‹ Les ricochets de l'amour; comédie en trois actesChapitre 17 sur 107 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MARTHE

Ça ne dépend pas de nous, ces choses-là!

JULIETTE, allant s'asseoir à côté de Marthe.

Dis-moi^ connais-tu par hasard un monsieur Lionel de Gabanville?

MARTHE

Lionel de Gabanville ?... non ! C'est la première fois que j'entends prononcer ce nom-làl... Pourquoi?

Figure-toi que depuis six semaines je reçois lettres sur lettres signées de ce nom-là!

MARTHE

Ou'est-ce qu'il te veut?

JULIETTE

C'est un monsieur qui prétend m'avoir vue dans un bal, m'avoir admirée, puis adorée.

MARTHE

Et tu reçois de pareilles lettres!

JULIETTE

]Mais...on est bien forcé de recevoir les lettres qu'on vous adresse, surtout quand elles sont affranchies.

MARTHE, demandant la suite avec intérêt.

Alors?

JULIETTE

Naturellement, je lis ces lettres sans y répondre.

MARTHE

Bien entendu, mais pourquoi les lire? Dès que tu reconnais l'écrriture sur l'enveloppe, brûle ça!

JULIETTE

Ça m'intéresse.

MARTHE

Pourquoi?

Parce que ce sont des lettres supérieurement écrites et très intéressantes. Elles me font l'etïet d'un roman-feuilleton.

MARTHE

Et ton mari, qu'est-ce qu'il dit de ça?

JULIETTE

Si tu crois que je lui en ai parlé. Il est trop jaloux I Il irait trouver ce monsieur, il le provoquerait.

MARTHE

Oui, tu as raison.

JULIETTE

Ce qu'il y-a de bizarre, c'est que ces lettres m'arrivent dans des enveloppes sur lesquelles mon adresse est imprimée.

MARTHE

JULIETTE

Qu'est-ce que ça peut vouloir dire?

MARTHE, se levant.

Il me semble que cela signifie que ces lettres viennent de quelqu'un qui ne veut pas que son écriture soit reconnue par ton mari.

JULIETTE, se levant.

C'est la seule explication possible.

Marthe, Juliette.

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