TYPE TRAGHYTIQÜE A ORTHOSE DOMINANT
Trachyte. — Haüy définissait cette roche comme composée essentiellement de feldspath blanchâtre ou gris cendré, [ayant un aspect raboteux, porphyrique, montrant souvent des cristaux de feldspath vitreux, et contenant accessoirement du mica.
On les divise en gé aérai aujourd’hui en trachytes quartzifèr,es ou rhyolites , et en trachytes sans silice libre, ou trachytes proprement dits.
Ils sont composés essentiellement de grains souvent fins, quelquefois inaccessibles au microscope, qui laissent des vides entre eux. Anguleux, lorsqu’ils tiennent à la distance à laquelle les éléments de la roche sont restés les uns des autres au moment de leur consolidation ; arrondi^, lorsqu’ils proviennent d’un dégagement postérieur de gaz enfermés dans la masse, tous ces vides donnent à un grand nombre de trachytes une texture poreuse, une cassure inégale, un aspect raboteux, un toucher âpre. Tous les trachytes n’ont pourtant pas ce faciès et ne sont pas âpres au toucher.
Dans d’autres variétés, c’est la structure fluidalequi domine, et la masse est en même temps plus vitreuse. En général, les trachytes ne sont pas entièrement grenus. Leurs couleurs sont presque toujours claires, grises, rougeâtres, ou tirant sur le vert, rarement bleues. Ils se composent d’éléments cristallisés, empâtés dans une masse tantôt microcristalline et tantôt vitreuse, à laquelle se mêle souvent une matière amorphe, analogue à celle des porphyres.
Les études microscopiques établissent de grandes analogies entre la constitution des porphyres et celle des trachytes. C’est surtout la différence de leurs âges d’éruption qui les distingue en géologie; les premiers (porphyres) étant des roches anciennes, prétertiaires, et les seconds (trachytes) des roches récentes.
Comme les porphyres, les trachytes ont pour caractère de pré-
DESCRIPTION DES ROCHES
senter des cristaux à forme ordinaire, que leurs dimensions permettent souvent de distinguer à l’œil nu, empâtés dans un magma dont la structure est souvent aussi fluidale ; mais ici, dans ce magma, on aperçoit des microlithes en quantité quelquefois considérable, formés d'après les observations de MM. Fouqué et Michel Lévy pendant la seconde époque de consolidation.
Rhyolithes. V. Rotli (Syn. Liparites). — Les feldspaths tricliniques ne s’y rencontrent que fort accidentellement; ils se distinguent des trachytes par la prédominance du feldspath le plus acide, et par leur teneur en silice qui prend souvent la forme de quartz cristallisé. Ce sont les équivalents des granités dans les âges géologiques récents (tertiaires ou postertiaires). On y retrouve des types granitiques ou porphyriques.
Le quartz y est en grains ou en dihexaèdres renfermant quelquefois des inclusions, des masses vitreuse^ incolores avec bulles foncées.
La tridymite y forme des agrégats hexagonaux de lamelles simples ou imbriquées. La sanidine a le même aspect que dans les trachytes proprement dits. On y observe souvent des aiguilles d’amphibole microlithiques et quelquefois des grenats, du sphène, des micas magnésiens et dans les vacuoles de la masse, une matière argiloïde ou de la calcédoine, enfin quelquefois des sphérolithes minéraux accidentels comme dans les trachytes. Souvent les trachytes prennent l’aspect de porphyres qu’on a appelés Sanidophyres ou porphyres trachytiques , et qui ne sont qu’une variété de faciès des trachytes. Les tufs qui accompagnent les rhyolites de Hongrie contiennent de nombreuses variétés d’opale, quelquefois de l’opale noble, célèbre pour ses belles irisations.
Sanidophyres ou porphyres trachytiques ( Sanido-trachyt '). — Lorsque les cristaux de sanidine renfermés dans la pâte du trachyte deviennent très nombreux, la roche devient un véri« table porphyre; certaines variétés à texture compacte, à cassure quelquefois esquilleuse, ont un aspect à peu près identique à celui des porphyres quartzifères, bien qu’elles soient, il est vrai, un peu
ROCHES MASS IVES
plus poreuses que ces derniers : dans une collection, il serait bien difficile quelquefois de les en distinguer; mais, sur le terrain, on les trouve toujours associées aux trachytes à caractères nettement accusés.
Les porphyres trachytiques contiennent ordinairement, distinct à l’œil nu ou intimement mélangé, du quartz en grains ou en cristaux limpides, où la pyramide est accompagnée des faces du prisme. Les minéraux accessoires sont le mica et le grenat, peu abondants. L’oligoclase y est assez rare. La teneur en silice est quelquefois de 78 0/0; la densité varie de 2,44 à 2,63. Souvent les masses compactes ont l’aspect de la cire et passent au rétinite. Dans un certain nombre de variétés, au contraire, les pores deviennent très grands, et prennent la forme d’ampoules, de cellules à bords rugueux et âpres (trackytmolaires de Beudant). Ces trachytes contiennent souvent de la silice en assez grande quantité pour être rattachés aux rhyolithes et ont tout à fait le faciès des meulières silicieuses, dont ils diffèrent néanmoins en ce qu’ils sont fusibles au chalumeau.
Les porphyres trachytiques sont quelquefois schistoïdes , à cause de la répartition de leurs cristaux tabulaires de sanidine sur des plans parallèles, ou zonaires , à cause de la distribution des couleurs diverses que présentent quelques variétés. Ces roches ont même parfois la physionomie de granités.
Trachytes. — Dans les trachytes proprement dits, qui doivent être classés parmi les roches feldspathiques sans silice libre, les éléments essentiels sont des feldspaths auxquels s'ajoutent tantôt l’amphibole, tantôt un mica magnésien, ou l’augite. Le feldspath dominant est en général la sanidine, variété d’orthose riche en soude, en cristaux simples ou groupés et aplatis suivant la face y1, incolores, limpides, mais toujours fissurés. Le contour régulier de ces cristaux n’est souvent qu’une enveloppe renfermant des grains cristallins diversement orientés. A ce feldspath monoclinique s’en associent d’autres biôbliques. La hornblende, l’augite se rencontrent en grains, quelquefois en grands cristaux fêlés ou même
brisés ; le mica, quand il s’en trouve, a la forme de lamelles hexagonales. Il n’est pas rare d’observer dans ces roches de la tridymite en lames simples ou imbriquées à la manière des tuiles d’un toit, du sphène caractérisé par son fort dichroïsme, quand il est un peu coloré, de l’apatite, de la magnétite, quelquefois de la néphéline, accidentellement de la sodalithe.
Tels sont les caractères des trachytes proprement dits. Quelquefois la proportion de l’oligoclase atteint celle de la sanidine (trachytes du Drachenfels, saaidin oligoclas trachyt, de Roth, gris, bruns, dans la masse desquels les deux espèces de feldspaths apparaissent peu distincts l’un de l’autre au premier abord, sous la forme de cristaux ou de grains, et dont la teneur en silice s’élève à 66 o/o environ).
Trachytes à amphibole, Trachytes à mica noir, Trachytes à pyroxène. — Ce sont des trachytes, où les éléments colorés ferromagnésiens sont en assez grande abondance, pour être regardés comme un de leurs éléments essentiels.
La Domite est un trachyte du Puy-de-Dôme, friable, d’aspect terreux, gris mat, où l’on distingue souvent des cristaux de sanidine, de grosseur moyenne, assez brillants, et que sa teneur en silice rapproche des trachytes proprement dits; mais plusieurs lithologistes y ont vu au microscope de nombreux grains de quartz, surtout de tridymite, et l’assimilent aux trachytes du Drachenfelds. La domite du Puy-de-Dôme contient en outre du mica noir de l’amphibole, du pyroxène, de la magnétite, du sphène et de nombreux microlithes de sanidine. La domite miocène du Cantal a une composition analogue ; elle est moins riche en minéraux accessoires.
Au point de vue de la structure, on peut citer quelques autres variétés assez curieuses : les trachytes globulaires ; les trachytes sphérolitiques, dont la pâte est cribléede sphéroïdes (voy. p. 289); les trachytes bréchif ormes , dont la masse est composée de morceaux anguleux de cette roche, de nuances différentes, agglomérés par une pâte de même nature.