C. Système asymétrique ou triclinique
Ici, dans les plaques taillées perpendiculairement à l’une des bissectrices aiguë ou obtuse, on voit des courbes analogues aux
Fig. 134.
POLARISATION CHROMATIQUE
Fig. 135.
précédentes, mais où les quatre quadrants ape, api , epoy opi, doivent différer théoriquement et diffèrent généralement en effet les uns des autres. La figure i35 montre, par exemple, la combinaison des dispersions croisée et inclinée.
Signe de la dispersion. — Soit p, p les traces des axes optiques rouges; v,v les traces des axes optiques violets; les anneaux rouges se rapprocheront plus du milieu m de la ligne des foyers que les violets (fig. i36). Supposons que les courbes ponctuées représentent les premiers anneaux rouges éteints, elles seront colorées du mélange des couleurs persistantes; admettons que ce soit du bleu verdâtre 3. Si les courbes en traits pleins représentent les premiers anneaux éteints du violet à droite et à gauche, elles paraîtront colorées du mélange du reste ; admettons que ce soit du rouge orangé.
Les deux g du centre se confondront dans la masse centrale ; on verra de chaque côté des foyers p et v du rouge en dedans et du bleu en dehors; donc cette distribution des couleurs correspond à p < v, c’est-à-dire à un angle des axes optiques plus petit pour le rouge que pour le bleu.
Le caractère p ^ v est constant dans chaque espèce. Faisons
tourner le système à 45°; soit toujours les traces p des axes rouges en dedans de celle v des axes bleus.
L’extinction a lieu sur les hyperboles qui passent en p et qui paraissent bleues. L’extinction du bleu a lieu sur les hyperboles qui passent en v et qui paraissent rouges. Donc, pour p<u, les hyperboles sont bordées de bleu en dedans et de rouge en dehors (fig- l37)-
Fis. 136.
PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES MINÉRAUX
Un assez grand nombre d’espèces se présentent sous des formes qu’on appelle limites , qui, appartenant en réalité à un système cristallin, présentent des angles très voisins de ceux qui semblent le privilège d’un système de symétrie supérieure. Un très grand nombre de prismes droits, qui constituent la forme dominante d’espèces minérales cristallisées, ont un angle tellement voisin de 120° qu’il faut des mesures goniométriques d’une grande précision
pour ne pas les confondre avec les prismes hexagonaux, d’autant mieux que, dans ce cas, ces prismes se combinent aux plans g\ qui forment avec leurs plans de véritables prismes hexagonaux. Ou bien, des prismes obliques ont des bases inclinées presque à 900 sur la face antérieure h1 (ex. datholite). Les caractères optiques sont précieux dans ces cas difficiles; car les axes d’élasticité peuvent être fort éloignés des traces des faces qu’on appelle p et A1 sur le plan de symétrie dans le système clinorhombique, et les angles des axes optiques peuvent être considérables, même dans les prismes droits à angles limites.