CHAPITRE XXXII
ÉPIDOTES
Épidote (Pislazite). — Silicate d’alumine, de chaux et de fer, dont la composition se rapproche de la formule :
6Ca0,4Al203,9Si02, qu’on peut écrire : M8'(Âl*,Fe*j 4Si9036 où Mz=Ca,H2.
Epidote de l'Oisans : Silice 38,25 ; alumine 21,61 ; oxyde de fer i3,6i ; chaux 22,86; magnésie o,o3. Elle cristallise dans le système clinorhombique; mais, dans la zone perpendiculaire au plan de symétrie, les angles se répètent presque identiques par rapport à un second plan, A', en sorte que les cristaux sont presque orthorhombiques.
En adoptant la forme primitive choisie par Des Cloizeaux, l’on appelle mm (pans du prisme) deux faces qui font entre elles en
ÉPIDOTES
avant un angle de 69°56'; p un,. face (base) inclinée sur l’arêle mm ou sur la face //' de n5°27'; cette base esl inclinée de i2i°24 sur une face latérale parallèle à la diagonale inclinée de cette base, qu’on appelle el et de 1 i6°i8' sur o\ On observe très souvent les faces ( pb O2 adj — io4°4i')> b 1/2 b i/2 = 109040'sur g' ; bv-b P'2 sur a1 — 7o0i4'. Les cristaux sont souvent groupés suivant h', rarement suivant la base.
Us se clivent très nettement suivant p ; moins facilement suivant h\ Ils s’allongent et sont souvent striés parallèlement à l’axe de la zone ph'; ils sont souvent réduits suivant cette direction à des baguettes informes à leurs deux bouts.
Plan des axes optiques g1. 2 Y zz 74° 1/2 ; p < v.
La bissectrice aiguë est parallèle à h1. Elle est négative.
Tig - z 1,7677 nm — 1,754 np— i,73o5.
E. de Knappenwand.
rig — np== 0,0.372.
M. Michel Lévy a observé % — np — o,o56 dans l'épidote de Pile Groix.
Dans la zone g' h', l’angle d’extinction varie de 0 à 28°; il en est de même dans la zone pg\
Le polychroïsme est très prononcé dans les épidotes fortement colorées ; on y observe r^ vert, nm brun, np jaune ; dans les sections minces peu colorées, le polychroïsme est moins sensible. Au travers de g' il y a une absorption très forte; au travers des lames de clivage parallèles à p , qui sont à une dizaine de degrés près, normales à un axe optique on observe autour de cet axe des bandes hyperboliques (vert en dedans, rouge en dehors).
Dans l’épidote, d’après Ramsay et Forbes, les indices de réfraction diminuent avec la quantité de sesquioxyde de fer. La biré-
LES MINÉRAL X
fringence y décroît également, mais l’angle des axes y augmente. Dans l’épidote de Huntington, très riche en fer, c’est n„ qui devient la bissectrice aiguë; celle-ci est par conséquent positive. Dureté : 6,5; densité : 3,25 à 3,5.
Couleur vert pistache, noirâtre, jaune, jaune brun. La poussière est grise.
Variétés : bacillaire, aciculaires, arénacées (scorza). Au chalumeau, l epidote se gonfle en choulleur, devient noire, mais ne fond pas réellement. Elle donne souvent un peu d’eau dans le tube fermée. Elle n’est attaquable par l’acide chlorhydrique qu’après avoir été portée à une haute température.
En lames minces, elle est incolore, très peu dichroïque et faiblement biréfringente; à cause de son indice de réfraction élevé, elle présente souvent des couleurs très vives et très variées dans des points très voisins.
Piémontita. — C’est une épidote riche en oxydes de manganèse et de fer ; la bissection aiguë y devient positive. Elle est très fortement polycliroïque ; en masse elle est d’un brun violacé; ng rouge de feu ; nm améthyste ; np orangé.
Allanites. — Épidotes ou substances ayant les formes de l’épidote, mais contenant du cérium, du lanthane, du didyme, noires en masse, à poussière brun chocolat, à cassure conchoïdale, qui fondent en émail noir magnétique; certaines variétés ont les mêmes caractères optiques que l’épidote; les autres ont la structure gommeuse et n’agissent pas en lumière polarisée.
Orthites. — Allanites hydratées contenant de 2 à 17 0/0 d’eau et une matière volatile, noires en masses. Densité : 3,5 à 4,2. Certaines variétés (pyrorthites) bacillaires prennent feu au chalumeau. Les épidotes abondent dans les roches éruptives comme élément primordial; elles paraissent au contraire formées aux dépens des éléments magnésiens et ferreux dans les schistes cristallins feuilletés, dans les roches à grenats et à amphibole schisteuses.
Zoïsite — Épidoteorthorhombique, mm— 1 i6°i6 pa* =z i2o°32,
ÉPIDOTES
en prismes allongé suivant l’axe vertical, à faces cannelées, fissurées, à sommet généralement cassés ou indéterminables.
Le plan des axes optiques est g' ; la bissectrice aiguë positive normale à II1 ; la dispersion des axes y est considérable ; p < v. En plaques minces, elle présente des couleurs vives de polarisation. La 7 hulite (variété rose) est nettement dichroïque et donne une image rose ou jaune, ng — np o,oo5 à 0,006 (M. L. et L.).
Couleurs blanc grisâtre, vert pomme, quelquefois rose (thulite, qui contient du manganèse). Au chalumeau, elle perd de 2 à 4 0/0 et laisse un résidu brun, fendillé qui fait gelée avec l’acide chlorhydrique.
Liévrite ou Ilvaïte. 7(Fe,Ca,Mn,H2)0Fe2034Si02 ou H2Ca2Fe4 (Fe2) Si4018. — Orthorhombique mm — ii2°38'; gsgr’ io6°i5'; a!a' ii2°49' sur p-, clivages p et g' assez nets; moins distincts m et a\ Opaque, éclat métalloïde, un peu résineux. Noir de velours ou grisâtre. Souvent une croûte d’hydrate de fer enveloppe les cristaux. Dureté : 5,5 à 6 ; densité : 3,9 à 4,1-
Propriétés thermiques. L’ellipsoïde isotherme a ses axes a — 1,1 55 : b — t,oo5: cm 1 .
La liévrite fond facilement au chalumeau en globule noir magnétique; elledonne les colorations du fer et du manganèse aux perles de sel de phosphore ; elle fait gelée dans l’acide chlorhydrique.
Cordiérite ( Dichroïle , Iolithe). — Silicate d’alumine, de fer et de magnésie. 3MgO,3 (Ar,Fe2)03,8Si02=Mgfi||Al2,Fe2)3Si802®. Formes : prismes à six pans dérivés d’un prisme orthorhombique mm mii9°io'; pm— 90°. En appelant el une face placée symétriquement sur l’angle aiguë de la base et inclinée de 1 5o04o' sur celle-ci ; on rencontre des facettes b1 (pbl — 1 5 1 °7') ; b[l-, g‘. Les clivages sont g1 assez nets, A1 imparfait.
Couleurs : bleu clair à bleu foncé. Pléochroïsme souvent très intense. % est bleu foncé; nm bleu clair ou grisâtre; np est blanc jaunâtre. Deux plaques de ces variétés parallèles à l’axe vertical peuvent servir de tourmalines. Bissectrice aiguë négative normale à p. L’indice moyen est 1,542. Eclat vitreux, un peu gras.
LES MINERAUX
Tous les degrés de transparence. Dureté : 7 à 7,5 ; densité : 2, 6.
Les cristaux sont allongés dans la zone verticale. Leurs sections donnent des rectangles, des hexagones; ils renferment en inclusions de la sillimanite, des spinelles: ils sont difficilement fusibles et partiellement attaquables par les acides.
La cordiérite se rencontre en cristaux, en grains, en petites masses cristallines dans le granit, les gneiss, en Norwège ; avec l’albite dans l'Oural, dans le granité de Bodenmais avec chalkopyrite, pyrrhotine, etc., avec quartz et grenats rouges dans les micaschistes du cap de Gates; dans les alluvions de Ceylan.
On voit souvent des cristaux ou dès masses cristallines de cordiérite altérée plus ou moins profondément, devenue tendre, contenant de l’eau, qui ont reçu beaucoup de noms différents : aspasiolite, clilorophyllite, esmarkite, fahlunite, gigantolite, praséolite, etc.
Pinite. — On peut la regarder comme une substance gommeuse ou terreuse, qui a une dureté inférieure à 3, qui offre les formes p , m , h\ g\ g 2, el de la cordiérite, qui est souvent divisible en tronçons à bases parallèles à p, ce qui la rend quelquefois comme schisteuse. C’est un silicate d’alumine, de fer, de magnésie, de chaux, contenant jusqu’à 10 0/0 dépotasse et de soude et 4 à 10 0/0 d’eau. La pinite fond au chalumeau plus ou moins tranquillement. On la trouve en cristaux très nets géométriquement dans beaucoup de porphyres et on peut lui rapporter certaines petites masses d’un jaune verdâtre d’un certain nombre de roches cristallines.
Saphirine. 5Mg06AB032Si0! ou Mg5Al12Si*027. — Silicate d’alumine et de magnésie à rapports d’oxygène 5 : 18 : 4-
Cette substance se présente en agrégats de. grains bleus, translucides, dichroïques, où l’on a pu récemment mesurer des angles de quelques faces mm = n4°54 ' ph' ioo°5; la symétrie optique la fait rapporter au système clinorhombique. Plan des axes g1. Bissectrice négative inclinée de 710 sur l’axe de la zone g' h'. L’indice de réfraction moyen est 1,7068 (Mallard).
TALC