‹ Les rivaux d'eux-mêmesChapitre 14 sur 15 · IP · texte numérisé non relu

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D E B V A L , S écriant*

Comment dans sa chambre !

Tu te décèles.

C’ést égal. Je ne pousserai pas Pépreuve jusque-là.

Mais tu veux que je fasse encore le mari.

Oui , devant moi.

îc I S E , à madame DeVval.

Que vous ai-je dit ?

/ ' Mad. D E R V A t.

Sa crainte , sa rougeur , son embarras , tout le traliît- Ah l je respire, je renais au bonheur, et je reviens à la gaîté. '

, LISE

intriguez un peu cet aimable fripon-là. '

Mad. D E R V A L , à ForviUe.

Je me reproche sincèrement, monsieur, la manière dont je vous ai reçu tantôt. Une réserve bien naturelle à mon âge m’a empêché de vous répéter ce que je vous ai si souvent écrit ; sortez de l’erreur à laquelle j’ai pu donner lieu. J’ai applaudi en vous voyant, au choix de mes parens , et je sens que l’obéissance a c[uelquefois ses douceurs.

Tin voici bien d’une autre.

FORVILLE, finement.

Je plais , mon ami, je plais, et tu ne t’en doutois pas.

Mad. D E R Y A L, à ForviUe.

Nous avons à î)arler d’affaires importantes; vous voudrez bien m’accorder un moment.

Demeure, je t’en prie, je l’exige.

LISE, C]ui a avancé un siège.

(A Derval. ) Asseyez-vous^, monsieur. Je vous tiendrai compagnie Vous me raconterez la bataille de JFontenoy , vous me parlerez du maréchal de Saxe. À.,

Point de mauvaise plaisanterie , mademoiselle , s’il vous plaît, (à Forville.) Demeure, te dis-je , ou je me fâche sérieusement. ^ '

/ FORVILLE

Comme tu voudras. Un pareil tête-à-tête ne peut trop s’acheter, {présentant La main à madame Derval. ) Je suis à vos ordres, madame ^-^t je vous prouverai , par les soins les plus tendres, combien je suis flatté de l’honneur d’être à vous.

DERVAL

Je jette mon masque; ceci devient trop vif. {passant entre Forville et sa'Jemme.) Un moment, madame. Vous ne savez pa*s avec qui vous vous retirez.

Mad. D E R y A L. x ^

Avec un homme fort aimable que vous m’avez présenté en qualité" d’époux. , ^

DERVAL

Mais c’est cju’il ne l’est pas , madame , il ne l’est pas du tout.

Mad. DERVAL.

. Ce que vous me dites est-il possible ? Ah ! j'en serois au désespoir.

DERVAL

Hé bien, madame, désespérez-vous tout à votre aise. ^ C’est moi qui suis votre mari.

Mad. DERVAL.

Toujours gai , toujours plaisant.

derval.

Je ne plaisante pas, et je n’en ai nulle envie.

Mad. derval. ^

Kappelez-vous les preuves positives que vous - même m’avez données. Mon jugement les adopte et mon cœur les confirme. '

derval.

Votre cœur! vous ne me persuaderez pas [qu’un cœur s’anime en cinq minutes.

Mad. D E R V A L.

Vous m’avez bien juré, vous , que Le votre s’étoit enflammé eu une seconde.

Cela fait votre éloge.

Mad. D E R V A L.

Je fais aussi celui de monsieur.

D E R V A L , apres un iems.

Ma chère amie ?

Mad. D E R V A L.

II est familier.

Vous m’avez bien l’air de vous moquer de moi.

Mad. D E R V A L.

Oli, je n’oserois.

J’ai voulu plaisanter et j’ai eu tort, je le sens. Le plus fin de nous n’est qu’un enfant , môme avec la plus* ingénue. Mon aimable, ma séduisante amie, vous prétendez me punir; n’est-ce pas vous punir aussi vous-môme : le tems perdu ne se retrouve jamais, ( à ses genoux. ) Grâce, femme charmante, et pour vous et pour moi.

Mad. 3) E R V A L , mollement,

Ab, je suis trop heureuse pour me défendre plus longtems. Il est si doux de céder k ce qu’on aime. ( Elle le relève et l^embrasse. )

I L ï s E , d part.

Je ne me serois pas rendue ainsi , il eût acheté la victoire.

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