‹ Les Rives illyriennesChapitre 34 sur 41 · habitants; 2.020 catholiques · texte numérisé non relu

habitants; 2.020 catholiques

893 grecs orientaux; 1.134 Serbo-Croates; (389 Italiens; 750 étrangers; un couvent d'Observantins, un couvent de Franciscains, deux paroisses catholiques, un gymnase, une école navale, deux écoles populaires.

Le diocèse catholique de Cattaro compte :

4 chanoines; 9 chapelles curiales; 19 paroisses; 0 monastères.

Le diocèse grec oriental compte :

4 protopresbytères; 43 paroisses ; 6 chapelles curiales ; 8 monastères basiliens.

Il est vrai qu'il se partage avec celui de Zara tout le territoire de la Dalmalie.

M. Luigi Maschek, chevalier de l'Ordre de François-Joseph

et conseiller impérial, a établi un répertoire géographiiiue et statistique do tous les lieux habités de la Dalmatie. La mort vient de le surprendre avant l'achèvement de sa tâche. Mais sa veuve, qui appartient à l'une des plus anciennes familles de la noblesse dalmate, a pris soin de faire publier ce remanjuable travail.

Nous y trouvons un tableau complet de ce qu'était la Dalmatie en 1781. Ce tableau, dressé par l'ordre du provéditeur général Paolo Boldu, a donc une autorité irrécusable. Il nous permet de juger par une comparaison facile des progrès de cette contrée, sous plusieurs aspects, dans l'espace d'un siècle.

Ello comptait, y compris le territoire de Raguse, en 1781 : 260.1.56 habitants; 206.882 catholiques; 52.015 grecs orientaux; 218 Hébreux; 718 villes; 44.384- maisons ; 1.152 familles nobles; 1.916 familles bourgeoises; 391.096 familles plébéiennes ; 1.529 moulins à farine; 765 moulins à huile; 1.640 chevaux de selle; 25.210 bêtes de somme ; 1.000.209 moutons et chèvres; 17.585 porcs; 79.994 instruments de labour et de pèche;

Aujourd'hui la Dalmatie compte :

476.101 habitants; 395.972 catholiques; 79.584 grecs orientaux;

283 Hébreux ; 100.7^9 maisons ; ■19 villes ; 40 bourgs.

Ces chiffres ont leur éloquence.

La population a presque doublé, et durant cette période le nombre des catholiques s'accroît de soixante-deux pour cent, tandis que celui des Grecs augmente à peine de quarante-cinq pour cent.

Quant aux Hébreux, ils tendent à disparaître.

Ces résultats satisfaisants sont dus sans doute à des causes multiples et dont tous les peuples ressentent la généreuse influence; mais ils viennent aussi de la sage et prudente administration de l'Autriche, qui favorise la religion, le commerce, l'agriculture, sans confisquer et épuiser à son profit, comme le faisait Venise, toutes les ressources et toutes les richesses de la contrée.

Malheureusement l'instruction est peu répandue et quatrevingts pour cent des indigènes ne savent ni lire ni écrire.

Une autre conclusion se dégage de cette étude, c'est que les Dalmates, slaves par la langue et les moeurs, n'ont point comme on le répète souvent, des aspirations vers l'Italie. Ils sont très attachés à la dynastie des Habsbourgs. S'ils ont nn V(T'u. c'est de former, à l'exemple de In Hongrie, un

Ktat homogène, pourvu de sa Diète et de son administration propre. Ils se rapprochent en cela peut-être du programme du grand évêque de Diakovo, Mgr Strossmayer.

Quoi qu'il en soit de ces considérations politiques, la terre qui offre des spectacles grandioses comme les chutes de la Kerka et les Bouches de Cattaro, des panoramas comme ceux des îles illyrionnes, des monuments comme ceux de Zara, de Sebénico, de Trai'i, de Spalato, la terre qui a nourri des saints, des apôtres, des savants, des littérateurs, la terre qui fournit des marins, comme ceux de Lissa, la terre qui garde des souvenirs comme ceux de Salone et de Raguse, n'esl-elle pas, sans contredit, une des contrées de l'Europe les plus curieuses et les plus intéressantes ?

Elle mérite qu'on lui applique les vers du poète :

Salve, marjna pnrans frugam

Macjna viruni

« Salut, terre féconde en moissons et féconde en héros. »

Beautés de la nature, attrait de l'art, faits de l'histoire, vestiges du passé, activité du présent, nouveauté des moeurs, variété des costumes, tout y pique sans cesse la curiosité; tout y provoque la réflexion. En un mot, les œuvres de l'homme s'unissent à celles de Dieu, pour captiver le regard et subjuguer l'esprit.

MONTENEGRO. — f'-ATTARO. — ORAGES SOUTER- RAINS. — MARCHÉ .MONTÉNÉGRIN. — LA ROUTE DE LA TSERNAGORE. — NIEGUS. — ASPECT DU PAYS. — CETTIN.IÉ. — LA CARAVANE d'ARCUEIL.

Page 1