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jusqu'à deux millions. D’après un calcul fait par ordre du général Murray, en 1762, et fondé sur les droits payés pour cette marchandise en 1754 et 1755, elle était tombée à 1,547,885 francs la première de ces années, et à 1,265,650 francs la seconde. Mais, les registres de douanes, d’où l’on avait tiré ces renseignements étaient, dit-on, ir:éguliers. Les traitants les plus habiles étaient d'opinion qu'année commune le total des fourrures expédiées atteignait la valeur de trois millions et demi.
Bien que les balances commerciales de {a direction de la Rochelle comprennent en bloc la valeur des marchandises importées des îles françaises d'Amérique et du Canada, on pourra se faire une idée, par le relevé ci-après, de la valeur des peaux et pelleteries importées du Canada, sachant que la plus grande partie de ces marchandises venaient de cette colonie.
Or, voici les renseignements extraits des balances commerciales dont il s’agit, de 1718 à 1761, sauf les années 1742, 1743, 1745 et 1755 qui manquent dans les archives de la Chambre de Commerce de la Rochelle.
Comme on le verra, ces importations ont atteint 1,411, 285 livres en 1730 ; 2,803,679 livres en 1749 ; 3,932,127 livresen 1754 ; puis sont retombées à 1,988,869 livres en 1757, dernière année du commerce florissant entre le Canada et la Rochelle,
Ces chiffres démontrent bien que ceux donnés sur l’ordre du général Murray, en 1762, étaient invraisemblables.
(Suit le relevé).
Le di As. oies
Castors gras.........
astors SeCS ........
Peaux de martres.....
Peaux d’ours........
Peaux de loups ......
Peaux de cerfs.......
IPeaux de chevreuils.
Peaux d’orignaux....
Pelleteries communes.
uirs tannés........
uirs en poils.......
Totaux...
ASLOrS gras. .......
astors secs ..... see Peaux de martres ....
Peaux d’ours........
Peaux de loups.........
Peaux de cerfs.........
Peaux de chevreuils ....
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Pelleteries communes...
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Totaux.....
Marchandises importées à la Rochelle.
— . ——— ————aEZEEEEEEE
tors gras........... 4,800! 245,650 39,780 44,024 196,295] 284,100 97,875 174,360 98,280! 322,819 DrS S6CS........... 164,130 180,720] 187,578 164,172 112,035] 310,700 77,550] 118,020 24,435] 852,300 Peaux de martres. ..... 21,995 127,149 64,164 33,106 98,491 55,240 118,090 73,040 28,107 146,928 Peaux d'ours... .. use 24,075 65,790 49,200 53,070 81,624 43,722 50,128 28,386 11,049 84,576 Peaux de loups........ 3,916 18,673 1,788 2,708 2,787 3,585 3,530 908 280 3,870 Peaux de cerfs. ........ 6,344 15,130 17,890 21,894 61,472 42,390| 179,494 88,000 28,635 450,09€ Peaux de chevreuils.... » 9,759 » » » » » » » » Peaux d’orignaux. .....…. 18,060 7,775 24,140 27,380 36,090 6,540 25,992 11,980 à,994 74,89 Pelleteries communes. . 15,562 64,665 41,288 33,830 84,650 29,598 75,600 18,060 3,797 143,77: n'rs tannés........... 1,284 » 4,490 4,180 43,657 2,328 2,285 6,800 8,720 41,3€ uirs en poils.......... 2,457 1,072 3,830 8,440 65,772 22,990 8,060 4,800 6,695 5,7€ Totaux... 262, 223 776,383 431,148 389,804 759,873 801,123 638,604 521,354 211,952] 2,096,392 Mc 2. 215,816 2 201,560 17,300| 205,400 64,14 onrdacuss 461,184 : 403,560 552,008 468,750 99, nues 117,672 74,544 64,700 37,2 88,225 M,561 77,085 47, Peaux de loups... ...... 16,127 24,409 35,547 19.8 Peaux de cerfs......... L 5,6 228,000 80,832 196,850 229, 3 » 60,291 7,200 19,8 95,452 11,718 6,165 6,2:
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Dans les premiers temps, la traite se fit à des entrepôts où les sauvages apportaient eux-mêmes leurs pelleteries à certaines époques de l’année. Après Tadoussac, après Québec, après les | Trois-Rivières, Montréal devint et demeura le principal comp- | toir. On voyait les sauvages arriver au mois de juin, dans leurs canots d’'écorce chargés de pelleteries, Leur nombre grossissait à mesure que le nom français s’étendait au loin. Jamais ils n’arrivaient vendre leurs fourrures sans amener avec eux quelques-uns d’une nouvelle nation. C’est ainsi qu'on vit se former à Montréal une espèce de foire où se rendaient tous les peuples de ce vaste continent.
Après avoir été admis à l’audience du gouverneur, les sauvages portaient leurs fourrures au comptoir de la compagnie ou chezles marchands de la ville, qui avaient le privilège de les acheter pour les revendre ensuite à cette compagnie.
Ils recevaient en échange des écarlates, des couteaux et de la poudre. Cela dura tant que les Français n’eurent point de concurrents. Les Anglais, dit Raynal, avaient des avantages sur les Français. Leur navigation était plus facile et dès lors leurs marchandises étaient offertes à meilleur marché que les nôtres. Ils fabriquaient seuls les &rosses étoffes, qui convenaient mieux au goût des sauvages. Le commerce du castor était libre chez eux, tandis que chez nous, il était et fut toujours asservi à la tyrannie du monopole. C'est avec cette liberté qu’ils interceptaient la plus grande partie des marchandises qui faisaient la célébrité de Montréal.
Alors s'étendit chez les Français du Canada la passion de courir les bois, qui fut celle des premiers colons. On accorda chaque année à vingt-cinq personnes la permission de franchir les limites du territoire pour aller faire le commerce chez les sauvages. U C'étaient des espèces de privilèges qui duraient un an, qu’on
vendait, et le produit en était attribué par le gouverneur de la colonie aux officiers ou à leurs veuves et à leurs enfants, aux hôpitaux ou aux missionnaires, à ceux qui s'étaient do hit * par
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une belle action ou par une entreprise utile. Le gouverneur ne tenait compte à personne de cette partie de son administration.
Cette manière de faire eut des suites funestes. Plusieurs de ceux qui faisaient la traite se fixèrent chez les sauvages pour se soustraire aux associés dont ils avaient négocié les marchandises. Un plus grand nombre encore allèrent s'établir chez les Anglais où les profits étaient plus considérables. Ceux qui revenaient dans la colonie rapportaient un bénéfice énorme.
Ces congés qui étaient cessibles tombaient souvent dans le commerce. Comme ils donnaient le droit de rapporter la charge de plusieurs canots ils se vendaient ordinairement six cents écus. Six hommes partaient avec mille écus de marchandises et revenaient avec quatre canots chargés de castors de la valeur de huit mille écus. Déduction faite des six cents écus pour le congé, de mille écus pour les marchandises et en outre de deux mille cinq cent soixante pour le prêt à la grosse aventure , que le marchand recevait de ses avances, autrement dit de quarante pour cent sur les six mille quatre cents écus restants, le surplus appartenait aux coureurs de bois. Le marchand revendait le castor au bureau de la compagnie à vingt-cinq pour cent de profit. IL était payé en marchandises ou en récépissés qui avaient cours de monnaie dans la colonie et qui étaient rachetés par des lettres de change à terme que les agents de la compagnie tiraient sur le caissier à Paris. Il est inutile de dire qu'avec un pareil système et de tels bénéfices , on devait finir par rebuter les sauvages et perdre entièrement un commerce où le vendeur primitif voyait sa marchandise rapporter, après qu'elle était sortie de ses mains, sept cents pour cent de profit, sans qu'elle eût changé d'état.
Ce ne fut qu’à partir de 1666 que le commerce des pelleteries devint libre, sauf celui des castors et des orignaux, qui resta toujours aux mains des compagnies.
Les Rochelais protestèrent constamment contre ce système commercial, et si son abandon ne fut pas dû à leurs réclamations, elles n’ont pu qu'y contribuer,