‹ Les roches et leur éléments minéralogiques, descriptions--analyses microscopiques--structures--gisementsChapitre 118 sur 197 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

ZÉOL1THES

Zéolithes. — Silicates hydratés d’alumine et de bases alcalines ou alcalino-terreuses, attaquables par les acides, qui en séparent de la silice gélatineuse, floconneuse ou pulvérulente et qui au chalumeau se ‘gonflent en bouillonnant, la plupart en fondant. Dureté de 5 à 5,5.

On peut les rapprocher des feldspaths auxquels on ajouterait de l’eau. Ces silicates ne contiennent pas de magnésie et ils offrent comme rapport de l’oxygène des protoxydes à celui de l’alumine le nombre î : 3.

Quelques-uns perdent un ou plusieurs centièmes de leur poids dans l’air sec et peuvent reprendre dans l’air humide l’eau qu’ils ont perdu. M. Damour a observé même que l’eau perdue à des températures de plus de ioo° peut rentrer dans la pierre quand on la replace dans une atmosphère humide. La mésotype, par exemple, abandonne presque toute son eau à 2^o° et se réhydrate à l’air libre. Plusieurs ne sont déshydratées complètement qu’au rouge sombre ou même au rouge cerise.

On peut les diviser en zéolithes : i° prismatiques; 2° rhomboédriques; 3° cubiques.

ZÉOLITHES

i° Prismatiques avec clivage facile, à éclat nacré :

Stilbite (Ga,Nas)0Ala036Si0*,6 aqou [Ca,Na2)Al2Si2012 + 6 aq.

Heulandite (Ca,Na2)0Al2036Si02 -j- 5 ou 6 aq.

Epistilbite Ga0Al2036Si02 + 5 aq ou CaAl2Si6Ot6, 5 aq.

Brewstérite (Sr,Ba,Ga)Û6Si02 5 aq ou (Sr,Ba,Ca) Al2Si60'% 5 aq.

Mordénite (K%Na2,Ca)0i0Si02, 7 aq.

Avec clivages moins distincts :

Thomsonile (Ga,Na2)0Al2032Si0'5 aq ou (Ca,Na2)Al2Si208, 5 aq.

Mésotype Na20Al2033Si03 2 aq ou Na2Al2Si30,u, 2 aq.

Edingtonite Ba0Al2033Si02 3 aq ou BaAl2Si3010, 3 aq.

Scolésite Ca0Al2033Si02 3 aq ou Ga Al2Si30'°, 3 aq.

Mésolite idem.

Laumontite Ca0Al2034Si02, 4 aq ou CaAl2Si4012, 3 aq.

Harmotome(Ba,K2)Al2035Si0% 5 aq ou (Ba,K2)Al2Si2Ou, 5aq.

Christianite (Ca,Na2,K2)0Al2034Si02 + 4 aq ou (Ca,Na2,K2) Al2Si40<% 4 aq.

20 Rhomboédriques.

ChabasiesCa0Al203m SiO2, p aq ou(Ca,K2)Al2 Sira02fn+ 4-j-paq.

3° Cubiques ou speudocubiques :

Gismondine (Ca,K2)0Al205mSi02, 4 aq ou (Ca,K2)Al2Sim02m + 4,

4 aq.

Faujasite 2 (Ca,Na2)02Al2039Si02, 18 aq ou Ca2Na4Al4Si%02e, 18 aq.

Analcime Na20Al2034Si022 aq ou Na2Al2Si4Ol2,

2 aq.

On tend aujourd’hui à regarder 2 aq comme J a proportion d’eau que les zéolithesne peuvent perdre sans changer de constitution, le reste de l’eau étant généralement mobile.

Stilbite Orlkorkombique. — Les anomalies optiques observées sur les lames de clivage font supposer que le véritable type du système cristallin est monoclinique. Géométriquement, la stilbite est othorhombique. mm zz 94°i6 p6l/2 i32° pft g0° 250).

LES MINÉRAUX

Les faces g' et h! sont striées verticalement. Les cristaux sont allongés suivant Y axe de la zone verticale et aplatis suivant g\ Ils se clivent suivant gy.

Les groupements flabelli formes ont le plan de symétrie pour plan de jonction des cristaux qui les composent.

Le plan des axes optiques est aussi g' ; la bissectrice aiguë négative est à peu près verticale et elle fait de o° à 3° avec l’axe vertical; au microscope on l’observe en lamelles qui montrent de nombreux croisements intérieurs ou en aiguilles dont la direction d’allongement est négative et qui ont leur maximum d’extinction à 8°. Au chalumeau, la stilbite fond en verre bulleux, avec gonflement. Dans l’acide chlorhydrique bouillant, elle se dissout en déposant de la silice pulvérulente.

Heulandite. Monoclinique . — Les cristaux sont des prismes obliques rectangulaires, présentant la face gx de clivage facile, une face prise pour base p, deux petites facettes latérales m choisies pour pans, enfin, deux faces qui s’inclinent, l’une en arrière appelée a\ l’autre en avant, qui est ox (fig. 251).

mm i36°4 pa! ii4° po n6°2o.

Le plan des axes à peu près parallèle à p est perpendiculaire à g1. La bissectice aiguë positive est également normale à ce plan et la dispersion est par conséquent croisée. 2E peut atteindre 55°. % = i,5o5 nm — 1,499 np=z 1,498 (Michel Lévy et Lacroix). Au chalumeau et avec l’acide chlorhydrique, mêmes caractères que pour la stilbide. La biréfringence y est, comme on le voit, très faible.

Epistilbite. Monoclini iue, très voisin du système orthorhombique.

mm i36°io' a*a* io9°46'sur^.

Plan des axes gx ; bissectrice aiguë négative inclinée de 90 sur l’axe vertical.

2 E — fii° à 83° P < v.

Fig. 251.

ZÉOLITHES

Au microscope on observe une direction d’allongement optiquement positive.

MM. Michel Lévy et Lacroix ont observé ng — np 0,01.

M. Descloizeau a trouvé nm — i,5o2.

Mésotype. — Orthorhombique.

mm =z 9 1°

///- b]*2 i43°2o' en avant i47°4o' de côté 1 26°4o' sur p.

Les cristaux s’allongent suivant l’axe vertical ; ils se clivent suivant les faces m.

Le plan d’axes est g 1 ; la bissectrice aiguë positive est normale à p.

Au chalumeau, elle se gonfle un peu et fond ; elle fait gelée dans l’acide chlorhydrique. On la rencontre en cristaux ou en agrégats cristallins fibreux allongés suivant Taxe vertical dans les cavités des roches basaltiques.

Scolésita. Ctinorhombique. — mm 9i°2o'; ph' 90°3o mdl /l î i6°27 w61/2 i i5°24/.

Les cristaux se clivent suivant les faces m et se groupent deux à deux suivant h! . M. Luedecke a fait observer que l’un des deux individus du groupe est de la scolésite et l’autre une mésolite, en sorte que les deux individus du groupe ne s’éteignent pas symétriquement par rapport au plan de jonction.

Dans la scolésite, la bissectrice négative fait un angle de — 170 avec h1 et le plan des axes est perpendiculaire à g1. Elle est pyroélectrique. La direction d’allongement mm est négative.

Des Cloizeaux a trouvé nm~ i,5, MM. Michel Lévy et Lacroix une double réfraction très faible ng — «^ = 0,007 p < v. Au chalumeau, la scolésite blanchit, fond en verre bulleux en se gonflant et fait gelée avec l’acide chlorhydrique. Gomme il a été dit plus haut, on distingue de la scolésite une matière qui a la même composition, mais que ses extinctions par rapport au plan A1 forcent à regarder comme triclinique et qu’on nomme mésolite.

LES MINÉRAUX

Laumontite. — mm 86°i6 ph' iii°i4 pci i23°5. Clivage facile suivant g\ moins facile suivant K . Les cristaux s’allongent verticalement et se groupent suivant h*. La bissectrice aiguë négative est inclinée d’environ — 70° sur l’axe vertical; le plan des axes est parallèle à g*. La laumontite se présente en agrégats d’indivi dus bacillaires ou fibreux, dont l’allongement est optiquement positif. L’extinction ne dépasse pas 45° dans les différentes sections. Souvent les lames minces altérées n'agissent plus sur la lumière polarisée. <

2 E3 = 52°24 ; 2Eu ~ 56°i5' ; p < v ng — 1,523 nm ~ 1,524 np — i,5i3 ng — np — 0,012 d’après MM. Michel Lévy et Lacroix.

Harmotome. Monoclinique. — mm — i2o°i ph' i24°5o pa' 90 pel — 1 34°42'- Les cristaux se clivent suivant g1 etp (p moins facile) . Les cristaux les plus simples sont formés de deux individus enchevêtrés l’un dans l’autre, qui s’accolent suivant les faces p et a\ plus ou moins régulièrement; des stries dirigées suivant l’axe vertical de chacun des cristaux mettent en évidence ce groupement complexe des quatre cristaux découvert par Des Cloizeaux à l’aide des caractères optiques. Enfin, deux groupes de*ce genre se réunissent à 90° l’un de l’autre suivam e' en se pénétrant, donnant lieu à un groupement cruciforme; la surface de contact est irrégulière et dentelée. Le plan des axes et la bissectrice aiguë étant perpendiculaires à g' , la dispersion est croisée. Dans le plan de symétrie, le plan moyen des axes fait environ 25° 1/2 avec la normale à p et environ 3o° avec la normale à A1. Sur les sections parallèles à g\ quatre secteurs et quatre directions d’extinction.

Yig — np — o,oo5 d’après MM. Lévy et Lacroix.

nm— i,5 16 d’après M. Des Cloizeaux. L’harmotome fond assez difficilement en verre semi-transparent ; elle donne avec HCl de la silice pulvérente.

Christianite. — Elle diffère de l’barmotome en ce qu’elle ne

renferme pas de baryte.

ZÉOLITHES

Chabasie. — Rhomboèdre de souvent combiné au scalé-

noèdre b13, dont les faces font io3°28' aux arêtes aiguës et 1 74°5aux arêtes obtuses. La figure 252 représente le rhomboèdre b[ 3 combiné au rhomboèdre primitif p, celui-ci très peu développé. Les faces du rhomboèdre b[3 font avec p un angle de i75°39'; elles sont souvent marquées de stries parallèles à leurs côtés et présentent des lignes d’extinction symétriques par rapport aux diagonales inclinées. De nombreux enchevêtrements intérieurs ont fait douter du système cristallin de la chabasie. M, Becke regarde les rhomboèdres comme composés de six individus tricliniques.

L’axe ternaire du rhomboèdre est optiquement négatif. Sur a' on voit six secteurs qui s’éteignent suivant les traces de leurs plans de jonction.

La chabasie fond en émail bulleux assez difficilement; elle est attaquable par l’acide chlorhydrique.

La Lévyne cristallise en rhomboèdres de io6°5' et son axe optique est négatif. C’est un silicate d’alumine et de chaux hydraté.

La Gmélinite s’otïre aussi en rhomboèdres de ii2°5o'; elle renferme de la soude et de la chaux. Son axe optique est positif dans certaines variétés, négatif dans d’autres.

Gismondine. Quadratique. — b1 b 1 92°3o' sur p , cet octaèdre a ses faces peu lisses et résultant de l’agrégation des cristaux enchevêtrés les uns dans les autres : souvent la gismondine se présente en mamelons fibreux. Au chalumeau elle se gonfle, dégage une lueur phosphorescente et fond en émail blanc. Elle fait gelée avec l’acide chlorhydrique.

Faujasite. Cubique. — Octaèdres régulierssouvent maclés;transposés). Elle se gonfle au chalumeau et fond en émail blanc; elle est décomposée par l’acide chlorhydrique.

LES MINERAUX

Analcime. Cubique. — Formes dominantes : le cube, le cubotrapézoèdre et un trapézoèdre (p, pa% a2).

Si on observe, entre deux niçois croisés, une section parallèle à une face du cube, on y observe une plage centrale, un axe entouré de quatre régions marginales à deux axes, ces deux axes ayant leur plan perpendiculaire aux arêtes du cube. On croirait le cube composé de six champs optiques, en forme de pyramides qui ont pour bases les faces et pour sommet commun le centre du cube.

Mallard regarde le cristal comme formé en effet d’éléments orthorhombiques.

La figure 253 a pour but de faire comprendre comment le cube d’analcisme, d’après Mallard , est en réalité composé de six pyramides ; le plan vs tu parallèle à la base d'une pyramide montre aux extrémités des diagonales de ses faces la division de cette base en régions marginales uu't, uu'v, vs* s, sst.

La figure 254 est la coupe de la figure 253, suivant luvs observée en lumière polarisée.

L’écliauffement dans l’eau ou dans un, bain de paraffine diminue l’énergie de la double réfraction, qui peut même disparaître complètement dans une atmosphère de vapeurs, d’après Klein, au dessus de 25o°.

Au chalumeau elle se gontle et fond en verre transparent; elle est décomposée par l’acide chlorhydrique avec dépôt de silice.

M. de Schulten, en chauffant dix-huit heures du silicate de soude à i8o° dans un tube de verre, a reproduit de V analcime en cristaux identiques à ceux de la nature. MM. Ch. Friedel et Sarrasin, en chauffant dans un tube de verre scellé les éléments de l’albite avec de l’eau, ont produit une analcime identique géo-

Fig. 254.

ZÉOLITHES

métriquement à celle de la nature, mais optiquement isotrope.

On peut rattacher aux zéolithes, bien qu’elle ne contienne pas d’alumine, à ceux de ses gisements analogues, l’apophyllite.

Apophyllite. — CaCHSiO2 { KF1 -f- ^aq. Densité : 2,35 ; dureté : 4*5 à 6, pseudoquadratique (clinorhombique) pa' ii9°28f ; a'a1 58°56 (sur p) ; ma1 128° (lig. 255 et 256); clivage p parfait, rn nacré et imparfait, signe optique -(- et anomalies très variées.

Dans les lames d’Â. de Zacatecas, entre deux niçois croisés, on observe une région centrale et des bandes marginales, celles qui correspondent à m sont presque un axe; parallèlement à h1, on voit des coins prismatiques à deux axes. Les cristaux sont souvent cannelés verticalement sur les faces m .

La croix noire traverse des anneaux alternativement blancs et d'un violet foncé. Certains cristaux ne donnent qu’une croix grisâtre sur un fond violet. L’axe optique est parfois positif à une

extrémité, négatif à l’autre. Incolore blanc grisâtre, bleuâtre, rose, verdâtre. Dureté : 4,5 à 5; densité : 2,36 à 2,39. L’A. donne de l’eau dans le tube fermé, s’exfolie au chalumeau, fond en émail blanc; elle est soluble dans HCl avec dépôt de silice. Elle forme des druses sur les parois des cavités des roches amygdaloïdes ou des filons.

Sarcolithe R3ADSi3012 ~ 3R0Al2033Si02(R = Ca,Na2). — Quadratique (pa1 — i57°i8')plus ou moins transparente ; axe optique positif. Éclat vitreux; incolore, ou rose de chair. Dureté : 6; densité 2,93; fusible en émail blanc; fait gelée dans l’acide chlorhydrique.

LES MINER AUX

Page 1