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ESPÈCES JOUANT LE ROLE DES FELDSPATHS DANS LES ROCHES

Ce sont des silicates d’alumino-alcalins où les proportions d’oxgène contenues dans les protoxydes et dans l’alumine restent dans les proportions de i à 3, qui ne renferment que très peu ou môme pas de magnésie, qui se trouvent associés avec l’amphibole et surtout avec le pyroxine dans des roches éruptives, où elles semblent remplacer en partie ou même en totalité les feldspaths.

Néphéline. — 4Na20, 4A1203; qSiO2 ou peut-être mieux Na20Al2034Si02 ; l’oxyde de fer remplace quelquefois un peu de la soude.

Forme : prisme hexagonal modifié parfois sur ses angles ou sur ses arêtes basiques/^1 =z i36° 1 1\

Clivages difficiles : m, p.

LES MINERAUX

Éclat vitreux; souvent les cristaux sont nébuleux. Dureté 5,5; densité : 2,6 environ.

Au chalumeau la néphéline fond en verre bulleux assez difficilement; elle est soluble dans les acides en faisant gelée.

Au microscope, les plus petits cristaux bien conformés montrent des sections quadratiques ou hexagonales, des colorations assez vives en lumière polarisée parallèle dans les lames qui ne sont pas trop minces; souvent elles renferment des inclusions d’augite jaunâtre de Hornblende, verdâtre ou même d’apatite. D’autres se montrent comme semées de très petits prismes qui, à un plus faible

grossissement, ressemblent à des traînées de poussière alignées parallèlement au contour des lames (fig.

245 et 246). L’apatite est en général plus aciculaire et la néphéline plus courte et plus large. Axe optique négatif. Indice de réfraction très faible.

Éléotithe ou pierre grasse. — Éclat gras dans la cassure, couleurs assez variées, verdâtres, rougeâtres, pâles.

Elle renferme souvent des inclusions d’amphiboles ou d’ægyrine fibreuse, ou bien des matières vitreuses ou fluidales. Caractères géométriques et optiques de la néphéline. On rapporte à cette espèce la Liebénérite du Tyrol, qui ne contient pas de soude, mais de 2 à 4 0/0 d’eau, la Davyne , qui renferme de 10 à i4 0/0 de carbonate de chaux.

Amphigène. K20Al2034Si02 (svn. Leucite ou grenat blanc). — Elle contient 2, i5 potasse ; 23,5 alumine ; 55 de silice; les rapports d’oxygène y sont les mêmes que dans l’andésine 1 : 3 : 8. Longtemps l’amphigène ou grenat blanc était cité comme un exemple naturel de substance cristallisant en trapézoèdres a2, les faces adjacentes qui entourent l’axe quaternaire faisant entre elles un angle de i3i°4o qui est l’angle des faces a2 dans le système cubique.

Elle n’est que pseudo-cubique.

Il y a quelques années, -vom R.ath a trouvé entre les angles des

LES FELDSPATHS

faces adjacentes des différences qui lui ont fait décomposer la forme de l’amphigène en deux autres dérivées d’un prisme quadratique (fig. 247) : l’une ci-, octaédrique, l’autre comprenant les faces notées ici i, i constituées par les douze faces d’un dioctaèdre; les faces b 1 et celles du dioctaèdre étant distribuées symétriquement autour d’un axe quaternaire

prisme rhombique et comme composé de l’octaèdre rhombique b1, au lieu du quadratique a2 et de deux autres octaèdres également rhombiques a3 (bV^b'h1), e3 [b'b[^ h1) entre lesquels se divise l’octaèdre i de la figure. Dans la notation de Miller ces symboles seraient (112) (211) et (121). Les angles principaux sont blbr i32°53' adj. b'b1 — i32°53 adj . latéralement a3a3 = i32°i 6 'en avant; e3e3 latéral i3o°i4' adj. e3e3 — i3r°47' adj. en haut.

Généralement les gros cristaux sont constitués par deux demiindividus groupés suivant un plan e\ qui serait la direction d’une face du dodécaèdre rhomboïdal, si le cristal était cubique. Les sections minces laissent apercevoir en lumière polarisée parallèle des stries sombres ou claires qui échangent leurs intensités lorsqu’on

L’amphigène a pour dureté 5,5, pour densité 2,5, une cassure

malies optiques ont fait regarder par Mallard les cristaux de cette substance comme ayant pour forme primitive

(hauteur du prisme). Depuis, des différences observées dans les angles des faces du dioctaè-

dre et la disposition des ano- c

Fig. 247.

tourne la plaque et qui montrent les groupements complexes des lames intérieures. On distingue aussi au microscope de nombreuses inclusions d’augite, de néphéline, etc., disposées à la file les unes des autres parallèlement aux côtés des sections minces octogonales (fig. 248).

LES MINÉRAUX

conchoïdale, vitreuse, avec des traces de clivages nombreux. Elle est rarement incolore et limpide; elle est souvent blanchâtre et quelquefois même altérée en une sorte de kaolin (Rocca Monfina), parfois d’un rouge incarnat. Elle est infusible au chalumeau, attaquable par l’acide chlorhydrique, sans faire gelée.

Reproduction de la néphéline et de Vamphigène . — En chauffant dans untube d’acier garni de platine pendant deux ou trois jours à 5ooodu mica muscovite de Moos, Norvège, pulvérisé avec i/3 ou i/4 de potasse et 20 parties d’eau, MM. Charles et Georges Friedel ont obtenu des lamelles hexagonales ou rectangulaires d’une néphéline potasso-sodique. En chauffant dans ce tube 1 de mica et 1/2 de silice calcinée, ils ont produit des cristaux d’orthose, des prismes hexagonaux de néphéline et de beaux cristaux biréfringents, à taxe négatif, d’amphigène.

Hydronéphélite. — A la suite de l’éléolithe on peut placer comme produits d’altérations l’hydronéphélite de Clark et Diller Na2H Al3Si3 O12 + 3 à 9 ou 3(Na2, H2;03Al20363i02 4- 6 à 9 qu’on rencontre dans la syénite éiéolithique de Lichtfield, matière en agrégats pailletés épigéniques sur l’éléolithe. Elle montre troisdirections de clivage et les caractères optiques d’une substance uniaxe. ne-n0 — 0,012 environ. Elle a les indices de réfraction et la biréfringence de la natrolithe; mais celle-ci est à deux axes optiques.

Densité environ 2,26. Elle fait gelée dans l’acide chlorhydrique. La Ranite de Brogger ne parait différer de l’hydronéphélite que par la substitution d’une certaine quantité de chaux à la soude.

Sodalithe : (3Na20,3Al203,i2Si02,2Nacl). — Silicate d’alumine et de soude combiné à du chlorure de sodium. Cristaux vitreux, incolores, d’un vert d’herbe, d’un bleu d’azur, perdant au feu cette couleur, fusibles en verre incolore; solubles dans les acides, en faisant gelée. Dureté : 5,5 ; densité : 2,20. Forme : le dodécaèdre rhomboïdal (fig. 157) qui prend l’apparence d’un cristal du système hexagonal par déformation. Clivage : parallèles aux faces du dodécaèdre rhomboïdal. Pulvérisée avec du sel de phos-

LES FELDSPATHS

phore et de l’oxyde de cuivre, la sodalithe colore en bleu la flamme du chalumeau.

Au microscope, ordinairement, elle a des contours mal définis et prend des teintes très pâles ou incolores en lames minces. L’indice de réfraction est faible, d’environ 1 ,483.

Haüyne. — Silicat d’alumine, de chaux et de soude, combiné à du oulfate de soude. On lui attribue la formule :

(Na2Al2042Si03) + -f(Na2S04) — 3(Na20Al2032Si05)

+ 2Na20S03.

Les cristaux ordinairement bleus, quelquefois incolores, appartiennent au système cubique et se clivent suivant les faces du dodécaèdre rhomboïdal (fig. 249); ils sont difficilement fusibles au chalumeau ; fondus sur le charbon avec du carbonate de soude, ils donnent du sulfure de sodium qui dégage de l’hydrogène sulfure, lorsqu’on le traite par de l’eau acidulée. Ils font gelée avec les acides. L’indice de réfraction est de 1,496; la densité 2,28 à 2,4; la dureté 5,5.

La noséane ne différé de l’haüyne que par ce qu elle ne contient pas de chaux et parce qu’elle a une couleur plus grisâtre.

L’haüyne et la noséane qui jouent' un certain rôle dans les laves et dans plusieurs leucitophyres, phonolithes, ont pour caractère spécial au microscope une disposition des parties claires et obscures dans leurs cristaux à contours quadratiques, hexagonaux, souvent dissymétriques suivant la direction des sections qu’on y pratique ou la régularité plus ou moins grande de leur conformation. On y observe des sortes de lignes striées, rectangulaires sur les faces du cube ou disposées à 6o° les unes des autres autour des axes ternaires qui tiennent à des traînées de matières vitreuses ou d’oxydes de fer.

Lapis-lazuli. — Composition et propriétés chimiques de la noséane. Matière d’un beau bleu d’azur, souvent plus ou moins char-

LES MINÉRAUX

gée de petits cristaux de pyrite d’un jaune d’or (lapis de l'Orient) ou d’un bleu plus pâle, ayant une densité et une dureté voisines de celles de l’haüyne, de formes cubiques, à clivages imparfaits. On attribue à un sulfure de sodium et de fer qu’il renferme la coloration en bleu d’outremer de ce silicate. Le lapis est opaque; en lames très minces, il laisserait voir une certaine action sur la lumière polarisée.

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