‹ Les Rives illyriennesChapitre 31 sur 41 · KOLO · texte numérisé non relu

KOLO

Sur les bords des flots tu te tiens trariquille,

Castelnuovo, et tu vas comptant une à une

les ondes de la mer immense, comme un vieillard

qui, assis sur une pierre, compte les grains de son chapelet.

Oh ! quel songe céleste tu rêvas alors !

Le Lion de Venise t'assaillit de la mer,

le Monténégrin te coupa ras de terre.

Parmi les rochers de ta citadelle tous deux s'unirent

et t'aspergèrent de sang et d'onde sacrée !

Depuis lors tu n'empuantis plus de la pestn turque !

Topal-Pascha avec vingt mille glaives

sans délai vola à toa secours. Les preux

Monténégrins rencontrèrent sur lî champ de liataille

Auguste di Caméno, et ici la gloire turque

perdit son nom redoutable 1

Tout s'effondra dans un seul tombeau ; et même aujùurd'liui

tu verras la plaine parsemée d'ossements.

Au lieu d'un fait glorieux, la muse évoque-t-elle le souvenir d'un désastre "^ Elle réveille alors et eiitrelienl dans les ànies, })ar des images saisissantes, le désir et l'espoir d'iuie glorieuse revanche. Telle est l'idée qui se dégage en général des poésies de Pietro Préradovic, publiées à Agram en 1873, et qui animent son drame Kraljévic Marco. Vaillant soldat et ardent patriote, le poète fut l'ami de l'évéquf de Uiakovo et^ à la nouvelle de sa mort, survenue le 18 août 187-2, toute la diète d'Agram rendit un solenne' lionnnage îi son génie. Ses com)iositions sont remarqnatiles

IJAI>MATIK l)!'.»

par la lorce de la pensée, lu vigueur des images, renliiousiasme lyrique et l'élégance de la versificaMon. Citons seulement une allégorie, où l'auteur rappelle au peuple serbe qu'il doit laver un jour dans le sang des Turcs la honle de la défaite de Kosovo.

Page 1