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OXYDES TERREUX

Périclase (MgO). — Dans la nature on trouve ordinairement le mélange isomorphe (Mg, Fe)0 cristallisé en octaèdres réguliers. Infusible au chalumeau, soluble dans les acides; très rare.

Reproduite par Deville qui soumettait la magnésie terreuse à l’action d’un courant d’acide chlorhydrique, par Daubrée qui faisait réagir la chaux sur le chlorure de magnésium, et par Ebelmen qui soumettait leborate de magnésie à une température très élevée.

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Brucite [(H2, Mg)02 ou MgOH*0]. — Cristallise en tables hexagonales (a') modifiées par des rhomboèdres. On a pris pour primitif le rhomboèdre pp s 82023'. Le clivage a1 est facile. Dureté : 2 ; densité : 2,35. Infusible au chalumeau. Axe optique positif. Indice moyen de réfraction : 1,55p. Propriétés thermiques.

Une variété fibreuse, la némalite, se transforme à l’air en hydrocarbonate.

Corindon (APO3). — Les formes dérivent d’un rhomboèdre de 86°4' dont on appelle les faces/?, pa 1 zi 122026; exex — 68°45'.

Les formes les plus habituelles sont p, a1. dx (rubis naturel); es zz dldl/3bl, dxdl'5b L3, didll1blt 5, dxdl^b1/7. eses z= i22°22'àla

base et i28°3' à la pyramide; isocéloèdresoù l’on a ix — y — zen écrivant comme symbole général d l/xdl'V é1/2 et prenant y > x.

La figure 207 montre les formes es, i ( d ldll5b{/z), e1, d1. Ces faces sont souvent arrondies, et la pyramide prend la forme d’un fuseau (saphirs de l’Orient) .

Les bases sont généralement striées suivant leur intersection avecp, quelquefois avec d1. On rencontre souvent des macles suivant les faces p.

Clivages suivant a 1 et p, souvent très nets ; quelquefois un des clivages/? est moins net que les deux autres.

L’axe optique est négatif. On rencontre souvent des anomalies optiques, qui ont fait regarder par Mallard le véritable système cristallin comme pseudorhomboédrique. Mais, en général, les courbes isochromatiques sont bien circulaires, et la croix noire se disloque peu ou point. Transparence de tous les degrés. Éclat adamantin. Indice de réfraction assez considérable. Indice moyen: 1,768. ^0=1:1,769; ne zz

? ,760 pour le jaune (Ozann).

Les corindons d’un bleu un peu intense sont généralement plus bleus dans la direction de l’axe que dans les perpendiculaires ; d’autres montrent des colorations un peu différentes en lumière réfléchie et en lumière transmise; quelques variétés paraissent

bronzées avec un certain éclat métallique sur la base ; d’autres sont ternes et presque opaques. Dureté : 6 ; densité : 4-

Couleurs : blanche [corindon blanc, télésie , saphir blanc, iacut blanc des Arabes ) ; rouge écarlate, rouge sang de bœuf ( escar boucle , rubis oriental , rubis iacut rouge); violette ( améthyste orientale ); bleue [saphir oriental , iacut bleu, non pas le saphir de Pline); jaune ( topaze orientale , iacut jaune); il y en a d’un vert d’eau, et même d’un vert émeraude ( émeraude orientale).

Le corindon est infusible, insoluble dans les acides. Il peut être amené à l’état de sulfate quand il est chauffé à une haute température avec du bisulfate de potasse.

Reproduction. — L’alumine fondue peut, en se refroidissant lentement, prendre en masse une structure cristalline aussi régulière que l’eau qui se congèle à la surface d’un bassin. Aussi Gaudin a-t-il pu du premier coup reproduire le rubis avec tous ses caractères physiques en se contentant de fondre, au chalumeau oxhydrique, de l’alumine à laquelle il mêlait un peu de chromate de potasse.

Ebelmen mêlait de l’alumine à de l’acide borique, suivant sa méthode générale, et il exposait le tout à la température des fours à porcelaine; à cette température, l’acide borique se volatilise et l’alumine cristallise en lamelles hexagonales très minces.

Sainte-Claire Deville et Caron, au fond d’un creuset de charbon enfermé lui- même dans un creuset d’argile, introduisaient du fluorure d’aluminium, et, au-dessus du creuset, ils assujettissaient une petite coupelle de charbon remplie d’acide borique. A une haute température, il se forme du fluorure de bore qui se volatilise et de l’alumine qui cristallise sur la capsule plate de charbon.

Frémy a 'd’abord pris pour fondant un silicate de plomb qu’il formait au moyen de minium porté à une haute température dans un creuset de terre qui fournissait la silice et l’alumine. Plus tard, en collaboration avec M. Yerneuil, il a mélangé du fluorure de calcium et de l’alumine; le fluorure a un grand pouvoir minéra-

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lisateur sur l’alumine qui forme de très jolis cristaux ornés de facettes nombreuses et obliquement rhomboédriques.

On vend aujourd’hui, sous le nom de rubis régénérés ou reconstitués, de l’alumine à structure cristalline régulière, ayant toutes les propriétés physiques du vrai rubis (densité, dureté, caractères optiques), mais montrant à la loupe des bulles intérieures qui décèlent le passage d’un gaz et rappellent le procédé de Gaudin. Nous avons assisté, à l’École de physique et de chimie, à des expériences faites par MM. Terreil, Laugier, sous la direction de M. Étard. On avait placé dans un creuset d’alumine, une petite quantité d’alumine, aussi pure que possible, obtenue avec de l’alun ammoniacal qu’on avait fait cristalliser plusieurs fois. Au moyen de l'appareil puissant dont l’École dispose, on a lancé la flamme oxhydrique sur le petit tas d’alumine, dans le creuset recouvert lui-même de la même matière, et l’on a obtenu un globule fondu comme ceux de Gaudin, mais composé de trois cristaux groupés parallèlement à p et qui montraient chacun très régulièrement les anneaux colorés circuaires et la croix noire.

Quant aux colorations diverses que les corindons présentent, ôn doit attribuer celles d’un rouge de sang, d’un bleu céleste, d’un vert émeraude, à des oxydes de chrome qui se sont formés sans doute à des températures différentes; car on peut reproduire ces couleurs en mêlant du bichromate de potasse à l’alumine soumise à la flamme oxhydrique, et l’on voit qu’elles se manifestent dans des régions soumises à des élévations différentes de température. Le corindon rouge, comme les pierres de cette teinte colorées par le chrome, devient vert à une température élevée et reprend à froid sa couleur rouge. Le saphir doit-il sa coloration au chrome ou au fer?

Diaspore (A120"H20). — Cristallise dans le système orthorhombique.

mm — 93.°42 ; bl,2bU^ — 126010' (sur a1) ; h7' h3 zz 1 19047'.

Se clive très facilement suivant g*. Plan des axes optiques g1 ; bissectrice aiguë positive normale à h 1

Angle apparent des axes zz io3°9'; p < 0.

GROUPE DES SPINELLES

Densité : 3.3 à 3,5; dureté : 6.

En masses lamellaires, imparfaitement fibreuses, d’un gris perle ou rosé avec éclat nacré, parfois d’un brun jaunâtre ou rougeâtre, quelquefois verdâtre. Les variétés de Schemnitz sont d’un bleu rougeâtre normalement à p, d’un bleu violet normalement à gi, d’un vert d’asperge normalement à h1. Indice de réfraction moyen : 1,722 pour le jaune.

Hydrargillita ( gibbsite ) (APO^tLO). — Pseudo-hexagonale. mm — ii9°io'; pal — i29°io. Clivage p très facile. Plan des axes normal à y1 ; bissectrice aiguë fait 210 avec l’arête glhl. Densité : 2,34 à 2,39 ; dureté : 2,5 à 3.

La gibbsite se présente quelquefois en masses terreuses irrégulières, blanches.

Beauxite (A120'2H20). — Se distingue surtout de l’hydrargillite, parce qu’elle n’est pas pure; elle est ordinairement mêlée d’oxydes de fer. Sa densité est 2,65. On la rencontre en grains arrondis, concrétionnés, grisâtres, rougeâtres, mêlés d’oligiste et de limonite, dans un calcaire compacte, parfois en masses oolithiques ou terreuses, généralement calcarifères, à Beaux, près d’Arles (Bouches-du-Rhône), à la Guyane française, dans la crique- Boulanger, rivière Comté, où elle passe à l’hydrargillite.

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