‹ Les ridicules du tempsChapitre 2 sur 25 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

ayant force de coutume ou de loi. Évidemment, on n'est pas ridicule de la même manière à Pékin qu'à Londres ou à Paris, mais partout, pour que les ridicules soient la chose amusante qu'Us peuvent être, il faut que les prétentions et les vanités individuelles aient beaucoup de convenances et de conventions à violer. Et voilà pourquoi ils sont plus visibles, plus nombreux, de plus de reliet et de variété, dans les sociétés fortement hiérarchisées que dans celles-là, par exemple, où, comme dans la nôtre, le terrain appartenant à tous, les empiétements si comiques d'une classe sur une classe n'existent plus... Cette source degaîté doit même, dans un temps donné, — si nous allons jusque-là, — nécessairement tarir chez un peuple qui a placé l'égalité au sommet de sa législation, pour qu'elle puisse de là dégringoler, un jour, dans les mœurs. Dégringolement difficile, du reste! Tout le temps qu'il n'aura pas eu lieu, il restera une chance de rire aux moralistes que l'observation n'aura pas rendus misanthropes. A cette heure, le ridicule, qui doit mourir sous l'aplatissement universel des mœurs modernes, n'est pas tout à fait tué et ce livre est lisible encore...

Mais, chose à constater, pour ne pas être dupe et se rendre compte d'un insuccès qu'on peut prévoir, c'est que les ridicules signalés dans le livre que voici paraîtront peut-être, je le crains, aux esprits mobiles et blasés qui ont besoin qu'on les change de plaisirs, être affligés de monotonie, sans qu'il y ait pourtant de la

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