CHAPITRE XI
RICHESSES MINÉRALES DU SOUDAN, DE LA CÔTE D'OR, DU CONGO, DES PROTECTORATS ALLEMANDS, DE LA COLONIE DU CAP, DU TRANSVAAL, DE LA RHODÉSIA, DE MADAGASCAR, DE L'ABYSSINIE ET DE L'EGYPTE. % * ^
Dans ce chapitre, je décrirai spécialement les richesses minérales de quelques régions à gisements très divers et de faible importance, dont l'étude se serait trouvée trop disséminée si je l'avais divisée entre les divers chapitres concernant les métaux variés qu'on y rencontre : par exemple, l'Afrique orientale et occidentale allemande, le Transvaal (indépendamment de Tor), et Madagascar. Pour les autres régions, je me contenterai de rappeler, dans un court résumé, quelle en est la richesse minérale dominante et de mettre en évidence quelques faits d'ensemble, comportant une conclusion générale, en renvoyant, pour les détails, aux chapitres antérieurs où il en a été question.
!• SOUDAN, CÔTE D'IVOIRE ET CÔTE D'OR {Or, sel, nitrates) ^
Les gisements principaux, qui attirent beaucoup l'attention au Soudan, dans la Côte d'Ivoire et la Côte d'Or, sont les gisements d'or. Nous avons vu que des rivières aurifères descendent du Foula Djaloriy soit au Nord vers Bambouk, soit à l'Est vers Bouri, alimentant un certain nombre de petits placers, qui, pour la plupart, ont déjà été antérieurement vidés par les indigènes. L'origine première de l'or paraît être dans des filons-couches, des veines d'imprégnation disséminées au milieu de roches cristallophylliennes et de schistes amphiboliques '. Dans le pays de Kong et le bassin du Comoé^ l'or alluvion-
* Voir pages 28 à 40 et 251.
• D'après une note inédite de M. Miltiades Armas, qui paraîtra prochainement aux Annales des Mines, la région aurifère d'Aloso, sur le Comoë (voir, plus haut, page 39), est formée de schistes métamorphiques traversés par des granités et par des granulites, qui tantôt s'infiltrent dans les schistes avec des types gneissiques, tantôt
naire assez abondant doit avoir une origine analogue. Enfin, dans le pays des Ashantis (Coumassie) et le district de Takwa, on commence à mettre en valeur des gisements, appartenant à deux types différents : 1® les filons-couches et veines d'imprégnation quartzeuse à Coumassie j 2* à Takwa, des conglomérats, probablement primaires el analogues à ceux du Witwatersrand. Ce dernier fait, très intéressant, prouve la grande extension, en Afrique, du phénomène si mystérieux, qui a produit l'imprégnation pyriteuse et aurifère de ces derniers conglomérats. Il paraît mettre en évidence une venue métallifère calédonienne, manifestée, d'autre part, auTransvaal, par d'innombrables filonscouches dans les schistes, considérés comme contemporains des conglomérats ; ces vastes formations détritiques seraient alors Findice de l'exhaussement d'une chaîne montagneuse, une sorte de flysch, dont le dépôt aurait été accompagné par l'ouverture de grandes fentes et la montée (un peu plus tôt ou un peu plus tard, on l'ignore) de dissolutions pyriteuses aurifères.
Je rappelle seulement, en outre, l'importance que présente, dans le Soudan, le commerce du sel; ces gisements de sel soudanais, qui peuvent correspondre à des réapparitions de trias, ont été décrits au chapitre vu*.
2<» CAMEROUN, CONGO FRANÇAIS ET CONGO BELGE (Cuivre, plomb, étain, manganèse, fer, sel) K
Au Cameroun, on n'a encore rien trouvé de sérieux comme minerai ; les nègres exploitent seulement, en divers points, des concentrations de fer secondaires dans les latérites, sans valeur pour les européens. On a signalé, en outre, un peu de cuivre dans le district de Bali et des traces d'or insignifiantes dans les gneiss et micaschistes du Sannaga inférieur et du pays A'Abo.
Dans les régions équatoriales, qui comprennent, outre le Congo, l'Est-Africain allemand, ce n'est plus de Tor que nous avons à signaler. Par un hasard, dont on apercevra peut-être un jour la cause géolo-
passent à des pegmatites, aboutissant elles-mêmes à des hyalomictes et à des quartz. L*or alluvionnaire de la région parait bien provenir de ces pegmatites et quartz pegmatoldes : ce qui le rapproche des gisements d'Um-Rus, Madagascar, etc. (voir p. 25) et rentre donc dans le faciès ordinaire des gîtes en massifs anciens, tels que ceux du Brésil. Comme confirmation de cette hypothèse, à Akrézié, au S.-E. de N'Zakrou (5 kil. N. d'Aloso), on a trouvé en place du quartz aurifère, à or natif et tellurure d'or, contenant de la chlorite abondante, produite par l'altératioa du mica.
' Page 251. D'après Barth, Foureau, etc., il existerait, dans VAir, près d'Ingal, au S.-O. d'Âgadez et vers Zinder, des gisements de cuivre et de fer (cf. Lerot- Beaulieu : Sahara el Soudan central. Rev. des Deux-Mondes, !•' nov. 1902).
' Voir pages 124 à 131, 152, 158, 162, 166, 254.