‹ Les Rochelais à Terre-Neuve, 1500-1550 [microforme]Chapitre 5 sur 5 · ER | 1 PO · texte numérisé non relu

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La Catherine, de Saint-Jean-de-Luz. Maitre Martin de Chauchau, È qui emprunte 260 livres tournois à la grosse aventure à Mathurin ;

Tu Dethenebault, échevin de La Rochelle, j nya ? La Marie, de Bayonne. Maitre Angerot de Soumyan, qui emprunte au mème 65 livres tournois, à .de la L'£'sprit, de La Rochelle. Armé par Mathurin Dethenebault (on écrit tillard. aussi Denebault).

Le Vicolas, de La Rochelle.

are); La Catherine, de Saint-Jean-de-Luz. | chelle.

arrive 13404 rgeois È La Louise, de La Rochelle. Janycot de Chauchau, navarraiïs, maître et art du 1 bourgeois en partie de ce navire, emprunte à sire Durand Buchet, pair, Ë marchand et bourgeois de La Rochelle, sept vingt-neuf livres dix solz Bréac, É tournois (149 1. 10 s.) à la grosse aventure. de la | | Soub 19541. | ub- Doste, À Le Nicolas, de La Rochelle. Maître Guillaume Le Ladre, armé par quinze son bourgeois, Ambroys Le Royer, marchand de La Rochelle. | 3 Des mariniers bretons sont embarqués sur un navire rochelais dont le, dit 1 on ne donne pas le nom. | ons, à x 1 Le Jacques, de Ré (ile de Ré). Maitre Jean Trousicot; armé par | ands à Philippe Méhée, marchand de La Rochelle, bourgeois du navire pour | Ro- 1 une tierce partie. | La Julienne, de Saint-Nicolas-de-Barfleur. Maitre et bourgeois, pour 266 1. ; moitié, Nicolas Armyse; emprunte en commun avec Julien Bassen, écuyer, sieur de Gastevilie, bourgeoïs de l’autre moitié, à Durand nd de Buschet, 1,885]. 15 s. 6 d., à la grosse aventure. Le navire devra reve- 1gues ; nir à Chedeboys ou sur les vases de La Rochelle. Le Rambert, de Normandie. Maître Martin du Bec, qui emprunte 130 livres à honnête femme Jeanne Mathault, veuve de honorable homme Jean Morisson, bourgeoise de La Rochelle. : Le Jacques, de Saint-Brieuc. Maitre Olivier Ruffet, qui emprunte à 'T'AÏS ; KL. Durand Buschet.

ault, ÿ La Catherine, de Saint-Brieux. Maître Meryen Harmenay, qui em-

prunte au même Durand Buschet.

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La Catherine, de Lanyon. Jean Lebeau, maitre et bourgeois, em- I prunte 95 1. 16 s. 6 d. à Durand Buschet. He La Trinité, de Saint-Jean-de-Luz. Martissant Dastingues, maitre et Ror bourgeois, achète du vin rouge pour son avitaillement à Thibault I Coutant, marchand et bourgeois de La Rochelle. l La Marie, de Saint-Jean-de-Luz. Michel de Rebillacque, maitre et I bourgeois, vend toute sa pèche future à Durand Buschet. cha La Madeleine, de Saint-Jean-de-Luz. Pernotton de Sommyan, hor maître et bourgecis, avec Martin ou Martinès de Ceuse (ou Cuise), t emprunte, à La Rochelle, à la grosse aventure, la somme de 248 li- em vres tournois, de Jean de Salignac, marchand et bourgeois de Bor- bot deaux, représenté par Regomme Réau, bourgeois de La Rochelle. Le Charles, de Bayonne. Johannes de Sainct-Esteben, François Oncier, Pelleguerin Diesse et Jehan Diesse, tous maîtres et bourgeois, chacun pour un quart; le premier de Saint-Jean-de-Luz, les trois I autres, de Bayonne, empruntent 845 livres tournois à Durand Bus- 195 chet. La Le Saint-L'sprit, de Bayonne. Maitre Colan Deule ; emprunte une somme à Guillaume du Jau, marchand et bourgeois de La Rochelle. a es 1542. écl La Louise, de La Rochelle. Maitre Jehannot de Senchot ; armée par Pierre Dethenebault, Guillaume Perle et Jean Bouhereau, marchands et bourgeois de La Rochelle, bourgeois du navire. | L’Anne, de la Flotte (île de Ré). Maitre et pilote, Nicolas Geoffroy ; Lu achète à Nicolas Bobineau, marchand et bourgeois de La Rochelle, bo du drap à la grosse aventure. | Un navire de l'île de Ré appartenant à Jean Eveillard, marchand Gu de ladite ile. | Le Baptiste, de Saint-Jear-de-Luz. Maitre Sanson de Soumyen; bo part de La Rochelle, après emprunt de 128 livres à Johannis de Sor- L handez, marchand de Bayonne.

Le Nicolas, de La Rochelle. Maitre Guillaume Le Ladre (ou Le bo Ludre); armé par son bourgeois, Ambroys Le Royer, dit Le Gouellan. di La Bonaventure, d'Olonne. Pilote, Bonaventure Courtet; bourgeoise : Catherine Garnière, veuve d'André Villon, marchand de Tal- lo mont-sur-Jard ; emprunte 81 livres à Durand Buschet. R

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La Francoise, d'Olonne. Maitre Jehan Bretault; armée par André Henry, Nicolas Bobineau et Jean Colin, marchands et bourgeois de La Rochelle.

La Barbe, de Jard. Maitre Nicolas Geoffroy ; armée par les mèmes.

Un autre navire de Jard. Maitre X. Pigeon; armé par les mêmes.

La Bergère, de Rouen. Armée par sire Pierre Lyes Dybard, marchand, demeurant près de Rouen qui achète du sel à honorable homme Pierre Guybert, marchand et bourgeois de La Rochelle,

Un navire breton, dont les mariniers, de Bréhac en Bratagne, empruntent 19 livres 9 sols tournois à André Henry, marchand et bourgeois de La Rochelle.

La Zrinité, de La Rochelle. Maitre Pierre de Vigne, qui emprunte 135 livres tournois à sire Martin Denebault, marchand et bourgeois de La Rochelle.

La Madeleine, de Saint-Jean-de-Luz. Maître sire Martin de Suhegaray, alias Cingallet ou Sugallet, marchand et voisin de Saint- Jean-de Luz, qui emprunte 5o écus d’or à sire Mathurin Denebault, échevin de La Rochelle.

Le Lorens, de Samt-Paul-de-Léon. Maitre Laurent Measpiault ; avitaillé par Louis Gargouilleau et Jean Maingault, marchands et bourgeois de La Rochelle.

La Louise, de La Rochelle. Maitre Janicot de Sancho, bourgeois, Guillaume Perle, marchand et bourgeois de La Rochelle,

La Marguerite, de La Rochelle. Maitre et pilote: André Le Broys; bourgeois : Étienne du Jau, marchand et bourgeois de La Rochelle ; engagent des mariniers bretons.

Le Joseph, de La Rochelle. Armé par Étienne du Jau, marchand et

bourgeois de La Rochelle, et sa femme Marguerite Moreau, bourgeois du navire. Re

La fleur-de-Lys, de La Rochelle. Maitre Jacques Clauteur d’O-

lonne; armée par Jannot de Combes, marchand et bourgeois de La

Rochelle, qui est bourgeois du navire.

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AR TB Magnets. 08 Dis <énne 08 VOR GRSE Ra 10 Dee re Den Sr VORND

La Marie, de La Flotte, Armée par Jean Meschin l'aîné, marchand de La Flotte, bourgeois et avitailleur du navire.

Le Vicaire, d'Arvert. Armé par Pierre Debaulx, marchand demneurant à Arvert, bourgeois du navire,

La Françoise, de Saint-Just. Maitre Lyot Houé, de Saint-Just.

La Françoise, d'Erqui, en Bretagne, Maître Simon Pader.

La Catherine, de Saint-Jean-de-Luz. Maître Censin du Halde ; achète du sel pour son voyage à sire Pierre Jourdain, sieur de Bonnemie.

Le Saint-Esprit, de La Rochelle, Avitaillé par Mathurin Denebaull, sieur du Verger, marchand et bourgeois de La Rochelle, bourgeois en partie du navire.

La Bonaventure, de La Rochelle. Maitre Jeen Allard; avitaillée par Jean Foucher, marchand et bourgeois de La Rochelle,

La Sainte-Anne, de Saint-Vincent au bout du pont de Saint- Jean-de-Luz. Maitre et bourgeois Pierre Daresteguy ; emprunte à Mathurin Detenebault, sieur du Verger, 130 écus d'or sol pour ses avitaillemens.

La Trinité, de Saint-Just. Maître Martin de Hérard; Guillon Martin, marchand, à Saint-Just, qui en est bourgeois, emprunte 334 1. 13 8. 9 d., à Jean Pivert et Guillaume Piocheau, marchands et bourgeois de La Rochelle,

La Marie, de Talmond-sur-Jard. Son bourgeois, Nicolas Lambert, du dit lieu, s'associe pour la pêche, jusqu’à concurrence d'un tiers, honorable homme Simon Mignonneau, marchand et bourgeois de La Rochelle pour 228 1. 10 8. t.

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La Bonaventure, de La Rochelle.

La Jacquette, de Saint-Brieuc-des-Baulx, en Bretagne. Maître Gilles Thonyn, quiemprunte 4o livres tournois à Symon Moudot, marchand et bourgeois de La Rochelle.

La Marie, de Capbreton.

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3 Port des navires.

Le tonnage des navires employés à la pèche varie beaucoup. On peut dir. cependant que la majeure partie des armateurs y emploient des navires de 50 à 8o tonneaux ; il ne s'en trouve pas encore de 30 tonneaux, comme cela se voit plus tard. Iln’estpasrare,aucontraire, d'y rencontrer des navires dépassant 100 tonneaux ; quelques-uns vont jusqu'à 200 tonneaux.

Voici, au point de vue du tonnage, la liste des terre-neuviers armés avant 1560 :

200 tonneaux. Le Jehan, de Charente (1558), bault,

: 150 — Le Charles, de Bayonne (1541).

bois en i4o -— La Flore, de Fécamp (1557).

à 120 — Le Baptiste, de Saint-Jean-de-Luz (1537); la Marie, taillée ! de Charente (1557) ; la Jacte, de Jard (1559). 1 100 — Le Saint-Esprit, de Capbreton (1556) ; la Pona- Saint- l venture, de La Rochelle (1558); le Rambert, de à Ma- À Normandie (1551) ; le Saint-Esprit, de. Bayonne F9 (1541).

90 La Marie, d’Ascaing (1537) ; la Trinité, de Saint- Just (1549); le Lorens, de Saint-Pol-de-Léon (1545-1546) ; le Baptiste, de Saint-Jean-de-Luz ù à (1545-1546).

uillon À 80 — La Jacquette, de Saint-Brieuc (1541) ;la Bonavenrunte ture, d'Olonne (1543); le Saint-Esprit, de ds et È Bayonne (1556); la Marie, d'Audierne (1584). À 70. — Le Christophe et l'Esprit, de La Rochelle (1534rt, du ! 1535) ; la Marie, de Saint-Jean-de-Luz (1537) ; hono- la Marie, de Bayonne (1537) ; la Marie, de La { a Ro- 1 Rochelle (1537); le Nicolas, de La Rochelle(1541) ; 4 ÿ la Marie, de Capbreton (1558).

6o — La Catherine, de Lanyon (1541).

50 La Marie, de Talmont-sur-Jard (1549); la Marie, de La Rochelle (1558).

rilles hand 4 ɑquipage.

Les équipages sont relativement nombreux. Il ne faut pas oublier en effet que la plupart des vaisseaux sont armés en guerre, et qu'aux

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gens chargés de, la manœuvre et de la pèche on joint des canonniers. L’inaccoutumance des voyages lointains. sur des embarcations d'un port relativement faible, inspirait d’ailleurs une crainte légitime, et l'on éprouvait le besoin d’élever le nombre des officiers ou des mariniers habituellement nécessaires.

Officiers. — Au commandement présidait, « après Dieu », le maitre du navire. Ce maître n’est pas toujours un personnage salarié; il lui arrive quelquefois d'être copropriétaire du navire, parsonnier et mieux « carsonnier », comme on dit alors, c’est-à-dire propriétaire du quart, les navires étant habituellement fractionnés en quarts d'intérêt. Non seulement il arrive au maitre d’avoir un intérêt dans le navire, mais aussi d'exercer en dehorsle «trafic des marchandises » ; il est marchand.

Quand le maître est marchand, il ne lui arrive pas toujours d’avoir des connaissances suffisantes pour diriger le vaisseau dans des parages lointains, dans des mers dangereuses et peu connues ; aussi lui adjoint-on parfois un pilote, l’un de ces hommes ayant couru le monde à la recherche de la fortune et des nouvelles terres, dont le pilote Alfonse de Saintonge fut le plus illustre dans les régions de l'Ouest. Parmi les pilotes qui montaient les terres-neuviers, nous pouvons, en dehors des maitres qui prennent ce tilre, citer : Nicolas Gieffroy, de l’île de Bréac au diocèse de Dol, sur la Marie, de La Rochelle (1537); Jean Vaultier, sur le Saint-Nicolas, de Barfleur (15/41)'; Jean Allard, de La Rochelle, sur la Julienne, de Barfleur (1541) ; Jean Guybert, breton, sur la Catherine, de Saint-Brieuc (1541); Bonaventure Courtet, de La Roctelle, sur la Bonaventure, d'Olonne (1543); Abraham Dygomylle ou Dygonnyle, normand, sur la Bonaventure, de Faveau (1553) ; Nouel Ribard, sur la Pierre, de Penmarc (1553); Guillaume Daniel, du Havre, sur la Bonaventure, de La Rochelle (1558).

Au maître on adjoint un second, qui porte le nom de contre-maitre, puis un maître-charpentier, bien nécessaire dans ces navigations difficiles au milieu des bancs et des Lattures de la Terre-Neuve ; puis encore, parfois, un maitre des bateaux. La présence de cet officier subalterne établit péremptoirement que dès le xvie siècle, au début de l’organisation de la pèche, on pratiquait la pêche de la morue, de la baleine et des autres habitants de la mer, en dispersant autour du navire, un certain nombre de légères embarcations, usage qui s’est perpétué jusqu'à nos jours. Il n’est pas, en effet, un habitué de nos ports qui n'ait remarqué sur le pont de terre-neuviers, ces légers bateaux emboités les uns dans les autres et qui sont chargés d’étendre,

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sur le lieu de pèche, le périmètre d'opération de cnaz équipage. Chacun de ces bateaux de nos jours, est généralement monté par deux hommes, dont l’un, le chef, porte le nom de doris!.

Si la conservation du navire exige la présence d’un maitre-charpentier, la santé des hommes ne doit pas être négligée. Aussi embarque-t-on parfois un maitre-syrurgien, un chirurgien. On y aura d'ailleurs et plaisir et profit ; car, si le maitre-syrurgien panse les blessés et soigne les malades, comme chirurgien, il se chargera en outre, comme barbier, de faire tomber les mèches folles et les barbes hirsutes des mariniers. Et ce n'était pas là certainement le moindre de ses talent ; le barbier l’emportait certainement sur le chirurgien. Le nom d'un de ces intéressants auxiliaires nous a été conservé : Julien Fustet, sur l’£sprit, de La Rochelle (1537).

L’avitailleur du navire adjoint parfois à l’équipage un dépeusier dont la présence a précisément pour but d'éviter que la dépense des vivres el des munitions ne soit trop considérable ; ou un commis, chargé de veiller à la conservation de la pèche.

Mariniers et pêcheurs. — Nous avons dit que le nombre des hommes de l’équipage était, à cette époque, relativement élevé. On trouve, en effet, fréquemment des équipages de dix-huit à vingt-cinq hommes pour des navires de 70 à 80 tonneaux, alors que cent ans plus tard on n'en aura que douze à quinze, ÿy compris les officiers, pour des vaisseaux de 150 à 200 tonneaux.

La majeure partie des mariniers jusqu’à 1550 appartient à la Bretagne, au moins pour les navires rochelais. Et ce choix n'est pas l'effet du hasard ; on ne recrute pas seulement ces équipages parmi les marins présents à ia Rochelle, mais, de convention expresse, on va les chercher en Bretagne. Voici quelques exemples de la manière dont on recrutait les équipages terre-neuviers.

Pour l'armementde la Marguerite Antoineite, de La Rochelle(1534), on va quérir en Bretagne dix-neuf marinierset on leur avances livres

1. Doris, On à étendu au matelot-chef de l'embarcation le nom de l'embarcation elle-mème. D'après Littré, Supplément, citant la Revue des Deur-Mondes, 1854, p. 122 (ir novembre), l'embareation s'appellerait dori, au singulier : « nom d'une embareation américaine pour la pêche de la morue. Embarcations à la fois légères et solides qu'on voit à bord de leurs goélettes (des Américains), et qui sont connues sous le nom de doris; ces doris remplacent avantageusement les chaloupes sur les naires de la colonie ; on les construit aujourd'hui sur les chantiers de File, »

Nous ignorons l'origine du nom, Jal ne le donne pas dans son Glossaire nau-

lique.

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ï | pour leur voyage. On agit de même pour dix-huit mariniers bretons qui sal

qui doivent monter l’Æsprit, de La Rochelle (1539). Les avitailleurs totalité de la Marguerite, de La Rochelle, donnent, en 1537, 3 écus et 2 sols, argent pour amener douze mariniers du pays breton. Les dix mariniers, le dans t maître, le pilote et un page, appelalion aristocratique du mousse, offerte : tous bretons, qui doivent monter la Marie, de La Rochelle (1537), prix d reçoivent 2 écus pour leur voyage. . k ressor L'équipage de la Julienne, de Barfleur (1541), est en revanche de La recruté dans la région rochelaise ; il se compose de Guillaume Com- s'enr padié, Michel Cuilden, Jacques Le Bonnyeu, de Quimper-Corentin ; les ar: de Mongis-Guyseau, Jean Taunay, François Millet, de la paroisse de | la pè Saint-Jean-du-Perrot, de La Rochelle; de Mathurin Maitre, de ‘ nord, Marennes; de P:erre Tavener, de Royan ; de Pierre Regard, de Saint- à eaux Thomas-de-Cosnac; de Jean Poictevin, du Château-d’'Oleron ; de 4 Il} Bastien David et Nicolas Petit, de Saint-Jean-du-Perrot; de Pierre 1 conve Nicolas, de Saint-Nicolas de La Rochelle; de Fierre Réau, Jean 4 Su Charget et Jean Gendron, de Marennes ; soit trois Bretons sur % La F seize hommes. Ë gain:

Le MVicolas, de La Rochelle, arme en 1543 avec quatorze mariniers, 1 cas, tous bretons comme le maître du navire. Les : Un contrat de 1545-1546 constate une convention plus spéciale. 4 taille

Les mariniers bretons doivent venir monter la Marguerite, de La | vent Rochelle. On leur donne à chacun 2 livres pour leur voyage ; mais il est stipulé, comme dédit, que pour le cas où ils ne se rendraient pas à La Rochelle, ils payeraient 10 livres ; et pour le cas où le voyage ne s'effectuerait pas, les bourgeois du navire ne d'vront qu’un dédit de 2 livres à chacun des mariniers. Des bases de cette convention, on peut tirer deux conclusions : la première, c’est que les mariniers J bretons étaient préférés de beaucoup à tous autres, et qu'ils faisaient grime pour les armements de Terre-Neuve; la seconde, qui n’est qu'une conséquence de la première, c’est qu'en les remerciant, on ne leur portait pas un préjudice aussi considérable que celui qu'on subissait en ne les ayant pas, et que pour un embarquement perdu, il leur était facile d’en trouver un autre à La Rochelle.

50 Solde des équipages. Partage des bénéfices.

Jusqu'au milieu du xvi siècle, le mode de salaire des équipages terre-neuviers varie à l'infini, On cherche encore un modus vivendi

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qui satisfasse tous les intérêts. Tantôt les avitailleurs se réservent la totalité de la pêche et assurent à leurs mariniers un payement en argent. Tantôt au contraire, l'équipage a sa part en nature. Mais dans tous les cas, sans exception, cette part des mariniers doit être offerte aux avitailleurs préalablement à tous autres marchands et aux prix du cours. Ajoutons d’ailleurs que, malgré tout, ainsi que cela ressort des documents, il ÿ avait déjà des usages en cours sur la place de La Rochelle, puisque pour le payement de certains salaires, on s'en réfère à ce qui se fait entre marchands. Il est vraisemblable que les armements de Terre-Neuve avaient été assimilés dès l’origine à la pêche des baleines dans le golfe de Gascogne ou les mers du nord, ou à toutes autres pêches, comme celles des merlus dans les eaux de l'Irlande.

Il peut être intéressant de signaler par le meau quelques-unes des conventions faites entre les avitailleurs et les équipages.

Sur la Marguerite, de Saint-Brieuc (1523), sur le Christophe, de La Rochelle (1534), l'équipage a droit au tiers de la pêche, huile, gains et profits « selon le cours de la mer », mais dans l’un de ces cas, les mariniers payent leur part de salaire du maître ou pilote. Les victuailles toutefois seront fournies, pour la totalité, par les avitailleurs qui reprendront le reste, s’il y en a. Les mariniers reçoivent une avance de 78 livres 5 sols tournois qui iront à la grosse avenlure.

Le 19 février 1534 (n.s.), Guillaume Legatz, marinier de Paimpol en Goelo (Goulle) est gagé, comme maître et pilote de la Marguerite- Antoinette, de La Rochelle, au prix de 30 livres tournois.

Jean Guibert, marchand de Portereau en Bretagne, embarque le 24 janvier 1535, comme maitre et pilote sur l'£sprit, de La Rochelle, au prix de 22 écus d'orsol. Sesdix-huit mariniers bretons recevrontune pipe de vin, à leur arrivée, en plus de leur salaire. Le 23 janvier 1537 (n. s.), Micheau Herlant, marinier, est engagé comme maître de la Marguerite, de La Rochelle, au prix de 30 livres tournois, en outre de son lot de pèche.

Le traité du 12 avril 1541, de la Julienne, de Barfleur, contient une clause pénale : si les mariniers ne font pas leur devoir, il leur sera rabattu «aux dires des maitres, contre-maitres, pilotes et maitres des bateaux ».

Le 26 mars 1541, un marinier breton est arrêté aux gages de 8 livres et une paire de bottes.

Le pilote et le canonnier qui commandent la Pierre, de Penmarc,

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reçoivent 8o livres, pour leur pot-de-vin ; ils auront en outre chacun Set à prendre 20 livres sur le poisson. tions

Dans le traité relatif au Laurent, de Saint-Paul-de-Léon, il est moul convenu que les avitailleurs rochelais prendront d’abord une valeur à cou] de 1,500 livres de poisson vert pour leur avitaillement, et que le reste de cette la pêche sera partagé dans la proportion d’un tiers pour les avitail- à est cl leurs et deux tiers pour les maîtres ct équipage. Qu

En résumé, et à tout bien considérer, la part en nature aban- baril donnée à l’équipage parait être tout d’abord du tiers ; des deux autres De tiers, l’un revenait au corps du navire, c’est-à-dire, à l’armateur, ila: l'autre tiers aux avitailleurs. Dans la seconde moitié du xvi° siècle, mêm une modification se produit dans le lotissement. On maintient la Vi division par tierce partie pour la pêche du poisson sec, mais on la Ë zain réduit au quart pour le poisson vert. On ne tarde pas, en effet, à ; D s’apercevoir qu’il y a plus de peine à préparer la morue séchée qu’à $ H rapporter simplement la morue verte. Pour la première, il faut en 1 et de effet créer des établissements sur la côte de la Terre-Neuve, etattenäre ‘4 L le poisson à sécher. Il arrive même à la fin du xvie siècle que les équi- 1 dest pages luttent pour obtenir une plus forte part dans la pêche. À la engi

date du 4 octobre 1608, vingt-sept propriétaires ou armateurs de mer navires se proposant d'envoyer à Terre-Neuve pour établir des sécheries de poisson, s’engagent, sous peine de 1,500 livres d'amende,

par navire, à partager au prorata des navires, à n’accorder au maître À et à l'équipage de leurs bâtiments que le tiers du produit de la pêche b pour leur salaire.

La base de ces participations ainsi établies se maintint pendant tout le xvrie siècle et le xviri® siècle, si nous en jugeons par les documents que nous connaissons. Elle ne varia, dans tous les temps d’ailleurs, que pour certains produits accessoires de la pèche.

6° Avitaillement du navire.

L'avitaillement d’un navire comprenait à la fois les objets et engins nécessaires à la pêche ou à la navigation, et les subsistances nécessaires à l’équipage.

Un armement, fait le 2 décembre 1545 pour le Laurens, de Saint- Pol-de-Léon, de go tonneaux, monté par trente hommes mariniers ou Er pêcheurs, en donnera un exemple. ‘4

On embarquait sur le navire comme matériel : # Deux cens de sel, mesure d’Oleron, pour la salaison du poisson.

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Sept câbles pour les bateaux; trois cens de bray pour les réparations du navire; douze grands couteaux propres à la pêcherie des moulues; l’on sait, en effet, qu'un homme de l'équipage est employé à couper la tête de la morue au fur et à mesure qu'on la pêche, etque cette opération demande une certaine habileté de la part de celui qui est chargé de l'opération;

Quatre bydons, sept barrils; des aouillettes, des seillaulx. — Les barils étaient sans doute destinés à contenir les huiles et les graisses ;

Des chareuils (le chareuil est la lampe destinée à éclairer l'équipage ; il a conservé dans les régions de l'Ouest la forme identiquement la même qu'avaient les lampes romaines) ;

Vingt milliers de clous; huit palles, ce sont des pelles; quarante douzaines de nattes;

Deux cens de gros bois, soixante livres de chandelles ;

Huit pièces d'artillerie, garnies de leurs boites ; deux cens de poudre et des boulets en conséquence;

Les lignes, les harpons et les clavères à pescher. — Les lignes sont destinées à la morue, les harpons aux cétacés; les clavières sont des engins dormants, clissés en osier; des claies, « aujourd’hui couramment bourgnes ou bourgnons » ;

Deux bateaulx garny de mâtset voiles ;

Des grapins et engins pour tous les bateaux (ceux qui ont pris le nom de doris et qui sont dispersés autour du terre-neuvier pour faire la pêche de la morue);

Quatre cens d’étoupes pour boucher les voies d’eau.

Les victuailles se composaient pour trente hommes, pendant un voyage d'environ cinq mois de :

Trente pippes de biscuit, soit une pippe par homme;

Vingt-six pippes de vin. (La contenance de la pippe est égale à deux barriques, soit environ 450 litres.)

Trente coustes de lard (c'est-à-dire trente quartiers de porc);

Trois barates de beurre ;

Quatre pintes de vinaigre.

7° Prèts à la grosse aventure,

La grosse aventure était pratiquée sur tout el à l’occasion de tout. L'argent prèté pour les « vitailles, munytions et apparaulx » du navire était à la grosse aventure; aussi les avances faites aux mariniers; le sel fourni pour la salaison du poisson; les étoffes et les

objets d'équipemeni vendus aux équipages, Un maître obtenait-il pour ses bons services la vente, d'une part du navire, on le lüissait débiteur de son prix à la grosse aventure,

Le risque visait les accidents de mer et les dommages causés par les ennemis ou les corsaires. Il commençait toujours aussitôt l'ancre levée et ne cessait qu’au retour du navire soit « incontinent l'ancre posée », soit après « deux gabarrées déchargées du navire », soit vingtquatre heures après l'arrivée,

Jusqu’anx environs de l’année 1550, on constate une certaine hésitation à mentionner l'intérêt du placement, par crainte sans doute de tomber sous le coup des lois prohibitives soit ccclésinstiques soit laïques.

On risque parfois timidement le mot de profit pour désigner cet intérêt; mais le plus souvent on le sent capitalisé avec le principal sans que la distinction soit faite de l’un avec l'autre, C'était là d'ailleurs la manière la plus habituelle de dissimuler l'intérêt des prêts.

L'intérêt toutefois était chose courante et ouvertement pratiquée, puisque dans certains contrats, il est stipulé que le profit sera payé au cours de Bordeaux.

Vers le milieu du xvi‘ siècle, on fait litière des prescriptions prohibitives. Et le profit apparaît régulièrement sous les noms habituels de profit ou d’aventure. Le taux de cet intérêt subit de nombreuses fluctuations. Au début, en 1537, on le rencontre à un taux peu élevé, 20 pour 100. Puis il s'élève à 25, 30, 35 pour 100, Vers 1555, l'argent est cher, on prête à 4o pour 100; mais il retombe jusqu'à 42 pour 100, et son taux habituel va de 25 à 30 pour 100, bien que ce chiffre soit quelquefois dépassé. La cherté de l'aventure est d'ailleurs en proportion de la solvabilité &e l’emprunteur et de l'éloignement de son port d'attache ou de son domicile, Ainsi les Basques et les Bretons payent parfois plus cher que les Roche!ais,

Le remboursement du principal et de l'aventure se fait au pis aller dans le mois qui suit l’arrivée du navire bien que lerisque cesse vingtquatre heures après l'ancre posée, On ne fixe habituellement qu’un délai de douze à quinze jours après l'ancre posée, Il est stipulé néanmoins que les emprunteurs pourront 8e libérer plus tôt si leur poisson est vendu. Dans la seconde moitié du xvie sitele et du xvni°, le délai de payement est généralement reporté à la quinzaine aprés l’arrivée du navire.

Il est une clause courante qu’il est bon de signaler, car elle démontre le soin que les prêteurs à la grosse aventure mettaient à dévelop-

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per leur commerce et à multiplier leurs occasions de trafic. fl est souvent spécifié pour les prèteurs, comme pour les avitailleurs, que les prêteurs auront la préférence pour l'acquisition du poisson au prix du cours ou de l'offre faite par d’autres marchands. Et les débiteurs ne sont libres de vendre leurs marchandises à qui bon semble, que si les prêteurs ont refusé de les acheter.

8 Produit de la pêche.

Il est bien difficile de déterminer, pour ces époques lointaines, quel pouvait ètre le bénéfice de la pêche. Les produits apportés sur les navires sont de nature si diverse qu’il est souvent malaisé de faire lu distinction, des uns et des autres, en quantité et en valeur.

Cherchons cependant quelques bases sur lesquelles nous puissions établir ce rapport.

En 1537, deux navires d’un tonnage à peu près égal font le voyage de Terre-Neuve. Le Christophe a 70 tonneaux; le quart du navire est vendu au maitre 270 livres, ce qui met sa valeur à 1,080 livres. La Marguerite, dont nous ne connaissons pas le tonnage, est monté par douze hommes; elle doit donc être à peu près de la grandeur du Christophe. La part de pêche de l’équipage est évaluée 300 livres. Si l'équipage est au tiers, et c'est vraisemblable, en raison de « l’usance de la mer », c’est 900 livres que vaut la totalité de la pèche. Le bénéfice du bourgeois ou seigneur du navire est de 300 livres, puisqu’un tiers de la pêche est pour la coque, l’autre pour les avitailleurs, le troisième liers pour l'équipage; 300 livres représenteraient 27,75 pour 100 de la valeur du navire.

Quelques années plus tard, les frais d’avitaillement s'élèvent un peu. En 1541, l’avitaillement du Charles, de Bayonne, navire de 150 tonneaux, coûle 995 livres. En 1549, les avitailleurs de la Marie, de Talmond-sur-Jard, dépensent dans ce navire qui ne jauge que 50 tonneaux, 685 livres d’une part, la valeur de dix costes de lard, c'est-à-dire, dix quartiers de porc, soit 10 livres, au prix courant; celle de sept pipes de vin qui à 5 livres 10 sols, prix d’alors, s'élève à 38 livres 10 sols; en tout 733 livres 10 sols, mais les prix de la pêche semblent s'élever aussi. |

Il est d'ailleurs bien difficile d'établir des moyennes, en présence des écarts brusques qui se constatent dans les apports et dans les prix. Tantôt c'est la disette du poisson, le mauvais temps ou la pira-

terie qui rendent le poisson rare sur le marché et élèvent les cours;

tantôt, au contraire, ce sont les guerres et les événements dont la # terre est le théâtre qui rendent l’écoulement de la marchandise difficile po et avilissent les prix. Les variations sont bien plus brusques que de ni { nos jours. Le Ainsi un exemple, à quinze ans seulement de distance. de

En 1556, le Baptiste, de Saint-Jean-de-Luz, du port de 100 tonneaux, revient à La {Rochelle avec quarante milliers de morues parées pr et séchées, soixante milliers de morues vertes tant grandes que de | moyennes et petites, vingt barriques de baleine pacquée et douze pe | barriques de graisse de morues. Le tout est estimé 4,325 livres. ot | En 1571, la Madeleine, d'Olonne, navire du même tonnage, rap- le porte seulement seize milliers et demi de morue de toute grandeur, af tant verte que sèche ; et sa cargaison se vend 5,400 livres. ef Peut-être l’accumulation des documents nous permettra-t-elle un M jour de signaler les vraies causes de ces fluctuations. Ce sera l’objet 80

d’un nouveau mémoire dont les lignes ne sont pas encore arrêtées, mais qui comprendra l’historique de la pêche des morues aux xviie et xvinr* siècles.

Conclusion.

Au moment où l’on suscite tant de difficultés à nos nationaux sur leurs établissements de pêche, sur la nature des produits de la mer que l’on doit pêcher et ceux qu'il est interdit de capturer, il est utile de dire quelques mots de la manière dont la pêche se pratiquait à l’origine.

| Nous avons dit que la poursuite de tous les poissons et notamment

{ des baleines avait entrainé nos pêcheurs vers les régions du nord.

| En fait, la pèche des baleines est l’un des buts ouvertement proposés

dans les armements. Les harpons destinés à capturer les cétacés sont d’ailleurs indiqués sur un grand nombre de navires. Nous les avons déjà mentionnés. Le Jehan, de La Rochelle, armé en 1556 par hono-

\ rables hommes Jehan Disnematin et Pierre Jouhanneau, bourgeois

de La Rochelle, contient à cet égard des détails caractéristiques; c’est

l’énunération des divers instruments, qu'avec les « ains », c’està-dire les hameçons pour les morues, on emportait pour la pêche des

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célacés : « deux grandes lances à tuher baleines, une douzenne de harpons, une douzenne de petites lances, deux douzennes de bastons pour emmanscher les arpons ». Pour les marsouins ou porcilles, le même navire contient deux petits harpons. Dans le Saint-Pol-de- Léon, on trouve, comme nous l’avons signalé, des engins dormants destinés à prendre sur les fonds des poissons et des crustacés.

C’est qu’en effet il n'y avait pas, il ne pouvait y avoir de mesure prohibitive. Il ne serait venu à personne, jusqu’à nos jours, l’idée qu’en dehors des poissons royaux des côtes de France, ce qui pouvait être permis ou possible pour certains produits de la mer, était impossible ou interdit pour d’autres. Aussi désigne-t-on, dans les contrats, sous le terme général de « poissonneries », tout ce que les vaisseaux doivent apporter et apportent effectivement de Terre-Neuve. On trouve en effet, dans le même chargement, de la baleine ou de la porcille, de la morue verte, de la morue séchée, des graisses, des huiles de toutes sortes, des « poissonneries » en un mot.

Il n’y a pas de doute notamment que la pêche de la morue ne fût pratiquée alors, comme dans des temps plus rapprochés de nous. La morue se divisait en morue verte, en morue séchée ou parée. La salaison, on disait alors la « saumaison »', de la morue verte se faisait vraisemblablement alors comme aujourd’hui. On trouve la mention des couteaux à décoller et des couteaux à trancher la morue, ce qui prouve que l’on ouvrait le poisson pour le ranger à plat dans la calle, Quant à la façon dont on préparait à terre la morue fumée ou stockfisch, nous avouons que pour le xvi® et le commencement du xviie siècle les renseignements nous manquent totalement. Qu’il y ait eu à {erre, avant les campagnes de Mons et de Champlain, c'est-à-dire avant 1604, des établissements au moins provisoires, cela n'est pas douteux puisque les navires arrivent chargés en tout ou en partie, dans des proportions considérables, de morues séchées. Il est même à remarquer que des sécheries s'élevaient sur la côte sud comme sur la côte nord de Terre-Neuve. Dans le règlement fait le 24 juillet 1596 « pour les chaïis, calles et guabarres du port de La Rochelle », le dépôt de la morue, « poissson paré, paye, par mois, pour celluy du nort, 4 solz, pour celluy du sux, 5 solz. » Puis dans la déclaration du corps de ville de La Rochelle pour les droits de courtage, balisage, etc. du 13 janvier 1601, les navires qui vont à Terre Neuve doivent le fret du tonneau, liquidé, par l’échevinage, pour ceux qui vont au banc à

1. À rapprocher du mot saumatre. V. Littré, Dictionnaire, à ce mot. .. tres © ttes ce, Lt 60e St . . CN

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4 écus, et pour ceux qui vont à terre à 6 écus. Les établissements à terreétaient donc alors d’un usage courant. En 1608, vingt-sept armateurs rochelais faisaient sécherie à Terre-Neuve. L’occupation des côtes par des Français n'est donc pas discutable.

De tout cela il résulte et nous avons le droit de conclure comme nous l’avons fait, « que les Français avaient une possession effective et incontestée des pêcheries de Terre-Neuve; que dès le milieu du xvI® siècle, ils avaient organisé la pèche et les expéditions pour l'Amérique du Nord, dans les conditions qui se maintinrent pendant plus de trois siècles, et que rien n'autorise les modifications que l’on

prétend aujourd'hui apporter à nos droits, »

ANGERS, IMP. A. BURDIN ET Ci®, #, RUE GARNIEK.

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