‹ Les ridicules du tempsChapitre 1 sur 25 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

temporains, les ridicules qui en sont la mousse et la crème. C'est un essai. Mais sera-t-il gai, même à ce prix?...

Voilà toute la question. La Comédie qui n'est plus possible au théâtre, où elle est cependant sur ses terres, mais où l'on ne va que pour y chercher des spectacles pour les yeux, car pour l'esprit il n'y en a plus, la Comédie pourrait-elle se retrouver dans le petit coin d'un livre où elle se serait réfugiée?... On le voudrait, mais on en doute... On ne peut pas être gai bien longtemps, dans une société comme celle que les révolutions de notre décrépitude nous ont faite. A chaque instant, la plaisanterie, la bienheureuse plaisanterie qui venge de tout, pousse en nous. Mais, la colère contre ce qui se voit la coupe. Elle y met trop de flamme indignée, ou le mépris l'éteint... et, mépris ou colère, le livre est manqué, du moins dans sa gaîté voulue...

Et il peut l'être encore autrement... Les Ridicules de ce temps ont, par eux-mêmes, moins de gaité et de variété que du temps de nos pères, et cela tient à l'état présent d'une race appauvrie... Si, malgré les civilisations, ces walses sur place des nations qui n'aboutissent qu'à tourner les têtes, les Vices sont éternels comme l'Humanité, les Ridicules, eux, sont éphémères et changeants comme les Sociétés sur lesquelles, drôles de fleurs, ils fleurissent. Seulement, où qu'ils soient, ils ne sont jamais que l'impertinente transgression d'une convenance sociale ou d'une convention reconnue,

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