CHAPITRE IX
DE L’HEMIEDRIE
On a vu qu’à une même force primitive se rattachent d’autres formes qu’on nomme dérivées, qu’on peut observer seules ou combinées entre elles dans toutes les espèces minérales ; les lois de symétrie limitent, non pas le nombre maximum des faces que peut offrir une espèce, mais le nombre minimum. Un cube, par exemple, ne devra pas offrir sur ses angles moin§ de huit faces," puisqu’ils sont tous semblables et qu’ils ne peuvent être modifiés l’un sans l’autre.
Fie. 60.
CRISTALLOG KAPHIE
Les cubes de blende (fig. 60) cependant ne portent des facettes que sur quatre de leurs angles, et cela de telle façon qu’un angle modifié alterne avec un angle resté intact.
Dans la blende on observe même le solide que forment ces faces prolongées jusqu’à leur rencontre ; c’est non plus un octaèdre, comme dans le cas où les huit angles du cube sont tous remplacés par des plans, mais un tétraèdre formé de quatre faces qui se coupent deux à deux (fig. 61). Dans la pyrite, les arêtes du cube sont modifiées par des facettes qui leur sont parallèles. Les arêtes d’un cube sont des axes de symétrie binaire; une facette ne peut se produire d’un côté de l’arête sans se trouver répétée de l’autre côté ; la forme résultant des douze arêtes remplacées ainsi chacune par une paire de facettes symétriques est le cube pyramidé. Dans la pyrite (bisulfure de fer), il n’en est pas ainsi; chaque arête n’est remplacée que par une face, bien que celle-ci s’incline plus d’un côté que de l’autre. La forme résultante n’a donc plus que douze faces ; on l’appelle dodécaèdre pentagonal , parce que ses douze faces (fig. 62) sont des pentagones. Ces formes n’ont que la moitié des faces qu’elles auraient si elles suivaient les lois de la symétrie telles que les a posées Haïsy et telles que nous les avons énoncées. A cause de cela on les nomme hémièdres.
On ne peut douter qu’elles appartiennent tout aussi bien que les holoèdres (celles qui ont toutes les faces voulues par les lois d’Haïsy) au système cubique, puisqu’on les observe seules ou combinées à des formes holoèdres de ce système.
Dans tous les systèmes, excepté dans celui du prisme bioblique, on trouve de ces formes hémièdres; elles sont souvent en connexion avec des propriétés physiques spéciales ( pyro-électricité , polarisation rotatoire).
Fig. 61.
DE L’HÉMIÉDRIE
Quelques-unes n’ont plus de plans de symétrie ( plagièdres du quartz , facettes des acides tar triques). Dans celles qui n'ont plus de faces parallèles deux à deux ( tétraèdres ), les axes de symétrie n’ont plus leurs extrémités opposées semblables ( hauteurs des tétraèdres)-, mais si le degré de symétrie d’un des axes d'une forme holoédrique s’abaisse, les axes de même symétrie éprouvent les mêmes altérations dans la forme hémiédrique correspondante.