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CHAPITRE XL

PHOSPHATES

Phosphates, arséniates, vanadates, avec chlore ou fluor.

Un certain nombre ont le même type chimique; ils sont hexagonaux et isomorphes.

Angle de b'b1 à 1a. base Dans

pyromorphite Ph3P3012Cl ou 3PbOP2Os + - PbCl2

miméèse Pb3As3012Cl ou 3Pb0As203 + \ PbCl2

apatite Ca*P3012 (Cl, Fl)

vanadinite Pb3V3012Cl ou 3Pb0V!05-f \ PbCl

Apatite. — Chlorophosphate de chaux; une partie du chlore est dans certaines concrétions remplacée par de l’iode.

Hexagonale avec parahémiédrie

Les formes a, et a3 seraient des doubles pyramides à douze faces; elles sont ramenées à celles de dihexaèdres obliques sur les plans de symétrie par suite du manque de la moitié de leurs faces.

Dans les gabbros dominent les prismes combinés aux pyramides b1. Dans les schistes cristallins, Tapatite se montre plutôt en grains allongés ovales, à contours mal définis. Dans les grains cristallisés, les sections transversales sont des hexagones, les prismatiques des rectangles longs ou courts, ou des hexagones dont deux angles opposés sont très aigus.

Clivages, p, m difficiles, qu’on n’observe que dans les grands cristaux ; souvent les cristaux allongés sont séparés comme en tronçons isolés, et quelquefois déplacés les uns par rapport aux autres.

L’apatite est incolore; elle peut être colorée en vert d’asperge, en jaunâtre, en bleu violacé, en brun. Elle a l’éclat un peu résineux. En lames minces on la distingue en général au milieu des éléments auxquels elle se trouve associée (biotite, néphéline, feldspaths) par son éclat vif, brillant, son relief qui tient à son indice de réfraction élevé.

Les couleurs d’interférence dans les plaques minces dépassent à

p, 61/2, b S If; a1, ^ I a3 i a2 est l’abréviation conventionnelle de blbll - If

et a3 l’est de

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peine le blanc du premier ordre; elles restent dans les tons gris. En lumière convergente, croix noire sans anneaux.

n0 zz 1,64607 n,> z — 1,64^72 pour la raie D dans l’apatite du

Zillerthal, d’après Schrauf. n(J-np zzz o,oo435. Les variétés colorées sont parfois dichroïques. Dureté : 5; densité : 3,19 à 3,23.

Elle est soluble dans les acides et la liqueur traitée par la dissolution azotique de molybdate ‘d’ammoniaque précipite en jaune à chaud. On peut aussi obtenir un précipité par l’acide sulfurique étendu. L’apatite donne les réactions du chlore, quelquefois du fluor ; certaines variétés traitées par une goutte d’acide hydrofluosilicique montrent les faces prismatiques du fïuosiliciure de manganèse.

Un certain nombre d’apatites sont criblées d'inclusions gazeuses, liquides, quelquefois vitreuses, quelquefois entassées en amas, ou en aiguilles alignées parallèlement au contour.

Elle abonde dans les roches éruptives, surtout dans les basiques, et les schistes feldspathiques anciens; elle semble avoir perdu de son importance dans les roches plus jeunes.

L’apatite se montre en cristaux de plus de om,7 de long et de om,3 d’épaisseur à Québec. Des cristaux de om,6 de long arrivent à former en quelque sorte une couche de plus de 3 mètres de puissance dans un calcaire grenu, à South-Burgon et à Elmsley, Canada, et dans le New-Jersey. Eu Estramadure, dans la province de Cacérès, à Logrosan et Trujillo, des filons de cette matière se répandent dans le silurien et le granité qui le traverse. En cristaux de volume plus ou moins médiocre, elle se rencontre dans la plupart des roches granitiques, cristallisées, schisteuses, éruptives, et dans les filons de minerais d’étain ou de fer.

Mélangée à du calcaire, l’apatite en nodules remplit des poches au milieu du terrain crétacé. En France, dans le Tarn-et-Caronne, à Caylus, à Pandaré, dans le Lot, à Cajare, etc., des concrétions mamelonnées, des rognons de chlorophosphate de chaux mêlés à du calcaire et à une argile ocreuse servent de ciment à des poudingues quartzeux qui remplissent des cavités de 35 mètres de diamètre ou des fentes dirigées est-nord-est, ouest-sud-ouest. Les

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ossements recueillis dans ces poches démontrent que les sources thermales auxquelles est due cette formation analogue sans doute aux geysérites ont duré probablement depuis l'âge du gypse parisien, jusqu’au milieu du miocène. Du phosphate de chaux se retrouve encore dans les coprolithes du Bone-Bed, au Calvados, etc., dans le gault en forme de rognons où il est mêlé à du calcaire et à de la glauconie avec pyrite et arg'ile charbonneux, à Vissant, Pasde-Calais, dans les comtés de Kent et de Surrey, en Angleterre, & Machirosmesnil, Ardennes, dans la Meuse, la Marne, l’Yonne, à Bellegarde, sur les bords du Rhône, où il est parqué dans le test des coquilles, dans l’Ain, l’Isère, la Drôme, la Savoie, jusque dans les Alpes-Maritimes, en Algérie, etc.

Nous ne pourrions ici mentionner tous les gisements de cette matière si recherchée aujourd'hui par l’agriculture. Nous ne ferons que citer le guano des îles du Chili, des côtes du Pérou, des Antilles, où le phosphate est mêlé à de l’oxalate de chaux.

Reproduction. — Daubtée a reproduit l’apatite hexagonale en faisant agir des vapeurs de chlorure de phosphore sur de la chaux vive; Manross, en fondant du phosphate de soude tribasique avec un excès de fluorure de calcium, de chlorure de calcium ou des deux mélangés; Forchammer, en fondant du phosphate tribasique de chaux dans un excès de chlorure de sodium ; Debray, en faisant passer des vapeurs d’acide chlorhydrique sur du phosphate tribasique de chaux, porté au rouge.

Wagnérite. Mg*P04Fl ou 3Mg0P205 -f MgFP. — Clinorhombiquc*/ mm — en avant; ph' ant. io8°o7'; pë 1 44 °25'. Cli-

vages m, h' imparfait. Densité : 3 à 3,2 ; dureté : 5 à 5,5. Jaune de vin et citron; blanc rosé; éclat vitreux, un peu gras; translucide. Difficilement fusible en verre d’un gris verdâtre, soluble dans les acirle azotique et sulfurique. Très rare.

Kjérulfine. 2Mg“P208 -|- CaFl2.

Clivages imparfaits h\ g\ de Havredal, paroisse Bamle, Norvège. A pris la forme de la wagnérite par pseudomorphose.

Reproduction. — Sainte-Claire Devilleet Caron fondaient du phos-

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pliate tribasique d’ammoniaque avec du fluorure de magnésium et un excès de chlorure de magnésium; après lessivage, ils ont obtenu des prismes clinorhombiques ayant une densité de 3,45 et montrant mm — gS^/ij phx io8°i2'.

En n’employant que le chlorure de magnésium, ils ont eu de la wagnérite chlorée.

On peut produire des fluophosphates de fer et de manganèse dans les mêmes conditions, ou même du fluophaste de chaux si on ajoute un excès de chlorure de calcium.

Les chloro ou fluophosphates tribasiques de baryte, strontiane ou plomb cristallisent dans le système hexagonal, ainsi que le chloro ou fluophosphate tribasique de chaux naturel ; celui-ci offrant par conséquent un type wagnérite et un type apatite.

Wavellite. 3A12032P205 -f- i2H20. — Orthorhombique, mm — i26°95' a’ a! io6°46' sur p. Clivages m. Plan des axes g i; Bissectrice aiguë positive normale à h' ; p > v. Dureté : 4; densité : 2,38.

Incolore, grisâtre, verdâtre ; éclat vitreux.

Au chalumeau infusihle, décrépite. Soluble dans l’acide chlo rhydrique et dans la potasse. Donne les réactions du fluor et de l’alumine. Elle forme en général des boules fibreuses à structure convergente, gisements schistes anciens ; filon d’étain de Montebras, etc.

Amblygonite. — Fluophosphate d’alumine, de lithine, de soude et de potasse. Elle cristallise dans le système triclinique; elle forme des masses en général blanches, laminaires, montrant des clivages faciles m, plus difficiles p et i1 ; ces masses sont très maclées. pm =: io5°45 pt — gâ0 d’après Des Cloizeaux. Densité : 3,09 à 3i i ; dureté : 6. L’amblygonite fond facilement en verre opalin ; colore la flamme en jaune rougeâtre ; elle contient de 6 à 9 0/0 de lithine.

Des Cloizeaux en a distingué la montebrasite qui contient de l’eau et qui a des caractères optiques un peu différents. Il faudrait en distinguer aussi la morinite de M. A. Lacroix.

Klaprothine. Mg0Al203P205 + aq. — Clinorhombique. mm =

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920 en avant; ph' — 90047'; pe 1 == i2o°33\ Clivages m ; macle suivant k' avec axe de rotation normal au plan de jonction. Densité : 3, 06 à 3,12; dureté : 5 à 6. D’un bleu plus ou moins foncé; polychroïque. Infusibie au chalumeau; s’attaque difficilement par les acides.

Turquoise. — Phosphate hydraté d’alumine contenant des oxydes de fer et de 2 à 7 0/0 d’oxyde de cuivre. C’est une matière très recherchée en joaillerie, lorsqu’elle est d’un beau bleu de ciel ou d’azur; parfois verte, de différentes nuances; à éclat vitreux, à peine translucide en esquilles minces et qui montre à de forts grossissements une structure franchement cristalline. Densité : 2,62; dureté : 2,62 à 2 8. Soluble dans les acides; donne les caractères du cuivre au chalumeau.

Turquoise osseuse. — C’est une matière verte, qui consiste en dents de mammifères fossiles colorées par de lavivianite et dont la couleur d’un vert d’abord clair se fonce de plus en plus à l’air.

Monazite. — Phosphate de cérium, lanthane, didyme, thorine, erbineet yttria. Clinorhombique,mmzi9302 2,pA' io3°46'p<?' i38°io'; cristaux souvent chargés de facettes h', g', o\ e'} e1/-, ^3/3, cl1!'2, etc. Clivage net p — puis h' et g'.

Plan des axes optiques normal à g*. — Bissectrice aiguë positive, très voisine de l’axe vertical ; p>u. Axes optiques peu écartés; plusieurs- raies d’absorption au spectroscope. Rouge avec des nuances variant du jaune au brun. Densité : 0,09 à 5,3; dureté : 5,5. Infusibie au chalumeau, soluble dans les acides.

La turnérite ne présente que de légères différences avec la monazite, en particulier celle d’un clivage assez facile suivant g\

Nitratine. NaAzCf ou Na20Az205. — Rhomboèdres de io6°33' isomorphes du calcaire. Clivages parallèles aux faces du rhomboèdre; on peut sur les cristaux à l’aide d’une lame tranchante qu’on appuie sur une des arêtes de l’angle solide culminant a déterminer la production de la macle b', à la manière de Baumhauer, aussi bien que dans le calcaire. Axe optique négatif comme dans le cal-

caire.

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La nitratine forme des grains plus ou moins nettement cristallisés, des croûtes de quelques pieds d’épaisseur, associées à du gypse, du sel gemme, du sel de Glauber et à des coquilles modernes, dans le district de Tara paca, au Chili.

Nitrocalcite. — Nitrate de chaux, CaAz2Ofi + aq. très déliquescent, en fibres soyeuses, efflorescentes, dans les calcaires du Kentucky.

Salpêtre ( Nitre ). KAzCFou K20Az205. — Orthorhombique. mm — n8°5o'. Formes mpgx — mg'b'^'-é' ; pé ~ i44°59'. Clivage parfait e1 moins net g' et m.

Plan des axes h1. — Bissectrice aiguë négative, normale à p — p>ü. 2Ez=6°i5 pour le rouge; 8°45' pour le bleu. Densité : 1,933; dureté : 2. Fusible au chalumeau, colore la flamme en violet, soluble dans l’eau.

En efflorescences ou en croûtes à la surface des sels calcaires ou marneux, dans les cavernes, sur des murs humides; s’exploite dans les nitrières artificielles.

Borax. Na*B407 -j- 10 aq. — Cristallise dans le système clinorhombique. mm — 870 isomorphe géométriquement du pyroxène; ph' — Bissectrice aiguë négative perpendiculaire au plan de symétrie. Dispersion croisée. Petit axe de l’ellipsoïde isotherme perpendiculaire au plan de clivage h\ Densité : 1,7 à 1,8; dureté : 2,5. Soluble dans l’eau.

Boracite. 2(3Mg04B20°) -f- MgCl2. — Substance pseudocubique montrant sous la forme cubique l’hémiédrie antiparallèle ou antihémiédrie p^a\ ~a\ pb'^a1; ses propriétés optiques la font regarder comme composée de cristaux rhombiques groupés autour d’un centre, dont les faces p forment celles du pseudo-cube dans le groupe. Les faces h1 sont les plans des axes optiques et ces axes optiques ont leur bissectrice aiguë parallèle aux grandes diagonales des faces du dodécaèdre rhomboïdal. La boracite étudiée par Mallard devient cubique optiquement comme géométriquement au-dessus de 285°. Mallard a trouvé 4caI,8 pour la chaleur latente de transformation. Densité : 2,9 à 3; dureté : 3.

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