivre gris dans Taptien, dont la spéculation

recommence à s'occuper et, en continuant dans le môme sens, on arrive j

aux gisements antimonieux de Djebel-Hamimat et Sensa, qui ont été

décrits précédemment ^

Enfin, toute la région voisine de la frontière tunisienne, entre Tebessa, Aïn-Beida, et El-Kef, est très riche en gisements complexes du même genre, sur lesquels on a fait récemment beaucoup d'explorations et dont quelques-uns, comme le Djebel Ouenza, le Djebel Bou-Kadra et le Djebel bou-Jaber, sont peut-être appelés à fournir les éléments d'une industrie importante.

Ce gisement du Djebel-Onenza (65 kil. N. de Tebessa), qui a été récemment concédé pour cuivre, comprend, en effet, des veines de barytine et cuivre gris dans l'urgo-aptien ; mais il est surtout caracté- •risé à la surface, comme nous l'avons vu au chapitre du fer ^ par d'énormes amas d'hématite, constituant un chapeau de fer, dont on n'a pas évalué le cube à moins de cent millions de tonnes. De grands travaux romains ont porté jadis sur ce gîte, dont la mise en exploitation est à ^

l'étude. Il existe, en outre, des fractures avec remplissage calaminairc.

Le gisement de Bou-Jaber (40 kil. N.-n* E. de Tebessa) porte sur un dôme de calcaire urgo-aptien, où se trouvent de nombreux indices plombcux, calaminaires et cuivreux, avec association de *quartz et barytine, qui ont donné lieu à des exploitations romaines; quelques placages de calamine se trouvent, par un phénomène fréquent en Tunisie, au contact des calcaires et de marnes liasiques; une concession, dont je dirai bientôt quelques mots, a été instituée sur le prolongement de ce gîte en Tunisie ; mais on a dû arrêter bientôt les travaux après avoir épuisé les calamines reconnues. De ce côté tunisien, nous trouverons aussi, sur la même zone, un peu plus à l'Est, le gîte de Djebel- Zrissa, où se présente un important amas d'hématite manganésifère.

Je citerai seulement, à côté de ces gisements principaux, quelques autres de la môme région, appartenant toujours au même type métallifère : c'est le Chabei-el'Melah (60 kil. N.-18^ O. de Tebessa), avec veines de galène, calamine et cuivre gris dans le trias et le cénomanien ; Djebel-Mkériga (38 kil. S. de Souk-Arrhas), avec calamine et fer spathique dans l'urgo-aptien; Mesloula (48 kil. S.-IO** O. de Souk-Arrhas), gisement plus important, concédé en 1891, où des amas calaminaires sont associés à des veines de plomb et cuivre; Aîn-Tolba (45 kil.

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N.-12^ O. de Tébessa), avec filons-couches de galène, barytine el calcilc dans Taptien; Djebel bou-Kadra (44 kil. N. de Tébessa), avec un important chapeau de fer cuivreux, décrit plus haut au chapitre du fer, associé à de la barytine et un peu de calamine; El-Meridj (43 kil. N.-12*» E. de Tébessa), avec veines calaminaires dans le cénomanien; puis, en se rapprochant de Tébessa, à l'ouest du plateau du Dyr, fameux pour ses phosphates, Mezouzia (cuivre carbonate antimonieux et zincifère), Djebel-Belkflf (calanfiine et galène), et, enfin, au S. E. de Tébessa : la petite concession de Bekkaria, qui, après avoir donné de beaux bénéfices pendant quelques années, est aujourd'hui épuisée; les explorations de Djebel-Bou-Rouman et de Khangue^Tenoukla, où Ton retrouve encore des amas de calamine associés avec de la galène, de la barytine, parfois du cuivre.

5^ Région de Biskra à Ehenchela. — Au sud de la ligne Batna- Tébessa, les affleurements métallifères reconnus sont rares. Il faut seulement citer la concession de mercure inexploitée de Taghit (42 kil. S.-8® O. de Batna), où Ton retrouve le cinabre, comme dans la majorité de ces gisements algériens, associé à des sulfures complexes, (ici de la galène et de la blende), dans le néocomien; puis, autour de Khenchela, divers gîtes, surtout caractérisés par le cuivre gris, mais avec Tassociation ordinaire en Algérie, de galène, blende, calamine, pyrite, barytine et môme parfois cinabre (à Aîn-Tagga). La zone la plus développée est celle de Djebel-Pharaoun, entre Khenchela et Tamza, où, sur 20 kil. de long, on trouve, dans les calcaires à orbitolites aptiens, de nombreux indices de cuivre gris, cuivre pyriteux, galène, calamine, avec gangues de barj^tine et calcite. La présence du cuivre est intéressante à noter; mais, pratiquement, ces gîtes ne paraissent pas avoir de valeur.

Les gisements de Tunisie (fig. 70) forment la suite toute naturelle des gîtes algériens et me paraissent présenter des caractères tout à fait analogues, c'est-à-dire correspondre à des affleurements, plus ou

* Cette description des gîtes tunisiens a été faite surtout d'après les nombreux el précieux rapports inédits de M. Jordan, Ingénieur au Corps des Mines à Tunis, et d'après la notice sur le Service des Mines, écrite par le même Ingénieur pour l'euvrage : Les Travaux publics du protectorat français en Tunisie, publié par la direction des travaux publics à l'occasion de l'Exposition de 1900. Je suis heureux de pouvoir lui en exprimer ici tous mes remerciements. — Voir, en outre : — 1892. Aubert. Carte géologique au 1 : 800.000 de la Tunisie et notice annexe : — 1894. D. Letat. Gisements de phosphate de chaux, et gisements de calamine en Tunisie (Ass. fr. Avanc. Sciences. Congrès de Gaen, 12 p. etl pi.). — 1895. P. Tbrmier. Rapport inédit sur le gisement de calamine du Djebel-el-Akhouat. — R. Cignat. Les mines et les car-

moins remaniés et métamorphisés^ de filons complexes, dans lesquels le zinc et le plomb dominent, mais où Ton trouve également un peu dé cuivre, et, en certains points, du fer. Néanmoins, Tattention des exploitants et des géologues, qui ont étudié ces gisements, paraît avoir été spécialement frappée par quelques coïncidences intéressantes, auxquelles on a attaché une importance particulière pour la genèse des gîtes et dont il importe, par suite, de dire un mot en commençant.

La principale de ces coïncidences est celle qui met en contact un certain nombre d'amas calaminaires avec ces pointements gypseux, que Ton a considérés comme éruptifs dans toute l'Algérie jusqu'à ce que, dans ces dernières années, leur caractère triasique ait été nettement reconnu en plusieurs points et admis, par extension, pour tous les autres. M. Levât a fait remarquer autrefois ce rapprochement pour les deux gisements de Fedj-el-Adoub et Ël-Akhouat, qui seront décrits plus loin, et Ta étendu, sans raisons suffisantes, pour le Khanguet, rOued-Maden au N.-O. de Beja, Sidi-Ahmet, au S.-E. de Tabarka, le Djebel*Reças près de Tunis, le Zaghouan, etc. 11 a, en même temps, noté, au Djebel-Dekma, sud de Souk-Arrhas, une association de calamine avec phosphorite concrétionnée, analogue à celle qui a été signalée plus haut dans la région d'Oran et sa conclusion était que gypse et calamine provenaient d'un môme épanchement hydro thermal profond. M. Termier, frappé de la même association, a émis l'idée que les minerais de zinc tunisiens avaient pour origine première les terrains triasiques, qui auraient renfermé, à l'origine, une strate blendeuse sédimentaire. Ce trias, qu'il considère comme arrivé sous la forme d'une nappe de charriage, aurait été démantelé et remanié par les érosions à une époque récente et la blende aurait été alors redissoute, puis reprécipitée à l'état de calamine, au contact des calcaires dans des terrains de tous les âges.

Cette hypothèse, ainsi que je l'ai indiqué plus haut, me semble bien inutilement compliquée et peu d'accord avec le fait que les gisements calaminaires sont presque toujours riches en galène, à laquelle ne peut guère s'appliquer l'hypothèse de la redissolution et dont la proportion semble même souvent augmenter en profondeur par la disparition de cette forme minérale, toujours superficielle, que constitue la

rières de la Tunisie dans Vanliquité (Rev. gén. Se. 7» an., p. 1054-1056). — E. de Fages. Etat actuel de Vexploitation des mines, et des carrières en Tunisie (Rev. Gén. Se., 7* année, p. 1056-1063). — Les gîtes suivants sont représentés dans la collection de géologie appliquée de l'Ecole des mines : Zinc et Plomb. Kanguet-eUToul (Beja), ( 1061 et 1966) ; Bou-Gowmein (1064 et 1965) ; DjebelReças (1591 et 1964) ; Djehba (1065); Djebilel-eUKohol (1063): Djebel-Trozza (Kairouan) (1062). — Cuivre : Djebel-Herruch (Souk-el-Arba) (1114); Cheida (1955). — Fer : Djebel-Hamrya (1157) ; Kef'Debba (1158).

calamine ^ Elle suppose, en outre, gratuitement une formation métallifère sédimentaire, dont il n'existe pas trace, à ma connaissance. La dispersion des gîtes, qui a motivé en partie la théorie de M. Termier, a été expliquée, précédemment, par le caractère superficiel de cette venue filonienne, qui a affecté des terrains disloqués et émiettés dans tout le nord-ouest de l'Afrique, après Téocène. Quant au rapprochement avec le trias, il me paraît du môme ordre que celui qui existe fréquemment en Algérie entre les filons métallifères, ou môme les roches éruptives tertiaires, et les zones de terrain primaire. Le trias, comme les schistes primaires, apparaît par pointements anticlinaux suivant des lignes de fracture qui se sont trouvées tout naturellement préparées pour les circulations hydrothermales et l'on sait combien les contacts de terrains, inégalement propices à la pénétration des eaux, tels que les calcaires d'une part et, de Tautre, les argiles, marnes, schistes, quartzites, roches éruptives, etc., sont, partout et toujours, favorables aux incrustations métallifères ; nous avons là, je crois, un simple cas de gisements de contact, auquel la nature argileuse habituelle des terrains gypseux triasiques n'a pas été étrangère. C'est, d'ailleurs, ce que nous verrons de plus près en étudiant les principaux de ces gisements. Ceux-ci peuvent se répartir, suivant les divers plissements N.-Ë.-S.-O., qui marquent le relief de la Tunisie, en quatre groupes principaux :

i^ Au nord de Béjà : Dj.-ben-Amar, Aïn-Roumi, Kanguet-Kef-Tout *, Sidi- Ahmed, Djebel-Gheriffa, El-Grefa, Béchateur, faisant suite au gîte de cuivre du Dj.-Choulchio ;

i^ Au sud de l&ligne Constantine-Tunis, du Kef à Teboursouk : Sidi- Youssef, Fedjassin, Touireuf, El-Akhouat, Fedj-el-Adoum, Djebba ;

3* A l'est de Tébessa : Bou-Jaber, Dj.-Zrissa (Dj.-Azered) etDj.-Hamera ;

i^ Au sud de Tunis : Zaghouan, Dj.-Reças et Dj. -Kohol.

10 Gisements au nord de Béja, : Dî.-ben-Amar, Aîn-Roumi, Eanguet- Kef-Tout, Sidi- Ahmed, etc. — Au nord de Béja, une ride topographique» intéressante, constituée par un anticlinal de crétacé supérieur, comprend les concessions de Djebel-ben-Amar, Aïn-Roumi, Kanguet-Kef- Tout et Sidi- Ahmed, les gisements de Gheriffa, El-Grefa et Béchateur.

A Djebel-ben-Amar (25 kii. N.-O. de Béja), le gisement, concédé le 27 janvier 1900, se présente au milieu des calcaires sénoniens sous la forme d*un amas calaminaire, dirigé N.-70^ E et plongeant au S.-E en faisant, avec la verticale, un angle d'environ 20^. Cet amas se bifurque en deux à une extrémité et est accompagné de deux petits amas

* Le Djebel-Reças est actuellement redevenu une mine de plomb, comme il lavait été dans l'antiquité. La plupart des exploitations un peu anciennes accusent de même une diminution de la calamine par rapport à la galène.

* On écrit Kanguet ou Khanguet. J'adopte ici l'orthographe de la noUce officielle.

GITES métallifères de TUNISIE

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