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E COCVENT DE NOTRE-DÂME-DE-SION, A TRIESTE

Dans noire rapide coup d'œil jeté sur les hommes et les choses de Trieste, nous avons omis de signaler l'Institut religieux de Notre-Dame-de-Sion. Nous tenons à réparer cet oubli, avant de clore ce volume.

Trieste ne possédait qu'un gymnase, oii les jeunes filles et les jeunes gens étaient admis en commun. Quels que fussent le mérite et la distinction des professeurs, les inconvénients de cette fréquentation journalière frappaient tous les esprits. Les familles nobles sentaient la nécessité d'avoir pour leurs enfants un établissement chrétien d'instruction secondaire et supérieure. Sur la demande réitérée qui leur fut faite, les Religieuses de Nolre-Dame-de-Sion, dont la

maison mère est à Paris, s'installèrent provisoirement, en 1883, au sommet de la riante colline, qui domine la ville et le port et d'où la vue s'étend sur l'Adriatique et rencontre les perspectives harmonieuses du château de Miramar.

M. le chevalier d'Alber, président de la Marine, mit son infatigable dévouement au service d'une cause qui intéressait toute la cité. L'autorisation de S. M. l'Empereur d'Autriche fut gracieusement octroyée. L'intervention de Mgr Vanutelli, aujourd'hui cardinal, et de M. de Pétris, gouverneur de Trieste, abrégea plus que de coutume les lenteurs administratives. Mgr Glavina fit aux religieuses un accueil encourageant et, dès la première année, l'Institut compta une vingtaine d'élèves. Le nombre s'est accru et dépasse cette année .le chiffre de quatre-vingts.

Il a fallu songer à un établissement définitif. Les Dames de Sion ont acquis la délicieuse villa Oméro et construit un couvent de proportions régulières, parfaitement approprié aux besoins d'une maison d'éducation. Il a été solennellement bénit et inauguré au mois de mars de l'année 1886. Il s'élève à mi-côte, au-dessus des autres habitations. On y accède par la via Tigor. Un bel oratoire, de vastes classes, de magnifiques dortoirs, un jardin en amphithéâtre, de nombreuses plantations d'arbres verts qui laissent apercevoir les eaux bleues de l'Adriatique et ajoutent au charme du site des avantages hygiéniques, précieux pour la santé des enfants, enfin la science, le zèle et la distinction des maîtresses font de cette maison un institut modèle.

Les jeunes filles appartiennent à diverses nationalités. Les meilleures familles de Trieste en présentent le plus

grand nombre. D'aulres viennent de Fiume, de Gratz, de Vienne, de Pisino et de la Dalmatie.

L'instruction est donnée en français, en allemand et en italien. L'enseignement est gradué selon l'âge et les aptitudes des élèves. Il comprend les matières littéraires et scientifiques, exigées pour l'obtention des brevets, et aussi les arts d'agrément, musique, dessin, peinture. La bonne tenue, l'ordre et les travaux à l'aiguille rentrent dans le plan général. Un petit ouvroir se forme sous la tutelle du pensionnat et laisse, à côté du travail, une part à la charité.

Nous avons vu à l'œuvre les Religieuses de Notre-Damede-Sion à l'Ecce Homo de Jérusalem et à Saint-Jean-du- Désert, et nous ne sommes pas surpris de leurs succès à Trieste.

NOTE SUR LES RELIQUES DE SALNT SIMÉON, fROPHÈlE

Au chapitre m de la Dalmatie, page 134, à propos du corps de saint Siméon, déposé à Zara, dans un sarcophage d'argent, nous avons parlé de la main droite du prophète que l'abbaye d'abord, l'église de Ligneux ensuite, du doyenné de Savignac-les-Eglises, arcliiprêtré de Périgueux (Dordogne), prétend posséder depuis Gharlemagne.

Nous avons exprimé le désir que l'absence de cette main à la partie du corps restée en Dalmatie fût officiellement et

canoniquement établie. L'enquête que nous demandions a été faite depuis longtemps. Mgr de Maupas, archevêque de Zara, consulté par M. Mestaïer,curé de Savignac, a répondu le 22 mars 1888 que « le corps de saint Siméon, prophète, étant absolument entier dans le reliquaire de la collégiale de San-Simeone, il ne pouvait croire qu'il y eut, en nul autre endroit du monde que Zara, un ossement, ou la main du bienheureux vieillard. »

Mgr l'Arciievêque a daigné nous mettre en possession de l'ouvrage, où Lorenzo Fondra traite à fond tout ce qui louche à l'origine, à la nature, à l'histoire et à la translation de l'insigne relique. C'est un volume in-octavo de quatre cents pages, enrichi de belles gravures. Elles figurent le corps de saint Siméon tel qu'il est aujourd'hui dans son sarcophage et reproduisent les bas-reliefs du monument représentaut les principales circonstances de la vie du prophète, sa mort, l'embaumement et la translation de ses restes vénérés. Il a pour titre : Istoria délia insigne reliquia (li San Simeone, profeta, che si venera in Zara, scritta da Lorenzo Fondra nel secolo XVII ed ora per la prima volta publicata con annotazioni ed aggiunte. Zara con tipi dei fratelli Baltara, 1855.

L'auteur raconte très longuement, avec pièces à l'appui, la merveilleuse translation du corps de saint Siméon à Zara, l'an 1213, et cite tous les nobles de la province qui prirent le prophète pour patron en 1283 et dont les noms sont conservés dans la châsse. Il réfute les prétentions de Raguse et de Venise à la possession de ce corps. Il traite même la question du bras que Charlemagne aurait, d'après

APPENDICK 433

Dandolo, rapporté à Aix-la-Chapelle dans un voyage fait à Jérusalem et que les historiens ne mentionnent pas. Ce bras serait celui qui est actuellement vénéré à Ligneux.

Il n'est pas possible de mettre en doute l'authenticité et l'intégrité de la relique de Zara, confirmées par d'éclatants miracles.

Mais, d'autre part, le bras conservé à Ligneux jouit d'une vénération dix fois séculaire. L'ostension se fait le lundi de la Pentecôte. Le Monastère, élevé par les soins de Charlemagne, avec église, tours et coupoles, l'autorisation accordée au début du dix septième siècle par l'évêque de Périgueux et celui de Saintes à une abbesse de Ligneux de faire vénérer le bras de saint Siméon, miraculeusement échappé à la fureur des Huguenots qui avaient pillé, dévasté et incendié le couvent, et de reprendre par conséquent la tradition des ancêtres relative à cette relique, l'ancien autel même de l'abbaye, en bois doré, et remontant à Louis XIV, vendu en 1793 à la municipalité de Mareuilsur-Belle, et qui existe encore, la dévotion à saint Siméon, très répandue dans le Limousin et particulièrement à Saint- Jory-de-Chalaiset à Saint-Paul-Laroche, sont des témoignages respectables.

Malheureusement l'incendie a dévoré les documents écrits que l'on conservait au monastère. Il appartient aux savants et aux curieux de faire des recherclies et de résoudre le problème de la relique de Ligneux.

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